Les Français des Wolves en 2026-27 : quels objectifs ?

Après deux apparitions en Finales de Conférence, les Minnesota Timberwolves se sont fait éliminés au deuxième tour pour la nouvelle puissance de l’Ouest, les San Antonio Spurs. Pour ne pas rester derrière les grandes franchises de l’Ouest, le front office a fait des transferts drastiques. Malgré cela, les deux Français de l’équipe, Joan Beringer et Rudy Gobert, sont toujours présents. Quels objectifs pour eux?

Joan Beringer

Objectif : obtenir un véritable rôle dans la rotation

Joan Beringer est arrivé en NBA après une saison réussie avec le Cedevita Olimpija et un doublé coupe-championnat en Slovénie. Sélectionné en 17e position de la Draft par les Minnesota Timberwolves, le jeune Français a rapidement séduit par son énergie, ses qualités athlétiques et son potentiel défensif. En Summer League, il tournait à 6,8 points, 6,5 rebonds et 2,5 contres en quatre matchs, laissant déjà entrevoir ses qualités de protecteur de cercle.

Minnesota Timberwolves forward Joan Beringer (19) reacts with center Naz Reid (11) during the second quarter against the Memphis Grizzlies at FedExForum. Photo Credit: Petre Thomas,Imagn Images via Reuters | Source: Lastwordonsports.com - Daniel Benjamin, Editor
Beringer a joué auprès d’intérieurs expérimentés. Crédit : Petre Thomas – Imagn Images via Reuters

Sa première saison NBA a néanmoins été consacrée avant tout à son développement. Derrière Rudy Gobert, Julius Randle et Naz Reid, Beringer a bénéficié d’un temps de jeu limité. Encore très inexpérimenté après avoir commencé le basket à seulement 15 ans, il a travaillé avec le staff des Wolves sur sa discipline défensive, son jeu au poste, ses déplacements vers le panier et sa gestion des fautes.

L’accompagnement de Rudy Gobert a également joué un rôle important. Le quadruple Défenseur de l’année l’a notamment conseillé sur la lecture du jeu, le positionnement et la nécessité d’avoir un impact immédiat, même lors de courtes apparitions. Beringer a également expliqué avoir beaucoup appris des vétérans concernant les routines et les exigences quotidiennes nécessaires pour devenir un véritable professionnel.

Ses statistiques restent modestes : 3,9 points, 2,3 rebonds et 0,7 contre en environ huit minutes par match sur 40 rencontres. Mais rapportées à 36 minutes, elles atteignent 17,9 points, 10,5 rebonds et 3 contres. Son efficacité au tir (66,3 %) et son activité au rebond offensif illustrent également son potentiel, même si sa tendance à vouloir contrer trop de tirs l’expose encore aux fautes.

Son dernier match de saison régulière face aux Pelicans a surtout offert un aperçu spectaculaire de ses capacités. En 31 minutes, Beringer a compilé 24 points à 9/12 au tir, 13 rebonds et 7 contres. À 19 ans et 152 jours, il est ainsi devenu le plus jeune joueur de l’histoire de la NBA à enregistrer au moins 20 points, 10 rebonds et 5 contres dans un match.

Indiana Pacers v Minnesota Timberwolves
Beringer a encore un long chemin à parcourir. Crédit : Stephen Maturen – Getty Images

Beringer reste un joueur à développer, notamment physiquement et dans sa lecture du jeu. Mais sa mobilité exceptionnelle pour un pivot de 2,11 m, son envergure, son énergie et ses instincts défensifs font de cette première saison une étape encourageante vers un rôle plus important au Minnesota.

Après une première saison essentiellement consacrée à son apprentissage, Joan Beringer devrait franchir une nouvelle étape avec les Minnesota Timberwolves en 2026-2027. À seulement 19 ans, il possède déjà des qualités physiques rares : mobilité, détente, longueur, vitesse et capacité à couvrir beaucoup d’espace défensivement. Son énergie constitue également l’une de ses principales forces. Lorsqu’il entre sur le terrain, il pose des écrans, plonge vers le cercle, attaque le rebond offensif et cherche constamment à protéger le panier.

