Equipe de Bourg en Bresse en train de se motiver

La JL en plein coup de Bourg en EuroCup !

Qualifié en finale d’EuroCup (deuxième échelon européen) pour la deuxième fois en trois ans, les joueurs de Bourg-en-Bresse n’ont maintenant qu’un seul objectif en tête : le titre. Mais les derniers mois n’ont pas toujours été aussi rose. Retour sur le parcours qui a emmené la JL jusqu’aux matchs décisifs.

La saison 2024-2025 : le retour à la réalité

Après une finale perdue brusquement 2-0 face au Paris Basket mais une saison tout de même réussie, la Jeu ne revoyait pas ses ambitions à la baisse concernant la saison 2024-2025. Fort d’une finale en Eurocup et d’une demi-finale en playoffs de Betclic Elite, l’équipe Bressane avait de quoi attirer des joueurs de calibre Eurocup/Euroleague. Problème, les finances. N’étant pas un club possédant des dizaines de millions d’euros, la Jeu a dû recruter intelligemment, et de l’autre côté, laisser partir ses éléments forts, courtisés en Europe (voir aux US pour un certain Zaccharie).

C’est donc pas moins de 8 joueurs qui quitte l’Ain cet été, dont certains noms bien connus du basket Européen :

– Isaiah Mike

– Bodian Massa

– Jeremy Morgan

– Axel Julien

– Bryce Brown

Pour ne citer qu’eux.

Afin de renforcer son effectif, la JL va donc recruter à moindre coût, sans pour autant négliger le talent :

Joël Ayayi, Xavier Castaneda, Jordan Usher, Mehdy Ngouama ou encore Jean-Marc Pansa font leur arrivée dans le département de l’Ain.

Xavier Castaneda sous le maillot de la JL Bourg avec le ballon en main
Xavier Castaneda lors de la saison 2024-2025 d’Eurocup

L’effectif est renouvelé à plus de 50%, mais les ambitions restent les mêmes, à savoir goûter aux phases finales.

La saison commence parfaitement, avec 4 victoires en autant de rencontres. Xavier Castaneda se dévoile aux yeux du public Burgien, mais la JL va vite redescendre de son piédestal. Le bilan est de 6-6 à la fin de l’année civile, et une grosse deuxième partie de saison est nécessaire afin de se qualifier en playoffs.

Mais, dans une poule relevée comprenant Valencia, l’Hapoel Jerusalem ou encore Türk Telekom, la JL va se prendre les pieds dans le tapis, malgré une série de 3 victoires en janvier, et va perdre les deux derniers matchs face à l’Hapoel et Valencia. Ces matchs auraient pu permettre à la Jeu de se qualifier en playoffs, mais Bourg faisait face à plus fort que lui.

Après une saison écourtée au goût d’inachevée, la JL a donc dû, encore une fois, faire face à un grand déménagement.

Seul un joueur du groupe professionnel a été conservé, Adrian Nelson. Castaneda, Ayayi, Usher et autres ont tous trouvé une porte de sortie, à différents niveaux.

Et donc, la JL a dû se renforcer en tentant certains paris. Certains venant d’Allemagne (Darius McGhee, Will McDowell-White, Tre Mitchell), d’Elite 2 (Assémian Moularé, Yvann Mbaya) ou d’autres pays européens (Both Gach de Turquie, Adam Mokoka de Roumanie, ou encore Ricky Lindo d’Italie).

C’est avec cet effectif, construit intelligemment autour de profils complémentaires comme l’expliquait le consultant sportif François Lamy, que la JL est repartie à l’assaut de l’Europe.

La saison 2025-2026 : A quoi s’attendre ?

Dans une poule moins relevée que celle de l’année précédente, la JL s’est tout de suite imposée comme un candidat sérieux à la première place du groupe. Emmenés notamment par son leader offensif Darius McGhee lors de la première partie de saison, les Burgiens se sont retrouvés avec un bilan de 10-2 à la fin de l’année civile. Les deux défaites sont survenues face à Trentino, équipe de DeVante’ Jones, récemment élu dans la All-Eurocup First Team, et Besiktas, favori de la compétition depuis la première journée.

Malgré un tout petit coup de moins bien en fin de saison et notamment de son leader Darius McGhee, bien suppléé par le Sud-Soudanais Both Gach, Bourg finit la saison en 14-5, à la deuxième place de son groupe, derrière l’ogre stambouliote.

Avec cette place de dauphin, les hommes de Fauthoux évitent les huitièmes de finale, et se retrouvent directement en quarts, pour un match couperet.

