Après les incidents impliquant Mike James et Gavin Ware, qui ont largement fait réagir sur les parquets du basket français, les critiques envers le corps arbitral se sont multipliées. Manque de communication, parfois même remise en cause de leur neutralité : les reproches n’ont pas manqué. Face à ces polémiques, les médias n’ont pourtant que trop rarement donné la parole aux principaux concernés.
C’est précisément dans cette optique que nous avons choisi de le faire, à travers le témoignage de Najib Chajiddine, arbitre en Élite, mais aussi référence internationale dans le basket 3×3. À travers cet entretien, nous vous proposons de découvrir le parcours d’un arbitre dont la vision et l’engagement pourraient bien faire évoluer votre regard sur la profession.
Natif de Quimper, Najib est aujourd’hui avant tout un homme de famille, marié et père de deux enfants. Après quelques années passées sur les terrains de football, il se tourne vers le basket, contraint par une réalité bien bretonne : la météo et des terrains souvent impraticables. Avec ses amis, à la recherche d’un sport en intérieur, ils trouvent finalement chaussure à leurs pieds avec le basket.
« Notre rôle, ce n’est pas de briller, c’est d’être juste et de permettre le bon déroulement du match »

Si tu le permets, je vais directement rentrer dans le vif du sujet. Je pense que pour beaucoup le parcours des arbitres est assez méconnu, comment passe-t-on des caps dans l’arbitrage ? Concrètement comment et qui va juger que tel arbitre doit passer à l’échelon supérieur ?
C’est vrai que c’est une question qui revient souvent. La carrière d’un arbitre reste pour moi la même que celle d’un athlète. Il faut être le plus performant, et en arbitrage performer, c’est être le plus juste et cohérent possible. Le fonctionnement est pour le coup assez simple, tout le monde commence au niveau départemental, après on est évalué par des évaluateurs de la région et du département, qui viennent nous voir de 1 fois par an, à tous les matchs pour le plus haut niveau. Suite à leur venue, nous recevons une évaluation, qui a d’abord vocation à faire progresser l’arbitre.
Sur cette évaluation, il y a aussi une notation, qui laisse place à un ranking, et ce ranking te fait monter ou descendre. Pour ma part, j’ai eu une formation accélérée, puisque j’ai fait partie du Pôle Espoir de Saint-Brieuc, une structure qui n’existe plus aujourd’hui, mais qui regroupait à l’époque les plus grands talents de la région. Donc on avait des séances de jeu, des séances d’arbitrage et aussi des cours théoriques, tout ça sur un cursus de 3 ans. Et beaucoup ont fini arbitre international, je pense à Thomas Kerisit, Jordan Wallet ou encore Mathieu Thierry. Donc voilà un beau parcours, mais qui n’est pas forcément représentatif de la réalité actuelle, comme je te le disais.
Question qui peut paraître un peu banale, mais comment se prépare un arbitre en dehors du terrain ? Est-ce que ça se limite à un travail vidéo et une préparation physique, ou est-ce qu’il y a autre chose ?
C’est beaucoup plus que ça en réalité. Je fais partie des arbitres qui disent que pour être un bon arbitre, il faut continuer à jouer, pour garder cette sensibilité, comprendre le jeu et les émotions. Quand tu vis quelque chose en tant que joueur, tu l’acceptes mieux en tant qu’arbitre. L’autre point important c’est le règlement. On se doit de le maîtriser mieux que n’importe qui, et quand je discute avec des joueurs, d’ailleurs je le leur dis, vous ne connaissez pas le règlement de notre sport.
Et ça reste un paradoxe, parce que ça reste notre sport favori. Donc voilà, le règlement est une chose très importante, mais il faut aussi à côté ce que j’appelle une « banque d’image ». C’est-à-dire qu’il faut que ton cerveau associe les points de règlement à des images précises. Ce qui est important quand on commence, c’est la forme physique, maîtriser les règles, avoir cette capacité à visualiser comme je te l’ai dit, ainsi que la mécanique d’arbitrage, c’est-à-dire comment se placer pour rater le moins d’éléments possible.
Alors, toi je sais que tu as une situation particulière puisque tu interviens également à l’internationale pour le 3×3, mais en admettant que tu ne te consacres que sur les désignations que te fournit la FFBB, pourrais-tu vivre dignement ?
