Après une saison de rookie en dents de scie, Alex Sarr était très attendu pour sa deuxième saison NBA. Le sophomore a affiché des signes d’encouragement, des flashs d’une potentielle star, mais a aussi rappelé, surtout en fin de saison, qu’il est encore très loin d’en être une. Faisons un bilan de sa saison ensemble.
La saison d’Alex Sarr
Pour sa saison rookie en NBA, Alex Sarr a marqué les esprits avec les Washington Wizards. En 67 matchs, il a tourné à 13 points, 6,5 rebonds, 2,4 passes et 1,5 contre de moyenne, rejoignant un cercle très restreint de rookies depuis 2002-03. Il a également intégré la All-Rookie First Team, une première pour Washington depuis Bradley Beal en 2013.
Alex Sarr s’est distingué par sa polyvalence statistique (plus de 100 tirs à trois points, contres et passes décisives), une rareté historique. Après le All-Star break, il a élevé son niveau (15,6 points de moyenne, avec un pic à 34 contre Denver). Défensivement, il s’est imposé comme un protecteur de cercle prometteur, capable de rivaliser avec des pivots d’élite comme Nikola Jokić.
Cependant, son irrégularité offensive reste notable, notamment avec 30 % à trois points et 48,2 % de réussite globale. Malgré sa taille (2,13 m), il a montré des difficultés à finir près du panier, souvent hésitant au contact et préférant des tirs compliqués. Ce manque d’agressivité intérieure était déjà pointé avant la draft.
Son potentiel repose largement sur sa défense. Son envergure, sa mobilité, son instinct et sa capacité à switch font de lui un futur pilier dans ce domaine. Offensivement, il devait encore progresser, notamment dans la prise de décision, le jeu au poste et les finitions. Conscient de ses lacunes, il a ciblé ces aspects durant l’intersaison, avec un accent sur le positionnement défensif, le timing des contres et l’efficacité près du cercle.
Alex Sarr s’est inscrit dans le projet de reconstruction des Wizards aux côtés de jeunes talents comme Bilal Coulibaly. Il ambitionne de devenir un leader et un futur All-Star. Freiné par une blessure au mollet, il a manqué une partie de la pré-saison. Néanmoins, sa progression physique et sa volonté de s’améliorer laissent entrevoir un avenir prometteur.
La clé de son développement sera sa capacité à devenir une menace offensive constante, notamment dans la raquette. S’il y parvient tout en conservant son impact défensif, Alex Sarr pourrait devenir un joueur majeur et polyvalent en NBA. Dans le cas contraire, des interrogations pourraient émerger sur sa capacité à répondre aux attentes élevées placées en lui.
Les Wizards ont connu un début de saison difficile, mais ce n’était pas le cas de Sarr. Peu de gens avaient prévu à quel point ce pivot français s’adapterait rapidement au jeu NBA. Au cours des 12 premiers matchs NBA cette saison, Alex Sarr affichait 19,1 points, 8,6 rebonds, 3,8 passes, 2,3 contres, 53,1 % aux tirs et 35,1 % à trois points. Ces chiffres sont exceptionnels pour un pivot de deuxième année.
Ce qui rendait Alex Sarr particulièrement précieux, c’était son impact des deux côtés du terrain. En attaque, il affichait une bonne efficacité à l’intérieur, un tir extérieur en développement et un jeu de passe au-dessus des attentes. Défensivement, sa protection du cercle, sa polyvalence sur plusieurs postes et son très bon sens du jeu se sont démarqués.

Un problème pour Alex Sarr cette saison a été les blessures à répétition. Déjà en décembre, une blessure aux adducteurs l’a écarté six matchs. Les Wizards ont adopté une approche prudente, privilégiant sa santé à long terme. Alex Sarr a également manqué le match des Rising Stars lors du All-Star Weekend en raison d’une élongation au tendon d’Achille. Malgré le mauvais bilan collectif, Sarr a été un point positif majeur. Il s’est rapidement imposé comme un élément clé. Face à Rudy Gobert et Minnesota, il a connu une performance plus difficile, mais ce dernier a salué ses progrès :
Il réalise une très bonne saison », a déclaré Gobert. « Je suis surtout satisfait de son impact. Je savais qu’il avait du talent et qu’il était un joueur habile, mais je suis impressionné par ses capacités de contreur. Et je trouve que son énergie ne cesse de s’améliorer. Je pense que c’est vraiment important pour lui de mener la carrière qu’il est capable d’avoir. »
Cette saison, Alex Sarr a diversifié son jeu offensif, coupant plus fort vers le panier sur les pick-and-rolls et pénétrant plus souvent vers le panier, en défense, son expérience et sa puissance accrues se traduisent par une meilleure capacité à contrer les tirs, à prendre des rebonds et à anticiper les tactiques adverses.
