Après une saison de rookie brève et frustrante, Noa Essengue a une nouvelle chance de montrer de quoi il est capable avec les Chicago Bulls en 2026-2027. Cependant, il a encore un long chemin à parcourir et beaucoup de concurrence à son poste. Quels objectifs pour lui cette saison?
La saison 2025-26 de Noa Essengue
La première saison NBA de Noa Essengue aura été aussi courte que frustrante. Sélectionné en 12e position de la draft par les Chicago Bulls, le Français de 18 ans était considéré comme l’un des principaux paris de la franchise pour l’avenir. Mais entre un temps de jeu quasiment inexistant en NBA et une blessure à l’épaule nécessitant une opération, son année rookie s’est terminée avant d’avoir réellement commencé.

Essengue n’a disputé que six minutes réparties sur deux rencontres avec Chicago. Billy Donovan estimait que son jeune ailier n’était pas encore suffisamment prêt physiquement pour intégrer durablement sa rotation. Avec plusieurs joueurs devant lui dans la hiérarchie, les Bulls ont préféré miser sur son développement en G League plutôt que de lui offrir immédiatement des responsabilités en NBA. Un choix discutable compte tenu de la situation de Chicago et de l’intérêt que pouvait représenter l’expérience du plus haut niveau pour un joueur aussi jeune.
C’est donc avec les Windy City Bulls qu’Essengue a véritablement pu montrer ses qualités. Il y a compilé 23 points, 8,5 rebonds, 2,8 passes décisives, 1,3 interception et 1 contre par match. Pour ses débuts, il avait notamment inscrit 28 points avec 8 rebonds à 52 % au tir. Son expérience professionnelle acquise en Europe s’est ressentie dans sa lecture du jeu, ses déplacements et sa capacité à trouver des solutions en transition ou près du cercle. Son activité au rebond et sa polyvalence ont également confirmé une partie du potentiel qui avait convaincu Chicago de le sélectionner.
Sa progression a cependant été brutalement interrompue après une blessure à l’épaule gauche survenue le 28 novembre contre le Cleveland Charge. L’opération et les six à sept mois de rééducation prévus mettent définitivement fin à sa saison et devraient repousser son retour sur les parquets jusqu’à l’automne.
Cette longue période loin de la compétition a été consacrée à sa rééducation avant de reprendre son développement. Donovan attendait notamment qu’Essengue gagne en puissance physique et améliore son tir, deux éléments indispensables pour s’imposer en NBA. À 2,03 m pour environ 90 kg, le Français devait encore adapter son corps à la vitesse et aux contacts du championnat américain.
Cette saison ne permet donc pas véritablement d’évaluer Noa Essengue au niveau NBA. Ses performances en G League ont néanmoins offert quelques signes encourageants. Son prochain défi était de revenir en bonne santé et plus fort physiquement afin de transformer ces promesses en véritables minutes avec Chicago.
Une Summer League révélatrice de ses difficultés
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La Summer League 2026 devait donc représenter pour Essengue une deuxième chance de faire une première impression. Son bilan à Las Vegas s’est cependant révélé très contrasté. Offensivement, ses limites ont rapidement été visibles. Essengue a souvent manqué d’agressivité et de confiance, refusant parfois des tirs ouverts et peinant à créer avec le ballon. Son dribble demeure fragile : face à des défenseurs plus petits mais physiquement plus solides, il a régulièrement perdu le ballon ou été repoussé hors de ses trajectoires. Sa finition a également manqué d’efficacité.
Le principal problème reste néanmoins sa puissance physique. Son manque de force lui pose problème lorsqu’il doit absorber les contacts, protéger le ballon ou défendre face à des intérieurs plus puissants. À Las Vegas, il a ainsi été régulièrement déséquilibré et envoyé au sol.
Son entraîneur Tiago Splitter a rapidement réagi. Après l’avoir titularisé, il l’a placé sur le banc au cours du deuxième match puis l’a utilisé comme remplaçant. Interrogé sur cette décision, Splitter a simplement expliqué qu’il voulait « davantage » de la part du Français. Le coach lui a notamment demandé d’apporter plus d’énergie offensivement, davantage de communication en défense et surtout plus de force dans tout ce qu’il entreprend sur le terrain.
Essengue a néanmoins montré une certaine progression au fil des rencontres. Utilisé davantage loin du ballon et près de la ligne de fond, il a paru plus à l’aise lorsqu’il pouvait exploiter sa mobilité et sa longueur plutôt que créer lui-même depuis le périmètre.
Une véritable base défensive
Si son attaque reste très loin d’être aboutie, sa Summer League a également confirmé l’existence d’un potentiel défensif considérable. Lors de ses deux premières rencontres à Las Vegas, Essengue a notamment cumulé six contres et quatre interceptions. Sa longueur lui permet de perturber les lignes de passe, d’intervenir en aide près du cercle et de gêner les porteurs de balle. Il possède également suffisamment de mobilité pour défendre sur plusieurs postes.
Tiago Splitter, asked what position Noa Essengue might spend most of his time with the Summer Bulls, says “he could play 3, 4 or 5, easily.”
— Joel Lorenzi (@JoelXLorenzi) July 6, 2026
Essengue estime lui-même pouvoir défendre du poste 1 au poste 4, voire occasionnellement sur certains pivots. Splitter considère de son côté qu’il possède les caractéristiques nécessaires pour évoluer aux postes 3, 4 et 5, même s’il le voit principalement comme un ailier fort.
À terme, cette polyvalence pourrait parfaitement correspondre au projet de jeu de Chicago. La nouvelle direction semble vouloir construire une équipe grande, athlétique et capable de changer défensivement sur les écrans. Associé à des joueurs comme Matas Buzelis et Caleb Wilson, Essengue pourrait contribuer à former un groupe d’ailiers particulièrement longs et mobiles. Pour atteindre ce potentiel, il devra cependant gagner en puissance. Sa longueur lui permet déjà de compenser certaines erreurs, mais son manque de force limite encore son efficacité face aux joueurs capables de rechercher le contact.
Une concurrence beaucoup plus importante