Alors aujourd’hui, il faut le dire, si on compare la France aux autres pays, notre Fédération indemnise très bien ses arbitres. Néanmoins, à l’heure actuelle nous n’avons que deux arbitres professionnels ayant donc un contrat avec la Fédération (Abdel Hamzaoui et Nicolas Maestre), qui sont donc aussi formateurs à côté. Mais le reste des arbitres sont prestataires, payés au match. Si on prend l’exemple de la Betclic, tous les frais sont pris en charge mais le match à cet échelon, c’est 660 €, avec donc l’équivalent de 4 matchs dans le mois.
Ça reste donc très précaire, car nous n’arbitrons pas non plus 12 mois dans l’année, vous n’avez donc aucune garantie d’arbitrer toujours à ce niveau et une blessure peut rapidement rendre votre situation instable. Depuis cette année, de gros efforts sont cependant faits pour professionnaliser les arbitres, à l’image de ce que peut faire l’Espagne. Un nouveau statut a été créé, le « A1 » qui est rattaché à la LNB cette fois-ci, et qui permet aux arbitres qui ont ce statut d’avoir un revenu fixe, en plus des prestations dont on a parlé. Pour ces arbitres-là, oui on peut en vivre.
Une question peut-être un peu plus technique. On sait que dans d’autres sports, les arbitres ont l’habitude de travailler avec les mêmes partenaires toutes les semaines. Ce n’est pas le cas du basket. Est-ce que c’est une vraie difficulté de devoir s’adapter à des perceptions et des lectures de jeu qui diffèrent chaque week-end ?
C’est un vrai sujet, si on compare au handball ou au football où les arbitres se retrouvent souvent. J’en ai beaucoup parlé d’ailleurs avec François Letexier, un autre Breton, qui fait partie des meilleurs arbitres du monde, et il me posait la même question : comment tu fais pour garder une certaine cohérence, en changeant de partenaires toutes les semaines.
L’idée, c’est peu importe notre philosophie, notre caractère, on doit garder une cohérence avec l’idée de former la meilleure triplette, ou le meilleur duo possible. Pour ça, on a ce qu’on appelle un « crew chief ». C’est souvent l’arbitre le plus expérimenté qui a ce rôle. Son objectif, c’est de former une vraie équipe en dépit de nos personnalités. Grâce à lui, on doit avoir le même jugement, arbitrer de la même manière, et s’adapter en fonction des autres.
En m’intéressant sur le sujet, j’ai essayé de me pencher sur ce que pensait le grand public sur l’arbitrage. Alors ce qui en ressort est rarement glorifiant pour vous et il y a un point qui revient souvent, c’est celui de la neutralité des arbitres. Le comble sur cette question, c’est que le premier match que tu as arbitré en Pro B, c’était à Quimper. Donc ma question est la suivante, est-ce que c’est si simple de mettre de la distance avec un environnement qui vous est proche ?
C’est une très bonne question et pour te répondre tout de suite : non ce n’est pas simple. On est avant tout des humains, donc il y a évidemment des émotions qui vont nous traverser. Cependant ce genre de situation, on y est préparé. Dès lors que je mets ma tenue, c’est comme si on jouait une pièce de théâtre, ce n’est plus Najib devant toi, c’est l’arbitre. Donc la question de savoir, si j’arbitre à Toulouse, à Quimper ou à Paris, elle ne se pose pas. Mais la question, elle pourrait aussi se poser sur les joueurs. Quand on est dans une division, on côtoie souvent les joueurs et donc on crée des liens, bons ou mauvais.
Il y a des joueurs avec qui on va même se lier d’amitié et d’autres qui nous aiment moins, qui peuvent lancer un tweet à la fin d’un match. Mais même ces derniers gardent du respect, et quand nous on rentre sur le terrain, ces questions-là ne se posent plus, on est là pour jouer un rôle, celui d’accompagner la rencontre. Maintenant pour revenir à ta question, dire qu’un arbitre va faire gagner Quimper parce qu’il y a grandi, ça n’existe que dans le fantasme des gens et il n’y a jamais eu d’inversions de match à cause de ça.
