Après une saison de rookie mitigée mais conclue de manière encourageante, Zaccharie Risacher était attendu au tournant pour sa deuxième année en NBA. Atlanta espérait le voir franchir un cap et s’affirmer comme une pièce importante de son projet. Pourtant, son évolution ne s’est pas déroulée comme prévu, et il se retrouve maintenant dans un nouvel environnement. Quel objectif pour lui cette saison?
La saison 2025-26 de Zaccharie Risacher
Après son retour de blessure fin janvier 2025, le Français avait terminé sa première campagne en affichant 14,4 points de moyenne avec plus de 50 % de réussite au tir et 40,7 % à trois points. Mais cette dynamique ne s’est pas prolongée en 2025-2026.

Risacher a terminé la saison avec 9,6 points, 3,8 rebonds et 1,1 passe décisive en 22,4 minutes par match. En 67 rencontres, dont 46 comme titulaire, il a shooté à 45,5 % au tir, 36,8 % à trois points et 64,4 % aux lancers francs. Sa production offensive a donc reculé par rapport à sa saison de rookie, durant laquelle il tournait à 12,6 points en 24,7 minutes.
Cette baisse s’est également accompagnée d’une évolution de son rôle. Titulaire en début de saison, Risacher a finalement été remplacé dans le cinq majeur par CJ McCollum après une défaite contre Miami ayant fait tomber Atlanta à 27 victoires pour 31 défaites. Quin Snyder avait alors expliqué que ce changement ne remettait pas en cause sa confiance envers le Français, estimant qu’une utilisation différente pouvait même favoriser son développement.
Mais la concurrence est progressivement devenue plus importante. Jonathan Kuminga est revenu de blessure tandis que Dyson Daniels, Nickeil Alexander-Walker, Jalen Johnson et McCollum occupaient déjà des rôles majeurs. Les minutes de Risacher ont diminué jusqu’aux playoffs. Après seulement sept minutes contre New York, Snyder expliquait que cette réduction résultait surtout de la nécessité de répartir un nombre limité de minutes entre plusieurs joueurs. Avec l’intégration de Corey Kispert dans la rotation, Risacher a même connu sa première absence d’un match alors qu’il était en bonne santé.
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Le Français n’a disputé que trois des sept rencontres de playoffs des Hawks, avec deux apparitions de moins de cinq minutes. Une situation qu’il a reconnue difficile à vivre : « Ça a été une saison assez frustrante, car le temps de jeu qui m’était accordé n’a cessé de diminuer. » Il a néanmoins insisté sur la nécessité de continuer à travailler et de rester prêt malgré cette situation.
Ses difficultés offensives expliquent en partie cette deuxième saison décevante. Risacher continue notamment d’avoir du mal à terminer ses pénétrations. Selon Databallr, il pénétrait dans la raquette 9,2 fois pour 100 possessions, le plaçant dans le 88e centile de la NBA. Pourtant, son efficacité au panier était inférieure de 3,2 % à la moyenne de la ligue. Le problème ne venait donc pas de sa capacité à attaquer le cercle, mais de ses décisions et de sa finition une fois arrivé dans la raquette.
Risacher a parfois eu tendance à s’engager vers le panier sans suffisamment s’adapter à la réaction de la défense. Les possibilités de ressortir le ballon vers un coéquipier ouvert étaient régulièrement manquées, tandis que le contact physique pouvait perturber son équilibre et sa finition.
Son tir extérieur est resté plus satisfaisant. Avec 36,8 % de réussite à trois points cette saison, il a conservé une efficacité correcte. Mais la majorité de ses tentatives ont été créées par ses coéquipiers. Moins de 5 % de ses tirs extérieurs sont issus de sa propre création, confirmant un profil essentiellement tourné vers le catch-and-shoot. La baisse de son adresse aux lancers francs, jusqu’à 64,4 %, constitue également l’un des points négatifs de sa saison.
