Kévin Franceschi, le Lion de l’Atlas de Lorient

Arrivé en Bretagne l’an passé, le meneur franco-marocain Kévin Franceschi fait aujourd’hui le bonheur du CEP Lorient qui évolue en Nationale 1. Après avoir connu les États-Unis, l’Espagne, l’Allemagne, Paris, la Belgique et le Maroc, c’est finalement dans le Morbihan qu’il posera ses valises. Nous sommes partis à sa rencontre pour revenir sur son parcours atypique et sur son adaptation en terre lorientaise.

Un rêve américain qui a forgé Kévin Franceschi à travers de dures réalités

Kévin Franceschi sous le maillot des Bisons de l’Oklahoma. Crédit : BasketSession.

Le basket commence donc pour toi à Argenteuil, est ce que tu pourrais nous dire quand et comment est venu cet attrait pour le basket ?

Kévin Franceschi : J’ai commencé en suivant mon grand frère sur les playgrounds. Petit à petit, je me suis inscrit en club à Argenteuil, mais assez tard par rapport à la plupart des joueurs de basket, donc vers 11-12 ans. Et donc voilà c’était un mix entre avoir 2 entraînements par semaine en club et jouer au street basket.

Après un passage à Tarbes, mais rapidement tu fais le choix de passer de l’autre côté de l’Atlantique, aux États-Unis, comment tu en arrives à prendre cette décision ?

Kévin Franceschi : Moi j’avais toujours les yeux grands ouverts par rapport aux États-Unis, je pense que quand on est jeune basketteur, on a tous ce rêve américain. Je voulais également avoir l’opportunité de continuer mes études, c’était important pour moi et mes parents. J’ai eu l’occasion par la suite de faire un tournoi aux États-Unis, qui s’est par ailleurs très bien passé. J’ai eu de bons retours des universités américaines, et après mon retour en France, ça m’a poussé à repartir rapidement aux États-Unis.

Et pourquoi pas la France ?

Kévin Franceschi : En toute sincérité, je n’ai pas été pris dans les centres de formation. Je n’étais pas dans les plans du joueur long et athlétique. Je faisais 1 mètre 85 pour 70 kilos. J’étais léger, mais très technique, j’avais ce talent au scoring et je l’avais même prouvé dans les championnats de France… mais voilà, je n’étais pas dans la vision des coachs d’ici.

Quel était ton rapport à la culture américaine et à la langue. On imagine que c’est quelque chose dont tu te sentais proche ?

Kévin Franceschi : Oui évidemment, j’ai commencé à regarder la NBA tôt, à partir du moment où j’ai commencé le basket. Ensuite, mes joueurs préférés, c’étaient des joueurs NBA. Et c’est leur mentalité que j’ai essayé d’adopter, des Kobe Bryant, Kévin Garnett, des joueurs qui jouaient à l’intensité, avec beaucoup de passion et qui travaillent beaucoup en dehors du parquet pour pouvoir être prêts sur le terrain. J’ai vite pris ça avec moi, et à 32 ans, ça me suit encore.

Tu commences donc ton passage aux USA en Junior College. On sait qu’à ce niveau, les scouts commencent à regarder les joueurs, et il y a un peu ce côté individualiste. Est-ce que c’est aussi ce que tu ressentais toi aussi ?

Kévin Franceschi : Ouais c’était un gros choc des cultures. Junior College pour ceux qui ne sont pas au courant, c’est la jungle ! Tu viens et tu fais tout pour décrocher une bourse en NCAA. Et malheureusement là-bas, tu joues un sport collectif, mais dans ce sport collectif, c’est très individuel. Ça a été quelque chose de très différent pour moi. Et même si mon jeu est très axé sur le scoring, je ne voulais pas mettre mes coéquipiers en porte-à-faux.

Je voulais bien sûr briller individuellement, mais sans marcher sur mes coéquipiers et en développant un jeu collectif. Ce n’était pas la même pour mes coéquipiers… Eux voulaient juste obtenir une bourse, et ça je l’ai compris rapidement. Je m’y suis adapté et au final, et ça s’est bien passé, parce que j’ai fini par en obtenir une à Kansas City.