Et pour ce match, c’est l’Olimpija Ljubljana d’un certain Cameron Houindo qui se rend à l’Ekinox pour jouer les trouble-fêtes.

Bourg partait en favori, et pourtant, ce sont bien les Slovènes qui vont prendre le meilleur départ. Après un 11-3 infligé par les coéquipiers de Cam Houindo, les Bressans ont couru au score lors de la première mi-temps, jusqu’à prendre un avantage de 2 points à la pause. L’international Français Adam Mokoka n’y étant pas pour rien, alliant intensité offensive avec son habituel intensité défensive.

Kokila défendant sa raquette face aux Slovènes

La JL compte jusqu’à 11 points d’avance en deuxième mi-temps, mais un run en fin de match de la part des Slovènes leur permet de revenir à un point, sur un dernier trois points d’Aleksej Nikolić, un ancien du championnat de France, suivi d’un lancer-franc. L’Olimpija aurait même pu égaliser, si Nikolić avait réussi ses deux lancers.

Mais un gros McDowell-White en fin de match va mettre fin aux espoirs slovènes sur un gros and-one, lui qui a noirci la feuille de stats, avec 6 points 6 rebonds et 7 passes.

Bourg a finalement réussi à éviter le piège des quarts de finale, contrairement à l’Hapoël Jérusalem, éliminé face au Türk Telekom sur un tir au buzzer de Kyle Allman, l’ancien du Paris Basketball.

En demi-finales, et maintenant ?

C’est donc les Turcs que la Jeu va affronter en demi-finale, la deuxième de son histoire.

Mais cette fois-ci, cela se joue au meilleur des trois matchs, et le Türk Telekom ne pourra pas réitérer son exploit des quarts de finale.

Le premier match se joue donc à Bourg, avec la JL qui part favorite. Et avec ce premier match à domicile, les Bressans se devaient de gagner afin de ne pas être dos au mur. Surtout que le match deux se joue à Ankara, en Turquie.

Le début du match, dans une Ekinox tout en blanc, se déroule comme prévu, face à une équipe Turque accrocheuse. 11-11 après quelques minutes de jeu, le match s’annonce palpitant. Puis d’un coup d’un seul, écran noir. 32-13 pour Ankara à la fin du premier quart, avec au total un 23-2 infligé aux Bressans. L’ancien Parisien, Kyle Allman, artille à tout va. Il finit le match avec 19 points et 5 passes, en ayant tout fait à la défense de la JL. L’écart grimpe même jusqu’à 32 points dans le troisième quart-temps, dans une salle complètement éteinte.

Bourg finit par réduire légèrement cet écart, pour finalement s’incliner 99-71. Les têtes sont basses, et la mission semble impossible. S’imposer à Ankara pour s’offrir une balle de match dans l’Ain, tel est le nouvel objectif, aussi inatteignable semble-t-il.

Cette seconde manche, quatre jours plus tard, devait avoir un goût de revanche. Après une défaite amère au premier match, pas question de sortir de la compétition par la petite porte. En sachant également, que pendant la saison régulière, l’équipe Française s’était imposée lors des deux confrontations face aux Turcs, 88-80 et 76-80.

La mission n’était donc pas impossible, et la JL nous l’a montré. 26-18 après 10 minutes de jeu, les Bressans ne se laisseront pas faire. Mais les Turcs, au bon souvenir du match 2, infligent un 21-9 aux joueurs de Freddy Fauthoux pour prendre l’avantage à la pause. Kyle Allman est toujours en feu et finit le match avec 25 points, tandis que côté JL, le meneur star Darius McGhee passe pour l’instant complètement à côté de ses demi-finales. Seulement 11 points dans le match 1, et 3 points dans le match 2 avec un affreux 1/12 au shoot.

Dans un troisième quart serré, aucune équipe ne parvient à creuser l’écart. 56-59 Türk Telekom après 30 minutes de jeu, la JL doit faire un gros dernier quart afin de ne pas laisser l’équipe de Kyle Allman filer en finale.

Et Bourg va faire ce gros dernier quart. Emmené par le Sud-Soudanais Both Gach et Assemian Moularé, auteur de 15 point chacun, la JL va, sur deux lancers réussis de Will McDowell-White (pourtant pas le plus à l’aise dans l’exercice), s’imposer en Turquie et s’autorise à rêver à nouveau d’une place en finale.

