Blake Griffin, Amar’e Stoudemire, Candace Parker, Elena Delle Donne… La liste des finalistes du Naismith Memorial Basketball Hall of Fame 2026 est sortie. Elle raconte deux décennies de mutations tactiques, médiatiques et culturelles du basket mondial. Entrer au Hall of Fame, ce n’est pas seulement être célébré : c’est être définitivement inscrit dans l’histoire de la discipline.
La liste des finalistes pour le Naismith Memorial Basketball Hall of Fame 2026 est tombée. Comme chaque année, elle ne se contente pas d’aligner des noms : elle raconte une époque. Blake Griffin et Amar’e Stoudemire pour la NBA des années 2000-2010. Candace Parker et Elena Delle Donne pour une WNBA entrée dans une nouvelle dimension.
Derrière l’annonce officielle, une question demeure : qu’est-ce que signifie vraiment entrer au Hall of Fame ?
Le Hall of Fame, c’est quoi ?
Le Naismith Memorial Basketball Hall of Fame, installé à Springfield dans le Massachusetts, est souvent présenté comme le Panthéon du basket. On y honore les joueurs, les joueuses, les entraîneurs, les arbitres, les dirigeants, parfois même des équipes entières. Plus de 400 personnalités y ont déjà été intronisées.
Il porte le nom de James Naismith, l’inventeur du jeu en 1891.
Mais au-delà du symbole, intégrer le Hall of Fame, c’est figer une carrière dans l’histoire. Ce n’est plus une question de hype, de storytelling ou de séquence virale. C’est une validation institutionnelle. Une manière de dire : votre impact dépasse les chiffres, il appartient désormais au patrimoine du jeu.
Blake Griffin et Amar’e Stoudemire, figures d’une NBA spectaculaire

Blake Griffin, c’est l’incarnation d’une période où les Clippers ont cessé d’être une blague. L’ère « Lob City », les connexions avec Chris Paul, les dunks qui tournaient en boucle sur toutes les chaînes américaines. Six fois All-Star, cinq sélections All-NBA, plus de 14 000 points en carrière.
Mais au-delà des statistiques, Griffin a changé une perception. Il a donné une identité à une franchise longtemps reléguée dans l’ombre des Lakers. Son jeu explosif, presque brutal par séquences, a marqué visuellement toute une génération, et cet impact lui vaut une nomination pour le Hall of Fame.
Amar’e Stoudemire, lui, symbolise une autre révolution : celle des Phoenix Suns version « Seven Seconds or Less ». Rookie de l’année en 2003, six fois All-Star, membre de la First Team All-NBA en 2007.
Avec Steve Nash à la création et Mike D’Antoni sur le banc, il a participé à l’émergence d’un basket rapide, espacé, offensif — une philosophie qui a profondément influencé la NBA moderne. Stoudemire n’était pas seulement spectaculaire. Il était structurant dans une mutation tactique de la ligue, ce qui lui permet de viser une place au Hall of Fame.
Candace Parker et Elena Delle Donne, l’excellence du basket féminin

Candace Parker a toujours avancé avec une longueur d’avance. Elle a notamment été MVP et Rookie of the Year dès 2008, un exploit unique dans l’histoire de la WNBA. Trois titres, trois franchises différentes. Deux titres NCAA, deux médailles d’or olympiques.
Elle n’a pas seulement gagné. Elle a incarné une forme de polyvalence moderne, capable d’influencer le jeu à tous les niveaux : scoring, création, défense, leadership. Elle mérite une place au Hall of Fame.
Elena Delle Donne, double MVP (2015, 2019), a elle aussi marqué son époque. Première joueuse à intégrer le club des 50-40-90 en WNBA (50% aux tirs, 40% à 3-points, 90% aux lancers francs sur une saison complète), 19,5 points de moyenne en carrière, cinquième total historique.
Dans un championnat en pleine professionnalisation médiatique et économique, Delle Donne a symbolisé l’efficacité pure. Moins démonstrative que d’autres, mais terriblement constante, ce qui lui permet d’espérer atteindre le Hall of Fame.