Bah justement en parlant de Kansas, tu rejoins quand même un coach qui est réputé dans le milieu universitaire (Kareem Richardson, 1 fois champion NCAA avec Louisville en tant qu’assistant), qu’est-ce que tu gardes de cette collaboration et comment il t’a contacté ?

Kévin Franceschi : Ma réponse va être un peu longue parce que j’ai envie de donner des détails, et je pense que ça peut être intéressant à entendre. Kareem Richardson est venu à un de nos entraînements, pour observer l’un de nos intérieurs, Thaddeus Smith. Et moi, je ne sais pas ce que j’avais mangé avant mais je cartonne le practice. 3 points, tomar, etc… je fais tout à cet entrainement quoi. Et à la fin, il vient me voir et il me dit « j’aime vraiment ton jeu ». Mais moi je ne savais pas qui il était et mon coéquipier Thaddeus Smith vient m’expliquer que c’est un coach, champion avec Louisville.

À ce moment, je n’avais aucune offre de division 1. Et le lendemain, je reçois un appel de l’assistant coach de Kansas City, qui me dit « moi je n’ai jamais vu ça, mais Kareem Jackson t’offre une scholarship après t’avoir vu au practice hier ».

Donc voilà, j’étais à la fois choqué et excité et une semaine plus tard, je participe à un tournoi à Dallas qui s’appelle le Jamboree. Là-bas, c’est assez connu, puisqu’il y a tous les coachs des États-Unis qui viennent observer les meilleurs JuCo (juniors colleges) du pays. Pareil, je cartonne à ce tournoi et les offres commencent à s’enchaîner. Pour tout te dire, j’avais reçu 10 offres d’équipes de NCAA D1 dans un laps de temps de 2 semaines.

Ensuite j’ai fait une visite à Kansas City, le coach m’a fait comprendre qu’il voulait que je vienne, ils m’en ont mis plein les yeux, et j’ai signé assez rapidement, sans prendre aucune autre visite dans une autre FAC. Ça c’est une faute due à un manque d’expérience et ça montre qu’avoir une voix derrière un joueur, c’est vraiment important. Donc le conseil que je peux donner à quelqu’un qui irait aux États-Unis, c’est de prendre les 5 visites, d’écouter les coachs et de regarder les différents programmes et villes, c’est vraiment important, pour se faire un jugement. Et moi au final j’arrive et il y a 4 joueurs à mon poste.

C’est rude et je n’ai pas eu la bonne attitude vis-à-vis de la situation. Non pas que j’étais un problème pour l’équipe, mais au lieu d’avoir cette discussion avec le coach et de lui demander « qu’est-ce que je peux faire pour jouer et pour améliorer cette situation », je me suis renfermé sur moi-même et je suis resté frustré.

J’avais du mal à comprendre, je faisais de bonnes entrées, de bons entraînements, mais j’étais dernier de rotation, alors qu’il y a 1 an, il m’appelait tous les jours, en me disant que j’étais important pour leur programme. Donc voilà ce qui s’est passé cette année-là, et c’est pour cette raison que j’ai fait le choix ensuite de la D2, je ne voulais pas m’asseoir une saison de plus.

Alors justement, au bout des choses, tu n’as pas eu un cursus universitaire simple. Dans le sens où, tu passes donc cette première saison sur le banc, puis cette 2ème année où tu contractes une énorme blessure, est-ce que tu arrives, malgré ces circonstances, à en tirer du bon de ce cursus ?

Kévin Franceschi : Bien sûr, ça m’a forgé mentalement, après ça, j’étais vraiment prêt pour les pros. Entre la blessure, la situation en D1, le contrôle des émotions, j’ai eu une dépression aussi, c’était ma première et ma dernière, suite à la blessure à Oklahoma. J’avais cette sensation, où je suis parti en D2 pour ne pas être redshort, et quand je pars en D2, je me blesse, donc est-ce que je n’aurais pas pu attendre.

