Après 20 ans de carrière professionnelle dont 18 en NBA, Nicolas Batum prend sa retraite à 37 ans le 21 septembre 2026, 35 ans jour pour jour après la mort de son père sur un terrain de basket à Pont-l’Evêque. Batum n’est pas la plus grande légende de la NBA, ni même du basket français, mais il a marqué tant d’observateurs dans l’Hexagone et ailleurs par son style de jeu, ses moments forts, faibles, sa personnalité, son caractère.
Capitaine Batman, par Lucas
Comme beaucoup de personnes, je n’ai jamais été un grand suiveur des équipes où il a joué. Que ça soit au Mans, aux Blazers, à Nancy, aux Hornets, aux Clippers ou aux Sixers, il n’était jamais dans l’équipe qui attirait le plus mon attention. Pour autant, Nicolas Batum a eu ses moments impressionnants.
Lorsqu’il était plus jeune, ce qui se démarquait chez lui étaient ses qualités athlétiques. Explosif, rapide au démarrage, ses grandes foulées lui permettaient de parcourir le terrain avec les meilleurs et son envergure lui permettait de conclure des pénétrations difficiles. Un joueur alliant une telle envergure et une telle athlétisme à une grande vitesse latérale, il était un défenseur capable de défendre de nombreux profils. C’était un joueur intelligent qui ne forçait que rarement son jeu. Il possédait un excellent sens du jeu, une bonne vision du terrain et effectuait des passes précises et bien synchronisées.
Il a eu de nombreux dunks et contres spectaculaires à Portland, ne craignant jamais de se frotter aux plus grands noms de ce sport comme LeBron James ou Pau Gasol. Mais il savait également être décisif, faire ces actions clés en fin de match. Un bon tip-in, un bon retour défensif, un buzzer-beater dans le coin, il savait répondre présent quand son équipe avait besoin de lui.
En vieillissant, il a pu adapter son jeu, se reposant de plus en plus sur un tir à 3 points de qualité, tout en faisant le sale boulot en défense, montrant l’exemple à ses partenaires en sortie de banc. Ce genre de profil qu’on apprécie toujours d’avoir dans son équipe, et qu’on ne peut s’empêcher de souligner l’importance quand on observe le sport au-delà de ses stars.
Et encore une fois, même en ayant le statut de vétéran, il arrivait encore à répondre présent à divers moments. Son dernier grand match en NBA était sans aucun doute sa performance en play-in contre Miami en 2024, aidant les 76ers à se qualifier en playoffs grâce des tirs clutchs et le contre de la gagne sur Tyler Herro.
Mais ce ne sont pas ces moments auxquels je pense en premier quand on parle de Nicolas Batum. Pour moi, c’est ce qu’il a fait en équipe de France. 177 sélections entre 2009 et 2024, le public français a pu le voir grandir, s’améliorer et prendre en maturité.
On a vu le jeune Batum, prometteur mais inconstant, capable de briller et de se noyer, à qui Vincent Collet avait promis que ça serait son équipe un jour, mais qui avait pour rôle de soutenir la génération Tony Parker avec qui il a remporté le premier trophée majeur du basket français. Immature, à l’image de sa vilaine faute aux Jeux Olympiques de Londres, Batum devait encore apprendre à gérer ses émotions pour devenir un grand, mais cela viendra avec le temps.
On a vu le Batum au sommet de sa forme, à la Coupe du Monde 2014 et à l’EuroBasket 2015, où il était devenu capable d’endosser ce rôle de patron, prendre ses responsabilités et guider l’équipe vers le podium de grandes compétitions par son niveau de jeu. Personne n’oubliera sa demi-finale de légende contre l’Espagne malgré la terrible défaite à Lille.
Et enfin, on a vu le Batum capitaine. Plus aussi dominant qu’avant, des statistiques plus modestes, mais le leader par exemple, celui qui donne le ton, celui qui gueule comme Tony et Boris Diaw l’avait fait avant lui. Il n’a pas perdu sa passion, sa rage de vaincre, il a juste réussi à la canaliser, à mieux l’exploiter. Ce Batum, celui qui rallie les troupes, et celui toujours capable du sublime. On a tous en tête son fameux contre face à la Slovénie en 2021, ou même celui contre l’Allemagne en 2024, tournois où il remporte ses deux médailles olympiques. A croire que le Batman était vraiment l’homme des demi-finales.
C’est cet homme, figure majeure de l’âge d’or du basket français dans lequel on est en train de vivre, dont je me souviendrai toujours. Celui qu’on a vu prendre en maturité, grandir, vieillir comme nous. Pas le joueur parfait, mais celui qu’on a tous aimé avoir à nos côtés en équipe nationale. Mais évidemment, pas tout le monde à la même relation avec Nicolas Batum.
That’s why Batum’s in, par Thibault
Lorsque nous, fans des Clippers, voyons Nicolas Batum débarquer en Californie à la fin de l’année 2020, personne ne pense qu’un des joueurs les plus appréciés de l’histoire de la franchise vient de poser ses affaires à Los Angeles. Pour parler de l’impact de Nicolas Batum, j’aurais pu parler de sa réussite à 3-points lors de la saison 2020-21 où il dépasse les 40 % de moyenne alors qu’il ne tournait même pas à 30 % la saison précédente, mais cela ne représenterait pas son impact réel dans le cœur des fans des Clippers.
On mesure souvent l’importance d’un joueur lorsqu’il n’est plus là et c’est exactement ce qu’il s’est passé en octobre 2023. Quelques mois auparavant, Nicolas Batum sort d’une campagne de playoffs décevante face aux Suns. Pourtant, lorsqu’il est transféré aux Sixers, c’est un crève-cœur pour nous fans parce que si l’équipe était menée par Paul George et Kawhi Leonard, le joueur le plus apprécié c’était bien Nicolas Batum. Malgré le poids des années, Nicolas Batum a toujours répondu présent pour apporter des deux côtés du terrain.
Symbole de cet amour des fans pour Batman, les nombreux memes qui ont pullulé sur X au fil des coups de chaud du Français ou cette punchline de BlueBucksClan : Fourth quarter yellin’ ‘Why the fuck Batum in?’. S’il s’agissait originellement d’une critique, elle a ensuite été reprise par tous les fans lorsque Nicolas Batum a pesé dans les fins de match des Clippers.
Lorsque Nicolas Batum quitte la Californie, c’est donc un crève-cœur pour les fans. Après une pige à Philadelphie, il rentre à Los Angeles pour le plus grand plaisir de tous les supporters. Cependant, Nicolas Batum ne revient pas en Californie uniquement pour le soleil et profiter de sa famille. Il continue d’apporter sur le terrain et brille même lors des playoffs 2025. Si lors de sa dernière campagne, le poids des années a commencé à se faire sentir, cela n’a pas entaché l’amour que les fans lui portaient.

Contrairement à d’autres, Nicolas Batum ne s’est jamais plaint, il n’a jamais détourné d’argent et il a été présent peu importe les péripéties les défis qui se présentaient face à lui. Maintenant, le général du Batum Batallion s’en va et laisse derrière lui des fans qui ne l’oublieront jamais.






