EuroBasket 2017 : la surprise slovène

En 2015, l’Espagne a remporté son 3e EuroBasket en 4 éditions. 2 ans plus tard, alors que la compétition maintient le format de 4 pays hôtes, l’Espagne peut-elle gagner également son 4e Championnat d’Europe de basketball, cimenter la génération Gasol comme l’une des plus grande de l’histoire du sport?

EuroBasket 2017, 2 nouveaux hôtes sur 4

Comme en 2015, 5 salles dans 4 pays ont été retenues pour l’EuroBasket 2017, un signe que cela va devenir une nouvelle tradition. Le 5 novembre 2015, la FIBA Europe a annoncé que 5 fédérations nationales avaient posé leur candidature pour organiser le tournoi: la Finlande, Israël, la Pologne, la Roumanie et la Turquie.

EuroBasket 2017 Top 16 Spain vs Turkey, 2017-09-10, Sinan Erdem Dome 2017-09-10.
La Salle Omnisports Sinan Erdem d’Istanbul durant l’EuroBasket 2017. Crédit : photographe anonyme

Le 11 décembre, la FIBA Europe a annoncé que l’EuroBasket 2017 sera organisé par 4 pays : Israël, la Roumanie, la Finlande et la Turquie, la phase à élimination directe se déroulant dans ce dernier pays à la Salle Omnisports Sinan Erdem d’Istanbul, ayant une capacité maximale de 16 000 personnes.

Le groupe A s’est déroulé à Helsinki en Finlande, dans la Hartwall-areena, pouvant accueillir jusqu’à 14 000 personnes. Le groupe B s’est joué à Tel Aviv en Israël, dans la Salle Menorah Mivtachim, disposant d’une capacité de 10 383 places. Le groupe C a eu lieu à Cluj-Napoca en Roumanie, dans la BTarena, prévue pour 10 000 personnes. Le groupe D s’est tenu à Istanbul en Turquie, dans la Salle de Sport et d’Événements Ülker, pouvant contenir 13 000 personnes.

Comme la dernière fois, le format est assez simple. Au total, 24 équipes qualifiées ont joué dans des groupes de six. Les quatre meilleures équipes de ces groupes se sont qualifiées pour les huitièmes de finale et pour une phase à élimination directe.

Championne d’Europe en titre et médaillée de bronze aux Jeux Olympiques, l’Espagne est l’équipe favorite de l’EuroBasket 2017. Malgré le fait que l’équipe soit privée de joueurs clés (Rudy Fernández, Nikola Mirotić, Serge Ibaka, pour n’en citer que quelques-uns), le noyau reste très solide. Pau Gasol, MVP du dernier EuroBasket, est toujours là, et il est rejoint par son frère All-Star Marc Gasol. Sergio Rodríguez, membre de l’équipe type du dernier tournoi, est également présent.

Double finaliste en titre de l’EuroBasket, la Lituanie veut se rattraper après une décevante élimination en quart de finale à Rio. Le duo des Jonas, Valančiūnas et Mačiulis, tous deux présents dans le 5 majeur de la compétition en 2015, est bien entouré et cette équipe peut remporter son 4e EuroBasket.

Médaillée de bronze en 2015 et humiliée par l’Espagne en quart de finale à Rio, la France a tourné la page de la génération Tony Parker, et entame un nouveau cycle. Certes le meilleur contreur de la NBA et membre de la All-NBA Second Team Rudy Gobert, ainsi que Nicolas Batum ne sont pas là, mais avec Nando de Colo, membre de l’équipe type du dernier EuroBasket, de l’EuroLeague First Team et MVP des Playoffs de la VTB United League, ainsi qu’un noyau solide autour de lui, cette équipe a les armes pour faire mal.

Enfin, la Serbie, 4e à l’EuroBasket 2015 et finaliste des JO de 2016, est en bonne position en 2017 pour remporter son premier Championnat d’Europe en tant que nation indépendante. Certes, Nikola Jokić, le meilleur serbe à Rio, ainsi que Nemanja Bjelica, meilleur joueur serbe au dernier EuroBasket, Miroslav Raduljica et Miloš Teodosić, joueurs clés en 2015, ne sont pas là.

Mais avec Bogdan Bogdanović, champion de l’EuroLeague et du Championnat turc, membre de l’EuroLeague 1st Team et MVP des Playoffs turcs et l’immense Boban Marjanović, ressortant de sa première saison avec les Pistons, cette équipe reste très forte.

Le triomphe de deux générations slovènes

La Slovénie n’était pas censée être ici. Et pourtant, après une campagne formidable durant l’été 2017, elle est devenue championne d’Europe de basket. D’une manière ou d’une autre, elle est devenue la première nation de l’ex-Yougoslavie à remporter l’EuroBasket, alors que la plupart des analystes ne la voyaient pas dépasser les quarts de finale.

Cette équipe était le croisement de deux générations. D’un côté, les anciens. Gašper Vidmar, Saša Zagorac et surtout le capitaine Goran Dragić. Goran était déjà là quand la Slovénie était demi-finaliste en 2009, et il a été nommé dans l’équipe type de l’EuroBasket 2013 devant son public. Il a déjà brillé, mais l’équipe n’a pour l’instant jamais eu de médaille. Pour Dragić, cela représente une dernière chance, car il comptait prendre sa retraite internationale en 2017.