Autre point qui revient pas mal, le manque de communication. Alors cette fois, davantage de la part des acteurs du jeu. Je pense notamment à Frédéric Fauthoux qui avait récemment communiqué dessus. Est-ce que c’est aussi une chose que tu ressens ?
Ouais c’est une bonne question. On reproche par moment aux arbitres de ne pas assez communiquer, ou de se renfermer, mais je ne partage pas trop cet avis. La communication fait partie intégrante du rôle d’un arbitre, par contre on ne prend pas un thé ensemble. La limite, elle est là, et parfois certains veulent plus qu’une simple réponse. Ils veulent engager un débat et ce n’est pas le lieu. Donc l’idée c’est simplement de clarifier les situations. Ça peut créer de la frustration chez les acteurs mais encore une fois ce n’est pas un lieu d’échange.
Cette année, tu as fait le choix de descendre en Élite 2 de ton plein gré, pour mieux concilier tes périodes d’arbitrages en 5×5 et en 3×3. C’est un choix qui m’a interrogé, étant donné que les calendriers sont plus ou moins similaires avec la Betclic. Est-ce que tu pourrais nous éclairer davantage sur ce choix ?
J’ai donc intégré la Betclic, il y a 3 ans. Et lorsqu’on y arrive, il y a une pression qui est différente, et j’étais à côté très bien installé en Pro B (depuis presque 10 ans). Et concrètement, ça m’aurait demandé une implication à 100%. La Pro B reste un environnement que je maîtrise, et qui était davantage compatible avec les disponibilités que demandait le 3×3.
Je finis donc ma saison un peu plus tôt et je la commence un peu plus tard, mais ça ne m’empêche pas de performer. Et dans une division qui est encore nouvelle, quand tu n’es pas en rythme, c’est compliqué de performer. Donc c’est la 1ère fois de l’histoire qu’un arbitre a demandé à redescendre en Élite 2, mais c’était réfléchi et je l’ai fait pour les bonnes raisons.
« Les Jeux à la maison… est-ce que je pouvais rêver mieux ? »

Tout simplement, j’aimerais savoir comment et pourquoi tu t’es intéressé au 3×3 ?
Je m’y suis intéressé il y a un peu plus de 10 ans maintenant. J’étais donc en Bretagne, il y avait un tournoi à Rennes et la Fédération cherchait pour la période estivale, des arbitres qui évoluaient en Nationale 2. J’étais passionné et je le suis toujours, donc j’y ai vu une belle opportunité, d’autant plus que la saison en N2 finissait très tôt. Ça m’a permis de garder une activité d’arbitre l’été, d’abord sur des tournois classiques (Open Plus). Les choses sont ensuite allées très vite pour moi, puisque je suis rapidement passé international.
Le 3×3 dégage une impression de « basket plus détente » dans les relations entre les acteurs, est-ce que c’est également la tienne ?
Je le ressens un peu différemment parce que les cash prizes sont importants dans les tournois où j’arbitre. La différence qu’on peut noter par contre, c’est que nous sommes beaucoup plus abordables avec les joueurs, on communique beaucoup plus, mais aussi parce qu’on est 2 arbitres pour seulement 6 joueurs. Mais je peux te dire que j’ai plus de pression sur les gros tournois de 3×3, que sur les finales de Pro B, que j’ai pu arbitrer. Le 3×3, c’est 10 minutes où pour le coup, tu dois être irréprochable. En 5×5, si tu fais une erreur en début de rencontre, tu as le temps de te rattraper.
Pour parler désormais de la saison 3×3 qui arrive, c’est quand même une période qui reste très intense pour toi. Il y a beaucoup de déplacements lourds sur une période assez restreinte. Comment gères-tu ça physiquement et mentalement ?
Mentalement tu n’as pas trop le choix que de tenir, c’est très éprouvant. Alors au début, on est content de voyager, et avec les années, tu te rends compte que tu es obligé d’avoir une hygiène de vie différente qu’on n’a pas toujours eue. On parlait du début de la saison qui vient de commencer, et là j’étais en Thaïlande, trois jours après c’est le Sénégal, avant de repartir à Hong-Kong, et une semaine après à Singapour, et tout ça en rentrant à Paris ou à Toulouse. C’est beaucoup de déplacements, et avec ça on doit être à 100% dans la vie de famille et au travail, donc l’accompagnement est vraiment important.
