Contrairement à son habitude, l’équipe de France fait preuve d’une forte adresse longue distance lors de cette Coupe du monde. En battant le record du nombre de 3 points inscrits en un seul match face au Nigéria, tout laisse à penser que cela est de bon présage pour les phases finales. Cependant, cet aspect du jeu comporte des risques qui peuvent amener les Bleues à leur perte.
Une adresse remarquable

En battant le record de tirs à 3 points inscrits lors d’un match de Coupe du monde, la France a mis un point d’exclamation sur sa performance longue distance lors de ses trois matchs de poules. Grâce à leur domination aussi bien sur le plan offensif que défensif, les joueuses ont pris confiance, ce qui a eu pour conséquence de tirer leur réussite extérieure vers le haut. Migna Touré décrit cette confiance avec une métaphore :
On a impulsé un bon tempo défensif et ça nous a mis en confiance pour mettre nos shoots. On a vu le cercle gros comme une bassine. Et quand la bassine est grande comme ça, on envoie toutes.
15/35 face à la Hongrie, 12/26 face à la Corée du Sud et 22/40 face au Nigéria. Au total, les joueuses de Jean-Aimé Toupane ont « envoyé » à plus de 48 % derrière l’arc. Une performance aussi impressionnante que rare quand on voit l’historique des Bleues dans cet aspect sur les dernières compétitions.
Des choix discutables

Même si une bonne partie des 3 points tentés sont pris en rythme et après une bonne circulation de balle, une autre partie est aussi forcée et évitable. Car en effet, l’équipe de France, se voyant dominer ses adversaires, gagne en assurance dans son jeu et dans sa réussite extérieure. Cela entraîne chez les joueuses un surplus de confiance dans leurs choix.
Les Françaises peuvent notamment avoir tendance à abuser du tir extérieur au point de favoriser parfois ces derniers plutôt qu’un lay-up en contre-attaque. De plus, des shoots en début de possession ou très contestés se font parfois visibles alors qu’ils sont évitables au vu des forces que l’équipe possède à l’intérieur ou au drive.
Mais le plus frappant reste la différence entre le nombre de tirs à 2 points et à 3 points. Avec 35 tentatives à 3 points pour 32 à 2 points face à la Hongrie et 40 tentatives à 3 points pour 27 à 2 points face au Nigéria, le nombre d’essais derrière la ligne a été supérieur à celui à l’intérieur à deux reprises sur trois matchs disputés. Cette statistique est synonyme d’un manque d’alternance car la France a les armes pour diversifier son jeu.
Le coach, Jean-Aimé Toupane, l’a notamment souligné après le match contre le Nigéria :
À mes yeux, on prend beaucoup de tirs à 3-points. Aujourd’hui, on a eu un gros pourcentage, donc ça passe. Mais il faut apprendre à avoir de l’alternance car le jour où les shoots ne rentreront pas, il faudra bouger la balle d’un côté à l’autre, amener la balle à l’intérieur, la ressortir. On en parle entre nous.
Pour le moment, ce choix de tirer excessivement est payant pour les Françaises, mais aux yeux de l’adversité rencontrée et en projection des phases finales, il est nécessaire de trouver de l’alternance dans le jeu afin d’éviter de nombreux risques.
Les risques potentiels

L’une des premières erreurs à éviter est de s’enfermer dans le shoot extérieur et de mourir avec, malgré une adresse délicate. Nous parlions tout à l’heure d’un historique en défaveur des Bleues avec le tir à 3 points. Cela faisait référence à la demi-finale face à l’Espagne et au match pour la médaille de bronze face à l’Italie, tous deux perdus lors de l’EuroBasket 2025 à cause d’un entêtement des joueuses de Jean-Aimé Toupane pour le tir à 3 points.
Face à la Roja, la France avait buté sur un joli 5/30 longue distance, tandis que le match pour la 3e place a réussi à être pire avec une adresse de 2/20 derrière l’arc. Jean-Aimé Toupane ainsi que ses joueuses doivent apprendre de ces traumatismes passés pour ne pas répéter le même échec que l’an dernier.
L’autre risque serait de croire que les conditions de tirs seront similaires en phase finale à celles des 3 rencontres disputées jusqu’à présent. Les adversaires de poules possédaient des défenses relativement faibles dans lesquelles les décalages pour un tir ouvert étaient propices. L’adversaire en quart de finale possédera une meilleure défense et sera sans doute mieux préparé pour faire face à cette adresse française.
Enfin, bien que les Bleues aient artillé avec efficacité longue distance en poule, la réussite peut être hasardeuse et dépendre de nombreux facteurs. En particulier, si l’adversaire est plus physique, la fatigue peut faire chuter les pourcentages, ou si les Bleues ont plus de mal à imposer leur jeu, elles peuvent alors perdre confiance et ainsi se retrouver en difficulté avec leur tir.
Pour éviter tout risque, il est donc primordial de trouver de l’alternance afin de pouvoir performer lors d’un jour sans adresse. Les joueuses comme le staff semblent en avoir pris conscience, le plus important maintenant est de travailler ça à l’entraînement pour le retranscrire en match.






