Les recrues à suivre en Élite 2 (partie 1)

Alors que l’été 2026 avance à grands pas, de nombreuses arrivées posent déjà de nombreuses questions. Est-ce que certains joueurs permettront à leur nouvelle équipe de passer un cap ? Est-ce que leurs profils correspondent réellement à ceux que les staffs pourraient en attendre ? Ont-elles le niveau pour passer un cap dans une équipe au niveau parfois plus élevé que celui de leur équipe précédente ? De nombreuses questions que nous essayerons de mettre en avant autour d’une recrue de chaque club d’Élite 2.

Aix-Maurienne : Shaquan Jules, un intérieur mobile qui fera oublier le jeune espoir Nicolas Pavrette ?

L’ancien numéro 13 des Randford Highlanders rejoindra Aix-Maurienne pour la prochaine saison. Crédit : Taylor Blue

Après un travail remarquable réalisé par Kenny Grant, le jeune Julien Cros s’est naturellement installé dans la lignée stratégique de son homologue suédois. Au programme de la vitesse, de la transition et beaucoup de jeu sans ballon (cut, backdoor, etc.) autour des multiples fixations des intérieurs en présence. Et après Nicolas Pavrette la saison passée, ou Carlos Antonio Pépin, poste 4 reconverti en 5, il y a 2 saisons, le jeune entraîneur de 36 ans se devait de trouver un intérieur en rapport avec sa philosophie.

En somme, un pivot athlétique, qui a du coffre pour réaliser de nombreux efforts à haute intensité, et puis une certaine efficacité près du cercle. Dans ce sens, Shaquan Jules coche toutes les cases. Depuis le début de sa carrière, il n’a jamais été sous les 60% de réussite au shoot. En ayant participé à la finale du concours de dunk de la NCAA, on peut légitimement dire que son athlétisme doit être à minima intéressant.

Mais alors, qu’est-ce qui peut interroger ? Son niveau et sa simple capacité à devenir le pivot titulaire d’une équipe comme Aix-Maurienne. En effet, avec une progression peu marquée lors de ses 3 années universitaires, et deux années dans des championnats peu référencés (Kosovo et Géorgie), difficile d’estimer si ce joueur est au niveau de l’Élite 2, en tout cas pour y avoir 25 minutes de temps de jeu par soir de match.

D’autant plus que le peu de comparatifs que nous pouvons réaliser ne nous donne pas plus de certitude. On peut penser au bref passage de Chris Seeley à Mulhouse, après une saison au Kosovo. Cependant, difficile de l’utiliser comme réel outil de comparaison, quand on connaît son instabilité physique. Vous comprenez donc qu’il va être un réel point de bascule de la saison du club savoyard, puisque ce n’est probablement pas dans les plans de Julien Cros, de faire jouer plus de 15 minutes Cheick Sané.

Željko Šakić : une référence européenne débarque chez les Sharks d’Antibes

Ancien coéquipier de Dušan Ristić (à droite), Željko Šakić retrouve l’Hexagone avec les Sharks d’Antibes. Crédit : Le JSL

Après le départ de Garlon Green, le 3ème meilleur scoreur de l’exercice 2025-2026 d’Élite 2, les Sharks se devaient de trouver un remplaçant à la hauteur de ce qu’a proposé l’ailier fort américain. Et qui de mieux que Željko Šakić pour remplir ce rôle ? Eh bien en réalité, difficile de trouver un meilleur candidat sur le marché.

À déjà 38 ans, l’ailier croate possède une très solide expérience au plus haut niveau, avec pas moins de 7 saisons européennes, entre la BCL et l’Eurocup. À cela vous pouvez rajouter plus d’une vingtaine de sélections croates, une carrière qui s’est étalée dans plus de 10 championnats différents et vous en arrivez à vous demander, comment ce joueur a pu signer en Élite 2. Un joueur en déclin, peut-être ?

Non plus, puisque le Croate sort d’une saison à près de 16 points, 6 rebonds et 3 passes de moyenne, en D2 turque, tout en ayant terminé 2ème de son championnat. Encore en pleine possession de ses capacités physiques, le directeur des opérations des Sharks, Rémy Delpon, nous rappelait à ce sujet que Željko restait sur une campagne de playoffs en Turquie de 9 matchs, à plus de 36 minutes de moyenne par match.

