Isaiah Hartenstein, de l'ombre à la lumière.

Isaiah Hartenstein, de l’ombre à la lumière

Il y a des carrières qui se construisent sous les projecteurs du monde entier, et d’autres qui se façonnent dans le gymnase le soir. Celle d’Isaiah Hartenstein appartient à la seconde catégorie. L’histoire d’un joueur sur lequel personne ne misait, devenu aujourd’hui l’un des pivots les plus convoités. De Quakenbrück au trophée Larry O’Brien, retour sur le parcours atypique de celui qui s’est imposé là où personne ne l’attendait.

Une enfance entre deux mondes

Né le 5 mai 1998 à Eugene dans l’Oregon, Isaiah Hartenstein grandit dans une famille ouverte sur le monde et au sein d’un environnement multiculturel, hérité directement de ses ancêtres. Son grand-père paternel était un militaire afro-américain qui s’est marié avec une Allemande lors de son affectation en Allemagne. De cette union naît Florian Hartenstein, le père d’Isaiah.

Celui-ci s’intéresse très tôt au basketball, au point de traverser l’Atlantique et de jouer pour l’université d’Oregon. Il y rencontre une certaine Theresa, une Américaine blanche qui deviendra la mère d’Isaiah. Dans plusieurs interviews, ce dernier déclare d’ailleurs avec humour qu’il est un « bright skin », se montrant fier de ce mélange culturel.

En 2008, alors que le jeune Isaiah n’a encore que dix ans, il quitte avec sa mère son Oregon natal pour rejoindre son père en Allemagne. Ce dernier, qui évolue alors au Giessen 46ers depuis cinq ans, retrouve sa petite famille qu’il avait dû quitter afin de poursuivre sa carrière professionnelle.

Dès son plus jeune âge, Isaiah Hartenstein tombe amoureux de la balle orange, ici avec un maillot de Portland, sa région natale. Crédit : Theresa Hartenstein via Bleacher Report
Dès son plus jeune âge, Isaiah Hartenstein tombe amoureux de la balle orange, ici avec un maillot de Portland, sa région natale. Crédit : Theresa Hartenstein via Bleacher Report

Son fils bascule alors dans un univers totalement nouveau : nouvelle langue, nouveau système scolaire, nouvelle culture et surtout un nouveau système sportif. Pourtant cela ne semble pas le décourager, tant il démontre très tôt son amour pour la balle orange.

Mais en Europe, c’est bien le football – ou le soccer pour nos lecteurs américains – qui prédomine. Et la petite ville de Quakenbrück, qui ne compte que 14 000 habitants, n’y fait pas exception. Là-bas, le jeune Isaiah s’accroche tant bien que mal pour apprendre une nouvelle langue, tout en assimilant les codes du basketball aux côtés de son paternel. Celui-ci lui enseigne le sens du travail et du collectif, lui qui n’était pas une superstar mais un role player tout au long de sa carrière.

On avait un terrain de basket à la maison. On avait un panier, tout ce genre de choses. Le basket a toujours fait partie de notre quotidien. Et puis, une fois qu’il est venu en Allemagne, il passait encore tout son temps à la salle d’entraînement. J’ai eu l’occasion de le coacher un peu par la suite. Bref, on était une famille de basketteurs. Il n’a jamais vraiment eu l’occasion de ne pas jouer.

Florian Hartenstein, via Bleacher Report (2017)

Cela paie puisque son fils se révèle dans cet environnement. Lors de la saison 2014, il mène l’équipe junior des Artland Dragons au titre de champion d’Allemagne U16, sous les ordres de son père Florian, élu pour l’occasion meilleur coach de la saison. Mais c’est bien Isaiah qui impressionne avec des statistiques lui valant le titre de MVP (20,9 points, 12,1 rebonds, 3,4 passes, 2,9 interceptions et 1,9 contre).

La même année, il est sélectionné au Jordan Brand Classic International Game, une déclinaison du prestigieux match opposant les meilleurs lycéens des États-Unis. C’est la preuve qu’il est perçu comme l’un des meilleurs espoirs sur le sol européen. En février 2015, il foule pour la première fois un parquet professionnel en rentrant en fin de rencontre avec Quakenbrück, qui évolue alors en première division allemande.

L’année suivante, Isaiah Hartenstein rejoint le Zalgiris Kaunas. Il quitte sa famille pour la première fois de sa vie, délaissant l’Allemagne pour évoluer en Lituanie. Une indépendance nouvelle pour ce jeune joueur de 18 ans qui se retrouve propulsé dans l’un des clubs les plus mythiques d’Europe. Il fait ses débuts en championnat le 28 septembre 2016 contre Šiauliai (9 points et 6 rebonds en 24 minutes) puis en Euroleague contre le Fenerbahçe le 26 octobre (1 rebond en 5 minutes).

S’il joue assez peu sur la scène européenne – ce qui est tout à fait logique pour un joueur de son âge – il montre tout de même quelques flashs intéressants en championnat. Il finit la saison avec 4,9 points et 4,0 rebonds en 14 minutes, tout en étant le meilleur contreur de son équipe avec 0,7 block par rencontre ! S’il joue moins en playoffs, il participe tout de même au sacre de son équipe qui remporte les playoffs lituaniens.

