La saison dernière, Victor Wembanyama et les Spurs ont atteint les Finales NBA mais se sont écroulés sur la plus grande scène du basket. Désormais, le Français et son équipe veulent récupérer le trophée Larry O’Brien, mais comment faire? Quels objectifs pour lui cette saison?
La saison 2025-2026 de Victor Wembanyama
Après une thrombose veineuse profonde à l’épaule qui avait prématurément interrompu sa saison précédente, Victor Wembanyama revenait avec de grandes attentes. Après un été marqué notamment par un entraînement au temple Shaolin en Chine, le Français souhaitait retrouver son meilleur niveau et conduire les Spurs en playoffs. Il fera finalement beaucoup plus.
San Antonio, qui sortait d’une saison à 34 victoires, termina avec un bilan exceptionnel de 62-20 et la deuxième place de la Conférence Ouest. L’arrivée de De’Aaron Fox, la progression de Stephon Castle et l’émergence d’un collectif solide permirent aux Spurs de franchir un immense cap, mais Wembanyama resta le principal moteur de cette transformation.

Offensivement, le Français continua d’élargir son arsenal : tirs à trois points, step-backs, jeu à mi-distance, création balle en main, passes et finitions près du cercle. Mais c’est surtout défensivement qu’il domina la NBA. Meilleur contreur de la ligue pour la troisième saison consécutive avec 3,1 contres par match, il modifiait constamment les décisions adverses, décourageant les pénétrations par sa seule présence. Cette domination lui permit de devenir, à 22 ans, le plus jeune Defensive Player of the Year de l’histoire et le premier à remporter le trophée à l’unanimité.
Les playoffs confirmèrent son changement de dimension. Avec 22,1 points, 12,3 rebonds et 4 contres de moyenne, Wembanyama conduisit San Antonio jusqu’aux Finales NBA. Face à Minnesota, il réalisa notamment un match à douze contres. En finales de Conférence contre Oklahoma City, il livra plusieurs performances remarquables, dont 41 points et 24 rebonds lors d’une victoire après deux prolongations.

Les Finales NBA contre New York constituèrent cependant son premier véritable obstacle. Les Knicks multiplièrent les prises à deux, coupèrent les lignes de passe et l’obligèrent à recevoir le ballon loin de ses zones préférentielles. Pour la première fois, une défense parvint à limiter durablement son influence. New York s’imposa finalement en cinq matchs.
Cette défaite n’efface toutefois pas une saison exceptionnelle. En quelques mois, Wembanyama est passé du statut de jeune phénomène à celui d’un des joueurs majeurs de la NBA. DPOY unanime, candidat au MVP et leader d’une équipe passée de 34 victoires aux Finales NBA, le Français a démontré qu’il pouvait déjà influencer toutes les dimensions du jeu.
Une défaite qui a laissé des traces
La saison passée, les Spurs se sont inclinés 4-1 face aux New York Knicks en Finales NBA. Le quatrième match reste particulièrement difficile à digérer : les Texans ont laissé échapper une avance de 29 points avant de s’incliner 107-106, concédant la plus grande remontée de l’histoire des Finales NBA.
Pour Wembanyama, cette défaite a eu un véritable impact émotionnel. Lui qui accorde une importance considérable au sommeil et à la récupération a reconnu avoir passé plusieurs nuits difficiles après les Finales. Plutôt que d’essayer d’effacer cette expérience, le Français estime nécessaire de l’accepter et de s’en servir.
Il arrive un moment où vous acceptez que vous devez traverser tout cela et ressentir toutes ces émotions. Nous ne voulons nous cacher de rien », a-t-il expliqué.
La défaite est ainsi devenue une source de motivation. Wembanyama estime même qu’il ne pourrait « imaginer meilleure motivation » pour repartir à la conquête du titre.
Des Spurs désormais attendus
Cette campagne a également changé la définition du succès à San Antonio. Il y a encore un an, une simple qualification en playoffs aurait constitué une progression importante. Après avoir remporté la Conférence Ouest, revenir en arrière n’est désormais plus envisageable.
Nous avons gagné l’Ouest l’année dernière. Nous ne voulons pas faire moins cette année. Nous voulons terminer premiers », a résumé Wembanyama.
Les Spurs savent néanmoins qu’un nouveau parcours jusqu’aux Finales sera probablement encore plus difficile. Ils ne pourront plus bénéficier de l’effet de surprise et leurs adversaires les considéreront désormais comme l’une des équipes à battre. L’expérience acquise au printemps constitue cependant un atout majeur pour un groupe encore très jeune.