La blessure était en plus très sévère, j’ai failli perdre toutes mes dents. Je suis retombé sur la tête et sur mon poignet à la suite d’un dunk. Donc voilà, j’avais la tête déformée, je ne pouvais pas manger et ça pendant des semaines, et c’était vraiment très dur. C’est pour ça, les gens qui ont des problèmes mentaux, je peux les comprendre parce que c’est difficile par moment d’être un athlète, et de traverser ça. Et puis comme je te le disais, j’étais prêt à tout, et une fois passé professionnel, j’ai pu travailler de la bonne façon.

Et à propos de cette blessure, à quoi tu t’es accroché ? Ta famille est à 8000 kilomètres de toi, toi tu vas aux États-Unis pour jouer au basket, donc je pense que la question se pose.

Kévin Franceschi : Honnêtement, pas grand-chose, j’avais mes proches au téléphone, quelques personnes de confiance que j’ai rencontrées là-bas, et aussi un coach exceptionnel que j’ai eu là-bas. Lui et son assistant venaient me voir tous les jours dans ma chambre, et ils ont vraiment été là pour moi, et j’ai toujours gardé contact avec eux d’ailleurs. Mais, il fallait juste passer cette épreuve, et grâce à Dieu je m’en suis bien sorti et en bonne santé. Maintenant il n’y a plus que du positif.

Le Maroc comme consécration d’une carrière pour Kévin Franceschi

Kévin Franceschi termine champion et est élu MVP de l’Afro Can 2023. Crédit : Amaury Leandro

Après un petit tour d’Europe (Allemagne, Espagne, Grèce), tu fais le choix de revenir à la maison, au Paris Basket, est-ce que ça vient d’une volonté de te rapprocher de ta famille, ou est-ce que c’était vraiment le projet sportif qui prenait le dessus ?

Kévin Franceschi : Quand je sors de Grèce, je fais une très grosse saison là-bas qui s’est terminée plus vite à cause du Covid. J’étais le meilleur scoreur de la division (D2 grecque), et suite à ça, j’ai vraiment eu de grosses offres, et ce n’était pas prévu que je revienne en France. Après la situation s’est un peu compliquée à cause du Covid, et Amara Sy et Jean – Christophe Prat ont pris contact avec moi, m’ont dit qu’ils voulaient me faire passer un essai, et voilà.

Parce qu’on aurait pu se poser la question de ce choix. Tu sors de contrats où t’avais pas mal de responsabilités, et tu te retrouves en concurrence avec Juhan Begarin qui devait sortir de l’INSEP, Ryan Boatright. Bon voilà, tout ça pour dire que tu n’allais assurément pas avoir les mêmes responsabilités ?

Kévin Franceschi : Oui bien sûr, mais après moi mon objectif quand je rentre dans une équipe, ce n’est pas de jouer le plus de minutes, c’est juste de pouvoir m’exprimer, prendre du plaisir, et aller chercher des résultats collectifs. Je pense que Paris Basket avait cette ambition de monter, moi ça permettait aussi de me rapprocher de mes proches aussi.

Et sur ces points, le coach a été très réglo. Je lui ai dit que je venais en essai, ce n’est pas pour être après sur le banc. Si je venais là-bas, c’était pour jouer et apporter, et lui m’a fait comprendre que le temps de jeu serait partagé, et c’est ce qu’il s’est passé sur le début de saison jusqu’à ma blessure.

Pour parler de cette saison, vous atteignez votre objectif, puisque vous montez. Mais j’aurais aimé savoir comment vous l’aviez vécue dans cette année un peu particulière. Vous finissez deuxième, ce qui est normalement synonyme de playoffs. Mais dans un contexte Covid, vous montez finalement directement. Est-ce que vous arrivez à avoir cette même satisfaction ?

Kévin Franceschi : 2 matchs avant la fin de saison, on savait déjà qu’on allait monter. Je crois que c’était à Lille, je me souviens célébrer dans le bus. Le format faisait qu’il y avait deux équipes qui montaient directement, et il n’y avait pas de playoffs, ça c’était déjà acté. On finit à égalité avec Fos-sur-Mer, et pour une histoire de goal-average, eux finissent champion de France et nous 2ème, et on a fait la montée.

Après cette saison, tu pars du côté de Bruxelles, ville que tu quittes rapidement, à la suite d’un changement de coach. Pourquoi avoir choisi le Maroc pour la suite de ta carrière ?

