Auteurs d’un excellent début de saison emmené par un Luka Dončić stratosphérique, les Lakers apparaissent à première vue comme l’un des favoris au titre de champion NBA. Cependant, certaines limites sont notables et les empêchent d’être considérés comme de véritables contenders.
Une dépendance à Luka Dončić

Sur ce début d’exercice, le Slovène affiche des statistiques hallucinantes et inscrit encore plus son nom dans les livres des records. Avec 361 unités inscrites et une moyenne de 40,1 points sur neuf matchs, Dončić détient le record dans l’ère moderne du nombre de points inscrits par un joueur sur ses 10 premières rencontres de la saison. Seul Wilt Chamberlain, en 1961 et 1962, a réussi l’exploit de faire mieux avec 455 puis 472 unités.
Outre son talent et sa bonne condition physique, ce qui lui permet de réaliser ce genre de statistiques est son utilisation. En effet, cette saison, contrairement aux précédentes à Los Angeles, l’effectif est réellement construit autour du magicien et la création passe essentiellement par lui, en témoigne son Usage Rate de 40,6 %, le plus élevé de sa carrière.
Cette utilisation implique forcément des conséquences, car si le reste de la création passe surtout par Austin Reaves, les autres coéquipiers sont cantonnés à des rôles et sont largement dépendants du numéro 77. Tous les espaces créés par le meneur angelino de par sa gravité permettent à ses coéquipiers d’exister. Cependant, cela les force aussi à ne pas prendre davantage de responsabilités balle en main.
On peut alors se demander si Luka Dončić restera sur la même forme tout au long de la saison. Car pour le moment, rien n’est à signaler, le Slovène semble être dans la meilleure condition physique de sa carrière, mais avec le rythme des matchs, de la fatigue et des blessures vont potentiellement apparaître.
Dans ce cas, l’effectif californien se retrouvera en grande difficulté, car toute la création passant par l’ancien Maverick, les role players n’auront donc plus les mêmes espaces pour tirer ou driver. Ils devront alors faire évoluer leur statut, ce qui ne semble pas évident à première vue de l’effectif.
Rien que sur ce début de saison, la différence du niveau offensif des Lakers quand Luka Dončić est sur le terrain ou sur le banc est gigantesque. Avec l’ancien MVP d’Euroleague sur le parquet, les Lakers se classent comme la meilleure attaque avec 124 points inscrits par rencontre et, sans lui, ils pointent tout simplement à l’avant-dernière place avec 103 points inscrits par match. La différence est si colossale qu’elle laisse à se questionner sur ce qu’il adviendrait de cette équipe si leur franchise player venait à se blesser.
Une dépendance à l’adresse extérieur des role players

Lors des 9 premiers matchs, l’adresse extérieure des Lakers est au rendez-vous et se classe à la 4e place de la ligue pour un pourcentage de 38 %. Cependant, quand les tirs ne rentrent pas, les joueurs de JJ Redick se retrouvent vite en difficulté et manquent d’alternance. On l’a bien observé lors de la première mi-temps du dernier match face aux Blazers, dans lequel les Purple and Gold ont shooté à 3/24 derrière l’arc et ont compté plus de 10 longueurs de retard.
Leur saison va énormément dépendre de la réussite longue distance des role players, car si ces derniers mettent dedans, Luka Dončić et Austin Reaves bénéficieront de plus d’espace pour attaquer le cercle et performer offensivement. À l’inverse, si les tirs ne tombent pas, la défense pourra se resserrer sur Dončić et Reaves pour les ralentir, car consciente que les role players ne sanctionneront pas efficacement derrière l’arc.
De plus, sur leur entame d’exercice, les Angelinos n’ont affronté que des équipes en dessous de la moyenne pour défendre le tir à 3 points. Excepté Portland, contre qui les Lakers ont connu de la maladresse et ont perdu un match sur les deux confrontations, les autres formations ne dépassent pas la 15e place au pourcentage longue distance subi par l’adversaire.
Cela amène à se demander si les protégés de JJ Redick seront capables de sanctionner avec la même efficacité face à des équipes classées au-dessus de la moyenne dans le secteur et, si ces tirs ne rentrent pas, sauront-ils trouver de l’alternance afin que cette maladresse n’influe pas radicalement sur les résultats ?
Une défense qui laisse à désirer

Les Lakers sont actuellement l’une des pires défenses de la ligue. Ils se classent 24e en nombre de points encaissés (118) et 24e en nombre de ballons perdus provoqués (14,4). Ces statistiques posent de sérieux doutes quant à un éventuel statut de prétendant au titre.
Sur les lignes arrières, deux joueurs sont ciblables défensivement en Luka Dončić et Austin Reaves, tandis que les ailiers Matisse Thybulle et Ziaire Williams ne garantissent pas une couverture élite capable de stopper une forte option numéro 1. Sur leurs 10 rencontres, les Angelinos n’ont eu affaire qu’une seule fois à un extérieur de ce statut en Stephen Curry et ce dernier leur a infligé l’une de leurs seules défaites en inscrivant 31 points, preuve de leur légèreté dans le secteur.
À l’intérieur, Walker Kessler a beau montrer de bonnes choses en protection de cercle, il peut parfois être léger, notamment au poste bas, secteur dans lequel il a subi lors du dernier match face à Donovan Clingan et Yang Hansen. Mais le plus gros problème intervient lorsque l’ancien intérieur du Jazz est rappelé sur le banc. Kevon Looney, trop vieux et pas assez athlétique, les Lakers sont contraints de jouer en small ball avec Mamukelashvili en poste 5. Même si cette faiblesse ne leur a pas causé trop de tort pour le moment, face à de bonnes équipes possédant de meilleurs points de fixation à l’intérieur, cette lacune sera davantage visible.
En clair, la franchise californienne possède de nombreuses zones ciblables défensivement, aussi bien sur les lignes extérieures qu’à l’intérieur, ce qui représente une grande lacune pour leur course au titre.
Enfin, bien que le bilan des Lakers soit flatteur (8-2), leur calendrier les a bien avantagés. Excepté Portland, ils n’ont affronté aucune top équipe et ne se sont pas mesurés à ce qui va réellement les attendre en playoffs.
Il faut donc nuancer ce début de saison de qualité et observer ce que cette équipe va donner sur la durée. Les limites pour être contender sont claires. À voir maintenant si les conditions sont réunies pour avoir un Luka Dončić en forme et une bonne adresse extérieure toute la saison, mais pour ce qui est de la défense, sauf un recrutement avant la trade deadline, cela semble difficile à améliorer au vu des profils déjà en place dans l’effectif.