À tout juste 19 ans, Hartenstein est alors vu comme un prospect prometteur en Europe. Même si de nombreuses universités se sont intéressées à son profil, Hartenstein a préféré quant à lui continuer de s’aguerrir sur le Vieux Continent face à des adultes. Il explique notamment que « Je n’avais pas vraiment l’impression de pouvoir trouver l’université qui me convenait, et j’ai simplement vu là une occasion d’apprendre beaucoup et de jouer (en restant à l’étranger) ».

Mais la transition vers les États-Unis s’annonce bien plus compliquée.

Isaiah Hartenstein évolue sous les ordres de Sarunas Jasikevicius lors de sa saison au Zalgiris Kaunas. Crédit : V.Mikaitis via BasketNews
Isaiah Hartenstein évolue sous les ordres de Sarunas Jasikevicius lors de sa saison au Zalgiris Kaunas. Crédit : V.Mikaitis via BasketNews

A la conquête de l’Amérique

Dès février 2016, Isaiah Hartenstein suscite l’intérêt de la Grande Ligue américaine Il est notamment sélectionné au Basketball Without Borders Global Camp qui est organisé pendant le All-Star Weekend à Toronto. Si la NBA n’a d’yeux que pour le duel entre Zach Lavine et Aaron Gordon lors du concours de dunk, les scouts quant à eux notent sur leurs carnets le nom de cet intérieur évoluant en Europe.

Jonathan Givony – expert draft pour le défunt DraftExpress – met en avant les mensurations de l’intérieur, qui fait alors 2,13m avec une envergure de 219cm ! Il n’hésite pas à louer son skill-set pour un joueur de sa taille, notamment sa vision de jeu, ainsi que ses finitions au-dessus du cercle.

L’année suivante, Hartenstein est invité à participer au Nike Hoop Summit, une rencontre opposant les meilleurs jeunes Américains aux meilleurs espoirs internationaux. L’évènement revêt une importance supplémentaire pour Isaiah puisqu’il se déroule dans l’Oregon, à seulement quelques kilomètres de l’endroit où il est né et a vécu avant de suivre son père en Allemagne.

Même si la World Team s’incline face à une équipe américaine emmenée par Michael Porter Jr, Hartenstein se met en évidence lors de la rencontre où il termine avec 10 points, 4 rebonds et 2 contres en 19 minutes, et démontre surtout une puissance physique supérieure aux joueurs de sa génération.

Pourtant le joueur est déçu de sa performance. Après la rencontre, alors que les scouts et les journalistes l’attendent pour lui poser quelques questions, l’intéressé continue de shooter – des hooks main gauche – et rejoint son père seulement après en avoir réussi cinq de suite. Le soir même, il reprend l’avion pour la Lituanie afin de finir la saison avec le Zalgiris.

Il y a des choses qui m’ont plu, mais dans l’ensemble, j’ai été un peu déçu de ma performance. Je n’ai pas su porter l’équipe à bout de bras, et je sais comment j’aurais dû jouer, mais je ne l’ai pas fait.

Isaiah Hartenstein, via Bleacher Report (2017)

Une fois la saison terminée avec Kaunas, Hartenstein s’envole Outre-Atlantique pour réaliser des workouts avec plusieurs franchises. Il est alors vu comme un prospect de fin de premier tour, autour de la 20e-25e place.

Mais le soir de la draft, certaines rumeurs laissent penser qu’il traînerait une blessure au dos. L’intéressé, ne comprenant pas l’origine de ces informations, cherche à les démentir. Mais le mal est fait. Les franchises ont peur de sélectionner un 7-footer traînant une potentielle blessure aussi importante pour un joueur de sa taille. Il glisse au second tour où ce sont finalement les Houston Rockets qui le sélectionnent avec le 43e choix.

La franchise texane lui laisse alors l’opportunité de retourner en Europe afin de continuer à s’aguerrir, ou bien de continuer à se développer sous leurs yeux en G-League. C’est le second choix qui est retenu par Hartenstein, celui-ci voulant profiter de cette occasion pour prouver aux observateurs américains qu’il méritait bien d’être sélectionné au premier tour.

Isaiah Hartenstein, face à Michael Porter Jr, lors du Nike Hoop Summit. Crédit : Sam Forencich via Getty Images
Isaiah Hartenstein, face à Michael Porter Jr, lors du Nike Hoop Summit. Crédit : Sam Forencich via Getty Images

Des débuts loin des projecteurs

Isaiah Hartenstein débarque dans le Texas chez les Rio Grande Valley Vipers, l’équipe de G-League affiliée aux Rockets. S’il connaît une première année timide, il explose lors de sa saison sophomore en dominant la seconde division américaine (19,4 points, 14,9 rebonds, 3,7 assists et 2,0 contres en 32 minutes).