Le développement d’Essengue est également compliqué par l’évolution de l’effectif des Bulls. Depuis sa draft, Chicago a considérablement renforcé son secteur d’ailiers et d’intérieurs. Caleb Wilson et Dailyn Swain ont rejoint l’équipe lors de la draft 2026, tandis que Leonard Miller a montré des qualités intéressantes en fin de saison précédente. Matas Buzelis occupe déjà une place importante dans le projet, tandis que d’autres joueurs peuvent également évoluer au poste 4.
Essengue se retrouve donc dans une rotation particulièrement encombrée. Contrairement à ce qui aurait probablement été le cas sous l’ancienne direction, son statut de choix de loterie ne lui garantit désormais aucun temps de jeu. Un nouveau passage par les Windy City Bulls apparaît ainsi comme une possibilité crédible.
Pour un joueur aussi jeune et ayant manqué presque toute sa première saison, évoluer régulièrement en G League pourrait lui permettre d’accumuler les minutes, de développer son jeu offensif et surtout de renforcer son corps sans subir immédiatement la pression d’une rotation NBA.
Le changement de direction bouleverse sa situation

La difficulté supplémentaire pour Essengue est que les dirigeants qui l’avaient sélectionné ne sont plus en poste. Artūras Karnišovas avait fait du Français le 12e choix de la draft 2025. Désormais, Bryson Graham dirige les opérations basket et Tiago Splitter entraîne l’équipe. Ils ont donc hérité d’Essengue plutôt que de le choisir eux-mêmes. Cette distinction est importante. La nouvelle direction n’a aucune obligation particulière de justifier l’investissement réalisé par ses prédécesseurs et semble vouloir évaluer Essengue uniquement sur ses performances et sa progression.
Selon plusieurs informations rapportées autour de l’équipe, le staff lui aurait notamment fait comprendre qu’il devait devenir plus physique, plus agressif et mieux contrôler ses émotions sur le terrain. Sa tendance à se plaindre auprès des arbitres aurait également agacé certains membres du nouveau staff.
La philosophie de Graham met justement l’accent sur quatre qualités : taille, longueur, athlétisme et puissance physique. Essengue possède clairement les trois premières. La quatrième demeure pour l’instant son principal point faible. Cette situation a même alimenté des spéculations concernant son avenir à Chicago. En l’absence de progression, les Bulls pourraient éventuellement chercher à l’intégrer dans un transfert. Une franchise en reconstruction aurait tout intérêt à lui donner du temps afin de déterminer précisément ce qu’elle possède avec un joueur aussi jeune.
Une gestion qui fait débat

La manière dont Chicago gère publiquement le dossier Essengue a également suscité des critiques. Certains observateurs considèrent que Splitter et Graham ont raison d’exiger davantage d’un joueur qui doit encore prouver qu’il mérite une place dans la rotation. Essengue possède des qualités physiques rares, mais celles-ci ne suffiront pas s’il reste trop passif ou incapable de résister au niveau de contact imposé en NBA.
D’autres jugent cependant les critiques publiques et les informations provenant de l’organisation excessives pour un joueur de seulement 19 ans revenant d’une lourde opération. De ce point de vue, ses difficultés en Summer League doivent être replacées dans leur contexte : Essengue n’avait pratiquement pas joué pendant neuf mois et devait simultanément retrouver son rythme, s’adapter à son épaule opérée et découvrir un nouveau staff.
Il existe donc deux impératifs difficiles à concilier. Chicago doit demander une progression rapide à un joueur dont la place dans l’effectif n’est plus garantie, mais la franchise doit également lui laisser suffisamment de temps pour se développer après une saison rookie presque entièrement perdue.
Une saison 2026-2027 déterminante
Essengue n’a pas besoin de devenir immédiatement un joueur majeur des Bulls. Il n’a même pas nécessairement besoin d’intégrer durablement la rotation NBA dès le début de la saison. En revanche, il doit montrer une progression suffisamment nette pour convaincre le nouveau staff de continuer à investir dans son développement.
Ses priorités sont relativement claires : gagner en force, mieux protéger le ballon, développer son tir extérieur, attaquer avec davantage de confiance et apprendre à utiliser son immense envergure avec plus de constance. Au rebond et en protection du cercle, il dispose également d’opportunités pour se rendre utile sans avoir besoin d’un rôle offensif important.
Son potentiel défensif lui offre une véritable base. Sa mobilité, sa taille, son timing et son anticipation peuvent déjà lui permettre d’avoir un impact. La question est désormais de savoir s’il pourra développer suffisamment le reste de son jeu pour transformer ces qualités en un profil NBA complet.
La saison 2026-2027 ressemblera donc presque à une nouvelle saison rookie pour Noa Essengue. À 19 ans, il reste beaucoup trop jeune pour tirer des conclusions définitives sur son avenir. Mais le contexte a changé : la direction qui croyait suffisamment en lui pour le sélectionner en 12e position n’est plus là, la concurrence s’est renforcée et son nouveau staff attend davantage de lui.
Essengue dispose toujours d’un potentiel considérable. Cette saison, son véritable enjeu ne sera pas nécessairement de devenir immédiatement un titulaire ou même un membre régulier de la rotation. Il devra avant tout démontrer que ses qualités physiques et défensives peuvent s’accompagner d’une progression suffisamment importante pour convaincre les Bulls qu’il mérite encore du temps et des ressources dans leur projet de reconstruction.