Plus largement, Risacher n’a pas suffisamment développé les autres dimensions de son jeu offensif. Ses déplacements sans ballon, qui constituaient l’une de ses qualités les plus prometteuses lors de son arrivée en NBA, n’ont pas connu la progression attendue. Avec son gabarit et sa mobilité, il possède pourtant les caractéristiques nécessaires pour utiliser davantage les écrans, couper vers le panier et obtenir des situations de catch-and-shoot en mouvement. Ses passes ont montré quelques progrès, avec une amélioration de son ratio passes décisives/pertes de balle, mais sa prise de décision est encore parfois trop prudente.
Sa saison n’a cependant pas été entièrement négative. C’est principalement en défense qu’il a progressé. Dans une équipe d’Atlanta manquant parfois de taille sur les ailes, Risacher s’est montré plus actif et perturbateur. Il a cumulé 2,8 interceptions et contres pour 100 possessions, en hausse par rapport à sa saison précédente. Son activité au rebond a également constitué un apport intéressant.
Son nombre de passes décisives pour 100 possessions a augmenté, ses pertes de balle ont diminué et son impact global au plus-minus est resté positif. Ces éléments montrent que son recul offensif n’a pas empêché certaines améliorations dans les autres secteurs du jeu.

Cette deuxième saison restera néanmoins marquée par un contraste important avec la fin de son année rookie. Risacher avait inscrit au moins 30 points à quatre reprises en 2024-2025, dont un record personnel de 38 points, et comptait huit matchs à plus de 20 points. En 2025-2026, il n’a dépassé les 20 points qu’à deux reprises et n’a enregistré aucun match à 30 points. Une baisse de production symbolique d’une saison durant laquelle son rôle et son temps de jeu ont progressivement diminué, malgré des progrès défensifs réels.
En début d’été, la question concernant Zaccharie Risacher était sur son avenir à Atlanta. Au vu des joueurs recrutés, son rôle était remis en question, même après avoir levé l’option d’équipe sur le Français. Finalement, la réponse était qu’il n’avait plus d’avenir à Atlanta.
Un nouveau départ
Le 19 juillet 2026, Zaccharie Risacher a quitté les Atlanta Hawks pour rejoindre les Dallas Mavericks dans un échange à trois équipes. Atlanta a récupéré Luguentz Dort, envoyé par Oklahoma City, ainsi que le meneur Ryan Nembhard. Le Thunder a reçu trois choix de deuxième tour de draft. Dallas a ainsi obtenu le premier choix de la draft 2024 en cédant Nembhard et un choix de deuxième tour.
@dallasmavs Welcome home, @Zaccharie Risacher #nba #dallasmavericks
À 21 ans, Risacher arrive au Texas avec une réputation difficile à résumer. Sa première saison avait montré son potentiel, la deuxième a soulevé des doutes sur sa place dans une équipe NBA. Pour les Mavericks, l’intérêt de l’échange tient à cette incertitude : le coût était limité pour un joueur encore jeune, doté d’une grande taille pour un ailier et d’une réelle marge de progression.
Atlanta cherchait à gagner rapidement tout en développant ses jeunes joueurs. Dans ce contexte, Risacher n’a pas trouvé de rôle stable. L’émergence d’autres ailiers a encore réduit ses possibilités. Son départ répond donc aussi à l’évolution des priorités des Hawks, qui ont préféré renforcer immédiatement leur défense extérieure avec Dort.
Ce que Dallas espère retrouver
Le journaliste Lukas Nicot, qui suit Risacher depuis ses années à l’ASVEL, estime qu’un cadre plus clair pourrait l’aider. Selon lui, le joueur a toujours été plus à l’aise lorsque ses responsabilités sont définies. La pression liée à son statut de premier choix de draft a pu compliquer son adaptation à Atlanta. A Dallas, il n’aura pas à porter seul les attentes placées dans un jeune talent, puisque Cooper Flagg occupe déjà une place centrale dans le projet.

Le rôle envisagé pour Risacher correspond à ses qualités les plus reconnues : se démarquer, couper vers le panier, finir les contre-attaques, sanctionner les tirs ouverts et défendre plusieurs postes. Sa taille permet aussi aux Mavericks d’envisager du Tall Ball, voire de l’essayer ponctuellement au poste d’arrière. Dirk Nowitzki a résumé l’enjeu en insistant sur sa lecture du jeu : savoir se rendre disponible, choisir le bon moment pour couper et convertir les occasions créées par ses coéquipiers.