Autant vous dire qu’Antibes s’est attiré les services d’un sacré client qui saura peut-être les faire passer un véritable cap. En effet après une très décevante 15ème place, le club de la Côte d’Azur veut retrouver les playoffs qui lui échappe depuis maintenant trois exercices. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les moyens ont une nouvelle fois été mis.

Nikola Knežević : l’ASA décroche l’un des shooteurs les plus fiables du championnat

Le serbe, Nikola Knežević débutera un nouveau défi en France, après 3 ans passés au HTV. Crédit : ASA Basket

Dans un mercato qui pose encore plein de questions, tant ceux qu’on vante comme les grosses recrues du club alsacien arrivent de championnats où l’on a que trop peu de références, Nikola Knežević apparaît lui comme l’arrivée la plus sereine du finaliste de l’exercice 2024-2025. Arrivée en provenance du HTV, qui comportait 4 des 8 meilleurs réalisateurs longue distance d’Élite 2, l’arrière serbe a pris la décision de quitter son cocon méditerranéen dans lequel il exerçait depuis 3 ans (1 an en N1 et 2 en Élite 2).

Une recrue qui fait sens étant donné que l’ASA était la 5ème pire équipe du championnat à longue distance (avec 31,5%). Un seul joueur au-dessus de la barre des 35%, Divine Myles qui n’a réalisé que la moitié de la saison. Donc autant vous dire que les 40,8% de Knežević vont leur retirer une sérieuse épine du pied. Probable meilleur catch and shooteur de la ligue, il est sorti de l’exercice 2025-2026 avec un TS% de 66,1 (à titre de comparaison, le reste de la ligue est à 52,4%). En bref un shooteur d’exception, comme il n’y en a pas 10 dans ce championnat, mais qui devra néanmoins prouver qu’il peut rester cet atout… sans John Roberson.

C’est pour moi le seul et unique point d’interrogation de ce recrutement. Puisque évidemment qu’avec un joueur qui attirait deux ou trois défenseurs sur lui à chaque fois qu’il avait le ballon en main, ou qui dit plus simplement, resserrait drastiquement les défenses, permettait à ses shooteurs de tirer dans des positions plus qu’avantageuses. Et force est de constater que Russell Jones ne sera pas John Roberson. Alors Knežević maintiendra t-il sa production offensive, malgré le fait qu’il devra probablement prendre pour sûr, davantage de shoots contestés ? C’est sans doute la question qui va se poser autour du Serbe.

Arthur Bouba : l’ADA Blois recrute un jeune intérieur en pleine progression

Ancien joueur du RMB, Arthur Bouba rejoint « Le Jeu de Paume » pour la saison qui arrive. Crédit : BeBasket

Première recrue blésoise de l’intersaison, Arthur Bouba va incarner une véritable rupture dans la construction et dans la tactique qui sera mise en place par l’ADA la saison prochaine. Depuis l’arrivée de David Morabito en février 2024, l’équipe s’était surtout construite sur la mythique stratégie du Run and Gun. Des arrières explosifs (Siyani Chambers, Talis Souhlac, etc.), des ailiers surtout là pour apporter du spacing, et notamment le jeu de transition (Romuald Morency étant sans doute l’exemple le plus représentatif), ainsi qu’un intérieur solide, dominant au rebond et sur lequel on pouvait s’appuyer dos au panier si la transition n’avait rien donné.

L’exercice 2023-2024 avait d’ailleurs permis à ce système d’atteindre son paroxysme. Avec 15 victoires en 19 matchs sur la deuxième partie de saison, Blois avait également le meilleur rendement offensif de l’Élite 2 (56,5 en EFG%), et tournait également à près de 39% sur les shoots extérieurs. Mais la saison passée, ce dernier a semblé atteindre la fin de son cycle. En plus des blessures et d’un effectif très inconstant, l’ADA a semblé perdre son identité, ce qui faisait sa force, son efficacité offensive.