EuroBasket 2017 Goran Dragić Luka Dončić
Dragić et Dončić, 2 générations, 1 objectif : l’EuroBasket 2017. Crédit : FIBA

De l’autre, les jeunes. Vlatko Čančar, Aleksej Nikolić, Matic Rebec et surtout Luka Dončić. L’EuroLeague Rising Star était déjà vu comme un futur grand à l’âge de 18 ans, et c’est en partie grâce à l’ambition et la confiance qu’il affichait déjà. Mais quelque chose qui a toujours été clair avec lui, c’était la fierté de représenter son pays.

Toujours la Slovénie. Je n’ai jamais eu aucun doute. Le moment est venu. Depuis le début de l’été, je pensais à cette sélection. Maintenant, je suis là. Je suis heureux. C’est une nouvelle étape dans ma carrière. Je me réjouis des deux prochains mois, mais surtout, je suis honoré de pouvoir jouer pour la Slovénie. » a déclaré le Luka avant l’EuroBasket 2017.

Tels ont été les premiers mots du joueur du Real Madrid lorsqu’il s’est présenté devant les médias, qui n’avaient jamais été aussi nombreux à un rassemblement. Peu après, il a déclaré sans détour ce qu’il était venu chercher. Une médaille. Le secrétaire général de la fédération, Radoslav Nesterović, a soutenu sa détermination. Le sélectionneur Igor Kokoškov a fait semblant de ne pas l’entendre, mais a ensuite admis qu’il était convaincu que “le petit” ne savait pas de quoi il parlait en raison de son inexpérience et de sa jeunesse.

Au milieu d’eux, Anthony Randolph. L’Américain ressortait de sa première saison avec le Real Madrid et avait obtenu un passeport slovène pour aider une équipe en manque dans le secteur intérieur, même s’il ne connaissait pas vraiment la Slovénie.

Dès le premier instant, les membres de l’équipe nationale slovène, tant les joueurs que l’ensemble du personnel d’encadrement, se sont efforcés de me mettre à l’aise. Je suis heureux d’être ici. Pour être honnête, je ne savais pas grand-chose de la Slovénie. En fait, je ne savais rien. Google m’a été d’une grande aide. J’ai lu quelques articles, regardé quelques vidéos… Maintenant, j’apprends chaque jour. Je découvre votre pays”, a confié le basketteur étranger après une petite semaine.

Placée dans le groupe A, la Slovénie a commencé son tournoi avec un match contre la Pologne. Malgré une prestation irrégulière, la Slovénie a montré sa force collective et sa capacité à gérer les moments de pression. Le capitaine a été l’homme du match avec 30 points à 12-23, battant son record personnel sous le maillot national et offrant un véritable festival offensif avec en plus 3 interceptions. Il était d’ailleurs à quelques points de battre le record de l’équipe nationale à l’EuroBasket de 33 points, inscrits par Teoman Alibegović en 1995. Mais Dragić a minimisé la signification de cette performance individuelle.

EuroBasket 2017 Goran Dragić
Dragić a commencé son EuroBasket 2017 en force. Crédit : FIBA

Peu importe si le record tombe. Ce qui compte, c’est la victoire. Nous avons brisé la glace. Nous avons vu que les Polonais formaient une bonne équipe. Nous menions de plusieurs points, mais nous avons finalement reçu un avertissement nous rappelant qu’il ne fallait pas se relâcher”, a déclaré le capitaine de l’équipe slovène.

Après un premier quart équilibré, les Slovènes ont durci leur défense et infligé un 10-0 grâce à Dragić, intenable en première mi-temps avec 20 points. Les joueurs des Balkans menaient ainsi 53-46 à la pause. Devant, mais pas rassurés.

Au troisième quart-temps, Dragić a poursuivi sur sa lancée, soutenu par Luka Dončić et Edo Murić, et l’écart a grimpé jusqu’à +21. Mais les Polonais, profitant des fautes des intérieurs slovènes Vidmar et Žiga Dimec, ont réduit l’écart en fin de match (79-86). Dragić a alors pris ses responsabilités en inscrivant les paniers décisifs, scellant la victoire 90-81.

Dončić, pour sa première rencontre en tournoi avec l’équipe nationale senior, a manqué de peu un double-double avec 11 points, 8 rebonds et 6 passes, malgré une adresse faible (3-12 dont 0-5 à 2 points). Luka était maladroit au tir, mais a compensé par son activité défensive et ses passes. (Oui oui, Dončić peut défendre, je vous jure). Anthony Randolph, autre nouveau venu, a capté 7 rebonds. Pas une performance parfaite, mais une victoire est toujours bienvenue pour débuter un EuroBasket. Maintenant, il faut confirmer.

Le match contre la Finlande a été marqué par une nouvelle performance exceptionnelle de Goran Dragić. 29 points à 8-16 dont 2-5 à 3 points et 11-12 aux lancers francs, 5 passes, 4 rebonds et 2 interceptions. Impressionnant en première mi-temps, il a inscrit 24 points en seulement dix minutes, permettant à la Slovénie de prendre l’avantage malgré l’adresse extérieure des Finlandais, auteurs de huit tirs réussis derrière l’arc pendant la période. À la pause, la Slovénie menait 52-40, mais les hôtes sont revenus à deux points au troisième quart (56-54).

À ce moment, l’entraîneur choisit de reposer Dragić et Dončić (8 points à 3-10 dont 0-5 à 3 points, 8 rebonds), donnant leur chance aux autres joueurs. Ceux-ci ont tenu le score, et la Slovénie a conservé un léger avantage avant l’ultime période, 65-63 après 30 minutes. Vidmar a contribué avec 7 points et 6 passes décisives. La fin du match a été particulièrement tendue. La Finlande, emmenée par sa jeune star Lauri Markkanen, a pris l’avantage 78-77 à 38,1 secondes de la fin grâce à un lay-up du joueur des Bulls.

