Les Phoenix Suns ont une longue histoire quand il s’agit de renaître de ses cendres. Et cette saison, ils nous ont offert une nouvelle démonstration de ce phénomène en remontant la pente plus tôt que prévu.
À l’été 2023, le trio Booker, Durant et Beal se forme dans l’Arizona, plus précisément à Phoenix. L’objectif est alors clair : gagner le plus rapidement possible avec cette superteam et aller chercher un titre NBA.
Deux ans plus tard, à l’été 2025, ce trio est finalement démantelé, avec le trade de Kevin Durant vers Houston en échange de Jalen Green, Dillon Brooks et du pick des Suns, qui se transforme en 10e choix. Dans le même temps, le contrat de Bradley Beal, considéré par certains comme l’un des pires de l’histoire, est coupé, avant qu’il ne rejoigne les Los Angeles Clippers.
Dès lors, Phoenix bascule et remet totalement en question la vision adoptée lors des deux dernières années. Au lieu de construire progressivement, la franchise avait choisi d’accélérer brutalement vers le succès. Mais, comme on a pu le constater récemment, les “Big Three” ne fonctionnent plus vraiment, et les équipes privilégient désormais des constructions sur le long terme, comme OKC, Boston, Denver, ou peut-être bientôt les Spurs.
Revenons maintenant à la saison 2025-2026 des Suns. Pour beaucoup, l’équipe était annoncée hors du top 10, avec très peu d’espoirs d’atteindre les playoffs. Pourtant, à l’heure où j’écris ces lignes, Phoenix occupe la 7e place de la conférence Ouest avec un bilan positif de 41 victoires pour 33 défaites.
Comment une telle reconstruction a-t-elle été possible en si peu de temps, alors que l’équipe n’était que 11e la saison précédente ?
Pour répondre à cette question, nous verrons d’abord les départs majeurs, puis les arrivées, avant de nous pencher sur l’impact du coach, qui a profondément transformé la mentalité et le jeu de cette équipe, et enfin sur les facteurs X qui ont contribué au renouveau de cette franchise

La nouvelle identité des Phoenix Suns. Crédit : dicodusport.fr
Une équipe qui dit adieu à son ancienne identité
Le cas de Kevin Durant représente justement l’ancienne identité de cette équipe. Pour beaucoup, il est l’un des meilleurs scoreurs de tous les temps en termes de technique et de finition, un joueur unique, presque irréplicable. Alors, comment une telle séparation a-t-elle pu se produire ? Des problèmes d’entente ou de hiérarchie sont des hypothèses crédibles pour les mauvais résultats de cette équipe.
Selon l’insider Ramona Shelburne, le vestiaire était froid, voire malade. Kevin Durant a tenté de démentir ces rumeurs, mais au-delà des discours, c’est souvent ce qui se passe sur le terrain qui reflète réellement l’état d’un groupe. Une équipe soudée continue de se battre, peu importe le résultat. Ici, ce n’était clairement pas le cas.
Le cas Bradley Beal est encore plus problématique. Il n’a disputé que 91 matchs sur 164, soit à peine plus d’une saison complète. Son contrat signé en 2022 s’étalait sur cinq ans, jusqu’en 2027, avec un salaire atteignant près de 50 millions sur la saison 2024-2025. Pour le coup , un joueur de ce calibre avec un aussi gros contrat aurait dû peser beaucoup plus dans les résultats de l’année dernière ainsi que dans sa contribution pour l’effectif. Le fait de l’avoir coupé a permis aux Suns de réduire considérablement leur masse salariale, de passer sous la luxury tax et de retrouver une flexibilité précieuse pour effectuer des transferts.
Enfin, le cas du départ du coach Mike Budenholzer solde la fin de l’identité de cette équipe des Phoenix Suns. Certes reconnu pour son titre avec Milwaukee, il arrive dans une franchise qui sort d’un sweep 4-0 lors de la saison 2023-2024. Il tente d’installer un nouveau système de jeu centré sur Booker et Durant, tout en voulant utiliser Bradley Beal dans un rôle proche de celui de Jrue Holiday ainsi que de le vouloir faire sortir du banc ce qui est totalement préjudiciables pour quiconque regarde un minimum la NBA car Bradley beal était reconnue davantage de par son attaque que sa défense qui est très critiquée.