Défensivement, Beringer semble déjà disposer des outils nécessaires pour devenir un intérieur important. Sa mobilité lui permet de protéger le cercle tout en étant suffisamment rapide pour défendre loin du panier. Les Wolves espèrent ainsi qu’il pourra stabiliser les minutes sans Gobert, un problème récurrent de l’équipe. Sa capacité au contre et son activité au rebond pourraient permettre à Minnesota de conserver une véritable présence intérieure lorsque son compatriote rejoint le banc.

Mais cette énergie représente également son principal défaut. Beringer veut parfois intervenir sur chaque action, ce qui l’amène à quitter sa position défensive ou à commettre des fautes inutiles. Il affichait ainsi 5,4 fautes par 36 minutes lors de sa saison rookie. Chris Finch estime qu’il doit apprendre à conserver son intensité tout en maîtrisant davantage son agressivité. Pour l’entraîneur des Wolves, il est néanmoins plus simple d’apprendre à un joueur aussi énergique à se contrôler que de devoir constamment pousser un joueur à augmenter son intensité.

Apr 10, 2026; Houston, Texas, USA; Minnesota Timberwolves forward Joan Beringer (19)  Mandatory Credit: Troy Taormina-Imagn Images
Beringer peut-il développer son jeu offensif? Crédit : Troy Taormina – Imagn Images

Beringer doit également progresser offensivement. Une grande partie de ses paniers provient encore de dunks, de rebonds offensifs ou de situations créées par ses coéquipiers. Son rôle repose principalement sur les écrans et les rolls vers le cercle. Son toucher près du panier montre néanmoins des signes encourageants, tandis qu’il travaille également sur un tir à mi-distance. Pour devenir plus qu’un simple rim runner, il devra progressivement enrichir son arsenal offensif.

La saison 2026-2027 devrait justement lui offrir davantage d’occasions de progresser. Les départs de Julius Randle et Naz Reid ont complètement modifié la rotation intérieure de Minnesota. Rudy Gobert reste le pivot titulaire, mais Beringer apparaît désormais comme son principal remplaçant. Il pourrait bénéficier d’environ quinze minutes par rencontre, avec davantage de responsabilités lorsque Gobert est absent. L’objectif est d’en faire un véritable membre de la rotation capable de protéger le cercle, prendre des rebonds et apporter de l’énergie.

Chris Finch prévient cependant que cette progression ne sera pas linéaire. Les Wolves acceptent qu’un joueur aussi jeune et inexpérimenté commette des erreurs. Beringer devra surtout apprendre à mieux sélectionner ses interventions pour rester sur le terrain. Lorsqu’il a bénéficié d’opportunités limitées durant sa première saison, Finch estime qu’il a généralement répondu présent. Ses difficultés sont davantage apparues lorsque son temps de jeu augmentait fortement.

L’organisation semble néanmoins particulièrement confiante. Son potentiel défensif, ses qualités athlétiques, son éthique de travail et sa capacité d’apprentissage rapide alimentent l’optimisme autour de lui. Les comparaisons les plus ambitieuses doivent évidemment être relativisées : Beringer reste extrêmement brut et possède encore peu d’expérience au plus haut niveau.

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Beringer a une grande opportunité cette saison. Crédit : David Sherman – NBAE via Getty Images

Sa deuxième saison ne devra donc pas être jugée uniquement à travers ses statistiques. Le véritable enjeu sera de transformer les qualités entrevues lors de sa saison rookie en contributions régulières. S’il parvient à mieux contrôler ses fautes, à gagner en puissance physique et à conserver son impact défensif sur des minutes plus importantes, Beringer pourrait s’installer durablement dans la rotation des Timberwolves. À seulement 19 ans, il reste avant tout un projet à long terme, mais 2026-2027 devrait permettre de découvrir beaucoup plus précisément jusqu’où son potentiel peut le mener.

Rudy Gobert

Objectifs : stabiliser la défense et s’intégrer dans la nouvelle attaque

À 33 ans, Rudy Gobert a réalisé une saison 2025-2026 qui confirme qu’il reste l’un des meilleurs défenseurs de NBA. En 76 matchs de saison régulière, le pivot français a compilé 10,9 points, 11,5 rebonds et 1,7 passe de moyenne, tout en affichant 68,2 % de réussite au tir, meilleur pourcentage de la ligue.