Après deux lancers francs inscrits par Dragić suite à une faute de Jamar Wilson, ce dernier tente de repasser devant mais rate son lay-up, rebond pour Anthony qui subit une faute intentionnelle. Anthony Randolph, discret jusque-là mais auteur de 10 points et 6 rebonds, rate 3 lancers francs décisifs.

Ballon pour Lauri, 13,3 secondes à jouer. Le joueur de 19 ans est en 1 vs 1 avec Randolph, qui prend le ballon de ses mains et marque en contre-attaque. 81-78, 3,1 secondes à jouer. Lui et l’équipe slovène ont ensuite bien défendu parfaitement sur l’ultime possession finlandaise, empêchant l’égalisation en forçant Lauri à sortir du terrain. Le score ne bougera plus. 2 matchs difficiles, mais 2 succès pour la Slovénie.

La victoire, acquise dans la douleur, montre la force mentale du collectif slovène. Mais le plus dur reste à venir. Car même si la Grèce est sans Giannis Antetokounmpo, All-Star pour la première fois de sa carrière en 2017, l’équipe reste dangereuse et pour affirmer ses ambitions dans cet EuroBasket, la Slovénie doit gagner.

Face à la Grèce, la combativité du duo Dončić–Dragić, auteurs de 42 points à eux deux, a été clé. Dès l’entame, les Slovènes ont imposé leur rythme, guidés par Dragić. Après un avantage de 8-2, Dončić a pris le relais avec deux tirs à 3 points décisifs. Le premier quart s’est terminé avec le score de 23-13. Mais au deuxième quart, la Slovénie a perdu de son efficacité, notamment à trois points. Dragić a manqué plusieurs tirs faciles, et les Grecs ont profité des maladresses slovènes pour réduire l’écart. À la pause, la Slovénie conservait toutefois un petit avantage, menant 35-30.

Le troisième quart a marqué le passage à vide slovène. Dragić, frustré, a enchaîné six tirs ratés, tandis que Randolph peinait en attaque. Heureusement, Klemen Prepelič a pris ses responsabilités pour limiter les dégâts, mais la Grèce a inversé la tendance et menait 58-52 avant le dernier quart.

C’est alors que Kokoškov a trouvé la bonne combinaison avec Murić, Vidmar, Dončić, Čančar et Randolph. La Slovénie est revenue au score avant que Dragić ne fasse basculer la rencontre dans les dernières minutes grâce à ses pénétrations et sa précision sur la ligne des lancers francs. Dončić a terminé meilleur marqueur slovène avec 22 points à 7-12 dont 3-6 à 3 points, ainsi que 5 rebonds. Enfin, une performance référence pour le jeune talent. Dragić en ajoute 20, bien qu’à 7-16 et avec 4 pertes de balle.

Cette victoire difficile mais méritée, acquise dans la fatigue, moins de 24 heures après un match tendu, grâce à une défense solide, conforte la Slovénie en tête du groupe avant d’affronter l’Islande, le petit poucet à Helsinki. Après un début équilibré (29-29 à la 13e minute), l’écart de niveau est vite apparu. Les Slovènes ont marqué 43 points en première mi-temps et atteint pour la première fois la barre des 100 points dans une grande compétition. Le sélectionneur Igor Kokoškov a utilisé 11 joueurs, faisant tourner pour préserver ses piliers, tout en gardant Dragić et Dončić sur le parquet pendant 26 minutes pour maintenir le rythme.

Dragić, meilleur marqueur du tournoi jusque-là, a inscrit 21 points à 6-10 avec 5 passes décisives et 2 interceptions. Jaka Blažič (15 points), Prepelič (14 points), Dončić (13 points, 6 rebonds et 2 interceptions) et Murić (11 points, 6 rebonds) ont également brillé. 102-75, une victoire écrasante, la deuxième plus large de son histoire à l’EuroBasket et une performance collective convaincante avant le choc décisif contre la France. Déjà qualifiés pour Istanbul, ils joueront la première place du groupe A.

EuroBasket 2017, Slovenia vs France
La France était impuissante face aux meneurs slovènes. Crédit : FIBA

Dès l’entame, Goran Dragić et Luka Dončić ont montré la voie avec plusieurs tirs à trois points, permettant aux Slovènes de prendre rapidement l’avantage. Grâce à l’efficacité de Blažič, Prepelič et Vidmar, l’écart a grimpé jusqu’à +17 à la mi-temps, le score étant de 52-35. Les Slovènes dominaient largement aux tirs (81 % à deux points) et contrôlaient mieux les rebonds.

Après un court passage difficile au début du troisième quart-temps, la Slovénie a infligé un 13-0 aux Français, atteignant une avance de 22 points. Anthony Randolph et Dončić ont brillé, tandis que Dragić a confirmé son rôle de leader avec 15 points et 5 passes.

Malgré un retour français à -12 dans le dernier quart, les Slovènes ont géré la fin de match avec sang-froid et célébré une victoire 95-78 historique qui les place parmi les grands favoris de l’EuroBasket 2017. Goran était encore une fois l’homme du match, avec 22 points à 5-10 dont 10-11 aux lancers francs, 8 passes décisives et 2 interceptions. Pendant cette phase de groupe, il a été à l’image de son équipe : phénoménal.