Selon Chris Haynes, (via Trashtalk : Bradley Beal ne voulait pas devenir le « Jrue Holiday » des Suns) Budenholzer aurait demandé à Beal de devenir « le Jrue Holiday de cette équipe », ce qui aurait offensé le joueur. Cela illustre un manque d’adaptation aux profils présents, et a probablement contribué à accentuer les tensions internes
Les nouvelles têtes qui ont changé l’identité
Phoenix a profondément renouvelé son effectif, avec l’arrivée de nombreux joueurs prêts à s’investir pleinement pour l’équipe.
Voici la composition actuelle de l’effectif : Phoenix Suns Team Payroll | Basketball-Reference.com
- Meneurs : Collin Gillespie / Jordan Goodwin / Jamaree Bouyea
- Arrières : Devin Booker / Jalen Green / Grayson Allen / Amir Coffey
- Ailiers : Dillon Brooks / Royce O’Neale / Ish Wainright / Haywood Highsmith
- Ailiers forts : Ryan Dunn / Rasheer Fleming / Koby Brea
- Pivots : Mark Williams / Oso Ighodaro / Khaman Maluach
En gras et en italique: qui correspond aux recrues de la saison 2025‑2026 qui ont rejoint l’équipe de Phoenix.
Cet effectif apporte davantage de profondeur et surtout un vrai état d’esprit collectif. Plusieurs joueurs franchissent un cap, à commencer par Dillon Brooks, qui s’impose comme une pièce centrale de cet effectif mais dont sont cas reviendra plus tard dans l’article.
La défense de l’équipe s’améliore nettement, avec un classement autour de la 12e place en NBA cette saison. Cela se traduit par plus d’intensité, des tirs mieux contestés et des systèmes défensifs bien plus cohérents.
La franchise parvient également à relancer certains joueurs. C’est notamment le cas de Mark Williams, qui enchaîne enfin les matchs avec 56 rencontres disputées cette saison, soit bien plus que lors de ses précédentes années (43, 19, puis 44 matchs). Cela reflète une excellente gestion physique et sportive de l’effectif avec un staff médical plus compétent et avec bien plus de moyens.
Le changement de coach tant attendu
Sur le plan offensif, une grande partie du mérite revient au coach Jordano Ott, ancien artisan des systèmes offensifs des Cleveland Cavaliers. Il a totalement repensé l’animation offensive de l’équipe.
Son objectif a été clair : mettre Devin Booker dans les meilleures conditions possibles en tant que leader offensif, tout en impliquant davantage ses coéquipiers dans la création et la circulation du ballon.
Le résultat est visible : une équipe plus fluide, plus collective, et capable de rivaliser dans une conférence Ouest particulièrement relevée, où le classement est extrêmement serré.
Il contribue également au développement de jeunes joueurs et à la relance de certains profils. Collin Gillespie voit ainsi son temps de jeu augmenter drastiquement, tandis que certains joueurs comme Ryan Dunn peinent encore à trouver leur place et à voir ses minutes certes légèrement augmenter mais perdant sa place de titulaire.
Parmi les bonnes surprises, Rasheer Fleming, rookie sélectionné au second tour, impressionne par son développement rapide, notamment grâce à son athlétisme et à son tir à trois points qu’il commence à développer. Sa maturité et son potentiel, comparables à ceux des meilleurs à son poste, m’impressionnent particulièrement.
Khaman Maluach quant à lui est pour moi l’un des plus beaux joyaux, il représente un projet très prometteur. Solide en défense, intelligent dans ses choix et capable d’attaquer le cercle, il possède toutes les qualités d’un pivot moderne. Il reste encore à polir, mais son potentiel est évident pour les années à venir car un pivot prend du temps à développer et à en faire un véritable atout comme avec les cas de Jalen Duren, Rudy Gobert, Donovan Clingan qui ont dû faire preuve de plusieurs années pour s’adapter à la grande ligue.
