Miami Heat

Miami Heat : une entame inquiétante

Auteur d’un début de saison compliqué (1 victoire pour 4 défaites), le Miami Heat fait face à plusieurs problématiques au niveau technique et au sein de son effectif. Pourtant, Giannis Antetokounmpo est arrivé à l’intersaison, mais la sauce n’a toujours pas pris et Erik Spoelstra doit déjà résoudre un sacré casse-tête afin de remettre son équipe sur les rails.

Une association mal embarquée

L’association entre Bam Adebayo et Giannis Antetokounmpo ne fonctionne pas offensivement. Source : BasketUSA

L’association du duo star Bam Adebayo et Giannis Antetokounmpo était l’interrogation phare de cet exercice suite à l’intersaison mouvementée du Heat. Si les deux ont un profil défensif qui semble intéressant à combiner, la connexion en attaque faisait, elle, plus débat. Et en effet, sur ces 5 premières rencontres, l’alchimie offensive entre les deux intérieurs a confirmé les doutes.

La première lacune que représente ce binôme se trouve dans l’espacement du terrain. Le Greek Freak et Adebayo n’étant pas des shooteurs de métier, ils attirent donc leur défenseur dans la raquette.

Dans une NBA moderne où le spacing est nécessaire afin de limiter les aides sur les lignes de drive, cette association ne fait pas forcément sens sur le terrain, sachant que le MVP des finales 2021 a toujours été accompagné d’un intérieur capable de s’écarter (Brook Lopez, Myles Turner…).

De plus, l’équipe au global ne possède pas beaucoup de bons tireurs. À part Klay Thompson, l’effectif n’est pas construit autour de cette qualité. Tim Hardaway Jr. a été recruté afin de sanctionner longue distance, mais il fait face à une panne d’adresse sur ce début de saison (25 % à 3 points). Au total, la franchise floridienne se classe comme la 21e dans le domaine avec un taux de réussite de 31,7 %.

Ce mauvais spacing a pour conséquence de faire se marcher les deux stars l’une sur l’autre. La présence de Bam Adebayo bloque les lignes de drive de l’ancien Buck, car il ramène un défenseur supplémentaire de par sa non-menace au tir.

Malgré un panier marqué à la fin de l’action, on observe que la présence de Bam Adebayo dans le corner n’a pas du tout soucié Risacher dans son choix de venir aider sur Antetokounmpo, preuve du manque de spacing que représente cette association. 

Mais le plus défavorable à ce système, c’est bien Bam Adebayo. Si le Grec fait ses chiffres habituels, le pivot de 28 ans, lui, souffre d’un sérieux déclin statistique (14 points, 7,6 rebonds, 3,4 passes et 2 ballons perdus de moyenne). Avec l’arrivée du double MVP, le meilleur rebondeur de l’histoire du Heat a perdu beaucoup de responsabilités et, lorsqu’il tente de créer du jeu poste bas, le mauvais spacing de l’effectif est là pour l’en empêcher.

II doit être plus agressif, mais je sais qu’il va le faire. Il cherche encore ses repères, parce que je l’ai déjà dit par le passé : Giannis et lui occupent les mêmes zones sur le terrain. Et quand Giannis est sur le parquet, il prend beaucoup de place. Bam ne peut plus occuper ces zones-la, mais il doit s’y habituer. Davion Mitchell sur Adebayo après le match face aux Mavericks

Ce dernier avait progressé au shoot longue distance lors des dernières années, mais sur ce début de saison, alors que l’on n’a jamais eu aussi besoin qu’il rentre ses tirs afin d’être complémentaire avec son coéquipier star, il est en grande difficulté (15,8 %), ce qui impacte largement le jeu offensif de South Beach.

Erik Spoelstra fait donc face à un sérieux casse-tête, car si celui-ci n’est pas résolu, il sera nécessaire de transférer l’un des deux big men pour le bien du collectif.

Une création offensive limitée

Giannis Antetokounmpo a besoin d’aide à la création. Source : BasketUSA

Un autre problème auquel fait face Miami, c’est la création offensive, notamment sur les lignes arrières.

En effet, sur le début de saison, Giannis Antetokounmpo est bien trop esseulé à la création et la différence lorsqu’il est sur et en dehors du terrain est trop importante. Si Davion Mitchell réalise un début de saison très encourageant, son talent seul ne suffit pas à combler le cruel manque de playmaking autour du Grec. L’évolution du meneur de 28 ans sera sûrement le facteur X de la saison, mais pour le moment, il n’est pas capable d’oganiser l’attaque à un aussi grand niveau pour suppléer son coéquipier.