Mais la consécration arrive en finale. Après avoir perdu la première manche, les Vipers n’ont plus le droit à l’erreur : une défaite, et le titre reviendra aux Long Island Nets. C’est alors le moment choisi par Hartenstein pour réaliser une performance sensationnelle : 33 points et 13 rebonds à 8/9 à trois points ! Ce soir-là, il est tout simplement un autre joueur. Un pivot de 2m13 qui shoote à trois points tout en protégeant efficacement le cercle.

Son équipe s’impose lors de cette rencontre, puis trois jours plus tard lors du G3 décisif où le pivot réalise encore une fois une grande performance (30 points et 17 rebonds). Il est logiquement élu MVP des finales avec des moyennes ahurissantes de 28,0 points et 15,7 rebonds à 52% à trois points !

Isaiah Hartenstein après avoir remporté le titre de MVP des finales en G-League. Crédit : Michelle Farsi via Getty Images
Isaiah Hartenstein après avoir remporté le titre de MVP des finales en G-League. Crédit : Michelle Farsi via Getty Images

Des performances qui suscitent l’intérêt de Mike D’Antoni, coach de Houston, qui lui offre quelques minutes avec les Rockets. Même si la concurrence n’est pas féroce sur son poste, Clint Capela et Nenê étant les principaux pivots de ces Rockets, Hartenstein a du mal à gratter des minutes. Il faut dire qu’on est alors dans l’ère du small ball, où l’on retrouve beaucoup de lineups sans réel intérieur avec PJ Tucker et/ou Trevor Ariza en poste cinq.

La saison suivante, l’intérieur parvient à obtenir davantage de temps de jeu dans la rotation d’Antoni, avant de perdre sa place au moment de la deadline malgré le départ de Capela et Nenê. Le coach des Rockets va alors au bout de son idéologie en misant à fond sur le small ball afin d’exploiter les qualités de Russell Westbrook, acquis durant l’intersaison.

Une stratégie qui met par conséquent Hartenstein sur la touche, lui qui perd complètement sa place. Preuve en est, il ne joue que deux petites minutes lors des playoffs dans la bulle, alors même qu’il avait été loin d’être mauvais en début de saison. Il n’est finalement pas conservé par la franchise texane durant l’intersaison 2020, le laissant alors seul sans club pour la première fois de sa carrière.

Une situation loin d’être évidente pour ce joueur de 22 ans, qui pensait avoir enfin sa chance dans la Grande Ligue. Mais plutôt que de s’effondrer, l’intérieur profite de ce moment de doute pour retravailler son approche mentale. Le livre « The Mindful Athlete » écrit par George Mumford, psychologue du sport et consultant pour certains anciens joueurs tels que Kobe Bryant ou Shaquille O’Neal, lui ouvre les yeux sur l’importance de maîtriser ses émotions et de vivre dans l’instant présent.

J’étais dans une phase où j’avais besoin de travailler davantage (sur mon état d’esprit) et ça a fonctionné à partir de là. La principale leçon que j’en ai tirée, c’est de rester dans le moment présent et de me concentrer davantage sur le processus. Il y aura des hauts et des bas, mais il ne faut pas s’emballer ni se laisser abattre. Tu vas connaître des mauvais matchs. Ne t’attarde pas dessus. Passe à autre chose. Contrôle ce que tu peux contrôler.

Isaiah Hartenstein, via Andscape (2024)

Suite au départ de Mason Plumlee, Denver lui propose un contrat de 3,3 millions pour deux ans, dans un rôle de backup derrière Nikola Jokic. Ce dernier en route pour ses cinq MVP consécutifs joue alors un rôle de mentor, notamment pour lui partager son savoir technique et ses lectures invraisemblables.

Mais dans les Rocheuses, son temps de jeu ne décolle pas puisqu’il est restreint à neuf petites minutes tous les soirs. Il est finalement échangé à Cleveland avec deux seconds tours de draft contre Javale McGee, preuve que la valeur d’Hartenstein est au plus bas. Mais dans une équipe qui tank, il se met en valeur en tournant à 8,3 points et 6,0 rebonds en 18 minutes en sortie de banc. Pourtant en fin de saison, les Cavs ne le conservent pas, privilégiant Evan Mobley qu’ils viennent tout juste de drafter.

Il déménage à l’été 2021 du côté de la Californie en signant aux Los Angeles Clippers au minimum pour une saison. Une sorte de dernière chance pour celui qui n’a alors rien prouvé depuis sa draft, et qui se retrouve dans une équipe sortant d’une finale de conférence Ouest. Malgré des doutes entourent le retour de Kawhi Leonard – comme d’habitude –, la franchise de LA souhaite être compétitive.

Si lors des playoffs précédents Tyron Lue a beaucoup misé sur des lineups small-ball avec Nicolas Batum en pivot, à l’aube de la saison qui suit, il change son fusil d’épaule. Il offre un peu plus de temps de jeu à Ivica Zubac, et mise sur Hartenstein pour en faire son backup à la place de Serge Ibaka.

Un choix fort qui met en confiance le big men, qui profite de cette opportunité pour montrer au monde de la balle orange qu’il est bien plus qu’un petit role player. Car sans faire de coups d’éclat retentissants, il se montre régulier soir après soir, mettant en avant son passing et sa défense avec la seconde unit californienne.

