Maxime Raynaud était un rare point positif pour une saison des Kings de piètre qualité. Cependant, le sophomore doit maintenant confirmer et montrer qu’il peut avoir un rôle important dans une équipe qui ne veut pas rester aux fonds de la conférence.
La saison 2025-2026 de Maxime Raynaud
La saison 2025-2026 des Sacramento Kings a été particulièrement difficile avec seulement 22 victoires en 82 matchs. Dans ce contexte, la révélation de Maxime Raynaud a constitué l’un des principaux motifs de satisfaction. Sélectionné seulement en 42e position de la Draft 2025, le pivot français de 2,16 m arrivait avec un profil d’intérieur moderne, capable de contribuer au rebond, à la passe et dans plusieurs zones offensives, mais avec des interrogations concernant sa défense et son adaptation physique à la NBA.
Après une Summer League encourageante, Raynaud a progressivement gagné sa place dans la rotation. Les blessures de Domantas Sabonis et Drew Eubanks lui ont surtout permis d’obtenir un rôle beaucoup plus important que prévu. Titularisé une seule fois lors de ses 13 premières apparitions, il a ensuite commencé 56 de ses 61 derniers matchs. Dans le cinq majeur, il a tourné à 14,2 points et 8,7 rebonds en 29,8 minutes.

Deux rencontres ont particulièrement renforcé sa confiance : 19 points contre Utah, après les encouragements de Russell Westbrook, puis 25 points face à Houston. Sa relation avec Westbrook, notamment sur pick-and-roll, a joué un rôle important dans sa progression. Raynaud a alors enchaîné les performances solides et s’est imposé comme l’un des joueurs les plus fiables des Kings.
Sa deuxième partie de saison a confirmé son changement de dimension. Après le All-Star Break, il a enregistré 17,3 points et 9,2 rebonds de moyenne, avec près de 60 % de réussite au tir et 40 % à trois points. En mars, ses 17,9 points et 8,5 rebonds par rencontre lui ont valu le titre de Rookie du mois de la Conférence Ouest. Il a également signé 21 points et 19 rebonds contre les Pelicans, puis deux matchs consécutifs à au moins 30 points en mars.

La première saison de Raynaud a également été marquée par la présence de joueurs extrêmement expérimentés comme DeMar DeRozan et Russell Westbrook. Le Français a particulièrement observé le professionnalisme de DeRozan. Au-delà des traditionnelles tâches réservées aux rookies, Raynaud retient surtout sa compétitivité et sa capacité à maintenir une concentration mentale exceptionnelle après près de deux décennies en NBA. Une anecdote l’a particulièrement marqué. Après avoir vu DeRozan relativement peu scorer pendant la présaison, il avait demandé à Zach LaVine comment le vétéran pouvait encore être un grand scoreur. DeRozan avait ensuite inscrit 30 points dès l’ouverture de la saison.
Raynaud a surtout été impressionné par cette faculté à changer immédiatement de rythme et à se remettre mentalement à zéro d’un match à l’autre. Après une seule saison NBA, il reconnaissait déjà ressentir la fatigue d’une longue campagne et mesurait d’autant plus la difficulté de maintenir ce niveau d’exigence pendant 17 ou 18 ans.
Cette expérience lui a également appris à développer une mentalité tournée vers l’action suivante. Après une erreur ou une mauvaise performance, Raynaud cherche désormais à analyser objectivement ce qui s’est produit, puis à passer rapidement à autre chose. Cette capacité est devenue l’une des principales leçons de sa première saison.
Raynaud a finalement terminé sa première saison avec 12,5 points, 7,5 rebonds et 1,4 passe en 74 matchs, à 57,1 % au tir. Il s’est notamment distingué parmi les rookies par son rebond et ses double-doubles. Ces performances lui ont permis d’intégrer la NBA All-Rookie Second Team, un accomplissement remarquable pour un 42e choix de Draft. À 23 ans, il est ainsi passé du statut de troisième pivot des Kings à celui de véritable révélation de leur saison, dépassant largement les attentes placées en lui.
Un profil offensif déjà très développé
La principale force de Raynaud réside dans la diversité de son jeu offensif. À Stanford, il était au centre de l’attaque et évoluait notamment en pick-and-pop, avec la possibilité de prendre des tirs extérieurs et de jouer loin du cercle. Lors de sa dernière saison universitaire, il avait inscrit 36 % de ses tirs à trois points. À Sacramento, son utilisation a été différente : les Kings l’ont davantage employé comme finisseur sur pick-and-roll et près du panier.

