Sélectionné en deuxième position par les Spurs lors de la draft, après une excellente saison du côté de Rutgers et un statut de future star, Dylan Harper arrive dans un effectif avec de la concurrence à son poste (De’Aaron Fox, Stephon Castle, Devin Vassell). Le fils de Ron Harper ne se laisse cependant pas impressionner et compare sa situation avec celle de James Harden à OKC :
James Harden était avec le Thunder et est sorti du banc pendant 3-4 ans en attendant son tour… donc chacun doit attendre le sien.
Une sortie qui fait preuve de maturité et qui va affirmer un bon début de saison pour le rookie des Spurs. En effet, sur ses 5 premiers matchs, il profite de l’absence de De’Aaron Fox pour s’affirmer comme un élément essentiel de la rotation et afficher des statistiques autour des 15 points et 5 passes décisives de moyenne.
Un jeu qui entrevoit des flashs d’une star

Mais ce qui impressionne chez Dylan Harper, ce n’est pas forcément sa production statistique, mais plutôt comment il produit ses statistiques. Après une légère baisse en régime due au retour de De’Aaron Fox, le frère de Ron Harper Jr est de retour en puissance sur les derniers matchs et montre des choses très intéressantes, notamment au drive.
L’ancien joueur de Rutgers combine des mensurations exceptionnelles pour un meneur de jeu (1,98 m pour 2,09 m d’envergure) et une mobilité impressionnante qui le rend tout simplement inarrêtable en pénétration.
Son premier pas dévastateur lui permet de dépasser ses adversaires en une fraction de seconde. Une fois le décalage créé, l’arrière des Spurs est capable d’utiliser son footwork pour décélérer ou créer l’espace nécessaire afin de conclure grâce à son toucher exceptionnel.
Cette combinaison entre mobilité et physique athlétique lui permet de prendre le contact sur des adversaires plus petits pour finir en force, mais aussi, sur des switchs défensifs, prendre de vitesse des adversaires plus grands et moins latéraux.
Vous l’avez compris, Dylan Harper crée énormément de décalages, il s’en sert pour accéder au cercle mais aussi pour délivrer des passes à ses coéquipiers. Le numéro 2 est un spécialiste du drive and kick, sa capacité à décélérer lui permet d’observer le terrain et de trouver ses coéquipiers ouverts. Cette saison, il tourne à 3,8 passes décisives pour seulement 1,4 ballon perdu en moyenne, une statistique déjà élite dans un temps de jeu limité à 22 minutes.
En défense, le joueur coaché par Mitch Johnson compense certaines lacunes par son profil physique et son QI basket, mais surtout grâce à la présence de Victor Wembanyama en 2e rideau. Dylan le dit lui-même :
C’est magnifique de jouer en défense en sachant que Victor est là pour me couvrir
En somme, le fils de Ron Harper est un défenseur moyen qui compense par des qualités extérieures et qui est loin d’être un poids pour son équipe de ce côté du terrain.
L’une des seules interrogations avant la draft et tout au long de la saison se posait sur sa capacité à sanctionner longue distance. Et en effet, les 5 premiers mois de compétition n’ont pas été faciles, avec des pointes au pourcentage à hauteur des 20 %. Mais démontré que sur le dernier mois, le coéquipier de Wemby s’est transformé en véritable sniper. Alors certes, il ne tente que trois tirs longue distance par rencontre, mais il a terminé ce mois de mars en shootant à 54 % derrière la ligne. Une statistique impressionnante qui s’inscrit dans son développement et ne laisse que peu d’espace à de potentielles failles dans son jeu.
Des performances récentes qui laissent présager un bel avenir

En effet, le rookie des Spurs réalise un excellent mois en termes de réussite longue distance mais aussi en termes de réussite au tir global. En mars, il tourne à 58 % au tir et réalise des rencontres références dans sa jeune carrière. Lors de sa première titularisation face aux Pacers la semaine dernière, l’arrière américain a inscrit 24 points et cela à 9 sur 13 au tir. Le match suivant, il a réitéré face au Heat en inscrivant ses 21 points à 9 sur 14 au shoot.
Une efficacité impressionnante pour un temps de jeu aussi réduit témoigne d’un talent qui pourrait, avec un temps de jeu plus conséquent, afficher des chiffres bien plus élevés. La statistique qui va le plus en faveur de cet argument est son nombre de points sur 100 possessions qui s’élève à 24,8 points. La 3e moyenne au scoring des rookies derrière les mutants que sont Kon Knueppel et Cooper Flagg.
Tout laisse à penser que si l’ancien joueur de Rutgers avait été drafté dans une franchise en reconstruction, il se serait imposé sur le podium des meilleurs rookies de l’année et aurait affiché des chiffres bien plus impressionnants qu’à San Antonio.
La concurrence lui donne moins de responsabilités mais lui est cependant favorable sur le long terme. Dylan a la chance de partager le vestiaire aux côtés d’arrières de niveau All-Star en Stephon Castle et De’Aaron Fox avec qui il possède un style de jeu similaire. Fréquenter au quotidien des cadres aussi importants en NBA ne peut que lui être bénéfique pour apprendre et progresser dans son jeu.
Finalement, la situation que Harper vit à San Antonio ne peut que nous faire penser à celle de James Harden dans ses jeunes années au Thunder. Un talent exceptionnel mais qui cache son plein potentiel à cause du vivier de talents qui l’entoure. Espérons juste que la franchise texane ne fasse pas la même erreur que OKC en laissant partir leur jeune pépite pour un choix contractuel.
Dylan Harper est légèrement en dessous des radars contrairement aux autres rookies qui performent cette saison. Il est cependant un élément essentiel dans la réussite des Spurs et s’inscrit comme un joueur majeur sur qui compter à l’avenir. Son talent encore caché ne tardera pas à exploser pour s’élever aux yeux de toute la sphère NBA dans les prochaines années.