Mais si ses performances ne passent pas inaperçues auprès de certains spécialistes, les Clippers ont un avis bien différent puisqu’ils refusent de lui offrir un nouveau contrat à la fin de saison, privilégiant la signature de John Wall. Retour à la case départ, enfin presque.

C'est aux Los Angeles Clippers qu'Isaiah Hartenstein commence à faire parler de lui. Crédit : Kevork Djansezian via Getty Images
C’est aux Los Angeles Clippers qu’Isaiah Hartenstein commence à faire parler de lui. Crédit : Kevork Djansezian via Getty Images

L’explosion New-Yorkaise

Le 12 juillet 2022, Isaiah Hartenstein s’engage pour 16 millions de dollars sur deux ans à New York. Une petite consécration pour lui qui se voit enfin proposer son premier contrat au-dessus du minimum, toujours dans un rôle de backup derrière Mitchell Robinson cette fois. Leon Rose déclare à la signature qu’il « est un intérieur polyvalent influençant le jeu des deux côtés du terrain et qui joue avec une passion et une énergie débordante ».

Sauf que le défi est de taille, puisque dans le système de Tom Thibodeau, il se restreint au travail de l’ombre : protéger le panier, prendre des rebonds, poser des écrans solides et rouler au cercle. Après un petit mois de compétition, il explique aux médias qu’il tâtonne encore pour s’adapter à ce rôle, tout en devant gérer une inflammation au tendon d’Achille.

Au fur et à mesure de la saison, il gagne de plus en plus d’importance dans le système de son coach, qui lui fait même finir certaines rencontres. Preuve étant, il est le seul joueur des Knicks à participer à l’ensemble des 82 matchs de régulière. Il vit cette saison-là ces premières minutes en playoffs, où les Knicks éliminent Cleveland en cinq matchs au premier tour avant de s’incliner face à une équipe de Miami en route pour un run improbable.

Mais cette première année n’est qu’un amuse-bouche. Car l’année deux de son trip New Yorkais va être d’un tout autre acabit.

La saison 2024 démarre dans la continuité de la précédente. Mitchell Robinson est titulaire, tandis qu’Hartenstein est son backup. Mais tout bascule le 11 décembre 2023 lorsque les Knicks annoncent que Robinson doit s’absenter pendant un long moment afin de soigner une fracture de fatigue à la cheville gauche. Un gros manque à gagner pour New-York puisqu’il s’était imposé comme le gardien du temple de Manhattan.

Sans broncher, Hartenstein hérite de cette lourde responsabilité en devenant le pivot titulaire de l’équipe de la Big Apple. Défensivement, il se montre phénoménal, devenant l’un des meilleurs big de drop de toute la ligue. Grâce à son envergure, son footwork et surtout son intelligence de jeu, il se fait un malin plaisir à jouer avec l’attaquant adverse S’inspirant énormément de Draymond Green, il devient un joueur que les attaques ne peuvent pas cibler.

Il faut obliger le porteur de balle à « réfléchir ». Je m’efforce de ne pas le laisser tirer sans opposition. S’il sort d’un écran, je fais une feinte vers lui, je reviens sur ma position et je ne me déplace vers lui qu’au dernier moment. Ou s’il tente un lob, je l’incite à le lancer, puis j’intercepte le ballon à ce moment-là.

Isaiah Hartenstein, via CBS (2024)

Preuve qu’il devient un protecteur de cercle élite, il inflige une perte d’efficacité au panier de -11,2%, soit la 6e meilleure marque pami les joueurs contestant au moins 6 tirs près du cercle. Ce qui le classe tout juste entre Chet Holmgren et Victor Wembanyama ! Il fait également partie des 8 joueurs à être à au moins 2% de block% et steal%, preuve qu’il est partout en défense.

Si sa protection de cercle saute aux yeux, son travail aux rebonds est l’autre pilier de son explosion à New York. Moins aérien que certains intérieurs physiques, il compense par une science du placement et un acharnement au box-out qui permettent aux Knicks de verrouiller leur raquette et de priver les adversaires de secondes chances.

Et en attaque, il est juste tout juste parfait en soutien de Jalen Brunson, surtout lorsque celui-ci est blitzé. Grâce à ses lectures sur short-roll, il accentue les décalages initialement créés par son franchise player. Thibodeau n’hésite pas à lui donner quelques ballons en tête de raquette pour faire valoir le jeu de cuts des New-Yorkais, que ce soit avec Brunson mais aussi OG Anunoby ou Donte DiVincenzo, des experts en la matière.

Même s’il n’est pas un grand shooteur à trois points – il n’en a inscrit que 14 depuis le début de sa carrière – l’intérieur arrive tout de même à apporter du spacing à l’attaque grâce à son utilisation en hub. Il développe également un floater plutôt efficace qui lui permet de punir au scoring sur short-roll.