Les Wizards ont davantage utilisé ses capacités pour contrer les pick-and-rolls cette saison qu’ils ne l’avaient fait lors de sa première année. Ils l’utilisent désormais dans différents types de replis défensifs, certains où il s’enfonce profondément près du panier et d’autres où il s’aventure à quelques centimètres du passeur. Brian Keefe a souligné son importance.
Il est vraiment le pilier de notre défense », a déclaré l’entraîneur des Wizards. « Il assure la protection de la raquette, ce qui est crucial en NBA. Évidemment, il le fait depuis son arrivée, mais il s’améliore dans ce domaine. Nous avons encore du travail à faire là-dessus, même s’il réalise encore quatre ou cinq contres par match ces derniers temps. Il donne tout simplement le ton de ce que nous voulons être en matière de protection de la raquette et impose sa présence dans cette zone. »
Au cours de sa deuxième saison, Alex Sarr s’est imposé comme un pivot moderne capable de protéger le cercle, défendre sur plusieurs positions et participer à la création offensive… du moins par séquence. En effet, dans l’ensemble, Alex Sarr a réalisé une deuxième saison productive, mais irrégulière. Certes il a montré des progrès offensifs, semblait plus solide dans la raquette et a su utiliser un bon jeu de jambes pour marquer dans la zone restrictive. Son tir à distance semblait également correct, même s’il pourrait encore être amélioré.
De plus, il a démontré le potentiel pour avoir un impact défensif d’élite, surtout près du panier. Cependant, le pivot manque encore de constance, a une sélection de tirs discutable et dépend parfois trop de son tir extérieur. Sa baisse de régime après le All-Star break a été un rappel qu’Alex Sarr a encore un long chemin à parcourir. Ses 17,2 points avec près de 50 % de réussite aux tirs avant la pause font bien meilleure figure que ce qu’il a réussi à rassembler lors des matchs suivants. Après la pause, il tournait à 11,3 points à 38,3 % aux tirs. Les blessures ont également freiné sa progression, avec au total 34 matchs manqués.
En 48 matchs, Alex Sarr a tourné à 16,3 points, 7,4 rebonds, 2,7 passes décisives, 0,8 interception et 2 contres, à 48,2% au tir, 33,3% à 3 points, 69,2% aux lancers francs et 54,4% en tirs réels. Il a montré une progression réelle, les bases pour qu’il devienne un défenseur d’élite, une polyvalence rare pour un pivot et une capacité à impacter le jeu sans scorer.

Mais des limites persistent. Sa prise de décision est encore questionnable, son efficacité offensive, bien qu’elle progresse, a encore une sacré marge d’amélioration, il doit devenir plus régulier et surtout, améliorer sa condition physique.
Quel avenir pour Alex Sarr ?
Sarr ambitionne de devenir un leader et un futur All-Star. La clé de son développement sera sa capacité à devenir une menace offensive constante, notamment dans la raquette. S’il y parvient tout en conservant son impact défensif, il pourrait devenir un joueur majeur et polyvalent en NBA.
Dans le cas contraire, des interrogations pourraient émerger sur sa capacité à répondre aux attentes élevées placées en lui. Freiné par plusieurs blessures, sa durabilité sera un facteur déterminant. Il devra également gagner en puissance physique, améliorer sa sélection de tirs, éviter ceux précipités, corriger ses choix offensifs, développer son jeu dos au panier et stabiliser son tir extérieur. La responsabilité est partagée avec le staff, qui devra mieux encadrer son développement.
Malgré une fin de saison difficile, Sarr reste l’un des jeunes pivots les plus prometteurs de la ligue. La reconstruction des Wizards s’articule autour de lui, et il semble se rapprocher progressivement d’un rôle central. Sarr rêve également d’intégrer durablement l’équipe de France aux côtés de Rudy Gobert.
Ça va être génial », a déclaré Sarr en janvier. « Je ne sais pas à quel moment de ma carrière cela se produira, si ce sera cet été ou l’été prochain. Mais j’ai vraiment hâte d’y être, de continuer à développer une bonne entente entre nous et d’essayer de réaliser quelque chose de grand. »
Si Sarr parvient à augmenter la qualité et la quantité de ses tirs à 3 points, renforcer sa puissance physique et améliorer son jeu dans la raquette la saison prochaine, alors les Wizards seront plus sereins à l’idée de construire leur avenir autour de lui. Cette deuxième saison a montré des signes d’encouragement, la troisième doit devenir celle de la confirmation.





