Après une fin de saison pleine d’espoir, les Charlotte Hornets ont finalement décidé d’entamer une nouvelle reconstruction. Jouant dans une équipe au jeune noyau, Moussa Diabaté et Tidjane Salaün vont devoir montrer qu’ils méritent leur place dans cet effectif. Quel objectif pour eux cette saison?
Moussa Diabaté
Objectif : conserver sa place de titulaire
Après une saison 2024-25 prometteuse, Moussa Diabaté devait confirmer et s’imposer comme titulaire à Charlotte. Mission accomplie pour le pivot français, devenu un élément essentiel des Hornets. Après deux saisons principalement passées en G League, Diabaté avait profité des absences de Nick Richards et Mark Williams pour obtenir sa chance. Son énergie, son rebond et son activité défensive avaient convaincu Charlotte de lui offrir un contrat NBA standard. Avec les départs de Williams et Jusuf Nurkić, la saison 2025-26 représentait une opportunité idéale pour franchir un nouveau cap.

Pourtant, Charles Lee lui a d’abord préféré le rookie Ryan Kalkbrenner. Diabaté a finalement intégré définitivement le cinq majeur le 23 décembre, date qui coïncide avec le spectaculaire redressement des Hornets. Après un début de saison à 9-20, Charlotte a terminé avec 35 victoires pour 18 défaites. Lorsque LaMelo Ball, Kon Knueppel, Miles Bridges, Brandon Miller et Diabaté ont débuté ensemble, l’équipe a affiché un bilan de 32-9.
Malgré sa taille relativement modeste pour un pivot (2,06 m), le Français compense par son athlétisme, sa mobilité et surtout son intensité. Charles Lee a même comparé sa ténacité à celle de Dennis Rodman et Ben Wallace. Diabaté excelle dans les tâches moins visibles : écrans, box-outs, rebonds offensifs, tirs contestés et récupération des ballons disputés. Sa polyvalence défensive lui permet également de tenir face aux extérieurs. Contre Karl-Anthony Towns fin mars, il a notamment limité le pivot des Knicks à 13 points tout en l’empêchant régulièrement de s’installer dans la raquette.
Statistiquement, Diabaté a réalisé la meilleure saison de sa carrière. 7,9 points à 63,1 % au tir, 8,7 rebonds, 1,9 passe, 1 contre et 0,8 interception en 26 minutes. Il a également enregistré 20 double-doubles et terminé cinquième de NBA avec 3,7 rebonds offensifs par match. Son impact dépassait cependant largement ces chiffres.

Sa saison a été ternie par une suspension de quatre matchs après une altercation contre Detroit, mais cet incident est resté isolé. Non éligible au Most Improved Player, Diabaté a néanmoins été récompensé par le NBA Hustle Award 2025-26, consacrant son activité et son impact dans les efforts rarement visibles dans les statistiques traditionnelles. Malgré l’élimination de Charlotte au play-in contre Orlando, Diabaté termine donc la saison comme l’une des grandes satisfactions des Hornets et s’affirme comme un pilier de leur avenir.
La saison à venir pourrait être déterminante pour Moussa Diabaté. À 24 ans, le pivot français aborde un exercice qui doit lui permettre de confirmer sa place dans le projet des Charlotte Hornets, mais également de franchir un nouveau cap individuellement. Entre une concurrence renforcée dans la raquette, un rôle à défendre et une situation contractuelle incertaine, Diabaté aura beaucoup à jouer.