Est-ce que tu penses que le calendrier pourrait être mieux optimisé, pour éviter tous ces allers-retours entre les continents ?
Nous, on aimerait bien que le calendrier soit un peu plus lissé sur l’année c’est sûr, pour que les saisons soient un peu moins intenses. Mais aujourd’hui l’un des principaux attraits du 3×3, c’est qu’il se joue dehors et sous le soleil, et on va où il fait beau, quand il fait beau. Y a d’une part donc cette dimension-là, mais il faut aussi avoir conscience que ça reste un sport business. Et les promoteurs, ils sont dans des pays où il y a un très fort pouvoir d’investissement, comme la Chine, et c’est aussi pour cela qu’on voyage beaucoup.
Tu n’as jamais caché ton rêve d’arbitrer les Jeux à Paris. Est-ce qu’encore aujourd’hui, ça reste ton plus beau souvenir dans l’arbitrage ?
Oui clairement. C’était un objectif depuis tout jeune, je parlais du Pôle Espoir, mon objectif c’était de faire les Jeux. Donc c’était vraiment un aboutissement, chose que j’ai pu en plus faire à la maison, devant ma famille, qu’est-ce qu’on peut rêver de mieux. Je te disais au tout début qu’un arbitre, c’était comme un athlète : son objectif c’est de faire les plus grandes compétitions. Et pour un arbitre, faire des Jeux Olympiques, c’est magnifique, mais ça donne envie d’en faire d’autres.
En parlant des JO justement, la France, et notamment les garçons, ont très bien performé. Est-ce que tu sens un avant/après JO pour le 3×3 français ?
Les gars ont ramené une merveilleuse médaille d’argent, et on n’était à rien de prendre l’or, mais c’est le 3×3. Et bien sûr qu’il y a eu du changement. La fédération avait énormément investi sur le 3×3 (garçon et fille), en amont, pendant la phase de préparation; alors quand vous ramenez une médaille, c’est aussi une récompense pour la Fédé et les licenciés.
Je pense que là où le 3×3 a progressé c’est dans sa perception. C’est une discipline qui a pris une autre dimension. Elle était justement présentée comme une « nouvelle discipline », depuis les JO, c’est devenu à mes yeux une discipline à part entière, elle s’est émancipée. Et il ne faut pas oublier qu’on a le privilège d’avoir une 2ème discipline olympique au basket, ce que beaucoup n’ont pas.
Le 3×3, on le sait, c’est une discipline plus physique, où les coups de sifflets sont donnés moins facilement. Est-ce que t’as des vraies périodes d’adaptation pendant les périodes où tu passes du 5×5 au 3×3 et inversement ?
Oui il y a des moments d’adaptations, mais la bascule, elle est plus difficile quand je viens d’une longue cette saison 5×5 vers le 3×3 que l’inverse. Pour une raison assez simple, c’est que le basket accepte plus le « laisser-jouer » que les coups de sifflets qui ne servent à rien. Par définition, les joueurs ont horreur que tu leur inventes des fautes. Moi-même, en tant que joueur, je préfère qu’on oublie une faute sur moi, plutôt qu’on m’invente une faute que je n’ai pas commise. Donc le plus dur, c’est vraiment le passage 5×5 – 3×3, et ici la banque d’images dont je te parlais est vraiment importante, il faut regarder un maximum de matchs.
United Africa : « permettre à ceux qui n’ont pas accès au sport, d’en faire gratuitement »

Vous êtes à l’origine du projet United Africa. Pourriez-vous nous présenter cette association et nous expliquer comment cette initiative t’est venue et comment tu l’as développée ?
United, c’est une association qui a été créée en 2019, qui avait vraiment comme objectif de proposer du basket, quand je passais en vacances au Maroc, à des personnes qui n’avaient tout simplement pas accès au sport. On s’est mis au basket logiquement parce que j’en faisais, on ramenait 3 ou 4 ballons, et de là, on organisait des petits tournois. C’est parti de là donc, et au fur et à mesure, le Comité International Olympique, qui m’a poussé à développer ce projet, et à l’étendre au fur et à mesure dans d’autres pays.