Je pense qu’il n’y a jamais eu une telle alchimie. Allons jusqu’au bout”, a déclaré Dragić. Quant aux cris “MVP, MVP” que lui ont lancés les supporters depuis les tribunes, il a déclaré : “Il y a encore un long chemin à parcourir. Je me contenterais déjà d’une médaille.” Et il n’est pas le seul à se montrer confiant.

L’équipe progresse, nous nous améliorons chaque jour. Le plus important, c’est notre défense. C’est là que tout commence. Contre la France, nous avons montré que nous savions jouer, et cela doit continuer ainsi à l’avenir. Nous avons joué en équipe tout au long du match. Je suis fier de tout le monde : mes coéquipiers, les entraîneurs, les médecins, les kinésithérapeutes, les supporters… Tout le monde nous soutient. Nous avons montré ce dont nous sommes capables”, a déclaré le jeune Dončić avant de quitter Helsinki pour Istanbul.

Avec sa 1e place du groupe A, la Slovénie a obtenu une rencontre sur le papier très abordable contre l’Ukraine en 8e de finale de l’EuroBasket. Dès les premières minutes, Dončić a montré la voie avec 7 points rapides, bientôt suivi par Blažič, Dragić et Randolph. Grâce à une défense solide et une rotation efficace voulue par Kokoškov, les Slovènes ont rapidement pris l’avantage et menaient déjà 42-27 à la mi-temps, Dončić cumulant 10 points, 7 rebonds et 4 passes.

EuroBasket 2017 Ukraine vs Slovenia
Anthony Randolph a assuré la victoire de la Slovénie contre l’Ukraine. Crédit : FIBA

En deuxième période, Anthony Randolph a pris le relais. Précis au tir, il a terminé meilleur marqueur avec 21 points à 8-9 en plus de 2 contres, bien soutenu par Prepelič et Dončić. Vidmar et Murić ont également contribué, tandis que Dragić, en difficulté au tir (2-12), s’est rattrapé avec 4 rebonds et 4 passes.

Face à une Ukraine impuissante, dont seul Maksym Pustozvonov a dépassé les 10 points, l’écart a atteint +29 et la victoire slovène n’a jamais été menacée. La Slovénie file ainsi sereinement en quarts de finale avec une victoire 79-55. Jusque-là, la Slovénie a répondu aux attentes, mais pour atteindre la demi-finale de l’EuroBasket pour seulement la 2e fois de son histoire, il va falloir vaincre la Lettonie, qui espère aussi faire un parcours historique.

Comme à leur habitude dans cet EuroBasket 2017, les Slovènes ont démarré très fort, profitant de leur adresse à trois points (5-6 en début de match) et de l’impact de Vidmar, Dončić et Dragić, pour mener jusqu’à +15. Ils ont conclu le premier quart-temps avec un avantage solide de 34-23.

Le deuxième quart-temps fut plus difficile : après plusieurs ballons perdus, des décisions arbitrales contestées et un Dragić malmené physiquement, la Lettonie a pris confiance. Portée par les frères Bertans, Dāvis et Dairis, et Jānis Timma, elle a renversé la situation juste avant la pause avec un run de 14-3. Les joueurs baltes ont ainsi viré en tête à la mi-temps, menant 55-51, grâce à une adresse extérieure redoutable, 8-15 à trois points pendant la période.

Au retour des vestiaires, les Slovènes ont réagi avec autorité. Un 11-0 les a remis devant, Dragić poursuivant son récital offensif. Avec l’aide de Vidmar et Dončić, la Slovénie a repris dix points d’avance à l’issue du troisième quart-temps, menant 76-66. Mais la Lettonie, emmenée par le futur All-Star Kristaps Porziņģis et les Bertans, est revenue à deux points (81-79) en profitant encore de coups de sifflet favorables.

La fin de match a été irrespirable. Dončić, impérial à longue distance, a redonné de l’air aux Slovènes (91-83), mais Porziņģis a ramené les siens à 93-92. Dans les derniers instants, Murić a réussi deux lancers francs précieux, puis Dragić a marqué un panier décisif. Malgré une nouvelle réaction des Lettons, la Slovénie a tenu bon grâce à Dončić et Randolph sur la ligne des lancers francs, avant que Prepelič n’assure définitivement la victoire sous le score de 103-97.

Dans un match à haute intensité, la Slovénie a confirmé son collectif solide et son duo Dragić-Dončić, décrochant une qualification historique pour les demi-finales. Toujours invaincus à ce stade de l’EuroBasket, les Slovènes affrontent l’autre équipe avec un bilan parfait, l’Espagne.

Un grand succès pour la Slovénie, les joueurs et les entraîneurs. Si j’évoque le match, il faut féliciter la Lettonie. Ils ont montré qu’ils pouvaient revenir. Le match était très exigeant physiquement. Nous avons fait un travail exceptionnel. C’était une réussite collective. Nous avons maintenant deux jours de repos.” a déclaré Dragić après le match.

Ce ne sera pas facile contre l’Espagne, mais pour gagner une médaille, il faut battre les meilleurs”, s’est réjoui Dragić, mais visiblement fatigué, car il avait eu des problèmes de santé ces deux derniers jours : “Je suis épuisé, mais il n’y a pas de temps pour pleurer. Foncez tête baissée et décrochez la médaille.”

Même face à l’équipe favorite de le l’EuroBasket 2017, les Slovènes ont imposé leur rythme dès le début de la rencontre: Dragić, Randolph et Blažič ont lancé la machine avec des tirs extérieurs, tandis que Vidmar s’imposait dans la raquette face aux frères Gasol. Portée par une adresse exceptionnelle à trois points et une défense agressive, l’équipe de Kokoškov a dominé la rencontre, surtout après la mi-temps.