Assémian Moularé en plein drive, grand artisan de la victoire au match 2

Ce qui a permis aux Bressans de s’imposer au match deux et qu’ils leur avait manqué au match un, c’est de l’intensité physique. Dépassés au rebond lors du premier match (41 à 24), les coéquipiers de Mokoka se sont ressaisis à l’extérieur : 44-38 en faveur de la Jeu, dont 15 rebonds offensifs. Une baisse de réussite derrière l’arc des Turcs, en surchauffe lors du match 1 (48% de loin), a également permis à Bourg de s’imposer.

C’est donc dans un dernier match, un do-or-die game, que l’adversaire du Besiktas, vainqueur 2-0 face à Bahcesehir, sera connu.

L’Ekinox n’entend pas revivre le match 1, et s’attend à une meilleure performance de ses joueurs lors de ce match décisif.

Dès le début du match, les Bressans montrent leur détermination. Un énorme dunk de Ricky Lindo lance parfaitement le match de la Jeu, qui va dominer et passer quasi l’entièreté de la mi-temps en tête.

Mais Türk Telekom, porté par un grand Jordan Usher, ex-joueur de Bourg l’année passée, va recoller et même passer devant. Jalen Smith se montre également, tandis que Kyle Allman passe complètement à côté de son match. 43-39 en faveur de la JL à la mi-temps, mais l’écart va vite grimper.

Adam Mokoka, Kevin Kokila et surtout Both Gach ont emmené la Jeu dans le troisième quart-temps, mais les coéquipiers de Kyle Allman (7 points seulement) ne comptaient pas lâcher l’affaire. Seulement 9 points séparaient les deux équipes au bout de 30 minutes de jeu.

Mais l’Ekinox et les joueurs de l’Ain ne se sont pas laissés emporter par les émotions. 14-2 en quelques minutes, et un écart qui grimpe jusqu’à 22 points.

L’Ekinox est en fête, les joueurs profitent de la fin de match pour laisser paraître leur joie et leur rage de vaincre.

Le retour de Bourg en finale d’Eurocup

Revenant de loin après un match 1 raté, la JL peut enfin savourer. Elle atteint les finales d’Eurocup, deux ans seulement après sa première participation.

Elle affrontera donc Besiktas d’Ismael Kamagate, ou encore Jonah Matthews, l’ancien arrière de l’ASVEL. Les Turcs, annoncés favoris dès le début de la compétition, sont grandement en tête des pronostics.

Mais Bourg-en-Bresse, avec son jeu collectif et tout son talent, peut venir jouer les trouble-fêtes. Cette année, les deux équipes se sont affrontées en phase de poules. Bilan, 2 victoires pour les Turcs.

Une première victoire en Turquie de 30 points, match dans lequel les hommes de Freddy Fauthoux n’avaient pas existé. Et le deuxième, en France, était beaucoup plus intéressant. Défaite 99-103 de la JL, mais un match de haut niveau. Darius McGhee avait éclaboussé le match de son talent, tandis que du côté stambouliote, c’était Ante Žižić, l’intérieur, qui avait fait la leçon aux Français, avec 26 points inscrits. Jonah Matthews s’était également, avec 21 points et 5 passes.

Cette finale s’annonce donc palpitante, avec de chaque côté des joueurs à suivre :

Côté Jeu, 3 profils seront importants afin de croire à la victoire finale :

  • Both Gach, l’ailier sud-soudanais qui s’impose comme le go-to-guy de cette équipe depuis quelques mois, et particulièrement depuis le début de la post-season
  • Will McDowell-White, le véritable playmaker de cette équipe, qui peut permettre à la JL de se relancer dans des temps faibles grâce à son sang-froid
  • Kevin Kokila, le seul rescapé de la finale 2024, qui va devoir gérer ses fautes afin de gêner au mieux le géant Ante Žižić

Les 3 profils à suivre côté Besiktas, sont, sans surprise :

  • Jonah Matthews, le scoreur attitré de cette équipe, qui porte l’attaque extérieure des stambouliotes
  • Ante Žižić, l’ancre intérieure capable de réaliser des cartons et de désosser la raquette adverse grâce à son expérience
  • Devon Dotson, le meneur-passeur capable de scorer, passé par les Bulls et les Wizards.

Bien évidemment, ces 6 joueurs ne seront pas les seuls acteurs de cette finale. C’est tout un collectif, que ce soit côté turc ou côté français, qui devra fonctionner afin de prendre l’avantage dans cette finale.

Finalement, Bourg, après un été agité qui a conduit à un renouvellement quasi-total de son effectif, retrouve les finales. Deux ans seulement après s’être sèchement incliné 2-0 face au Paris Basket d’un certain TJ Shorts, la JL va tout faire pour se venger. Et pourquoi pas obtenir sa place en EuroLeague, après tout  ?

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