France

Après une demi maitrisée, la France va en Finale

Malgré une adversité plus élevée que lors des 4 derniers matchs, la France n’a pas tremblée et s’est défaite de l’Allemagne sur le score de 86 à 64. 

Une rencontre maîtrisée

La France a été devant au score la majeure partie de la rencontre. Source : FIBA

La France a beau afficher un score flatteur, ce dernier ne reflète pas exactement le fil du match. Les Allemandes, bien qu’en dessous durant toute la rencontre, ont proposé la meilleure adversité que nos Bleues n’aient eue depuis le début de la compétition. Sans compter la fin du match, la Mannschaft n’a jamais été larguée et a toujours été en possession de revenir. Cependant, elle n’y est pas parvenue et cela grâce à la performance des françaises.

Excepté 11 secondes dans le premier quart-temps, la sélection tricolore a été devant au score tout au long de la partie. Les protégées de Jean-Aimé Toupane ont toujours eu la bonne réponse aux assauts germaniques, soit par de bonnes défenses ou des 3 points assassins. De nombreux temps forts tricolores ont aussi coupé les dynamiques adverses et permis de creuser le score.

À l’entame du 3e quart-temps, par exemple, la France a inscrit une série de 9-0 pour prendre un matelas confortable de 16 points, tandis que dans le 4e quart, en réponse à une percée de la Mannschaft sous la barre des 10 unités, Gabby Williams et ses coéquipières ont infligé un run de 12-0 pour éteindre les espoirs allemands.

Enfin, le contrôle du ballon et du rythme ont permis aux Bleues de dicter le jeu et de ne pas se mettre en danger. Avec seulement 7 balles perdues, les françaises ont limité les contre-attaques adverses et, par la même occasion, des points facilement concédés. Au contraire, les joueuses d’Olaf Lange, avec leurs 22 pertes de balle, ont totalement subi le jeu adverse et, fautes de ces erreurs récurrentes, n’ont pas pu revenir au score.

Gabby Williams MVP

Gabby Williams en larmes après la qualification de la France en finale de la Coupe du Monde. Source : FIBA

Gabby Williams a de quoi être en larmes après cette qualification en finale. Autrice d’une performance exceptionnelle à l’image de sa Coupe du monde, la capitaine des Bleues a brillé dans tous les compartiments du jeu face à l’Allemagne.

Tout d’abord en défense, avec ses 4 interceptions, c’est elle qui a donné le ton à ses coéquipières. Les extérieures allemandes ont bavé de cette pression exercée tout au long du match et ont concédé leur plus gros total de pertes de balle lors de la compétition (22). Gabby est à l’origine de nombreuses d’entre elles qui ont permis à la France de se projeter en contre-attaque.

De l’autre côté du terrain, la franco-américaine a performé dans tous les registres, que ce soit à 3 points ou à mi-distance, mais le plus impressionnant fut sa capacité à pénétrer aussi facilement dans la raquette adverse. Grâce à ses qualités physiques, mais aussi ses changements de rythme et de direction, elle a fait preuve d’une domination impressionnante pour une efficacité létale (6/7 à 2 points).

Et lorsque la défense allemande s’est adaptée en seconde période en sortant à deux sur elle après chaque écran, la joueuse des Valkyries eut la bonne lecture de servir ses coéquipières. Au-delà de ses 5 passes décisives, elle a surtout créé énormément de décalages pour son équipe qui a su exploiter chaque retard défensif à merveille.

Avec une performance de ce calibre qui vient confirmer sa compétition exceptionnelle, Gabby Williams s’inscrit fortement comme la MVP de la Coupe du monde, à voir si elle pourra réitérer face aux États-Unis.

De l’alternance enfin trouvé

La France a enfin réduit son volume de tirs à 3 points. Source : FIBA

Jean Aimé Toupane le répète depuis le début de la compétition, mais la principale lacune de l’équipe de France, malgré son adresse exceptionnelle longue distance, est le manque d’alternance. En effet, lors de cette Coupe du monde, les Bleues ont tendance à tirer bien trop souvent derrière l’arc, parfois avec des choix discutables. La réussite dont font preuve les Françaises et l’adversité rencontrée jusqu’à maintenant masquent une potentielle faille qui pourrait coûter cher à ces dernières si l’adresse venait à chuter.

Cependant, lors de cette rencontre, les joueuses de Jean-Aimé Toupane ont enfin semblé exécuter les consignes de ce dernier. Avec un volume de 27 tirs à 3 points tentés pour 38 à 2 points, les Bleues ont réalisé leur plus faible total de tirs longue distance pris, derrière le match face à la Corée du Sud, avec 26 3 points tentés.

Et pour cause, elles ont remplacé cette tendance par de nombreux drives. Les extérieures adverses ne pouvant pas contenir nos joueuses sur pénétration, Marine Johannes, Leïla Lacan et Gabby Williams en ont profité de la meilleure des manières. De plus, le jeu sur pick-and-roll a fait effet, notamment avec Lacan ou Johannes en porteuses de balle. Elles ont très bien réussi, en gérant le tempo, à créer des espaces et à les exploiter.

Cette baisse de volume longue distance a donc permis de trouver d’autres solutions offensives et à nous préparer aux risques d’une finale sans adresse extérieure.

Cette finale, justement, aura un goût de revanche des derniers Jeux Olympiques perdus en finale face à Team USA. Leïla Lacan le souligne parfaitement :

Forcément qu’on l’a encore ici, cette finale. Si ce sont les États-Unis, ce serait une belle manière de changer la tendance. Un éventuel sentiment de revanche peut donner de l’énergie. Après, on ne va pas y aller avec un esprit de revanche non plus. Le groupe est différent, c’est une nouvelle compétition. On a toutes évolué et changé depuis les Jeux. Le but, ça va être de faire comme on le fait depuis le début. 

Cette année, l’équipe de France semble plus préparée que jamais pour faire tomber les Américaines. Autrices d’une compétition d’exception, les Bleues auront à cœur d’y mettre un point d’exclamation en remportant la médaille d’or. Donc rendez-vous ce soir à 20 h pour l’histoire.

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