En effet, à la pause, l’Espagne restait dans le coup, menée 49-45. Mais le troisième quart-temps fut fatal aux champions en titre : les Ibériques n’ont inscrit que 12 points, étouffés par l’intensité slovène. Randolph (15 points à 6-9 et 3 interceptions), Dragić (15 points, 6 rebonds, 5 passes décisives), Prepelič (13 points à 5-8) et Vidmar (12 points à 5-7, 5 rebonds, 2 interceptions) ont multiplié les coups d’éclat, tandis que Dončić, l’homme du match, a frôlé le triple-double. 11 points, 12 rebonds et 8 passes décisives.

Nous jouons les uns pour les autres. Nous nous entraidons. Le ballon circule bien. C’est la plus grande victoire de ma carrière, mais jusqu’à dimanche. L’essentiel, c’est que nous voulions la victoire plus qu’eux.” a déclaré Gašper Vidmar, lui qui fêtait ses 30 ans ce jour-là. “Nous avons tout donné sur le terrain. Nous nous sommes battus et nous nous sommes entraidés.”

EuroBasket 2017, Spain vs Slovenia
La Slovénie a stoppé les rêves espagnols en 2017. Crédit : FIBA

L’Espagne, malgré les 16 points, 6 rebonds et 2 contres de Pau Gasol, n’a jamais trouvé de solution. La Slovénie a conclu en patron et s’est envolée vers la finale de l’EuroBasket 2017, la première de son histoire. Face à elle désormais, le voisin serbe, dans un match symboliquement très important, en plus d’avoir à la clé, le premier titre de champion d’Europe pour l’une de ces deux anciennes nations yougoslaves.

La rencontre a débuté sur un rythme intense. Après un premier quart serré, 20-22 pour les Serbes, les Slovènes ont pris l’ascendant grâce à Dragić et Dončić, atteignant la mi-temps avec neuf points d’avance, avec un score de 56-47. Dans une finale haletante, les joueurs slovènes étaient menés par un Goran Dragić en état de grâce.

Le capitaine a réalisé un match d’anthologie avec 35 points à 12-22 dont 3-7 à 3 points et 8-9 aux lancers francs, établissant un record pour l’équipe nationale, en plus de 7 rebonds et 2 interceptions. Au retour des vestiaires, Dragić a poursuivi son festival, mais l’inquiétude est montée lorsque Luka Dončić a quitté le terrain blessé à la cheville.

EuroBasket 2017
Même blessés, cela allait être le moment de Luka et Goran. Crédit : FIBA

Pire encore, Dragić doit céder sa place à cause de crampes. La relève a été assurée par Klemen Prepelič, 21 points à 6-12 dont 4-8 à 3 points, qui a inscrit des paniers décisifs dans le dernier quart-temps, ainsi que par Aleksej Nikolić et Gašper Vidmar.

Mais face à un adversaire privé de ses deux meilleurs joueurs, la Serbie en a profité pour revenir, allant même jusqu’à mener 77-78 en fin de match. C’est alors que Prepelič, avec un tir à trois points salvateur, a renversé la situation, avant que Vidmar et Nikolić ne scellent définitivement la victoire sur la ligne des lancers francs. Victoire 93-85, la Slovénie remporte l’EuroBasket 2017, son premier titre majeur dans la balle orange.

Cette médaille consacre non seulement Dragić, élu MVP de l’EuroBasket 2017, mais aussi toute une génération slovène, symbole d’un basket collectif et spectaculaire. Elle représente également l’avenir, incarné par le jeune Luka Dončić, porté en héros lors de la remise des médailles malgré sa blessure. Les Slovènes Goran Dragić et Luka Dončić ont été nommés dans l’équipe type de l’EuroBasket 2017, et ont été rejoints par le Russe Alexey Shved, le Serbe Bogdan Bogdanović et l’Espagnol Pau Gasol.

Et puis il y a une histoire qui a eu un immense écho dans nos médias. En marge du championnat, Planet TV a visité le musée Dražen Petrović à Zagreb. La mère du regretté virtuose du basket Biserko Petrović a fait don d’un maillot à cette occasion et a demandé : “Donnez-le à Goran Dragić.”

Lorsque Goran a reçu le maillot, il n’a pas pu contenir son émotion. Le lendemain, Biserka était l’invitée du studio Planet TV. Dragić lui a également fait la surprise de lui rendre visite et de lui remettre son maillot de la Slovénie, dédicacé.

Le dernier EuroBasket russe

Il y a 10 ans, la Russie avait remporté son premier EuroBasket depuis la chute de l’URSS. Mais depuis la retraite d’Andrei Kirilenko en 2012, l’équipe nationale n’avait pas réussi à rester compétitive. Mais en 2017, dans ce qui reste jusqu’à présent la dernière participation de l’équipe nationale à un Championnat d’Europe, l’équipe était très proche de remporter une nouvelle médaille.

Après deux mauvais EuroBaskets en 2013 et 2015, la Russie, même sans Sergey Karasev, devait rebondir. Elle disposait de l’effectif nécessaire pour y parvenir. Alexey Shved, MVP de l’EuroCup, et Timofey Mozgov, champion NBA en 2016, étaient les joueurs les plus connus. Andrey Vorontsevich, All-Star de la ligue russe, était au sommet de sa carrière. La question était de savoir s’ils pouvaient éviter l’autodestruction et jouer une défense solide. C’est un stéréotype, mais c’était le problème qui minait l’équipe depuis quelques années.