De plus, le style de jeu du Heat peut parfois rendre les attaques poussives. Leur stratégie est basée sur le principe de la circle offense : jouer vite en prenant des décisions rapides sans utiliser trop de pick and roll. C’est un style intéressant, mais qui peut parfois rendre les attaques stériles et prévisibles, avec les joueurs qui drive, tirent ou passent sans arrêt. Avec ce principe combiné à leur faible spacing, le Heat ont eu du mal à créer des décalages sur les derniers matchs.

Et lorsqu’on leur propose une défense autre qu’individuelle, les joueurs d’Erik Spoelstra sont désordonnés et ne peuvent pas sanctionner les espaces donnés longue distance. On l’a observé lorsque Dallas a mis en place une zone il y a quelques jours.

Toujours en rapport avec les principes de jeu du coach, le Miami Heat était la 21e équipe au nombre de passes décisives réalisées après 4 matchs. Même si les standards sont montés à la 9e place grâce à leur récente victoire, dans l’ensemble, cette statistique va en faveur de l’argument sur l’attaque stérile et parfois trop basée sur le 1 contre 1.

À part quelques systèmes pour libérer Klay Thompson et Tim Hardaway Jr. à 3 points, il y a peu de choses mises en place et beaucoup de liberté laissée aux joueurs offensivement.

Ce principe de circle offense n’est pas forcément à changer, mais plutôt à modifier en fonction des attributs de l’effectif. Car combiner ce style avec un mauvais spacing n’est pas favorable à l’attaque.

Les stats le montrent : South Beach se situe comme la 19e franchise de la ligue de ce côté du terrain avec 113 points inscrits par rencontre.

Une défense étonnamment mauvaise

Miami manque de forts défenseurs dans le backcourt. Source : Yahoo Sports.

Malgré une raquette composée de deux des meilleurs protecteurs de cercle, la défense du Heat se classe parmi les pires de la ligue : 24e avec 120,8 points encaissés par match.

La principale lacune se situe sur le périmètre. En effet, Miami ne possède pas de fort défenseur parmi ses extérieurs. Klay Thompson et Andrew Wiggins sont les meilleurs de l’effectif dans le domaine, mais sont moyens aux yeux de la NBA. S’ils ont pu être très bons par le passé, ils sont désormais trop vieux et pas assez athlétiques pour tenir les premières options adverses.

De même sur les écrans, car si, pour les arrières, la défense décide de monter à deux sur le porteur de balle afin de lui faire lâcher la balle (ce qui a eu le mérite de limiter Kyrie Irving), sur les ailiers, les protégés d’Erik Spoelstra se contentent de switcher. Cet aspect tactique a permis à Cooper Flagg et Brandon Miller de cibler les mismatchs qu’ils préféraient pour les attaquer en 1 contre 1 et ainsi réaliser de grosses pointes au scoring (respectivement 29 points, 11 passes et 34 points, 4 passes).

Avec Antetokounmpo, un problème qui s’est moins vu sur les derniers matchs, mais surtout lors du premier, fut la qualité du drop défensif. Erik Spoelstra semble vouloir favoriser l’utilisation du Grec en tant que protecteur de cercle sur les pick and roll. Cependant, lors de la première rencontre face à Minnesota, ce drop défensif était très bas, ce qui a eu pour conséquence de laisser un espace conséquent à Anthony Edwards et LaMelo Ball afin de tirer après l’écran. Cela leur a en partie coûté le match et prouve surtout que South Beach ne s’est pas encore bien trouvé sur son identité défensive.

Le drop de Antetokounmpo est très bas ce qui permet à LaMelo Ball de sanctionner longue distance après l’écran.

Enfin, au rebond, malgré deux intérieurs dominants, l’équipe est relativement mauvaise dans le domaine et se classe comme la 22e au nombre total de prises par match avec 32 rebonds défensifs (18e) et 10 offensifs (26e).

Pour conclure, le début de saison du Heat n’est pas encourageant. En attaque, l’association entre Bam Adebayo et Giannis Antetokounmpo fait débat et le manque de création sur les lignes arrières demande peut-être un recrutement avant la trade deadline. En défense, la franchise floridienne a cruellement besoin d’un stoppeur sur le périmètre. Elle n’est aussi pas encore en phase avec ses couvertures d’écran et a du mal au rebond malgré des joueurs qualifiés pour.

Cependant, le dernier match face aux Hawks a montré des signes positifs : Bam a retrouvé des couleurs et réalise enfin une performance aboutie du fait qu’il a été mieux responsabiliser (24 points, 9 rebonds), l’adresse extérieure leur a souri (38 %) et le jeu du Heat a réussi à trouver un peu plus d’alternance avec davantage de pick and roll et de mouvements de balle (36 passes décisives).

À voir ce que les prochaines rencontres vont donner et comment Erik Spoelstra s’ajustera, mais pour le moment, le constat est là et si Miami continue dans la direction de ces 5 premiers matchs, elle ne risque pas de faire long feu dans la course au titre, voire celle aux playoffs.

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