Hartenstein s’épanouit devant un public qui se prend d’affection pour lui. Il réalise alors sa meilleure saison en carrière avec des moyennes de 7,8 points, 8,3 rebonds, 2,5 passes, 1,2 interception et 1,1 contre par soir. Il nous gratifie de quelques performances impressionnantes, comme le 3 janvier contre Chicago en devenant le quatrième joueur de l’histoire des Knicks à inscrire 10 points, capter 20 rebonds et contrer 5 tirs dans une rencontre !

Mais au-delà des statistiques, l’impact de l’intérieur est indéniable au succès de son équipe, qui finit la régulière à la 2e place avec 50 victoires. Et l’équipe de la Big Apple retrouve au premier tour les Sixers d’un Joel Embiid loin d’être à 100% physiquement à cause d’une paralysie partielle du visage. Et malgré le retour de blessure de Robinson, c’est bien Hartenstein qui reste le pivot titulaire.

Après des années de galères, c'est finalement à New York que la carrière d'Isaiah Hartenstein décolle. Crédit : Charles Wenzelberg via New York Post
Après des années de galères, c’est finalement à New York que la carrière d’Isaiah Hartenstein décolle. Crédit : Charles Wenzelberg via New York Post

La confirmation en playoffs

Isaiah Hartenstein et les Knicks marquent le coup en remportant cette première rencontre grâce à une domination aux rebonds offensifs. Sauf que dans le Game 2, c’est bien les Sixers qui ont la main mise sur la rencontre en menant de cinq points à 30 secondes. C’est simple, tout semble perdu côté new-yorkais, avec Brunson qui se montre très maladroit (24 points à 8/29 au tir).

Pourtant ce dernier convertit un énorme tir à trois points, son seul du match, avant que Josh Hart ne vole le ballon à Tyrese Maxey sur la remise en jeu. Donte DiVincenzo a l’occasion d’offrir la victoire à son équipe, mais il manque ce tir à trois points complètement ouverts. Sauf qu’Hartenstein s’impose au milieu de trois Sixers pour capter ce rebond offensif, qu’il arrive à ressortir vers Anunoby qui la donne à Divincenzo qui réussit sa seconde tentative !

102 à 101, les Knicks passent devant à 13 secondes de la fin grâce à ce rebond capté par Hartenstein. Sur l’ultime possession défensive, il réussit à contenir la pénétration de Tyrese Maxey avant qu’Anunoby ne vienne parachever le succès des New-Yorkais dans ce match 2 historique !

Mais la série prend un tournant dramatique à partir de la 3e manche en Pennsylvanie. Mitchell Robinson aggrave sa blessure à la cheville suite à plusieurs contacts litigieux avec Embiid, notamment un plaquage au sol après que l’intérieur américano-camerounais a retenu sa jambe sur une finition au cercle. Le pivot des Knicks quitte la Xfinity Mobile Arena à la mi-temps de la rencontre remportée par Philadelphie grâce à la performance magistrale de Joel Embiid (50 points et 8 rebonds).

Hartenstein se retrouve désormais seul vrai pivot de métier – désolé Precious Achiuwa et Jericho Sims – dans cet effectif pour tenir tête au MVP de la saison précédente. Une mission qu’il accomplit avec une abnégation remarquable. Sans réaliser de grands chiffres individuels, il sublime le collectif en gênant au maximum son adversaire direct. Et avec les performances magistrales de Brunson lors des Games 4 et 6, les Knicks remportent la série 4 à 2.

En demi-finale de conférence, New York retrouve Indiana, une équipe aux antipodes de leur jeu. Si les Knicks proposent un jeu plutôt lent et physique, les Pacers poussent le rythme avec beaucoup de transition et de spacing. Un duel qui rappelle forcément quelques souvenirs aux fans des 90s, avec Reggie Miller qui troque cette fois-ci ses sneakers pour une place en bord de terrain en tant que commentateur.

Les Knicks s’imposent lors des deux premières rencontres à domicile, portés par un Brunson en état de grâce. Lors du Game 2, ce dernier manque tout le deuxième quart-temps à cause d’une blessure au pied. Mais il réapparaît après la mi-temps, faisant chavirer le Madison Square Garden comme Willis Reed 54 ans auparavant. Pourtant les Pacers s’imposent également à domicile lors des deux rencontres suivantes pour remettre les deux franchises à égalité. 

Mais le Game 5 appartient à Isaiah Hartenstein.

Dans une soirée où Jalen Brunson réalise encore une performance exceptionnelle (44 points et 7 assists), l’intérieur germano-américain domine la rencontre à sa manière. Il capte 17 rebonds, dont 12 offensifs, dominant physiquement l’ensemble de la raquette des Pacers qui est impuissante face à lui. Ces derniers ne peuvent que s’incliner face à cette équipe new-yorkaise qui les malmène, à commencer par Hartenstein.