Son influence dépasse toutefois largement les statistiques traditionnelles. Avec Gobert sur le parquet, la défense des Timberwolves reste parmi les plus performantes de NBA. Sa protection du cercle pousse les adversaires à modifier leurs attaques, tandis que son contrôle du rebond limite les secondes chances. Il a également progressé lorsqu’il doit défendre sur les extérieurs, se montrant capable de contenir des joueurs plus petits après un changement défensif.

Timberwolves center Rudy Gobert (27) talks with guard Anthony Edwards (5) in the third quarter against the New Orleans Pelicans at Target Center on Nov. 8, 2023 in Minneapolis, Minnesota. The Timberwolves defeated the Pelicans 122-101. (David Berding/Getty Images)
Edwards a reconnu ce qu’apporte Gobert à l’équipe. Crédit : David Berding – Getty Images

Offensivement, son rôle demeure limité mais précieux. Ses écrans, ses courses vers le cercle, son activité au rebond offensif et sa capacité à attirer les défenseurs créent des espaces pour ses coéquipiers. Anthony Edwards a également souligné ses progrès dans la réception des passes et la finition près du panier. Ces performances lui ont permis de retrouver la All-Defensive First Team, même s’il n’a terminé que quatrième du classement du Défenseur de l’année.

Les playoffs ont surtout permis à Gobert de rappeler son importance. Au premier tour contre Denver, il a été chargé de défendre Nikola Jokić. Lors des trois premiers matchs, le Serbe n’a converti que 12 de ses 35 tirs lorsqu’il était directement défendu par le Français. Gobert a particulièrement brillé lors du troisième match en perturbant les lignes de passe, en protégeant le cercle et en ralentissant considérablement l’attaque des Nuggets.

Ses statistiques en playoffs, 7,2 points, 9,3 rebonds et 2,3 passes en douze rencontres, ne traduisent donc qu’imparfaitement son influence. Minnesota a ensuite affronté San Antonio et Victor Wembanyama en demi-finales de conférence. Malgré une nouvelle prestation défensive solide de Gobert, les Timberwolves ont finalement été éliminés en six matchs.

Cette saison a ainsi rappelé ce qui caractérise toute la carrière de Rudy Gobert : un impact construit sur la défense, les écrans, les rebonds et le placement plutôt que sur le scoring. Quadruple Défenseur de l’année, le Français continue à 33 ans de consolider sa place parmi les défenseurs majeurs de l’histoire de la NBA.

À 34 ans, Rudy Gobert s’apprête à disputer sa cinquième saison avec les Minnesota Timberwolves dans un contexte sensiblement différent. L’effectif a été profondément remanié pendant l’intersaison, notamment avec l’arrivée de LaMelo Ball et Jonathan Kuminga et les départs de Julius Randle et Naz Reid. Malgré ces changements, Gobert demeure un élément central du projet, principalement grâce à son influence défensive. Chris Finch insiste d’ailleurs sur son rôle de pilier. Minnesota ne prévoit pas de bouleverser les principes défensifs construits autour du quadruple Défenseur de l’année.

La durabilité du Français devient néanmoins particulièrement importante. Lors de ses quatre premières saisons à Minnesota, Gobert n’a jamais disputé moins de 70 matchs et a joué en moyenne 2 377 minutes par saison. Mais la rotation intérieure est désormais beaucoup moins expérimentée : derrière lui se trouvent principalement Joan Beringer et Rocco Zikarsky. À 19 ans, Beringer doit intégrer durablement la rotation, mais il reste encore en phase d’apprentissage. Minnesota dépend donc fortement de la capacité de Gobert à rester disponible.

Rudy Gobert #27 of the Minnesota Timberwolves reacts against the Cleveland Cavaliers at Target Center on January 08, 2026 in Minneapolis, Minnesota. (Photo by Tyler Clouse/Getty Images)
Gobert doit faire attention à ses fautes. Crédit : Tyler Clouse – Getty Images

Cette nécessité rend également son comportement sur le terrain important. Gobert a terminé la saison précédente avec six fautes flagrantes, le total le plus élevé de NBA, et a été suspendu à deux reprises après avoir accumulé trop de points liés à ces fautes. Avec un banc inexpérimenté à son poste, les Wolves peuvent difficilement se permettre de le perdre pour des suspensions évitables.