Charlotte a profondément remodelé son effectif avec les départs de LaMelo Ball et Miles Bridges et les arrivées de plusieurs joueurs, dont Coby White (en cours de saison dernière) et Naz Reid. Diabaté devrait ainsi évoluer dans un cinq composé de White, Brandon Miller, Kon Knueppel et Reid. Sur le papier, l’association avec ce dernier semble particulièrement intéressante. Capable d’écarter le jeu grâce à son tir extérieur, Reid peut libérer la raquette et permettre au Français de rester dans les zones où il est le plus efficace : près du cercle, sur pick-and-roll et au rebond offensif.
Car Diabaté n’a pas besoin de devenir un gros scoreur pour peser sur l’attaque de Charlotte. Sa capacité à récupérer des rebonds offensifs est particulièrement précieuse pour une équipe qui devrait beaucoup s’appuyer sur le tir extérieur de Miller, Knueppel et White.
Les tirs à trois points manqués produisent souvent des rebonds longs, et la mobilité de Diabaté lui permet justement de récupérer des ballons qui échappent aux pivots plus traditionnels. Ses rebonds ne débouchent d’ailleurs pas uniquement sur des putbacks. Il cherche régulièrement un coéquipier démarqué à l’extérieur, transformant une possession qui semblait terminée en nouvelle opportunité offensive.
Son principal chantier concerne néanmoins son jeu offensif. Diabaté veut devenir plus à l’aise balle en main, attaquer davantage le panier, participer aux handoffs et éventuellement pousser lui-même le ballon en transition. Il a également évoqué son souhait de développer un tir à trois points dans le corner. L’objectif est simplement de devenir suffisamment dangereux pour obliger les défenses à le respecter loin du cercle. Même à faible volume, cette évolution pourrait offrir davantage d’espace à ses coéquipiers.
Diabaté a également travaillé sur l’une de ses principales faiblesses : son gabarit. Il a annoncé avoir pris environ 3,5 kilos durant l’été afin de mieux absorber les contacts. Cette évolution sera importante face aux pivots plus imposants. Sa mobilité reste son principal avantage défensif. Il peut changer sur les écrans, rester devant des arrières et revenir rapidement protéger le cercle. En revanche, son manque de taille peut devenir problématique lorsqu’il doit défendre en drop coverage ou résister directement aux intérieurs les plus puissants.

Sa place de titulaire n’est toutefois pas totalement garantie. Charlotte possède désormais une rotation intérieure beaucoup plus dense. Ryan Kalkbrenner poursuit son développement tandis que Hannes Steinbach représente une concurrence particulièrement sérieuse. Plus grand et plus puissant que Diabaté, le rookie possède également un potentiel offensif supérieur et pourrait, à terme, offrir davantage de polyvalence.
Diabaté conserve cependant plusieurs avantages. Son expérience NBA, son activité défensive, sa mobilité et surtout son rebond offensif. L’association avec Naz Reid pourrait également jouer en sa faveur puisque le tir extérieur de Reid compense directement l’une de ses principales limites.
Cette concurrence signifie que Diabaté ne pourra pas simplement se reposer sur ce qui lui a permis de s’installer dans la rotation. Il devra conserver cette énergie qui caractérise son jeu tout en montrant qu’il peut devenir un intérieur plus complet. L’enjeu sera de progresser offensivement sans perdre ce qui fait sa valeur : poser des écrans, multiplier les efforts, récupérer les ballons disputés, défendre plusieurs postes et créer des possessions supplémentaires.
À cela s’ajoute une situation contractuelle importante. Charlotte a garanti son salaire d’environ 2,46 millions de dollars pour la saison, mais Diabaté pourra devenir agent libre sans restriction à l’été 2027 s’il ne signe pas de prolongation. Son avenir pourrait donc devenir l’un des dossiers importants des Hornets. Une extension est possible, mais sa valeur dépendra largement de sa progression et du rôle que Charlotte souhaite lui confier à long terme.