Kévin Franceschi : Beaucoup de raisons, mais déjà c’est un pays qui me tient à cœur, par rapport à ma mère. Et puis sportivement, c’était le bon moment, avec la NBA Afrique qui arrivait, j’ai eu aussi une très belle offre, et pour finir avoir cette proximité avec l’équipe nationale ce qui m’avait été fortement recommandé par le sélectionneur de l’époque, en vue des Coupes d’Afrique qui arrivaient. Il me disait qu’il y avait de très bons clubs et que ça serait bien que je vienne jouer dans mon pays.

Est-ce que tu as eu l’occasion de jouer en BAL (Basketball Africa League) ?

Kévin Franceschi : Non, parce que quand je suis champion avec le FUS (Rabat), je suis parti à Tanger pour la saison suivante.

Alors justement le FUS, ça a été une grosse expérience pour toi. Tu rejoins l’équipe de Stéphane Dumas et tu obtiens un titre de champion et un titre de MVP du championnat, est-ce que ça reste, ton expérience sportive la plus aboutie ?

Kévin Franceschi : Je dirais l’année la plus aboutie, parce qu’on enchaîne avec la Coupe d’Afrique. Franchement, c’est incroyable ce qu’il s’est passé : pouvoir prendre les 2 MVP et les 2 trophées. Les planètes se sont bien alignées et ça s’est bien passé cette année.

Parle-nous justement de cette Coupe d’Afrique avec le Maroc. Je crois sur la finale, tu as des ballons chauds à gérer en fin de match. Raconte-nous ton état d’esprit à ce moment-là ?

Kévin Franceschi : Cette expérience était incroyable, parce que j’étais un peu sorti de mon corps pendant toute la compétition. Ce qu’il faut savoir, c’est que la Coupe d’Afrique est organisée différemment que les Coupes en Europe, ou autre. On a fait 7 matchs en 8 jours, c’était juste infernal. Les derniers matchs, tu n’as plus de jambes, je me rappelle que je prenais 2 ou 3 cafés avant les matchs pour essayer d’avoir de l’énergie. Tu ne dors pas, tu enchaînes des matchs très intenses, et tu joues pour l’équipe nationale donc tu as la pression en plus.

Tu ne t’en rends pas compte mais psychologiquement tu es à bout. Et puis le dernier, on était arrivé jusque-là, et il ne fallait pas qu’on perde. Pour te rappeler ce qu’il s’est passé, j’étais dans une zone… Je prends un tir à trois points, à 45 degrés, 1 mètre derrière la ligne et contesté, que je mets. Et ensuite je mets deux lancers francs, avant qu’ils refassent faute sur moi. Je rate le premier, mais le problème c’est que si je mets le suivant, ils prennent temps-morts, et ils ont une chance d’égaliser, donc je le rate intentionnellement, mais d’une façon où c’est moi qui prends mon propre rebond, et le match se termine.

Mais une expérience vraiment magnifique ! Le retour au pays avec le roi qui nous félicite, les gens qui nous attendent à l’aéroport, et la fête dans la ville, c’était vraiment beau.

Pour finir sur ton passage au Maroc, tu nous disais tout à l’heure qu’il s’était terminé à Tanger, un club où le public est quand même très très chaud. Qu’est-ce que ce que ça fait de jouer devant un public aussi passionné que ça ?

Kévin Franceschi : Ah c’est absolument magique. Pour ceux qui veulent avoir l’image : tu prends le Partizan mais en plus sauvage ! Et je ne dis pas sauvage pour les dénigrer, bien sûr, parce que j’ai énormément de respect pour les Ultras, mais il n’y a pas encore cette culture où on va faire attention aux joueurs. Nan là, ça envoie des pétards, mais ce n’est pas non plus très dangereux, il y a des policiers. Mais je me rappelle de matchs, où tu vas sur un layup, tu marques et il y a faute sifflée, et tu vois un pétard qui va exploser à côté de tes pieds. Ensuite les policiers calment ça, mais c’est magique, vraiment une ambiance à vivre.

C’est une petite caractéristique des championnats un peu exotique aussi. Je pense au Liban qui me vient en premier.