Lors de son match d’ouverture de l’EuroBasket 2017, la Russie a affronté la Turquie Le sélectionneur Sergei Bazarevich a surpris en titularisant Vladimir Ivlev et Dmitry Kulagin. Très vite, la Russie a pris l’avantage grâce à une défense collective solide, des attaques rapides et un Shved inspiré, inscrivant 12 points en première mi-temps.

Cependant, les pertes de balle, 22 au total, relancèrent la Turquie dans le dernier quart-temps. L’issue s’est jouée dans les dernières secondes. A 69-68, Shved, malgré ses erreurs et ses 7 pertes de balle, réussit le tir décisif qui fait taire la salle. La Turquie ne s’en remettra pas, et s’incline 73-76. Shved était le meilleur marqueur russe avec 22 points à 5-10 dont 4-8 à 3 points et 8-8 aux lancers francs.

Mozgov lui a failli obtenir un double-double avec 20 points à 4-8, 9 rebonds et 2 contres. Cedi Osman termine meilleur marqueur du match avec 28 points avec un 13-15 aux lancers francs, 7 rebonds et 7 interceptions, mais la Russie signe un retour en force avec cette victoire précieuse avant d’affronter la Serbie dès le lendemain.

La Russie abordait son deuxième match de l’EuroBasket 2017 face à la Serbie sans grand optimisme. L’équipe de Bazarevich devait affronter l’un des favoris du tournoi moins de 24 heures après sa victoire tendue contre la Turquie, tandis que la Serbie avait bénéficié de davantage de repos et disposait d’armes redoutables.

Pourtant, le début de rencontre surprend tout le monde. Grâce à Shved, très actif d’entrée, la Russie mène rapidement 10-3. Mais la Serbie réagit par une série de 12-0, portée par Marjanović. Mozgov, inefficace et maladroit, cède sa place à Ivlev. Les Russes restaient toutefois dans le coup grâce à Dmitry Khvostov et Vorontsevich. À la pause, la Russie menait, après avoir quasiment neutralisé Bogdanović, limité à seulement un seul point en 20 minutes.

Au retour des vestiaires, le numéro 7 serbe se réveille et inscrit 13 points d’affilée. Problème, il est le seul à marquer pour son équipe dans le troisième quart-temps. La Russie en profite, notamment grâce aux tirs à 3 points de Shved, Vitaly Fridzon et Kulagin, pour creuser l’écart. Avec sept points d’avance à l’entame du dernier quart, les Russes semblaient tenir le bon bout.

La Serbie tente de revenir, s’appuyant sur Marjanović et sur son physique, mais Mozgov, jusque-là transparent, prend enfin ses responsabilités en inscrivant sept points décisifs sous le panier et sur la ligne des lancers. Plus disciplinés que la veille, les Russes contrôlèrent mieux la fin de match, même si un tir de loin de Bogdanović à 1:15 de la fin en contre-attaque fait trembler les supporters. La Russie mène tout de même 75-71.

Après un temps mort suite à un ballon qui rebondit sur un pied, la Russie a 56,4 secondes à jouer pour marquer. Shved se fait prendre à deux, mais trouve Nikita Kurbanov sous le panier. Ce dernier perd le ballon et la Russie part en contre attaque. Khvostov fait une faute sur Dragan Milosavljević, qui marque son premier lancer, mais rate le deuxième. Il reste 32,4 secondes à jouer.

Après avoir circulé la balle, celle-ci se retrouve dans les mains de Shved qui tente à 3 points… raté. 7 secondes à jouer, la Serbie remonte la balle, mais Alexey se rattrape en provoquant une faute sur Bogdanović dans les ultimes secondes avant qu’il puisse tirer, empêchant ainsi la Serbie d’égaliser. Mais il reste 2,5 secondes, et le Serbe va à la ligne des lancers.

Bogdan doit marquer le premier, puis rater le deuxième pour provoquer un tir pour soit égaliser, soit gagner… il rate le premier. Désormais, il faut rater le deuxième, prendre le rebond, aller derrière la ligne à 3 points, tirer et marquer. Tout ça en 2,5 secondes. Hélas, le rebond est russe, et la victoire est assurée. 75-72. Shved termine meilleur marqueur une nouvelle fois pour la Russie, avec 22 points, bien qu’à 7-16. Vorontsevich quant à lui s’est illustré en faisant un peu de tout. 8 points, 5 rebonds, 5 passes décisives et 3 interceptions.

Une victoire immense pour les Russes, leur plus importante depuis 5 ans, mais aussi la deuxième consécutive dans cet EuroBasket 2017. La Russie confirme son excellent départ dans le tournoi et prouve qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleures nations européennes.

Le match contre l’équipe belge n’a pas été une promenade de santé pour l’équipe de Bazarevich. Au premier quart-temps, les Belges ont mené plus souvent (13-6 à la 5e minute), puis les Russes ont rattrapé leurs adversaires, mais n’ont pas réussi à creuser l’écart au score.

EuroBasket 2017 Belgium vs Russia
Shved a permis à la Russie de tenir bon face à la Belgique. Crédit : FIBA

Néanmoins, l’équipe russe a contrôlé le match et n’a pas laissé son adversaire l’entraîner dans une fin de match tendue : 54 secondes avant la fin du temps réglementaire, Shved a ramené l’écart à +8 avec deux lancers francs, 72-64. Pour le troisième match consécutif, Alexey Shved a été le plus productif des Russes : l’arrière a marqué 20 points, bien qu’à 5-15, mais il a également inscrit 7 rebonds et 6 passes décisives.