Au-delà des joueurs : entraîneurs, bâtisseurs et héritages collectifs
Doc Rivers figure également parmi les finalistes. Plus de 1 180 victoires en saison régulière, un titre NBA en 2008 avec Boston. Sa carrière interroge autant qu’elle impressionne : longévité, adaptation, capacité à rester central dans différentes époques de la ligue. Souvent source de moqueries, il peut néanmoins prétendre à une place au Hall of Fame.
L’équipe américaine féminine des Jeux d’Atlanta 1996, surnommée la « Women’s Dream Team », est aussi en lice. Une domination écrasante (près de 29 points d’écart en moyenne) mais surtout un rôle fondamental dans la visibilité du basketball féminin, à l’aube de la création de la WNBA.
Une liste qui dépasse les têtes d’affiche
Derrière les noms les plus médiatiques, la sélection met en lumière des trajectoires plus discrètes mais tout aussi inspirantes.
Joey Crawford, arbitre pendant près de quarante ans (1977-2016), il a accompagné avec son numéro 177, plusieurs générations NBA et officié lors de rencontres majeures. En outre, il a arbitré le NBA All-Star Game de 1986, 1992 et 2000.
Mark Few, pilier du programme de Gonzaga, a installé son université dans une régularité presque élitiste en NCAA. L’entraineur principal des Bulldogs depuis 1999, détient un record phénoménal en universitaire : 767 victoires pour 154 défaites. Il était sur le banc américain en tant qu’adjoint lors de la médaille d’or des Etats-Unis en 2024, aux Jeux Olympiques de Paris.
Kevin Johnson, ancien meneur All-Star des Suns, a été l’un des artisans des belles années de Phoenix dans les années 1990. Il détient le record NBA du nombre de minutes jouées en un match de playoffs avec 62 (sur un maximum possible de 63), réalisé en 1993 contre les Bulls de Chicago. Son numéro 7 est retiré par l’équipe de l’Arizona.
Gary McKnight et Jerry Welsh représentent l’impact du coaching universitaire et lycéen sur le long terme durant le 20ème siècle.
Dick Motta, champion en 1978 avec les Bullets en tant qu’entraîneur. De 1970 à 1974, il mène les Bulls à quatre saisons consécutives de 50 victoires ou plus, remportant le trophée de NBA Coach of the Year en 1971.
Kelvin Sampson s’est imposé comme l’un des architectes majeurs du basket universitaire contemporain. Après 47 ans de coaching universitaire, l’entraîneur de Houston dispose d’un bilan de 821 victoires pour 357 défaites et a remporté de nombreux titres.
Buck Williams, All-Star avec les Nets et intérieur constant pendant plus d’une décennie, incarne ces carrières solides. Williams fut l’un des meilleurs rebondeurs de l’histoire de la NBA. Ses 17 années de carrière en NBA furent marquées par trois apparitions au NBA All-Star Game et un trophée de NBA Rookie of the Year
Jennifer Azzi et Chamique Holdsclaw ont marqué le basketball féminin américain, que ce soit sur la scène olympique ou universitaire ou sur les parquets de la WNBA. Les deux joueuses sont déjà au Women’s Basketball Hall of Fame.
Molly Bolin-Kazmer rappelle l’existence d’un basket professionnel féminin avant même la WNBA. Parmi ses distinctions, Bolin détient le record de la Women’s Professional Basketball League pour le plus grand nombre de points marqués en un match (55) et la meilleure moyenne de points marqués en une saison (32,8).
Dušan Ivković, double vainqueur de l’EuroLeague, symbolise l’influence européenne dans l’évolution mondiale du jeu. Ivković est le seul entraîneur à avoir remporté les 4 compétitions européennes (Euroligue, EuroCoupe, Saporta et Korać).
Tal Brody et Mike D’Antoni représentent deux formes d’impact différentes : l’un sur le terrain, l’autre dans le coaching.
Enfin, Marques Johnson, complète la liste. Dans les années 80, Johnson est vite considéré comme le meilleur ailier de la ligue. Le quintuple All-Star aide son équipe à remporter cinq titres de division successifs de 1980 à 1984.
Les membres officiels de la promotion 2026 seront annoncés le 4 avril lors du Final Four NCAA, avant la cérémonie d’intronisation prévue du 14 au 16 août à Springfield.