Son toucher, son jeu de jambes, sa mobilité et sa capacité à terminer autour du cercle lui ont permis d’être immédiatement productif. Mais son développement à trois points pourrait déterminer la prochaine étape de sa progression. Lors de sa saison rookie, il n’a tenté qu’un tir extérieur par match, pour 32,4 % de réussite. Son volume a néanmoins progressivement augmenté au fil de la saison, parallèlement à son temps de jeu et à sa confiance.
Cette évolution s’est poursuivie pendant l’été 2026. En Summer League, Raynaud a affiché une mécanique de tir plus fluide et une volonté plus nette de s’écarter du cercle. Face aux Washington Wizards, il a notamment terminé avec 20 points et 12 rebonds tout en réussissant deux de ses cinq tentatives à trois points. Sur ses deux apparitions à Las Vegas, il a inscrit trois tirs extérieurs sur sept tentatives.
Cette progression pourrait être essentielle pour Sacramento. Les Kings ont terminé la saison 2025-2026 au 29e rang de NBA à la fois en nombre de tirs à trois points tentés par match et en pourcentage de réussite. Un Raynaud capable de devenir une menace régulière derrière l’arc apporterait donc une dimension dont l’équipe manque.
Pour autant, il paraît encore prématuré de considérer Raynaud comme un véritable stretch big. Ses quelques performances encourageantes en fin de saison et en Summer League ne suffisent pas encore à obliger les défenses adverses à respecter constamment son tir extérieur. La saison 2026-2027 devra permettre de déterminer si cette progression est durable.
La défense comme principal chantier
Si Raynaud possède déjà un bagage offensif important, son développement défensif apparaît comme l’un de ses principaux défis. Sa protection du cercle reste notamment en retrait par rapport à celle de Dylan Cardwell. Cette différence pourrait avoir des conséquences directes sur la rotation des Kings. Cardwell apporte précisément ce dont Sacramento manque : de la présence physique, du rebond et de la protection de cercle. Lors de sa saison rookie, il a compilé 5,4 points, 7,5 rebonds et 1,4 contre en 44 matchs. Son profil défensif est donc plus complémentaire de celui de Sabonis, tandis que Raynaud possède plusieurs qualités offensives similaires à celles du pivot lituanien.

Raynaud est conscient de cet axe de progression. Il considère Cardwell comme l’un des joueurs les plus physiques et des meilleurs défenseurs qu’il côtoie et reconnaît qu’il doit progresser dans ces domaines. Un autre enjeu sera donc de gagner en puissance physique afin de mieux résister aux intérieurs NBA, après avoir parfois souffert face à des adversaires plus forts dans le jeu au poste bas.
Sabonis, Cardwell et la question de son poste
Le retour de Domantas Sabonis modifie considérablement la situation de Raynaud. Après avoir bénéficié de longues minutes comme titulaire durant sa première saison, le Français pourrait commencer sa deuxième année dans un rôle de remplaçant. La présence de Dylan Cardwell et de Precious Achiuwa encombre également la rotation intérieure.
Une solution envisagée consiste à ne plus considérer Raynaud exclusivement comme un pivot. Grâce à sa mobilité et surtout au développement potentiel de son tir extérieur, il pourrait obtenir des minutes au poste d’ailier fort et évoluer avec un autre intérieur.
Le staff de Sacramento a notamment évoqué la possibilité de l’associer à Sabonis. Un assistant des Kings a expliqué que les qualités des deux joueurs pouvaient permettre cette association, tout en soulignant les progrès de Raynaud comme shooteur. Une telle configuration offrirait davantage de possibilités offensives et permettrait au Français d’obtenir des minutes sans attendre que Sabonis quitte le terrain.

Elle soulève cependant une difficulté défensive. Ni Sabonis ni Raynaud ne sont considérés comme des protecteurs de cercle naturels. Une association entre les deux pourrait donc manquer de dissuasion près du panier. À l’inverse, un duo Raynaud-Cardwell présenterait des caractéristiques complémentaires : Cardwell apporterait défense et impact physique, tandis que Raynaud pourrait étirer le terrain et fournir davantage de création offensive. Développer Raynaud aux postes 4 et 5 permettrait ainsi aux Kings de profiter davantage de ses qualités sans placer systématiquement les deux jeunes intérieurs en concurrence directe.
Sa relation avec Dylan Cardwell
Malgré cette concurrence, Raynaud et Cardwell ont développé une relation très positive. Arrivés ensemble en NBA en 2025, ils refusent de considérer la réussite de l’autre comme une menace. Cardwell résume cette philosophie simplement : la réussite de Raynaud ne lui fait pas perdre son travail, pas plus que ses propres performances ne font perdre sa place au Français. Les deux joueurs cherchent au contraire à apprendre l’un de l’autre.

