USA vs France

Comment les USA ont renversé la France en Finale ?

Autrice d’une première mi-temps d’exception, l’équipe de France s’est écroulée en seconde période et a laissé filer la médaille d’or aux américaines.

Une première mi-temps presque parfaite

La France, alors outsider de cette finale, a commencé son match sur des bases remarquables. Portées par une adresse extérieure (11/24) encore au rendez-vous et une Gabby Williams formidable (20 points, 7 passes décisives), les Bleues sont parvenues à prendre jusqu’à 14 points d’avance au milieu du deuxième quart-temps.

Cependant, un run adverse (26-14) a rapidement pris forme afin de revenir à 2 unités avant la pause. Ce dernier est ponctué par un 3 points assassin de Caitlin Clark qui a donné la couleur de la seconde période.

En fin de deuxième quart-temps, on les laisse faire ce qu’elles veulent : de la contre-attaque, des rebonds offensifs… On sait que c’est de ça qu’elles se nourrissent. Ça leur permet de revenir. Valériane Ayayi

Un manque d’intensité

L’intensité a été l’une des clefs de la victoire des USA. Source : FIBA

La dynamique qui a clôturé la première mi-temps s’est prolongée dans un troisième quart-temps destructeur (30-12) qui a scellé le résultat du match en faveur des USA.

Cette dynamique résulte en partie de la différence d’intensité entre les Françaises et les Américaines. Les protégées de Jean-Aimé Toupane, pourtant habituées à être les plus athlétiques sur le terrain, se sont heurtées à la seule nation supérieure dans ce domaine.

En finale, elles ont mis beaucoup plus d’intensité que nous dans certains moments du match, et c’est ce qui nous a causé du tort. Pauline Astier

Les conséquences de ce manque de physicalité se sont rapidement fait observer, notamment sur contre-attaque. Les joueuses tricolores, prises à leur propre jeu, ont eu beaucoup de mal à se replier défensivement et ont concédé un grand nombre de paniers faciles. La France affiche sur ses 5 premiers matchs de Coupe du Monde une moyenne de 4 points encaissés sur contre-attaque. Face aux États-Unis, les Bleues en ont concédé 17. Une domination claire dans un secteur clef qui a permis aux joueuses de Kara Lawson d’imposer leur rythme durant la rencontre.

De plus, ce manque d’intensité a aussi causé un déficit au rebond. On le sait, c’est une des forces premières des Américaines et pourtant elles se sont baladées dans ce secteur. Avec 6 rebonds offensifs contre 12 et 19 rebonds défensifs contre 26. Dominique Malonga et ses coéquipières ont subi toute la rencontre et ainsi permis aux USA de prendre plus de tirs (64 vs 54 en défaveur de la France).

Une conclusion appuyée par Valériane Ayayi :

Elles ont monté l’intensité là où nous on ne l’a pas fait. Elles ont été présentes sur les rebonds et pas nous, alors qu’on avait mis un focus dessus. Donc elles ont eu plus de tirs, elles ont mis dedans, elles ont eu des and-one. Elles ont été plus fortes ce soir.

Des talents exceptionnels

Le trio Stewart,Young et Grey a livré une grande performance. Source : FIBA

En dehors de l’intensité mise en vigueur, les protégées de Kara Lawson se sont aussi appuyées sur leurs talents individuels. À l’image de Breanna Stewart, nommée MVP de la compétition, Jackie Young et Chelsea Gray sont montées en puissance et ont chacune livré une performance impressionnante.

La star du Liberty a été dominante d’entrée. Que ça soit par son jeu post-up ou ses rebonds offensifs (5), c’est elle qui a eu le plus gros impact sur son équipe, en témoigne son évaluation de 30. La poste 4 a également attiré les défenses sur elle, ce qui a eu pour conséquence de libérer des espaces pour ses coéquipières.

Une des premières bénéficiaires est Jackie Young. La meneuse des Aces a fait preuve d’une grande efficacité en particulier derrière la ligne (4/7). Avec 5 passes décisives pour 0 ballon perdu, son playmaking a aussi été d’une grande aide à l’effectif américain.

Enfin, Chelsea Gray a permis aux siennes de ne pas se faire davantage distancer au score lors de la première période. En scorant des paniers difficiles majoritairement à mi-distance, elle a fait parler son expérience dans le match le plus important de la compétition.

Pour ne citer qu’elles, Caitlin Clark et Napheesa Collier ont également pesé par leur talent dans des moments importants afin de pencher le match en faveur des États-Unis.

Une attaque poussive

L’attaque des Bleues sur demi-terrain n’a pas fonctionné en seconde mi-temps. Source : FIBA

Si l’attaque de l’équipe de France a sublimé en première période, elle s’est effondrée lors de la deuxième. Prises par l’intensité mise par les Américaines, les joueuses de Jean-Aimé Toupane n’ont pas réussi à imposer leur jeu.

Les contre-attaques étant limitées, l’attaque tricolore sur demi-terrain n’est pas parvenue à performer. Bien freinées par la défense en switch des Américaines, les Bleues ont eu beaucoup de mal à créer des décalages sur les systèmes. Couplé à la fatigue accumulée, les Françaises ont cessé d’exister offensivement.

De plus, Gabby Williams n’a pas trouvé autant de réussite qu’en première mi-temps, tandis que le supporting cast autour d’elle a été insuffisant. Marine Johannes, censée être la deuxième option, s’est limitée à ses shoots acrobatiques longue distance. Comme d’habitude, certes, mais confrontée à une adresse insuffisante, elle n’a pas su faire preuve d’alternance (1/6 longue distance pour 0 tirs pris à 2 points) et a perdu de nombreux ballons (5).

Au-delà de Marine, Dominique Malonga a performé, mais dans le 4e quart-temps, à +20, lorsque le match était déjà plié. Malheureusement, dans le 3e quart, au moment le plus important, aucune Française ne s’est distinguée.

Certaines entrées ont même aggravé la situation. Pauline Astier, par exemple, a semblé totalement dépassée par l’événement et a livré une pauvre performance (1 point, 3 ballons perdus, -2 d’évaluation). Elle est à l’image des nombreuses balles perdues stupidement par la France (16) qui ont alimenté les contre-attaques américaines.

Ces éléments ont donc permis aux États-Unis de renverser le match dès la fin du second quart-temps afin de remporter la 12e Coupe du Monde de leur histoire. Cette défaite laisse un goût amer pour la France, mais comme l’espère Pauline, la formation tricolore reviendra en finale prendre sa revanche :

Bien sûr, on aurait préféré la plus belle des médailles, mais ça va nous donner encore plus de motivation pour la suite. Parce que ce ne sera pas notre dernière finale, j’espère.

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