Cette perspective reste une projection. Risacher devra gagner sa place dans un effectif déjà fourni sur les ailes. Dans le meilleur des scénarios, il peut être un futur titulaire complémentaire de Flagg, mais il doit d’abord prouver qu’il peut tenir durablement un rôle dans la rotation.
Le tir extérieur, question décisive
Le tir à trois points est probablement ce qui va définir la suite de la carrière de Zaccharie Risacher. Sur ses deux premières saisons, Risacher a réussi 36% de ses tentatives. Un résultat correct, sans être encore celui d’un spécialiste que les défenses redoutent constamment. Ses meilleures soirées montrent qu’il peut enchaîner les tirs réussis, mais il doit gagner en régularité et, probablement, tenter davantage de tirs.
Cette progression compte particulièrement pour Dallas. Si Risacher partage le terrain avec Flagg et des intérieurs dont le tir extérieur est encore limité, sa capacité à écarter la défense facilitera le jeu de toute l’équipe. Un tir fiable renforcerait sa valeur même lorsqu’il touche peu le ballon. À l’inverse, s’il ne devient pas une menace constante et n’apporte pas assez dans d’autres domaines, il pourrait avoir du mal à s’imposer malgré ses qualités physiques.
Sa mobilité, son envergure et ses progrès physiques font qu’il y a toujours un potentiel pour qu’il devienne un défenseur impactant, mais il n’a pas encore tenu régulièrement les promesses associées à son profil de joueur 3&D, capable de défendre et de réussir ses tirs à trois points. Dallas devra évaluer ce qu’il peut réellement apporter match après match.
Un pari intéressant, mais un effectif à équilibrer
L’échange a suscité des réactions partagées. Pour ses défenseurs, Dallas a profité d’une baisse de la valeur de Risacher pour acquérir un ancien premier choix de draft sans sacrifier un choix de premier tour ni un jeune joueur majeur. Il a encore le temps de progresser, et les Mavericks peuvent lui proposer un nouveau départ.
La réserve principale concerne la construction de l’effectif. Dallas possède déjà plusieurs ailiers et intérieurs, tandis que Nembhard apportait de la création et des passes au poste de meneur. Ajouter Risacher accentue donc la concurrence sur les ailes sans répondre directement au besoin de joueurs capables d’organiser l’attaque. On peut envisager d’autres mouvements pour rééquilibrer l’équipe, mais il s’agit d’hypothèses, pas de décisions annoncées.
@tsn Zaccharie Risacher arrives in Dallas, meets Cooper Flagg and shows off his new threads 👀
Le contrat impose par ailleurs une échéance proche : les Mavericks doivent décider avant le 31 octobre 2026 s’ils exercent son option pour la saison 2027-2028, évaluée à environ 17,4 millions de dollars. Ils devront donc se prononcer après une période d’observation relativement courte à Dallas.
Beaucoup d’autres hauts choix de draft comme Zaccharie Risacher ont été échangés tôt dans leur carrière. Ces exemples n’annoncent aucun destin unique. Certains joueurs, comme Chauncey Billups, ont trouvé ailleurs les conditions de leur réussite. D’autres ont conservé une carrière utile sans atteindre les attentes liées à leur rang de sélection, plusieurs n’ont jamais réussi à s’imposer durablement. Les blessures, le contexte et le rôle proposé ont souvent compté autant que le talent initial.

Risacher n’a donc ni garanti sa réussite par son statut de premier choix, ni épuisé ses chances après deux saisons. À Dallas, l’objectif immédiat est plus concret : obtenir un rôle régulier, défendre avec constance et devenir un tireur assez fiable pour jouer aux côtés de Flagg et Kyrie Irving. S’il y parvient, les Mavericks auront acquis à faible coût une pièce importante de leur avenir. Dans le cas contraire, cet échange restera un pari raisonnable dont le potentiel ne se sera pas confirmé.