Exactement, tu as le Liban, la Tunisie, la Libye. Il y a vraiment des championnats où les supporters sont énormes.

Un retour en France pour Kévin Franceschi … et des envies de playoffs avec le CEP Lorient

Pour la deuxième saison consécutive, Kévin Franceschi porte le maillot du CEP Lorient. Crédit : Morgane le Guen

Parlons maintenant de Lorient. Après quelques saisons au Maroc donc, tu fais le choix de revenir en France. Comment tu fais le choix de t’installer ici, en Bretagne ?

Kévin Franceschi : Revenir en France, c’est quelque chose auquel je réfléchissais depuis déjà plusieurs années. J’ai eu l’occasion d’échanger avec Pascal Thibault (ancien coach du CEP Lorient). Il m’a un peu raconté le projet du club qui était vraiment super pour moi. J’ai pu échanger avec les dirigeants et pareil, ça s’est très bien passé. Ensuite avec ma femme, on a décidé de tenter l’aventure en France, je savais qu’aussi pour elle, ça allait être une bonne expérience. Et aussi la proximité avec la famille qui allait faire du bien.

J’aimerais aussi évoquer la situation de l’an passé. Vous avez eu une saison un peu compliquée, avec notamment un gros trou d’air à la fin de la phase 1, qui vous a coûté une place en « poule haute » de la N1. Comment vous expliquiez cette absence que vous avez eue pendant presque 2 mois ?

Kévin Franceschi : C’était très bien en début de saison, ça a surpris les gens, parce qu’on jouait beaucoup à l’intensité. Mais je pense que ce n’était pas forcément l’optique à avoir avec ce groupe. Pascal (Thibault) avait une très bonne dynamique avec Rennes, un groupe très jeune, et il a voulu calquer sa méthode sur l’effectif qu’il avait ici, et je ne pense pas que c’était forcément ce qu’il fallait faire. Même cette année, les choses ne sont pas allées dans son sens, il aurait peut-être fallu faire quelques adaptations.

Mais c’était dur honnêtement. On a très très bien commencé, ensuite on a eu ce gros trou d’air qui nous a mis dans le doute et dans une mauvaise dynamique. Après on part en poule basse, et on y fait de bons résultats, ce qui était déjà bien de pouvoir sauver l’honneur là-dessus, mais je pense que c’est l’erreur qu’on a faite en tant que groupe.

Si j’ai voulu te parler de cette dernière saison, c’est pour rebondir sur celle-là aussi. On a eu peur que le scénario se répète cette année. Est-ce que dans le vestiaire, il y eut cette inquiétude-là qui s’est sentie ?

Kévin Franceschi : Oui, mais surtout les 3 joueurs qui ont resigné (Kevin Franceschi, Matthieu Robin et Adrien Sclear), on sentait des petits trucs, mais bon, on restait positif. Ensuite, on a enchaîné les défaites avant le changement avec Thomas (Le Roux). C’était très difficile, mais Pascal reste un très bon coach, et malheureusement il n’a pas su s’adapter avec l’équipe qu’il avait ici.

Et est-ce que compte tenu de la situation, tu estimais que le fait que Thomas (Le Roux) prenne les rênes de l’équipe, c’était la chose à faire ?

Kévin Franceschi : Oui, je pense que c’était une très bonne décision, malheureusement au détriment de Pascal. Il a très bien géré le groupe à son arrivée, il a mis des choses en place qui ont du sens par rapport au groupe. Et chapeau à lui, parce que prendre les rênes d’une équipe aussi rapidement.

Avec le peu d’expérience qu’il a, même s’il a passé énormément de temps sur les bancs, ce n’est pas une chose facile d’être mis en avant en tant que coach principal, et de diriger une équipe avec des ambitions. Surtout qu’à ce moment-là, on était dos au mur, il fallait absolument qu’on gagne des matchs, et il a pris le challenge comme un chef. Donc chapeau à lui, et à Fred (Theilot) l’assistant.