Isaiah Hartenstein continue de réaliser une grande campagne de playoffs contre Indiana. Crédit : Sarah Stier via Getty Images
Isaiah Hartenstein continue de réaliser une grande campagne de playoffs contre Indiana. Crédit : Sarah Stier via Getty Images

Ce dernier entre dans l’histoire en devenant le 9e joueur de l’histoire des playoffs à capter 12 rebonds offensifs sur une rencontre. Une liste qui inclut des Hall of Famers tels que Dennis Rodman ou Shaquille O’Neal ! Il établit également par la même occasion un record de franchise en partageant cette performance avec Charles Oakley, qui avait lui aussi capturé douze rebonds offensifs contre Indiana en 1994. Thibodeau, habituellement avare de compliments, ne peut s’empêcher de déclarer en conférence de presse que « Isaiah a été phénoménal […] Ces possessions supplémentaires ont été cruciales pour nous ».

En menant 3 à 2 dans la série, les Knicks ne sont plus qu’à une petite victoire des finales de conférences, ce qui serait une première depuis 2000. Pourtant, les fans de la Big Apple vont vite déchanter. En s’imposant à domicile lors de la sixième manche, les Pacers s’octroient un Game 7 au Madison Square Garden face à une équipe new-yorkaise décimée par les blessures.

Et cela empire avec OG Anunoby qui quitte ses partenaires seulement cinq minutes après le début de la rencontre, Brunson qui se blesse à la main dans le 3e quart-temps et Josh Hart qui dispute le match malgré une déchirure abdominale. S’en est trop pour des Knicks qui ne peuvent rien faire face aux Pacers qui déroulent leur système offensif. New York est défait à domicile dans ce Game 7, et voit sa magnifique saison se terminer cruellement.

Personnellement, Hartenstein n’a rien à se reprocher. Combattant soir après soir face aux meilleurs intérieurs de la ligue, il a tout donné pour son équipe. N’hésitant pas à se sacrifier pour sauver une possession, il incarne à merveille l’esprit des Knicks, et a gagné le soutien de l’ensemble de la fan base qui souhaite le conserver à tout prix.

Pourtant, la réalité économique va être bien différente.

Isaiah Hartenstein a été un élément majeur du succès des Knicks en tournant à 8,5 points, 7,8 rebonds et 3,5 assists sur la campagne de playoffs 2024. Crédit : Vincent Carchietta via USA TODAY Sports
Isaiah Hartenstein a été un élément majeur du succès des Knicks en tournant à 8,5 points, 7,8 rebonds et 3,5 assists sur la campagne de playoffs 2024. Crédit : Vincent Carchietta via USA TODAY Sports

Le triomphe dans l’Oklahoma

A l’été 2024, New York tente de retenir à tout prix Isaiah Hartenstein. Pourtant la franchise ne peut lui proposer qu’au maximum 72,5 millions de dollars sur quatre ans à cause des early bird rights qui limitent la hausse de son contrat annuel à +175% par rapport à son ancien contrat. Mais dans une ligue où les salaires ne font que croître, ce contrat ne représente que 13% du salary cap, un montant que beaucoup de franchises peuvent facilement dépasser en lui proposant davantage.

Dès l’ouverture de la free agency, Sam Presti ne perd pas une minute. Le GM du Thunder et une délégation du front office s’envolent pour Eugene, la ville natale d’Hartenstein, afin de l’attirer dans leurs rangs. Dès les premiers échanges, Presti se montre direct avec lui : pas de promesse de temps de jeu ni de statut dans cette équipe prometteuse, mais l’assurance de rejoindre un groupe compétitif immédiatement.

Un discours qui convainc Hartenstein de signer à OKC pour 87 millions de dollars sur trois ans. Un énorme contrat pour celui qui était laissé de côté par les Cavs seulement trois ans auparavant. Pourtant le choix de quitter New York n’a pas été évident, se montrant reconnaissant pour tout ce qui lui est arrivé dans la Big Apple.

Ça n’a pas été facile de partir. J’adorais être sur le terrain et j’adorais mes coéquipiers. Si je n’avais pas pu rejoindre une franchise comme OKC, je ne pense pas que je serais parti. Mais il faut aussi se rappeler qu’au final, c’est un business. Ce n’est pas comme si j’avais déjà signé plein de contrats de 100 millions de dollars avant ça. Je devais m’assurer que ma famille ne manquerait de rien.

Isaiah Hartenstein, via Andscape (2024)

Avant de revêtir le maillot de sa nouvelle équipe, Presti lui impose un passage au Oklahoma City National Memorial and Museum, un mémorial dédié aux 168 victimes de l’attentat du 19 avril 1995. La réponse collective de la communauté à ces évènements marque profondément Hartenstein, qui réalise un documentaire de 14 minutes intitulé « The Oklahoma Standard » afin d’honorer toutes les actions réalisées à l’époque.

Sportivement, la signature du pivot doit venir combler une faiblesse importante d’OKC : les rebonds. On se met alors à rêver son duo avec Chet Holmgren afin de former une raquette à deux bigs, eux qui mesurent plus de 2,10m chacun ! Pourtant, ils ne sont associés ensemble pour la première qu’à partir de février à cause de leurs blessures respectives.

En effet, Hartenstein manque le début de la saison à cause d’une fracture à la main gauche contre Denver. Dès son premier match contre Portland fin novembre, il réalise une prestation prometteuse en sortie de banc : 13 points, 14 rebonds (dont 5 offensifs), 3 assists et 4 contres en 28 minutes. Une prestation qui satisfait Mark Daigneault, qui le place dans son cinq majeur dès la rencontre suivante.

