Les Français des Wizards en 2026-27 : quels objectifs?

Les Washington Wizards entament une nouvelle étape dans leur reconstruction. Désormais, l’équipe de la capitale veut grimper dans le classement de la Conférence Est. Ainsi, Bilal Coulibaly et Alex Sarr auront moins de marge d’erreur afin de montrer qu’ils ont leur place dans l’effectif des Wizards. Quel objectif pour eux cette saison?

Bilal Coulibaly

Objectif : s’imposer comme un excellent role player

Bilal Coulibay skies for a dunk during the first half of Thursday's game in Oklahoma City.
Bilal a montré son potentiel très tôt dans la saison. Crédit : Alonzo Adams – Imagn Images

La saison 2025-2026 de Bilal Coulibaly avec les Washington Wizards a une nouvelle fois été marquée par l’irrégularité, mais elle s’est conclue sur des signes encourageants. Après une longue absence liée à une blessure au tendon puis à une opération du pouce contractée pendant l’EuroBasket, le Français a effectué son retour fin octobre. Dès son premier match, il a montré son potentiel avec 16 points, 8 rebonds, 4 passes et 3 contres. Défensivement, Coulibaly a confirmé qu’il pouvait devenir l’un des piliers des Wizards grâce à ses qualités athlétiques, sa polyvalence et sa capacité à provoquer interceptions et contres.

Sa progression a toutefois été freinée par de nombreux problèmes physiques touchant notamment les obliques, la cheville, le dos et le talon. Ces absences répétées l’ont empêché de trouver un véritable rythme. Ses difficultés offensives sont alors restées visibles, particulièrement au tir extérieur et dans sa capacité à créer régulièrement ses propres occasions. Malgré cela, certaines performances ont rappelé son potentiel, comme ses 21 points contre Toronto à Noël ou ses 29 points, 5 rebonds et 5 passes face à Orlando, rencontre durant laquelle il a également inscrit 13 points dans les dernières minutes pour arracher la prolongation.

La principale évolution de sa saison est intervenue après son retour définitif fin janvier. Pour la première fois depuis son arrivée en NBA, Coulibaly a pu terminer une saison sans nouvelle blessure majeure. Washington lui a alors confié davantage de responsabilités balle en main, lui permettant de devenir plus agressif et de participer davantage à la création offensive. Depuis début mars, il a ainsi tourné à 15,4 points de moyenne avec 44,6 % au tir et surtout 38,2 % à trois points en 17 rencontres.

L’arrivée de Trae Young a également favorisé cette progression. Aux côtés du meneur, Coulibaly a bénéficié de davantage d’espaces et d’occasions favorables, affichant une confiance supérieure. La direction des Wizards continue donc de croire en son développement malgré une progression plus lente qu’espéré.

Coulibaly termine finalement la saison avec 11,7 points, 4,3 rebonds, 2,6 passes, 1,3 interception et 1 contre de moyenne, avec 42,5 % au tir et 31,9 % à trois points. Son bilan reste mitigé, notamment à cause des blessures et de son irrégularité offensive. Cependant, sa fin de saison plus convaincante, son impact défensif et ses progrès comme créateur constituent des motifs d’optimisme pour la suite de son développement à Washington.

À seulement 22 ans, Bilal Coulibaly aborde déjà une saison déterminante pour son avenir en NBA. Trois ans après avoir été choisi par les Washington Wizards lors de la draft 2023, le Français reste un joueur difficile à évaluer. Son potentiel physique et défensif est évident, mais son développement offensif demeure irrégulier. Surtout, la reconstruction de Washington a considérablement évolué depuis son arrivée. Autrefois considéré comme l’un des principaux visages du projet, Coulibaly doit désormais trouver sa place dans un effectif beaucoup plus talentueux et ambitieux.

 

Bilal Coulibaly guards Shai Gilgeous-Alexander in a Wizards game against the Thunder. (Getty Images)
La défense reste la force de Coulibaly. Crédit : Getty Images

Depuis ses débuts, sa principale force reste la défense. Grâce à sa taille, son envergure, sa mobilité et ses qualités athlétiques, Coulibaly peut défendre plusieurs positions et prendre en charge certains des meilleurs attaquants adverses. Lors de la saison 2025-2026, il a notamment enregistré 1,3 interception et 1 contre par match. L’absence de Jamir Watkins, victime d’une rupture du ligament croisé antérieur, pourrait encore augmenter ses responsabilités dans ce domaine. Washington aura besoin d’un défenseur extérieur capable de contenir les meilleurs arrières et ailiers de la ligue, un rôle qui correspond parfaitement aux qualités du Français.