Aujourd’hui, c’est une association qui a des salariés, qui fonde des académies de basket 3×3, et qui met en place des écoles d’arbitrage un peu partout en Afrique. Pour faire simple l’idée c’est de permettre aux gens qui n’ont pas accès au sport, de le faire dans un endroit structuré et sécurisé, de venir le faire gratuitement. Et on différencie donc le bénéficiaire (les enfants), du payeur. C’est-à-dire que c’est symbolique pour eux, de façon à ce qu’ils participent et à côté, on cherche à lever des fonds avec des bailleurs, comme l’Agence Française du Développement ou avec des sociétés privées, comme Maroc ENGIE.
Est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi le 3×3 comme outil de développement ?
Le 3×3 parce que j’y suis très lié d’abord. Ensuite les valeurs de ce sport correspondaient mieux à nos lieux d’interventions. Il y a une mixité naturelle dans le 3×3, le joueur qui n’a jamais fait de basket va toucher le ballon, il ne sera pas en train d’attendre dans le corner comme au 5×5. Et puis pour finir, c’est un sport qui se joue dehors, et comme il n’y a pas forcément les infrastructures dont on a besoin, on peut malgré tout jouer n’importe où.
Cette association, vous la présentez comme un espace d’éducation et d’inclusion. Comment réussir à transformer un simple terrain de basket en un espace social aussi important pour les jeunes ?
Déjà la stratégie qui s’opère avec l’association, c’est d’abord de trouver un lieu sécurisant pour les enfants et leurs parents. Il faut qu’ils aient cette confiance avec les encadrants. Deuxième point, j’ai mis l’arbitrage au cœur de tous les sujets et les sports qu’on aborde. Et la raison, c’est que l’arbitrage représente pour moi un excellent outil d’émancipation.
On va dire, par exemple, à une petite fille, qui n’a jamais fait de basket, de siffler une sortie de balle quand le pied est sur la ligne. Donc elle va prendre des décisions sur des garçons, et pourquoi pas sur son grand frère, ou son grand cousin. L’idée, c’est qu’il joue un rôle, avec ça on va créer de la mixité et de l’inclusion à travers le sport et l’arbitrage.
Est-ce que tu vois un réel impact sur les villes et les quartiers qui acceptent votre aide ?
Oui parfaitement, d’ailleurs l’impact est très quantifiable maintenant, et ce sur des choses qui peuvent paraître simples. Sur de la discipline, le fait d’arriver à l’heure; le taux de scolarité, en expliquant que certes l’académie est gratuite, mais ta présence se fait en échange de résultats scolaires. Le suivi scolaire est fait par nos coachs, il faut qu’il y ait une évolution des diplômes. Pour valoriser ça, l’année dernière, on a invité les meilleures progressions scolaires à participer à un tournoi international en France, en Bretagne (dont il est le parrain).
Il y a aussi une académie dans ce projet. Alors j’aimerais que nous comprenions son fonctionnement. Quel est son objectif concrètement, est-ce qu’il y a une vraie volonté derrière d’amener certains gamins à faire du 3×3 leur vocation; ou bien est-ce que vraiment l’idée c’est d’offrir une pratique sportive régulière et structurée à ceux qui n’en ont pas les moyens ?
Ce qu’il faut se dire, c’est qu’en Afrique, l’accès au sport dans des conditions que l’association propose, est réservé à une population particulièrement aisée. Si je prends l’exemple du Maroc, s’inscrire dans un club (qu’ils appellent académie), on ne peut plus classique, c’est en moyenne 500 € par an, pour 1 à 2 séances par semaine. Moi, ma licence près de Quimper, elle coûte 70 €. Donc nous l’idée sur le système des académies, c’est déjà de faire de la mixité sociale. Comment créer cette mixité ?
Eh bien, il y a une partie de nos bénéficiaires qui vont payer, et une autre qui sera gratuite. Ceux qui vont payer seront ceux issus de milieux plus favorisés, et ceux qui ne payent pas, c’est nous qui allons les choisir dans les centres que nous avons un peu partout, dans les quartiers populaires. Et là par contre, on va prendre les meilleurs talents sportivement parlant. Et donc nous ça nous crée un équilibre financier, et on donne accès à un espace où la mixité mais aussi le niveau y est relevé.