Lors du retour de Chet, l’association entre les deux seven footer est logiquement laborieuse. Les deux hommes doivent trouver des repères avec l’autre, à la fois offensivement et défensivement. Même si tout n’est pas parfait, on voit une alchimie commencer à naître après le All-Star Break.

Isaiah Hartenstein et Chet Holmgren forment les Twin Towers du Thunder. Crédit : Bryan Terry via The Oklahoman
Isaiah Hartenstein et Chet Holmgren forment les Twin Towers du Thunder. Crédit : Bryan Terry via The Oklahoman

Collectivement, OKC domine la saison régulière en finissant en tête avec 68 victoires, réalisant par ailleurs l’une des saisons les plus dominantes de l’histoire. En playoffs, ils sweepent aisément Memphis au premier tour, avant de retrouver Denver en demi-finale. Un choc de titans et une confrontation qui est vue par bon nombre d’observateurs comme les finales NBA avant l’heure.

Ce duel a une saveur particulière pour Hartenstein, qui retrouve la franchise qui lui avait donné une chance en 2020 après son expérience écourtée à Houston. Mais il doit faire face à son ancien mentor, qui est surtout le meilleur joueur du monde : Nikola Jokic.

Ce dernier se montre juste trop fort pour la lineup à double bigs du Thunder. Il réalise des performances exceptionnelles, comme au Game 1 (42 points, 22 rebonds, 6 assists) ou au Game 5 (44 points, 15 rebonds, 5 assists). Pourtant OKC résiste, et emmène cette équipe des Nuggets jusqu’à un match 7 décisif à domicile. Mais le choix de faire défendre Alex Caruso sur Jokic paie et met à mal toute l’équipe de Denver qui s’incline lourdement dans cette ultime manche.

Je pense que la seule série où on a été un peu acculés, c’était contre Denver. Rien qu’avec Jokic, je veux dire, vu leur façon de jouer. Ils ont déjà vécu ça. Et c’était la seule série où on se disait : Même si on fait tout comme il faut, ils auront probablement encore une chance.

Isaiah Hartenstein, via Podcast P with Paul George (2025)

Oklahoma City se défait assez facilement de Minnesota en finale de conférence et retrouve les finales NBA 13 ans après sa première fois, face à Indiana cette fois-ci. Une revanche personnelle pour Hartenstein qui retrouve l’équipe qui l’avait éliminé la saison précédente.

Face à une équipe au style de jeu très rapide, Daigneault préfère abandonner son association à deux big en faisant commencer le pivot germano-américain sur le banc afin d’avoir des lineups plus dynamiques. Mais après deux défaites sur les trois premiers matchs, il réintroduit Hartenstein dans son cinq majeur.

Sans vraiment briller, et en étant limité à moins de vingt minutes par match, il démontre qu’il est le joueur parfait pour un collectif : celui qui privilégie le nom qui est devant plutôt que celui qui est derrière. Son coach se montre très élogieux à son égard, expliquant quelques mois plus tard que « Si l’on dressait la liste de toutes les qualités que l’on attend d’un pivot moderne, d’un vrai pivot, il répondrait à tous les critères. C’est pour ça que je l’adore ».

Cela paie puisque le 22 juin, OKC est sur le toit du monde en remportant le Game 7 à domicile !

Sur le podium de la remise du trophée, Hartenstein est là. Champion NBA. Lui qui avait plongé à la draft en étant sélectionné 43e par Houston. Lui qui avait été coupé dans l’anonymat le plus total par ces Rockets. Lui qui a été baladé de franchise en franchise avant de trouver son rôle aux Clippers et à New York. Lui qui a été formé en Allemagne et en Lituanie pour arriver jusqu’ici.

Isaiah Hartenstein célébrant son titre avec OKC. Crédit : Matthew Stockman via getty Images
Isaiah Hartenstein célébrant son titre avec OKC. Crédit : Matthew Stockman via getty Images

Dans l’Oklahoma, le pivot vise le back-to-back, ce qui serait une première depuis les Golden State Warriors en 2018. Actuellement opposé aux San Antonio Spurs en finale de la conférence Ouest, il a la lourde tâche de s’opposer à la futur star Victor Wembanyama. Un défi de poids face auquel il ne recule pas, quitte à aller au-delà des règles pour le gêner au maximum.

Isaiah Hartenstein se retrouve également à un carrefour important de sa carrière. Avec une team option à 28,5 millions cet été, OKC va devoir faire un choix fort concernant son intérieur. Ayant prolongé l’été dernier son big three, la franchise de l’Oklahoma va devoir se débarrasser de certains joueurs afin de rester sous le 2nd apron et toutes les restrictions qui en résultent.