Grâce à sa victoire 76-67 contre la Belgique, l’équipe russe s’est assurée une place pour le deuxième tour de l’EuroBasket pour la première fois depuis 2011. Attention cependant à ne pas trop se relâcher face à la Lettonie dans le match suivant.

Les basketteurs russes n’ont pas résisté à la pression exercée par l’équipe lettone lors du match du championnat d’Europe et se sont “effondrés”, ce qui a causé leur défaite. C’est l’avis exprimé par le capitaine de l’équipe nationale, Vitaly Fridzon, à l’agence TASS.

L’équipe russe s’est inclinée face à la Lettonie sur un score de 69-84, subissant ainsi sa première défaite dans le tournoi alors qu’elle menait de 15 points pendant le 2e quart-temps, avec Porziņģis limité à seulement 11 points en 24 minutes de jeu après avoir commis plusieurs fautes en début de match.

Timofey Mozgov a pris ses responsabilités, finissant avec 16 points à 4-6 et 8-10 aux lancers francs et 6 rebonds. Shved était encore une fois le meilleur marqueur, avec 21 points accompagnés par 6 passes décisives, même s’il a eu du mal à éviter les erreurs. 7-19, 2-11 à 3 points et 3 pertes de balle.

Cependant, Jānis Timma a mené les Lettons avec 22 points et 6 rebonds lors d’une seconde mi-temps remarquable où la Russie semblait totalement incapable d’arrêter l’assaut de ses adversaires. Le score final est de 69-84 en faveur de la Lettonie.

Je ne sais pas ce qui s’est passé en deuxième mi-temps. La première s’est déroulée selon nos plans, tout fonctionnait. En deuxième mi-temps, nous nous sommes relâchés, nous avons cessé de jouer en équipe. L’adversaire a commencé à jouer de manière agressive, et nous n’avons pas tenu le coup, nous nous sommes effondrés”, a déclaré Fridzon.

Avec un bilan de 3-1, la Russie peut encore une bonne place dans le groupe D. Il faut juste ne pas faire n’importe quoi contre la Grande-Bretagne pour conclure cette poule avant d’entrer dans la phase à élimination directe de l’EuroBasket 2017.

Dès les premières minutes, les Russes ont réussi leurs tirs : un dunk de Timofey Mozgov dès la première attaque, des tirs à trois points d’Alexey Shved, Andrey Vorontsevich et Vitaly Fridzon ont permis à l’équipe de mener au score après le premier quart-temps, avec un score de 23-16. Au deuxième quart-temps, les adversaires ne se sont pas embêtés avec la défense, essayant de tout régler avec des tirs à distance. Les Russes ont eu un meilleur pourcentage de tirs réussis et ont creusé l’écart : 43-31.

L’essentiel après la pause était de ne pas relâcher les efforts dans tous les domaines afin d’éviter que ne se reproduise la triste situation du match contre les Lettons. Ils n’y sont pas parvenus, et la Grande-Bretagne est revenue à 61-54 avant d’entrer dans le dernier quart. Puis tout a commencé à s’effondrer, tant en défense qu’en attaque, le score passant à 65-64. Il fallait réagir, et vite. Deux tirs à trois points de Shved et deux fautes qu’il a converties avec des lancers francs ont redonné de l’énergie au jeu russe 76-69. Et ce coup de grâce à 40 secondes de la fin a apporté la victoire finale aux Russes : 82-70.

EuroBasket 2017, Russia vs Great-Britain
La Russie a gagné contre la Grande-Bretagne, mais ne s’est pas rassurée. Crédit : FIBA

Shved, avec 30 points à 9-16 dont 6-9 à 3 points et 6-6 aux lancers francs, 8 passes décisives et 2 interceptions, a démontré son statut de leader même quand l’équipe est en difficulté. Mais le scepticisme d’avant tournoi, la crainte d’une autodestruction sont bel et bien présents. Il faut résoudre ce problème et vite, ou la Russie pourrait être éliminée en 8e de finale par la Croatie.

Après des années de déception, 2017 semblait enfin être l’année pour que la Croatie obtienne sa première médaille depuis 1995. Mais dès les premières minutes, cela ne s’est pas passé comme prévu. Le match a débuté avec deux tirs à 3 points de Shved, révélant immédiatement la supériorité russe. Si la Croatie a brièvement mené grâce à Bojan Bogdanović et Marko Tomas, la défense agressive de Shved et Mozgov a inversé la tendance, donnant l’avantage à la Russie à la mi-temps avec le score de 25-23.

La seconde période a été décisive. Shved a multiplié tirs et passes, contribuant au score de 67-51 infligé aux Croates dès la 27e minute. Nerveuse, maladroite aux lancers francs et catastrophique à trois points (1-13 après le premier quart), la Croatie n’a jamais pu revenir. Score final : 78-101.

La Russie s’est imposée logiquement, profitant des failles adverses. La Croatie sombre face à une Russie portée par un Shved intenable (27 points, 12 passes). Hormis Bogdanović (28 points à 10-16 dont 3-6 à 3 points et 2 interceptions), aucun Croate n’a répondu présent, et l’absence d’impact de Dario Šarić, méconnaissable avec seulement deux rebonds et une passe, a été fatale. Pendant ce temps, l’entraîneur de l’équipe russe a souligné que malgré le score élevé, l’équipe était encore à la recherche de son jeu.