Cette incertitude explique également l’intérêt d’autres franchises. Les New York Knicks ont notamment été associés au Français. Charlotte semble toutefois lui accorder une valeur supérieure à celle d’un simple joueur de rotation, notamment en raison de son importance sportive et de sa popularité auprès des supporters. Une éventuelle transaction demanderait donc probablement une contrepartie significative.
La saison à venir doit ainsi permettre de répondre à plusieurs questions. Diabaté peut-il conserver sa place face à Steinbach et Kalkbrenner ? Peut-il mieux résister physiquement aux grands pivots ? Peut-il devenir suffisamment dangereux balle en main ou derrière l’arc pour diversifier l’attaque de Charlotte ? Et surtout, peut-il convaincre les Hornets qu’il mérite de faire partie du projet sur le long terme ? Son rôle est désormais établi, mais son statut reste à définir. Pour Moussa Diabaté, cette saison pourrait être celle où il déterminera véritablement la trajectoire de la suite de sa carrière.
Tidjane Salaün
Objectif : transformer son potentiel en impact concret
Après une saison rookie difficile, Tidjane Salaün devait montrer des progrès significatifs lors de sa deuxième année avec les Charlotte Hornets. Drafté très jeune et considéré dès le départ comme un projet à long terme, le Français avait connu des débuts compliqués en NBA, entre maladresses offensives, irrégularités défensives et passages en G League. Sa deuxième saison a néanmoins révélé une évolution encourageante, même si sa place dans la rotation de Charlotte reste incertaine.
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En 37 matchs avec les Hornets, Salaün a tourné à 6 points en seulement 15,5 minutes de moyenne, mais surtout avec une nette amélioration de son efficacité. 50,3 % au tir et 43,4 % à trois points, contre 40 % et 28,3 % lors de sa première saison. Son passage chez les Greensboro Swarm s’est révélé particulièrement bénéfique. En G League, il a bénéficié de davantage de responsabilités et de répétitions, lui permettant de mieux comprendre son rôle, d’améliorer sa prise de décision et de gagner en confiance. Il a notamment contribué au premier titre de champion de l’histoire du Swarm.
Son retour à Charlotte en décembre a illustré ces progrès. Sur une séquence de sept matchs, Salaün a inscrit 10 points de moyenne avec 61,5 % de réussite, dont 56,5 % à trois points. Il a également établi un record personnel de 21 points contre Toronto. Au-delà de son adresse, il a progressé dans la circulation du ballon, la création pour ses partenaires et sa compréhension du jeu collectif. Charles Lee et ses coéquipiers ont notamment souligné son meilleur positionnement, son énergie et sa capacité croissante à jouer simplement et efficacement.
FRENCHIE TIME. 🇫🇷
🐝 Moussa Diabaté : 21 PTS, 10 REB, 2 BLK, 9-11 FG
🐝 Tidjane Salaün : 16 PTS, 5 REB, 2 STL pic.twitter.com/pRKia2gKes— NBA France (@NBAFRANCE) February 11, 2025
Cependant, Salaün doit encore progresser défensivement. Malgré son envergure, sa mobilité et sa polyvalence, il reste trop irrégulier, notamment loin du ballon, et ses erreurs de placement limitent son temps de jeu. La concurrence de Moussa Diabaté, Sion James ou Ryan Kalkbrenner complique également son intégration durable dans la rotation. Une blessure au mollet en mars, qui lui a fait manquer 18 matchs, a encore freiné son développement.
Le bilan reste donc contrasté mais encourageant. Salaün n’est pas encore devenu un élément incontournable des Hornets, mais ses progrès au tir, sa meilleure compréhension de son rôle et ses performances en G League démontrent un véritable potentiel. À seulement 20 ans, son développement reste loin d’être terminé. Son principal défi sera désormais de transformer ces progrès ponctuels en performances régulières afin de gagner durablement sa place en NBA.
À l’aube de la saison 2026-27, Tidjane Salaün se trouve à un moment charnière de sa jeune carrière NBA. Deux ans après avoir été sélectionné en sixième position de la draft 2024 par les Charlotte Hornets, le Français doit désormais prouver qu’il peut devenir un membre régulier de la rotation. Encore âgé de seulement 21 ans, il reste un joueur en développement, mais sa troisième saison pourrait permettre à Charlotte de mieux déterminer quelle place il peut occuper dans son projet à long terme.
Salaün avait été choisi avant tout pour son potentiel. Son profil de grand ailier athlétique, capable théoriquement d’écarter le jeu et de défendre plusieurs positions, avait séduit Charlotte malgré son manque d’expérience. Sa première saison avait confirmé son statut de projet à long terme, avec seulement 33 % de réussite au tir et 28,3 % à trois points.
Sa deuxième année a cependant montré une évolution importante. En 2025-26, il a notamment porté son adresse à 50,3 % au tir et 43,4 % derrière l’arc. Son true shooting percentage est également passé de 45,7 % à 62,9 %. Ces progrès constituent une base intéressante avant d’aborder sa troisième saison.
Son principal problème reste toutefois son incapacité à s’installer durablement dans la rotation. La saison 2026-27 doit donc être celle où son potentiel commence à se traduire par un rôle concret. Durant l’intersaison, le Français a clairement identifié les qualités qu’il doit développer : davantage de polyvalence, de puissance physique et d’impact défensif, mais également une meilleure capacité à faciliter le jeu, poser des écrans et sanctionner efficacement en catch-and-shoot.