Le noyau de l’équipe reste largement intact autour de Wembanyama, De’Aaron Fox, Stephon Castle et Dylan Harper, tandis que San Antonio a ajouté l’expérience de Tobias Harris. Le vétéran a rapidement été impressionné par Wembanyama, aussi bien par son talent que par son éthique de travail.
Un été pour renforcer le collectif
Les Spurs ont utilisé leur courte intersaison pour resserrer leurs liens. Quelques semaines après les Finales, De’Aaron Fox a accueilli plusieurs coéquipiers à Houston pour des entraînements. Wembanyama a ensuite organisé un mini-camp en France, notamment à Nanterre et Paris, auquel ont participé plusieurs joueurs de l’effectif.
Pour le Français, accueillir ses coéquipiers dans son pays et leur faire découvrir son environnement avait une dimension particulière. Ces rencontres ont permis au groupe de travailler mais aussi de digérer collectivement la défaite contre New York.
Cette initiative illustre également l’évolution de Wembanyama comme leader. Son leadership ne passe plus uniquement par ses performances. Il cherche désormais à maintenir la cohésion du groupe, à favoriser la communication et à créer des expériences communes avec ses partenaires.
Cette progression s’est également manifestée avec l’équipe de France, dont Wembanyama a été nommé capitaine pour les qualifications à la Coupe du Monde. À seulement 22 ans, il considère ce rôle comme la nécessité de montrer l’exemple, de connaître parfaitement les systèmes et les adversaires et d’apporter du calme à ses partenaires.
Une préparation physique toujours atypique
Malgré une intersaison raccourcie, Wembanyama a multiplié les méthodes d’entraînement. Il a notamment travaillé avec Hakeem Olajuwon afin de développer son jeu intérieur. Avec Harrison Barnes, il a également rejoint le Provence Rugby à Aix-en-Provence. L’objectif était notamment de travailler ses appuis, la puissance du bas du corps, l’équilibre et sa capacité à absorber les contacts physiques. Wembanyama a particulièrement apprécié les nouveaux mouvements et méthodes de développement de la force découverts lors de cette expérience.
Le Français estime d’ailleurs que son niveau physique de base a encore progressé. Après avoir disputé la saison la plus longue de sa jeune carrière, il considère que son organisme est désormais mieux préparé aux exigences d’une campagne NBA prolongée par plusieurs séries de playoffs.
Le maître du jeu
Sur le terrain, les statistiques de Wembanyama étaient déjà exceptionnelles la saison dernière : 25 points, 11,5 rebonds et 3,1 contres de moyenne. Il a terminé meilleur contreur NBA pour la troisième saison consécutive, intégré la All-NBA First Team, terminé troisième du vote pour le MVP et est devenu le premier joueur de l’histoire à être élu à l’unanimité Défenseur de l’année.

Mitch Johnson estime pourtant que son joueur possède encore une marge de progression considérable. L’objectif n’est plus simplement que Wembanyama marque davantage. Son entraîneur souhaite le voir contrôler complètement les rencontres, notamment en utilisant l’attention des défenses pour créer des opportunités pour ses partenaires.
Wembanyama doit donc progresser dans sa lecture du jeu et sa création. Il s’agit de reconnaître plus rapidement les choix défensifs adverses, de provoquer des décisions puis d’exploiter systématiquement les avantages obtenus. À terme, Johnson veut le voir véritablement « manipuler » les défenses comme le font les meilleurs joueurs du monde.
La gestion de son effort constitue également un enjeu. Après avoir porté une énorme responsabilité offensive pendant les playoffs, le Français pourrait bénéficier davantage de Fox, Castle et Harper afin de sélectionner plus soigneusement ses situations d’attaque. Une progression dans le tir à mi-distance pourrait notamment lui permettre de sanctionner les défenses sans systématiquement devoir attaquer le cercle et subir des contacts.
Quaintance, futur partenaire de Wembanyama ?
@spurs The moment Jayden Quaintance became a Spur 🤩👏#NBA #nbadraft #jaydenquaintance
San Antonio réfléchit également à la meilleure manière d’entourer son intérieur. L’une des pistes les plus intrigantes concerne Jayden Quaintance, sélectionné en 20e position de la Draft. Les Spurs ont déjà expérimenté des formations avec deux grands, mais l’association entre Wembanyama et Luke Kornet présentait certaines limites offensives. Quaintance possède un profil différent : plus athlétique et mobile, il peut changer sur les joueurs extérieurs, protéger le cercle et constituer une menace sur pick-and-roll.
Une association Quaintance-Wembanyama pourrait donc offrir à San Antonio deux protecteurs de cercle extrêmement mobiles. Offensivement, son efficacité dépendrait toutefois beaucoup du spacing. Quaintance devrait notamment contribuer par les écrans, les rebonds offensifs et les courses vers le cercle tandis que Wembanyama pourrait évoluer davantage au poste 4.
À long terme, San Antonio pourrait ainsi imaginer un cinq composé de Dylan Harper, Stephon Castle, Carter Bryant, Jayden Quaintance et Victor Wembanyama. Un tel projet reste encore hypothétique, notamment en raison des interrogations concernant la santé de Quaintance, mais il illustre la volonté des Spurs de construire autour de la jeunesse.
Une pression désormais à la hauteur de son statut
Le changement le plus important pour Wembanyama concerne peut-être son statut au sein de la NBA. Il est désormais l’un des visages de la ligue et le leader d’une équipe qui vient de disputer les Finales. Cette évolution entraîne davantage de critiques et d’attention. Wembanyama reconnaît que cette exposition peut parfois être excessive, mais il la considère également comme une conséquence du succès. Pour lui, être davantage ciblé par les adversaires et leurs supporters signifie aussi que les Spurs se rapprochent de leur objectif.
La saison 2026-2027 doit donc permettre à Wembanyama de franchir une nouvelle étape. Son talent individuel n’est plus véritablement en question. Le défi consiste maintenant à devenir un joueur capable de contrôler le déroulement d’un match, de faire progresser ses partenaires et de porter durablement une équipe visant le titre.

Pour San Antonio aussi, le contexte a changé. Les Spurs ne sont plus une jeune formation prometteuse dont chaque progression constitue une réussite. Leur parcours jusqu’aux Finales a considérablement relevé leurs propres exigences. La défaite contre New York restera probablement longtemps dans les mémoires. Mais plutôt que de chercher à l’oublier, Wembanyama et ses coéquipiers veulent s’en servir comme fondation. Ils savent désormais ce qu’exige un parcours jusqu’en juin, et surtout ce que cela fait d’arriver au sommet sans parvenir à terminer le travail.