Nous aimerions progresser davantage, nous en avons les ressources. Mais la perfection n’a pas de limites. Je suis heureux que nous ayons été mentalement forts pendant les 40 minutes du match contre les Croates”, a déclaré Bazarevich.

Si la Russie a déjà été plus rassurante contre la Croatie et a dépassé les attentes en atteignant les quarts de finale de l’EuroBasket 2017, aucun joueur ne comptait s’arrêter là. Désormais, il faut faire face à la Grèce, sans Greek Freak. Le scénario du dernier match contre la Croatie ne s’est pas reproduit. Certes, Timofey Mozgov a rapidement marqué 6 points, mais cela n’a pas suffi.

Alexey Shved était étroitement marqué par Nick Calathes, qui avait les mains actives ce jour-là: il marquait lui-même des points et faisait de bonnes passes à ses coéquipiers. Les Russes n’ont pas réussi leurs tirs à trois points. Chaque échec a donné lieu à des attaques rapides de l’adversaire. Le résultat de la première mi-temps n’était pas en faveur des Russes : 31-37.

Après la pause et le passage aux vestiaires, Georgios Printezis a creusé l’écart en l’espace deux minutes : 36-47. Les attaques efficaces de Shved et Vorontsevich ont réduit l’écart, d’abord à 45-49, puis 51-53. Dans le dernier quart-temps, les Russes ont pris l’avantage. Vorontsevich et Fridzon ont permis à leur équipe de mener 61-59. Shved a ajouté des points depuis la ligne des lancers francs, mais le jeu un peu trop risqué du leader russe, dans son désir naturel de consolider l’avantage acquis, a réduit l’écart à deux points. Dans les dernières minutes, Khvostov a joué efficacement et Fridzon a marqué des points sur la ligne des lancers francs pour sécuriser une victoire 69-74.

EuroBasket 2017, Russia vs Greece
Mozgov a été impressionnant contre la Grèce. Crédit : FIBA

Si Shved était encore une fois le meilleur marqueur avec 26 points, ainsi que 5 passes décisives et 3 interceptions, il a aussi commis beaucoup d’erreurs. 7-22 au tir, 2-11 à 3 points et 7 pertes de balle. Heureusement pour lui, Mozgov a bel été bien répondu présent. 15 points à 6-8, 10 rebonds et 2 contres.

La Russie a tremblé, mais elle n’a pas craqué, et elle en a été récompensée. Pour la première fois en 6 ans, les Russes sont en demi-finale de l’EuroBasket. Mais maintenant, c’est une lourde tâche qui les attend, car la Serbie est de nouveau sur son chemin. Et cette fois-ci, les hommes d’Aleksandar Đorđević ne comptent pas échouer.

Malgré une entame difficile (0-5), les Russes ont brièvement pris l’avantage grâce à Vorontsevich et Mozgov, mais ce fut leur unique avance du match. Les Serbes, très efficaces (70 % de réussite en première mi-temps), ont creusé un écart conséquent, menant 48-34 à la pause.

Au retour des vestiaires, la Serbie a maintenu son avantage, porté par Bogdanović et Marjanović. Toutefois, la Russie, guidée par un Alexey Shved exceptionnel, a réagi avec une série de 11-0, revenant à -5. Mais Djordjević a su calmer la tempête, et ses joueurs ont repris une marge confortable (64-52). La sortie sur blessure du meneur serbe Stefan Jović a brièvement relancé l’espoir russe, qui réduit l’écart à 9 points avant le dernier quart (57-66).

La Russie a alors trouvé de nouvelles ressources. Andrey Zubkov et Shved, avec deux tirs à 3 points successifs, ramenèrent leur équipe à deux points à quatre minutes de la fin. Mais dans le money-time, Bogdanović a pris ses responsabilités : un tir à trois points, puis un à mi-distance ont redonné de l’air aux Serbes. Les dernières tentatives russes échouèrent, malgré un ultime tir derrière l’arc de Shved. La Serbie a scellé sa victoire sur la ligne des lancers francs, validant son ticket pour la finale. Défaite 79-87 pour la Russie.

Alexey Shved a livré sa meilleure prestation du tournoi, terminant avec 33 points, à un point seulement du record de l’EuroBasket 2017 détenu par Kristaps Porziņģis. Vorontsevich (14 points et 5 rebonds), Mozgov (11 points et 9 rebonds) et Khvostov (10 points et 2 interceptions) ont également contribué, mais cela n’a pas suffi à compenser la réussite offensive serbe et la classe de Bogdanović, véritable bourreau des Russes dans les moments décisifs, et qui a terminé avec 24 points à 9-16 et 2 interceptions.

Un EuroBasket 2017 très honorable pour les joueurs russes. Crédit : FIBA

La Russie termine finalement à la 4e place après une défaite face à l’Espagne, 93-85, dans le match pour la médaille de bronze. Mais ce parcours à l’EuroBasket 2017 restait très bon, et l’équipe espérait pouvoir continuer à progresser dans les années à venir. Mais après sa 12e place à la Coupe du Monde 2019 et une non qualification aux Jeux Olympiques de Tokyo, la guerre avec l’Ukraine a fait que l’équipe est bannie des compétitions internationales depuis 2022, et il est impossible de prédire avec certitude quand cette suspension sera levée.

En attendant, la Slovénie elle avait l’opportunité de continuer à aller de l’avant. La nouvelle génération, portée par le génie de Luka Dončić, peut prendre le relai après la fin de la génération Dragić, et viser très haut dans les années à venir.