Mais il est certain que notre intérieur aura l’embarras du choix cet été. Âgé de 28 ans, il arrive dans ses meilleures années individuelles. Il est bien plus qu’un simple intérieur backup chez un contender, mais un pivot qui a la capacité de changer le flow offensif d’une attaque ou d’organiser une défense autour de lui. Acceptera-t-il de prolonger au Thunder pour un salaire moindre, ou bien de signer ailleurs pour un plus gros salaire et de plus grosses responsabilités ?

Isaiah Hartenstein opposé à Victor Wembanyama lors des finale de conférence Ouest 2026. Crédit : Jesse D. Garrabrant via NBAE
Isaiah Hartenstein opposé à Victor Wembanyama lors des finale de conférence Ouest 2026. Crédit : Jesse D. Garrabrant via NBAE

Isaiah Hartenstein et l’Allemagne, les occasions manquées

Ayant passé une partie de sa jeunesse en Allemagne, Isaiah Hartenstein possède la double nationalité germano-américaine. Un détail loin d’être anodin pour celui qui n’a jamais voulu être limité à une case.

Après avoir été approché par la sélection allemande suite à ses performances en jeunes, il participe à quelques compétitions internationales sous les couleurs de la Mannschaft (EuroBasket U16 et U18). Il impressionne tellement qu’il est sélectionné à l’Eurobasket 2017 au sein d’une équipe émergente, qui élimine la France en huitième avant de s’incliner au tour suivant face à l’Espagne.

Mais pile au moment où l’Allemagne commence à dominer le basket mondial, Hartenstein disparaît de l’effectif. Hors matchs de qualifications, il n’a plus disputé une rencontre sous les couleurs de son pays depuis son arrivée en NBA. Un comble, surtout quand on connaît les qualités techniques du pivot, où il aurait pu exploiter son plein potentiel sous les ordres de Gordon Herbert.

Isaiah Hartenstein lors de son dernier match avec l'Allemagne en février 2018 contre la Géorgie. Crédit : FIBA
Isaiah Hartenstein lors de son dernier match avec l’Allemagne en février 2018 contre la Géorgie. Crédit : FIBA

En raison de son incertitude dans la Grande Ligue en début de carrière, il a régulièrement dû décliner les propositions de la fédération allemande afin de privilégier sa carrière personnelle Un choix qui est compréhensible de son point de vue, mais qui peut faire débat pour un collectif. On se souvient par exemple des critiques de Dennis Schroder à l’encontre de Maxi Kleber, qui préférait se reposer travailler sur son jeu plutôt que de s’engager à long terme avec la Mannschaft.

Pourtant, au moment de son explosion à New York, certaines rumeurs ont fait leur apparition concernant une probable participation de l’intérieur aux JO de Paris. Mais le joueur lui-même, bien qu’intéressé par cette opportunité, savait très bien qu’il était très compliqué pour lui de se faire une place. Surtout que l’équipe venait d’être sacrée championne du monde quelques mois auparavant.

Je veux vraiment jouer (en équipe nationale) à l’avenir. Si je suis appelé et en forme, alors je jouerai. Ils font du bon boulot actuellement, donc il est difficile de s’en plaindre. Ils ont gagné l’or (à la Coupe du monde) et ils voudront probablement repartir avec la même équipe. Je ne pense pas que je serai appelé pour les Jeux olympiques.

Isaiah Hartenstein, via ntv (2024)

Début 2025, il déclare sa volonté de rejouer avec la sélection allemande. Dans une entrevue avec Sportbild, il explique que « Je veux vraiment rejouer en équipe nationale et rendre la pareille à l’Allemagne, peut-être même remporter un titre ». Il doit pourtant renoncer à sa participation quelques mois plus tard à la sortie du titre avec OKC afin de soigner une blessure au tendon d’Achille.

Le joueur continue tout de même de s’investir pour son pays, et notamment financièrement. En décembre 2024, il acquiert 10% des parts du club allemand d’Ulm, évoluant en première division allemande ainsi qu’en EuroCup. Une décision forte au sein d’une entité en plein développement, reconnue pour sa qualité à former des jeunes et à les envoyer en NBA, tels que Killian Hayes, Pacome Dadiet ou Noa Essengue. En août 2025, il organise à Ulm le iHart Fest, un évènement mêlant basketball et concert, toujours dans cette volonté de rendre la pareille à l’Allemagne.

Même s’il est né sur les terres de L’Oncle Sam, et qu’il évolue dans la Grande Ligue depuis 8 ans, Isaiah Hartenstein reste attaché à l’Allemagne. Le pays qui l’a vu arriver en tant qu’enfant et repartir en tant que jeune adulte. Le pays qui a façonné non seulement son jeu, mais également son esprit, et qui lui a permis de se réinventer une fois en NBA.

La carrière d’Isaiah Hartenstein est celle d’un joueur atypique. L’enfant de Quakenbrück qui shootait des hooks main gauche est devenu le pivot que tout contender rêve d’avoir : celui qui ne cherche pas à briller sous les projecteurs, mais à gagner dans l’adversité. Car en refusant de rentrer dans une case, l’intérieur s’est construit sa propre voie vers le succès. Champion NBA à 27 ans, il arrive à peine dans ses meilleures années. La suite s’annonce au moins aussi intéressante que le chemin parcouru.

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