Thomas Le Roux, nouveau coach principal du CEP Lorient. Crédit : Pol Morin

À ce propos, il a quand même changé beaucoup de choses depuis son arrivée. J’aimerais revenir sur un point que j’évoquais avec lui peu avant, à savoir l’aspect défensif. On voit qu’il utilise beaucoup plus de zones et de trappes. Est ce que c’est déjà quelque chose correspond davantage à l’équipe, d’après toi ?

Kévin Franceschi : Ce qu’il met en place, c’est logique et travaillé. C’est un coach qui regarde beaucoup de vidéos, qui analyse beaucoup de vidéos, il est très « basket », comme j’aime le dire. C’est quelqu’un qui sent le basket, et pour lui ce n’est pas une simple question de mettre de la zone, il essaie surtout d’alterner. Et ce qui est bien avec Thomas, c’est qu’il sait quelle défense mettre à quel moment. C’est ça qui importe, et il le fait très bien.

L’autre gros changement, ça a été l’arrivée ou la réintégration de Naël Sané dans l’effectif. C’est un jeune qui n’a pas froid aux yeux, quel regard tu portes sur son arrivée, qui vise à te suppléer au poste 1 ?

Kévin Franceschi : Naël c’est un très bon petit, « c’est mon petit comme je l’appelle ». Il a une très bonne éthique de travail, une bonne attitude et il va toujours être un bon coéquipier. Je suis très content pour lui, parce que non seulement il a pris l’opportunité, mais comme tu l’as dit, il n’a pas eu froid aux yeux, et il a pris ses responsabilités. Il a bien progressé et j’aimerais maintenant pour lui qu’il apprenne le poste de meneur de jeu.

Ça va être sa prochaine étape maintenant, pouvoir diriger une équipe, et pouvoir alterner entre le scoring, parce qu’il a un instinct de scoreur, et l’assist. C’est vraiment ça qui va l’aider à prendre des steps. Je sais qu’il peut le faire parce qu’il est à l’écoute, il a une bonne éthique de travail, et c’est quelqu’un de coachable. Et donc voilà, je suis content de ce qui lui arrive et de ce qui va arriver pour lui.

Dernière question sur cette saison. On sait que l’objectif du club, ça va être d’accrocher une place en play-off maintenant. Il y a un groupe d’équipes autour de ces dernières places qualificatives qui est très dense. Comment abordez-vous ce sprint final ?

Kévin Franceschi : On aborde ce sprint final « à fond les baloches ». On n’a pas le choix, il faut qu’on gagne des matchs, mais ce qui est bien, c’est qu’on a de l’expérience dans l’équipe, avec des gars qui n’ont pas froid aux yeux, et qui sont prêts pour le challenge. On a une très bonne attitude aux entraînements. Même pendant cette période de défaites, qui s’est terminée dernièrement, on avait toujours une bonne attitude.

Les gars venaient à l’entraînement s’entraîner durs, on se mettait dessus. On a essayé de garder le sourire et la tête haute, et ce qui a fait qu’on a pu faire un bon match contre Fos. Malheureusement, Orchies on a perdu, c’était difficile, mais dans le contenu du match, c’était beaucoup plus positif que pendant la période de défaites qu’on a eue avant.

Deux dernières questions un peu plus tranquilles, mais qui restent néanmoins très sérieuses. J’ai fait un petit calcul. Depuis le début de la phase, tu marques quasiment 30% de tes points dans les 5 dernières minutes. Est-ce que tu te considères comme l’un des joueurs les plus clutchs de cette division ?

Kévin Franceschi : Honnêtement oui. C’est quelque chose que je prends à cœur. Mes coéquipiers et mon coach me font confiance là-dessus. Ça fait longtemps que j’adore ça. Depuis même tout jeune, je n’ai pas peur de rater le dernier tir. Je n’ai pas peur de l’opinion, des commentaires sur Internet, donnez-moi le ballon, et je vais créer le meilleur tir pour moi, ou pour l’un de mes coéquipiers. Mais intéressante la statistique.

Pour finir, est-ce qu’on peut espérer te voir sous ces couleurs encore l’année prochaine ?

Kévin Franceschi : On verra, on verra… On y va étape par étape (sourire).

Merci à Kévin Franceschi et au CEP Lorient pour leur temps et leur confiance. Nous leur souhaitons bon courage pour leur objectif de play-off.

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