La principale interrogation concerne cependant l’attaque. Son influence défensive demeure considérable, mais ses limites offensives peuvent permettre aux adversaires de concentrer davantage leur attention sur Anthony Edwards. Selon les données de Cleaning the Glass, l’attaque de Minnesota produisait 8,4 points de moins pour 100 possessions avec Gobert sur le terrain la saison dernière. Ses difficultés à réceptionner certaines passes et son incapacité à créer lui-même son tir réduisent son influence offensive.

L’arrivée de LaMelo Ball pourrait toutefois changer la situation. L’objectif est de mieux exploiter ce qu’il sait déjà faire : poser des écrans, plonger vers le cercle et terminer près du panier. Ball possède justement les qualités de passe nécessaires pour alimenter un pivot dans ces situations. Gobert a d’ailleurs terminé la saison précédente en tête de la NBA au pourcentage au tir. S’il reçoit davantage de ballons dans des positions favorables, il pourrait redevenir une véritable menace verticale et empêcher les défenses de l’ignorer.

@bleacherreport

Ant, LaMelo, Rudy Gobert and the Wolves made a visit to the Eiffel Tower 🇫🇷 (via rudygobert27/IG) #nba #basketball #anthonyedwards #nbabasketball

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La construction de cette relation a commencé avant même le training camp. Anthony Edwards et LaMelo Ball auraient organisé un déplacement collectif à Paris afin de s’entraîner avec Gobert et de développer la cohésion du nouvel effectif. Au-delà de l’aspect humain, l’objectif était également de permettre aux nouveaux joueurs d’apprendre plus rapidement comment jouer avec lui, notamment sur pick-and-roll et dans la manière de lui transmettre le ballon.

Une autre faiblesse offensive devra cependant être corrigée : les lancers francs. Gobert n’a converti que 52,6 % de ses tentatives en saison régulière, son plus mauvais résultat depuis son année rookie, puis seulement 18 sur 38 en playoffs, soit 47,4 %. Si cette tendance persiste, certains adversaires pourraient volontairement l’envoyer sur la ligne avec une stratégie de type Hack-a-Rudy. Cela pourrait même obliger Finch à réduire ses minutes dans certaines fins de rencontre malgré son importance défensive.

À plus long terme, Joan Beringer pourrait également influencer l’avenir de Gobert. Pour sa deuxième saison, le jeune Français devrait jouer environ quinze minutes par match lorsque Gobert sera sur le banc. Son profil est prometteur : athlétique, mobile, capable de protéger le cercle et de changer sur les extérieurs. Il doit néanmoins réduire ses fautes et progresser face aux pivots puissants. Chris Finch souhaite profiter de sa polyvalence pour expérimenter une défense plus agressive lorsque Gobert se repose.

Il existe un scénario dans lequel Beringer progresserait suffisamment pour devenir à terme un pivot titulaire. Cela ne signifie pas que Minnesota prévoit actuellement de remplacer Gobert. L’hypothèse dépendrait de plusieurs conditions, notamment de la progression de Beringer et de l’intégration de Kuminga. Financièrement, la différence serait considérable : Beringer doit toucher 4,6 millions de dollars en 2027-2028, tandis que Gobert disposerait d’une player option de 38 millions. Dans ce scénario hypothétique, Minnesota pourrait transférer Gobert pour redistribuer ses ressources financières.

@adukemn

Rudy Gobert on Joan Beringer “He’s been great, he’s been putting in a lot of work and just been really excited to be on the big stage and impact winning… every time he’s on the court it’s fun to see. His energy also I think is positive for the team, having someone that’s pure… you know he’s out there just doing his best and playing with a lot of intensity too”

♬ original sound – AdukeMN

Pour l’instant, Gobert reste pourtant indispensable. Sa défense constitue toujours l’un des fondements des Timberwolves et sa disponibilité est d’autant plus importante que Minnesota manque d’expérience derrière lui. La saison 2026-2027 pourrait donc constituer une période charnière : à court terme, les Wolves ont besoin de Gobert pour stabiliser leur défense ; à moyen terme, son avenir dépendra notamment de sa complémentarité avec LaMelo Ball, de sa capacité à limiter ses faiblesses offensives et de la progression de Joan Beringer.

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