Les interrogations concernent davantage son attaque. Après trois saisons, Coulibaly affiche seulement 31,3 % de réussite à trois points en carrière. En 2025-2026, il a terminé à 42,5 % au tir et 31,9 % derrière l’arc. Son manque de régularité, certaines périodes de passivité et ses difficultés à créer efficacement en demi-terrain limitent encore son influence. À cela s’ajoute sa disponibilité : depuis son arrivée en NBA, il a manqué près de 28 % des matchs des Wizards et n’a encore jamais disputé plus de 63 rencontres au cours d’une saison.

Pourtant, sa fin de saison 2025-2026 a offert plusieurs motifs d’optimisme. Sur ses vingt derniers matchs, Coulibaly s’est montré beaucoup plus agressif balle en main. Sa longueur, son explosivité et les progrès de son dribble lui ont permis d’attaquer régulièrement le cercle. Son tir extérieur s’est également amélioré : il a réussi 40 de ses 109 dernières tentatives à trois points, soit 36,7 %. Ces performances ont montré qu’il pouvait éventuellement devenir un attaquant secondaire efficace. Elles doivent néanmoins être relativisées, puisqu’elles sont intervenues en fin de saison dans une équipe qui ne jouait plus véritablement pour gagner.

WASHINGTON, DC - Bilal Coulibaly #0 of the Washington Wizards celebrates his dunk with Kyshawn George #18 at Capital One Arena in Washington, DC. NOTE TO USER: User expressly acknowledges and agrees that, by downloading and or using this photograph, User is consenting to the terms and conditions of the Getty Images License Agreement.  (Photo by Jess Rapfogel/Getty Images)
L’effectif des Wizards a grandement changé. Crédit : Jess Rapfogel – Getty Images

Son environnement sera désormais très différent. Les Wizards ont renforcé leur effectif autour de Trae Young, Anthony Davis et du premier choix de draft AJ Dybantsa, auxquels s’ajoutent Alex Sarr, Kyshawn George, Tre Johnson et Will Riley. Coulibaly n’est donc plus une priorité offensive et pourrait même retrouver le banc. Cette évolution peut toutefois lui être bénéfique. Durant ses premières saisons, Washington lui a parfois demandé d’assumer des responsabilités offensives dépassant son niveau de développement. Entouré de créateurs comme Young, il pourra davantage évoluer sans ballon, couper vers le cercle, profiter des espaces et concentrer son énergie sur la défense.

Son avenir contractuel constitue désormais l’autre grande question. Coulibaly est éligible à une prolongation de son contrat rookie et Washington doit prendre une décision avant le début de la saison régulière. Plusieurs estimations situent sa valeur autour de 15 à 20 millions de dollars par saison. Cette somme correspondrait à celle d’un bon joueur de complément plutôt qu’à celle d’une future star. Les précédents contrats accordés par Washington à l’ancien soldat de l’IDF et Corey Kispert, tous deux prolongés autour de 55 millions sur quatre ans, constituent également des références intéressantes.

Pour les Wizards, le dilemme est évident. Prolonger Coulibaly maintenant permettrait de sécuriser un jeune défenseur polyvalent avant une éventuelle progression offensive. Attendre offrirait en revanche une saison supplémentaire pour déterminer si ses progrès récents sont durables. Sans accord, il pourra devenir agent libre avec restriction en 2027, permettant néanmoins à Washington de s’aligner sur une offre extérieure.

Jan 30, 2026; Washington, District of Columbia, USA; Washington Wizards guard Bilal Coulibaly (0) advances the ball against the Los Angeles Lakers during the first half at Capital One Arena. Mandatory Credit: Brad Mills-Imagn Images
Est-ce la dernière saison de Bilal à Washington? Crédit : Brad Mills – Imagn Images

Cette incertitude alimente déjà les spéculations autour d’un transfert. Les Lakers, les Clippers et les Hawks ont notamment été évoqués comme destinations potentielles. Son âge, ses qualités défensives et un coût potentiellement raisonnable peuvent séduire des équipes cherchant un ailier polyvalent. Toutefois, Coulibaly affirme ne pas se laisser perturber par les discussions contractuelles et vouloir se concentrer sur sa progression ainsi que sur la réussite collective.