Raynaud admire particulièrement la défense et la dimension physique de Cardwell. De son côté, Cardwell a ajouté à son jeu certains tirs en toucher et floaters qui constituent l’une des qualités offensives de son coéquipier. Raynaud décrit leur relation par l’expression « le fer aiguise le fer » : chacun pousse l’autre à progresser.
Cette proximité dépasse le terrain. Lorsque Raynaud est annoncé dans le cinq majeur, Cardwell célèbre parfois sa présentation en formant une tour Eiffel avec ses bras, clin d’œil aux origines parisiennes de son coéquipier. Avec Nique Clifford et Precious Achiuwa, ils participent également à la culture du jeune groupe surnommé les Beam Boys.
De rookie à mentor
À seulement 23 ans et après une seule saison NBA, Raynaud commence déjà à voir son rôle évoluer. Sacramento a poursuivi le rajeunissement de son effectif avec notamment Darius Acuff Jr., Alex Karaban et Emanuel Sharp. Les Kings attendent désormais de leurs jeunes joueurs de deuxième année qu’ils accompagnent les nouveaux arrivants.
Raynaud a reconnu que ce rôle ne lui était pas encore naturel. Son arrivée tardive en Summer League, après son passage en équipe de France, l’avait obligé à intégrer un groupe dont la hiérarchie commençait déjà à se former. Il a donc cherché à comprendre individuellement ses nouveaux coéquipiers. Certains ont besoin d’être laissés tranquilles lorsqu’ils rencontrent des difficultés, d’autres préfèrent qu’un coéquipier vienne leur parler.
Son ambition est désormais de devenir progressivement un mentor pour les rookies. Il s’est montré particulièrement positif concernant Acuff, qu’il décrit comme extrêmement talentueux, travailleur et passionné par le basket. Les deux joueurs ont commencé à développer leur relation en Summer League et pourraient former un duo important dans le jeu à deux des Kings.

Raynaud place d’ailleurs la barre très haut pour lui-même. Après son match à 20 points et 12 rebonds contre Washington en Summer League, il refusait de se satisfaire de ses statistiques, estimant qu’il avait laissé passer plusieurs opportunités et qu’il aurait pu produire davantage. Son objectif est double : aider les joueurs de première année tout en dominant lui-même et en confirmant sa saison rookie.
L’équipe de France, une responsabilité particulière
Son été 2026 a également été marqué par son engagement avec l’équipe de France. Avant de rejoindre les Kings à Las Vegas, Raynaud a participé aux qualifications pour la Coupe du monde aux côtés notamment de Rudy Gobert, Bilal Coulibaly et Zaccharie Risacher. Plus tard dans l’été, il a notamment inscrit 13 points à 6/7 au tir en seulement 18 minutes lors d’une victoire 84-69 contre la Suède aux côtés de Victor Wembanyama.
Pour Raynaud, représenter la France ne constitue pas seulement une occasion de jouer pendant l’intersaison. Il affirme être fier de son pays et de ce que le basket français a accompli ces dernières années. Il considère également sa présence en NBA comme l’héritage du travail effectué par les générations précédentes de joueurs français.
Je comprends que si je suis aujourd’hui dans cette situation, celle d’un joueur français et européen en NBA, c’est aussi grâce à tous les joueurs français qui ont évolué au plus haut niveau. Donc je le fais aussi pour la prochaine génération. »
Une deuxième saison déterminante
Après avoir été l’une des révélations de la Draft 2025, Raynaud aborde donc sa deuxième saison dans une situation différente. Il n’est plus un choix de second tour dont personne n’attend grand-chose. Sa première année a démontré qu’il pouvait produire en NBA et lui a donné une place importante dans le jeune noyau de Sacramento.
Le contexte sera néanmoins plus complexe. Avec le retour de Sabonis et la progression de Cardwell, son temps de jeu ne sera plus garanti par les blessures. Raynaud devra désormais le gagner grâce à l’élargissement de son registre. Trois axes ressortent particulièrement : stabiliser son tir à trois points, progresser défensivement et gagner en puissance physique. Son développement extérieur pourrait notamment transformer son rôle. Plutôt que d’être uniquement en concurrence avec Sabonis et Cardwell au poste de pivot, il pourrait devenir un intérieur polyvalent capable d’évoluer avec chacun d’eux.
Son évolution s’inscrit enfin dans le projet collectif des Kings. Sacramento construit progressivement un noyau autour de Darius Acuff Jr., Nique Clifford, Dylan Cardwell et Raynaud. Le Français veut désormais dépasser son statut de révélation pour devenir l’un des joueurs capables d’accompagner cette reconstruction sur la durée. Sa première saison lui a permis de surprendre. La deuxième devra lui permettre de confirmer.






