Candidats inattendus du haut de tableau à l’est, les 76ers sont dans une situation illisible. Victimes de la suspension de Paul George et inactifs à la deadline, mais en feu depuis début 2026, l’avenir de la franchise n’a jamais été aussi flou. La marge d’erreur oscille d’une élimination au play-in jusqu’au sommet de la conférence.
Beaucoup espéraient du mouvement du côté de la Pennsylvanie d’ici la trade deadline. Au final, un premier tour de draft, trois deuxièmes, et puis s’en vont. Sans réelle modification, si ce n’est la perte de Jared McCain, et handicapé par la lourde suspension infligée à Paul George, mais dans une dynamique tonitruante depuis début janvier, Philadelphie se retrouve dans une situation inattendue. Les 76ers sont sixièmes de la conférence Est, sans réellement savoir s’ils joueront seulement les playoffs ou un peu plus en fin de saison.
Impact Maxey-mum

Un premier élément de réponse réside dans un meneur gabarit léger, choisi en 21ème à la draft, qui s’est mué en arme létale cette saison. Tyrese Maxey était déjà un lieutenant de luxe depuis quelques saisons, il est devenu une superstar. Le guard tourne à 28,8 points et 6,8 passes depuis le début de l’exercice en cours. Mieux, il porte la franchise sur son dos, prouvant qu’il n’est pas juste un accumulateur de statistiques. Rese est performant, Rese est constant, Rese est clutch, Rese est tout simplement indispensable. Longtemps au-dessus des 30 points de moyenne et underdog au MVP, l’ancien de Kentucky a tout de même accroché une deuxième étoile de All-Star en 2026.
Et il a la chance de pouvoir compter sur un banc beaucoup plus performant que prévu. VJ Edgecombe était sous pression après sa draft. Il répond avec caractère en gravitant autour des 15 points de moyenne. Des pièces comme Quentin Grimes et Kelly Oubre pèsent également en attaque. Philly possède le treizième rating offensif de la ligue, au talon du top 7 à l’heure d’écriture de ces lignes.
Moins brillants dans leur moitié, les 76ers pointent tout de même au quinzième rang défensif. Ils comptent sur des role players intéressants comme Andre Drummond (9 rebonds/match), Adem Bona (1,3 contre/m) ou le nouvel arrivant Dominick Barlow (5 rebonds/m, 1 interception/m). Mieux encore, ils ont récemment récupéré un revenant : Joël Embiid.
Embiid, l’énigme des 76ers
Constamment sur le bord de la touche depuis son titre de MVP en 2023, l’Américano-Camerounais a enfin réussi à aligner les matchs à partir de janvier. Il en a joué 17 sur 23 possibles en 2026. Timide lors des premières rencontres suivant son retour, Jojo a rapidement su retrouver des statistiques de superstar. Lors du premier mois de l’année, il tournait autour des 30 points et 9 rebonds de moyenne. Moins dominant qu’aux temps de son prime, il retrouve cependant en mobilité et est une présence sous le cercle.
Mais la carrière du Process est un pile ou face constant. Et la pièce est relancée chaque fois qu’il repose un pied sur le parquet. S’appuyer sur un joueur aussi peu fiable peut s’avérer risqué. Nouvelle preuve de ce constat, Embiid s’est de nouveau blessé au tibia lors d’un entraînement durant le All-Star Break. Durée d’absence indéterminée.
Problem-P
Et cette mauvaise nouvelle n’est que la continuité d’un mois de février qui a causé des dégâts dans les rangs philadelphiens. Le 31 janvier, Adam Silver a révélé que Paul George avait été suspendu 25 matchs pour utilisation de produits médicaux interdits. Plus la superstar qu’il était, PG apportait tout de même 16 points par match aux Sixers. Un sacré trou qu’il a fallu et qu’il faut encore combler du côté de la Pennsylvanie.
Cette dualité entre joueurs de gros calibre et indécision quant aux temps de jeu de ceux-ci fait de Philly l’une des grosses surprises à l’Est. Ils sont sixièmes, endossant le statut de meilleure franchise du ventre mou de l’est. Mais une question se pose naturellement : peuvent-ils tenir ? Le mois de février peine à donner réponse. Les hommes de Tyrese Maxey sont actuellement en 3-4 sur la période et sur une série de 3 défaites consécutives. Qui plus est, lors de leurs 10 prochains matchs, ils affronteront des pointures comme les Spurs, les Cavs, les Wolves ou les Celtics.
Tous ces éléments mettent la franchise d’Elton Brand dans le flou. La range des Pennsylvaniens est très large. Ils ne sont qu’à quatre victoires des bas-fonds du play-in. Paradoxalement, ils ne sont également qu’à cinq matchs de la deuxième place de l’Est. Dans une conférence au niveau particulièrement bas cette saison, les Sixers sont coincés entre deux chaises. Leurs problèmes extra-sportifs et d’infirmerie pourraient les condamner à la loterie. À l’inverse, la saison canon de Tyrese Maxey et de ses role players peut laisser espérer beaucoup. Un gros run de playoffs ne serait pas improbable. Jusqu’au finale de conférence, qui sait…