La saison 2026-2027 représente donc un véritable tournant. Coulibaly n’a probablement plus vocation à devenir la pièce centrale de la reconstruction des Wizards, mais cela ne signifie pas que son développement soit terminé. À 22 ans, son éventail de possibilités reste important. Son objectif sera désormais de transformer ses qualités physiques et défensives en impact régulier, tout en devenant suffisamment fiable offensivement pour rester sur le terrain dans les matchs importants. Sa capacité à réussir cette transition déterminera s’il peut s’imposer durablement comme un excellent joueur de complément à Washington ou si son avenir devra finalement s’écrire ailleurs.

Alex Sarr

Objectif : gagner en régularité

Après une saison rookie en dents de scie, Alex Sarr était très attendu pour sa deuxième année en NBA. Le Français a montré de vrais signes de progression et quelques flashs d’un potentiel All-Star, tout en rappelant qu’il lui reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Nov 5, 2025; Boston, Massachusetts, USA; Washington Wizards center Alex Sarr (20) reacts after a play against the Boston Celtics in the second half at TD Garden. Mandatory Credit: David Butler II-Imagn Images
Le début de saison de Sarr était excellent. Crédit : David Butler II – Imagn Images

Après une première saison à 13 points, 6,5 rebonds et 1,5 contre de moyenne, conclue par une sélection dans la All-Rookie First Team, Sarr devait franchir un cap. Et son début de saison a été particulièrement encourageant. Sur ses 12 premiers matchs, il affichait 19,1 points, 8,6 rebonds, 3,8 passes et 2,3 contres, à 53,1 % au tir et 35,1 % à trois points.

Sarr a surtout confirmé son potentiel des deux côtés du terrain. Offensivement, il s’est montré plus agressif vers le cercle, notamment sur pick-and-roll, tout en développant son jeu de passe et son tir extérieur. Défensivement, sa mobilité, son envergure et ses qualités de contreur lui permettent de protéger le cercle tout en défendant plusieurs positions.

Sa progression n’a toutefois pas été linéaire. Les blessures ont considérablement perturbé sa saison : problèmes aux adducteurs, élongation au tendon d’Achille et autres pépins physiques lui ont fait manquer 34 rencontres. Son rendement a également fortement diminué après le All-Star break. Alors qu’il tournait à 17,2 points avec près de 50 % de réussite avant la pause, il est tombé à 11,3 points à seulement 38,3 % au tir ensuite.

Feb 8, 2026; Washington, District of Columbia, USA; Washington Wizards center Alex Sarr (20) looks up during a free throw against the Miami Heat during the third quarter at Capital One Arena. Mandatory Credit: Rafael Suanes-Imagn Images
La saison de Sarr n’a pas été assez satisfaisante. Crédit : Rafael Suanes – Imagn Images

En 48 matchs, Sarr termine finalement avec 16,3 points, 7,4 rebonds, 2,7 passes, 0,8 interception et 2 contres de moyenne, à 48,2 % au tir, 33,3 % à trois points et 69,2 % aux lancers francs. Le bilan reste donc encourageant, mais contrasté. Sarr possède les qualités physiques et techniques pour devenir un défenseur d’élite et sa polyvalence est particulièrement rare pour un pivot de 2,13 m. Mais plusieurs limites persistent : une sélection de tirs parfois discutable, une efficacité offensive encore moyenne, une tendance à trop dépendre de son tir extérieur et surtout un manque de régularité.

Cette deuxième saison confirme ainsi le potentiel considérable d’Alex Sarr sans encore apporter toutes les garanties attendues. Sa prochaine étape sera claire : rester en bonne santé, gagner en constance et transformer ses nombreux flashs en performances régulières.

Washington Wizards Deliver Good News Ahead of 2026 NBA Draft
Sarr va jouer avec deux joueurs de renom. Crédit : Getty Images

À l’approche de sa troisième saison NBA, Alex Sarr se trouve à un tournant. Le Français a progressé, mais doit désormais transformer ses promesses en performances régulières. Washington change également de cap. Après trois années de reconstruction, les Wizards veulent devenir plus compétitifs sans sacrifier le développement de leurs jeunes. Entouré de Trae Young, Anthony Davis et Deandre Ayton, Sarr bénéficiera de meilleures conditions, mais devra aussi répondre à des exigences supérieures.

Sa deuxième saison apporte des raisons d’espérer. En 48 rencontres, le deuxième choix de la draft 2024 a compilé 16,3 points, 7,4 rebonds, 2,7 passes et deux contres en 27,2 minutes. Son adresse atteint 48,2 % au tir, contre 39,4 % lors de sa première année, et 33,3 % à trois points, contre 30,8 %. Cette hausse de production, obtenue avec un temps de jeu presque identique et sans augmentation des pertes de balle, témoigne d’une progression réelle.