Cette évolution est d’autant plus importante que Charlotte dispose désormais d’un effectif particulièrement dense dans le secteur intérieur. Les arrivées de Naz Reid et Royce O’Neale, ainsi que la présence de Moussa Diabaté, Ryan Kalkbrenner, Grant Williams et du rookie Hannes Steinbach, créent une concurrence considérable. Le départ de Miles Bridges aurait pu ouvrir automatiquement davantage de minutes à Salaün, mais le recrutement des Hornets a rapidement compensé cette absence. Il devra donc gagner son temps de jeu plutôt que simplement en hériter.
Sa Summer League 2026 n’a pas véritablement permis de dissiper les interrogations. Pour sa troisième participation à la compétition, Salaün devait logiquement apparaître comme l’un des joueurs les plus expérimentés de Charlotte. Il a montré certaines qualités, notamment au rebond, avec neuf prises contre les Pelicans, et a terminé la compétition sur une performance à 18 points contre Sacramento.
Mais son irrégularité offensive est restée visible, particulièrement derrière la ligne à trois points. Plus que ses statistiques, les Hornets voulaient surtout observer une progression dans sa compréhension du jeu. La défense apparaît justement comme la clé de son avenir immédiat. Salaün possède toutes les qualités physiques nécessaires. Il mesure environ 2,08 m, dispose d’une grande envergure, d’une bonne mobilité et d’une énergie importante. Son objectif est désormais de transformer ces outils en véritable polyvalence défensive.
Il veut devenir capable de défendre les cinq positions, tandis que le staff attend de lui une meilleure exécution des différentes couvertures, davantage de discipline et une compréhension plus rapide des situations. Son travail en un-contre-un a déjà progressé, mais sa lecture collective doit encore franchir un cap.

Offensivement, Charlotte ne lui demande pas nécessairement de devenir un créateur majeur. Son rôle pourrait au contraire reposer sur la simplicité. Salaün doit écarter le terrain, prendre les tirs ouverts, attaquer les closeouts, poser des écrans efficaces, prendre des rebonds offensifs et faire rapidement la bonne passe. Son excellente adresse extérieure de 2025-26, même obtenue sur un faible volume, laisse entrevoir un potentiel intéressant de joueur 3-and-D.
Il avait également converti environ 70 % de ses tentatives près du cercle, démontrant qu’il pouvait être efficace sans monopoliser le ballon. Sa prise de décision reste cependant perfectible, notamment en raison d’un taux de pertes de balle encore élevé pour un joueur disposant de responsabilités offensives limitées.
La saison 2026-27 représente donc une nécessité de définir son identité en NBA. Salaün doit démontrer qu’il peut contribuer régulièrement sans avoir besoin de nombreuses possessions. Défendre plusieurs positions, prendre des rebonds, courir en transition, poser des écrans et convertir ses tirs ouverts constituent probablement le chemin le plus réaliste vers des minutes régulières.
L’enjeu dépasse d’ailleurs le simple temps de jeu. Charlotte doit décider avant le 2 novembre si la franchise active son option d’équipe de 10,4 millions de dollars pour la saison 2027-28. Ses premières semaines de compétition pourraient donc avoir une importance particulière dans l’évaluation de son avenir.
Après deux années consacrées principalement au développement, Salaün entre ainsi dans une saison déterminante. Son potentiel physique demeure évident et ses progrès en efficacité sont encourageants, mais la profondeur de l’effectif ne lui garantit rien. Pour s’imposer à Charlotte en 2026-27, le Français devra transformer ses qualités théoriques en contributions régulières. Sa troisième saison doit surtout montrer qu’il est un joueur capable d’occuper une véritable fonction dans une rotation NBA.