En étant simplement la 11ème équipe à l’Ortg (= nombre de points marqués sur 100 possessions), les Blésois ont clairement baissé d’un cran par rapport à la saison précédente, et ce n’est finalement pas si surprenant qu’il soit tombé dès le premier tour des playoffs face à Nantes. C’est probablement en ce sens que Morabito et son staff ont voulu quelque peu s’ajuster. Arthur Bouba ne correspond en rien à ce que peut apporter Romuald Morency sur le poste 4. C’est un joueur qui aime créer ses shoots (21% d’USG dans une équipe qui comportait Tray Croft et Gavin Kensmil), notamment son tir à mi-distance qu’il a beaucoup développé cette saison.

À contrario, pour un joueur de son gabarit, il est beaucoup moins présent au rebond, 4,8 de moyenne la saison passée pour 23 minutes passées sur le parquet. Donc vous l’aurez compris, plein de questions persistent autour de cette signature, et notamment sur l’adaptation ou non que va réaliser David Morabito sur son système pour intégrer l’ancien joueur du RMB. Malgré tout, ce que l’on peut noter, c’est qu’Arthur Bouba s’exprime mieux avec un 5 qui lui laisse de la place en tête de raquette.

Et qui de mieux que Yasmin Mambo qui a collaboré avec lui à Rouen, et Tidjian Keita qui a collaboré avec lui à Nantes pour comprendre cela. Nul doute que ces anciennes collaborations leur seront très utiles. Autre point positif, sa progression exponentielle. Car si oui, Arthur a déjà doublé sa production par rapport à l’an passé en passant à 11,6 points, 4,8 rebonds et 1,8 passe, il a surtout réalisé une fin de saison tonitruante. Avec 12 derniers matchs à 16,7 points de moyenne, l’ailier fort français a encore frappé fort et va devoir surfer sur sa progression pour s’imposer clairement dans l’effectif blésois.

Lee Moore : l’ancienne star orléanaise pour succéder à l’excellent Siyani Chambers à Caen

Après une saison pleine en D2 italienne, Lee Moore fait son retour en France pour tout casser. Crédit : Christelle Gaujard

Si vous suivez le basket français depuis quelques années, son nom, vous devez vous en souvenir. Auteur d’une saison exceptionnelle avec l’OLB, lors de l’exercice 2024-2025, où il tournait à plus de 16 points, 4 rebonds et 5 passes, nul doute que celui qui avait été défait par Le Portel en demi-finale de Pro B, sera l’un des meilleurs joueurs du deuxième échelon français. Auteur depuis d’une saison de continuité en deuxième division italienne, où il a également connu les demi-finales du championnat.

Mais maintenant, penchons-nous sur son arrivée, pourquoi sera-t-elle si décisive pour le CBC ? En premier lieu son état de santé. Hormis justement sa saison à Orléans, il a eu du mal à réaliser des saisons complètes. Et vous vous en doutez, avec les responsabilités, la notoriété et aussi le salaire qu’il va avoir, Caen n’a pas tablé sur d’autres grosses références sur le back-court. Un jeune espoir comme Léonardo De Bruhl, un joueur dont la progression est encore assez inconnue malgré un très bon retour en Suisse, Yoan Granvorka et un Rudy Demahis-Ballou resté pour épauler son ancien partenaire à Orléans. En résumé, compliqué d’imaginer un joueur pouvoir combler une potentielle absence.

Deuxième point, il va être tout simplement le leader ultime de cette équipe. Avec 28,8 d’USG% dans une équipe comme Orléans, nul doute qu’il aura toutes les clés de l’équipe entre ses mains, tout en ayant quelques bons lieutenants pour le suppléer, à l’image de Tyler Thomas, arrivé en provenance de La Rochelle. Une chose est sûre, c’est un joueur qui a le niveau pour surclasser cette division, et vous avez d’ailleurs peut-être devant vous le futur meilleur scoreur d’Élite 2. Une chose est sûre, le CBC réaffirme de nouvelles ambitions avec ce recrutement qui devrait réaffirmer d’autres ambitions que celles qu’ils ont pu avoir ces deux dernières années depuis leur remontée.

Fin de cette première partie, rendez-vous pour la prochaine où nous étudierons les cas de Chalon-Reims, Denain, La Rochelle, Évreux et le HTV

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