L’évolution la plus encourageante concerne son comportement près du panier. Souvent réticent au contact comme rookie, Sarr attaque davantage le cercle et choisit mieux ses opportunités. La proportion de ses tirs tentés à moins d’un mètre du panier est passée de 17 % à 26,2 %, tandis que son efficacité dans cette zone a progressé de 69,5 % à 75,6 %. Son pourcentage de réussite réelle est ainsi monté de 48,2 % à 54,4 %, même s’il reste perfectible pour un intérieur.

Sa principale force demeure toutefois défensive. Avec sa mobilité et son envergure, Sarr peut protéger la raquette, contester les tirs et accompagner des joueurs plus petits loin du cercle. Ses deux contres par rencontre illustrent cette présence, mais ne résument pas son influence. Dans une équipe régulièrement débordée sur les lignes extérieures, il a souvent dû réparer les erreurs de ses partenaires. L’arrivée de Davis pourrait enfin lui permettre de partager cette responsabilité.

Leur association offre des perspectives intéressantes. Davis peut prendre en charge certains duels physiques et intervenir en couverture, tandis que Sarr exploite sa vitesse dans les changements défensifs. Ensemble, ils pourraient améliorer une défense qui concédait 121,5 points pour 100 possessions, le pire rendement de la ligue. Cette complémentarité reste néanmoins à confirmer sur le terrain. Additionner les qualités individuelles ne garantit pas automatiquement une organisation collective efficace.

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Un autre jeune talent a rejoint les Wizards. Crédit : NBA

Offensivement, Trae Young représente un soutien précieux. Son talent sur pick-and-roll devrait offrir à Sarr davantage de ballons près du cercle, de passes lobées et de tirs ouverts. Le Français pourra également utiliser son jeu de passe après une réception dans la raquette. Avec Davis et AJ Dybantsa attirant l’attention adverse, il aura moins besoin de créer seul. Son progrès pourrait donc se mesurer davantage à son efficacité qu’à une forte augmentation de ses points.

La présence de plusieurs intérieurs soulève cependant une question d’équilibre. Davis et Ayton ne sont pas des spécialistes du tir extérieur, ce qui pourrait pousser Sarr à s’éloigner du panier. Or, il doit éviter de retrouver une dépendance excessive au trois points. Brian Keefe devra déterminer dans quelles configurations son jeune pivot apporte le plus : seul à l’intérieur ou associé à Davis. Ayton constitue, lui, une solution supplémentaire qui renforce la concurrence et permet de répartir les minutes.

Avant toute considération tactique, la santé reste prioritaire. Après une saison perturbée par plusieurs blessures, notamment au gros orteil gauche, Sarr s’est fracturé le pied droit pendant un entraînement en juin et a été opéré. Will Dawkins prévoit son retour pour le premier match, le 21 octobre, mais une participation limitée au camp accompagne sa reprise. Le dirigeant a salué son sérieux durant la rééducation, ainsi que son travail de renforcement physique pendant l’été.

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Alex Sarr rappelle d’autres joueurs par son talent et sa disponibilité. Crédit : Getty Images

Ce calendrier encourageant ne doit pas devenir une obligation. Washington a intérêt à privilégier une reprise progressive, adaptée à son état réel et à sa condition physique. Les comparaisons statistiques avec Kristaps Porziņģis ou Chet Holmgren rappellent les possibilités offertes par ce profil d’intérieur polyvalent, mais aussi l’importance de la disponibilité. Elles ne prédisent toutefois ni son évolution ni ses futures blessures. Pour Sarr, enchaîner les rencontres constitue déjà une étape essentielle vers davantage de constance.

Les rumeurs autour de Jalen Duren ont enfin alimenté les interrogations sur son avenir. Certains journalistes envisageaient Sarr comme une contrepartie intéressante pour Detroit. Finalement un accord entre Duren et les Pistons pour cinq ans et 200 millions de dollars a été trouvé.

L’enjeu principal pour Alex Sarr demeure donc sportif : dans un effectif renforcé, Sarr doit consolider ses progrès, gagner en régularité et contribuer aux victoires. Son potentiel reste considérable, mais sa troisième saison devra montrer comment il s’intègre durablement aux ambitions nouvelles des Wizards. Il devra notamment maintenir son agressivité près du cercle lorsque les résultats collectifs deviendront une priorité quotidienne.

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