En sachant qu’il n’a commencé le basket qu’il y a très peu de temps, plus précisément il y’a 7 ans ou il a été remarqué en Soudan du Sud. Sa progression ne peut qu’être soulignée et surtout sur les peu de temps de jeu qu’il possède. Ce joueur fera partie de l’avenir aux côtés de Devin Booker et Dillon Brooks.

Le jeune prospect des Phoenix Suns : Khaman Maluach. Crédit :Chris Coduto/Getty Images /Suns vs Jazz | Mar. 28, 2026 | Phoenix Suns
Les facteurs X de cette équipe
Le facteur X principal de cette équipe est Dillon Brooks. Il incarne l’identité défensive des Suns : agressivité, intensité et provocation. Il donne le ton et pousse ses coéquipiers à élever leur niveau de jeu.
Avec environ 21 points de moyenne, il réalise une saison très complète. Mais au-delà des statistiques, c’est surtout son énergie, sa mentalité et sa capacité à perturber ses adversaires qui font la différence. Pour ce qui est du joueur, je suis agréablement surpris car dans toutes les facettes qu’il a pu nous montrer, c’est de loin sa meilleure saison, il défend de manière toujours aussi dure mais offensivement c’est ici qu’il a passé un cap. Il démontre qu’il peut toujours viser haut et être un danger face aux défenses adverses.
Collin Gillespie est une autre révélation importante. Avec 13,1 points de moyenne, 5 passes décisives et 40 % de réussite à trois points, il devient une option fiable dans l’attaque de Phoenix. Lui qui tournait autour de 4 points par match auparavant a clairement franchi un cap. Je le trouve impressionnant dans son jeu, il impose énormément de respect et dans ce style de jeu je trouve qu’il ressemble à celui de Tj McConnell des Indiana Pacers qui était redoutable en Playoffs l’année dernière. La défense d’OKC n’avait que peu de solutions face à ce genre de joueurs, rapide, agile et surtout imprévisible.
Enfin, Jalen Green devra continuer à progresser pour trouver sa place aux côtés de Devin Booker. L’objectif sera d’alterner efficacement entre rôle de première et de seconde option offensive, afin de maintenir un équilibre et une efficacité optimale en attaque.
De mon point de vue, ce joueur a rejoint la meilleure équipe possible pour se construire à l’avenir, un joueur tel que Devin Booker lui permettra de passer un cap dans ses choix de jeu, sa vision offensive, le fait aussi de ne pas sombrer dans le forcing de son jeu. Devin Booker a trouvé un second qui est une batterie offensive importante lorsqu’il est régulier et dans de bonnes conditions.
Les Phoenix Suns redeviennent une équipe crédible pour les années à venir. En s’appuyant sur un collectif plus équilibré, un meilleur partage du ballon et un leader comme Devin Booker, entouré de joueurs investis, la franchise retrouve une véritable cohérence.
Pour moi, cette année et malgré la difficulté de sortir de cette conférence Ouest en Playoffs. Ils peuvent sortir leurs épingle du jeu avec une attaque qui peut être dans une des meilleurs de la ligue, avec une création de jeux, un collectif, des shooteurs élites a trois point comme Grayson Allen, Royce O’Neale, Devin Booker.
Une défense qui est aussi un roc avec des joueurs comme Mark Williams, Dillon Brooks, Rasheer Flemming et d’autres role players qui sont d’une grande aide à ce collectif . Et pour finir, le coach qui a une totale confiance de son effectif mais aussi une confiance de son directeur qui a certes pus faire des mauvais choix mais qui a pleinement confiance dans un coach qui sera aussi l’avenir de la franchise.
Une chose est sûre : les Suns sont de nouveau agréables à regarder et proposent un basket de qualité. Après la chute, Phoenix est bel et bien en train de renaître de ses cendres.





