Dans un match où la victoire était obligatoire, l’Elan Chalon s’offre Badalone devant un Colisée bouillant (85-77). Un succès qui maintient le club bourguignon en vie dans la lutte pour les quarts de finale.
C’était un match de gala ce mardi soir au Colisée. Les hommes d’Elric Delord recevaient Badalone, invaincu jusqu’ici en BCL (9-0), emmenée par la légende du basket espagnol Ricky Rubio. Sur le papier, l’Élan ne semble pas taillé pour aller accrocher cet effectif : après une défaite de 32 points à l’aller et amputé de leurs deux intérieurs (Lionel Gaudoux et Obinna Anochili Killen), la victoire semble presque inatteignable.
Pourtant, Chalon rentre bien dans le match, et les coéquipiers de Nate Darling sentent qu’il y a quelque chose à faire. Les deux équipes rentrent aux vestiaires dos à dos, sur le score de 40-40. Dans le troisième, les hommes rouge et blanc virent même en tête en toute fin de quart et abordent la quatrième répétition avec 2 petits points d’avance.
Pour les 10 dernières minutes de la rencontre, c’est la star chalonnaise Jeremiah Hill qui prend les choses en main. 10 points dans le quatrième quart-temps, permettant à ses coéquipiers de prendre jusqu’à 11 unités d’avance. Badalone ne parviendra pas à combler ce retard, et les Bourguignons s’imposent finalement 85-77.
Un Jeremiah Hill des grands soirs

crédit : Elan Chalon
Cela faisait quelques matchs que l’on n’avait plus vu le meneur camerounais à ce point dominant sur le parquet. 14 points contre Monaco, 11 à Nanterre, 22 face à Cholet – mais à 33 % au tir – Jeremiah Hill était solide, sans être aussi rayonnant qu’à son habitude.
Même sensation en première période : 1 point, à 0/3 au tir. Toujours dans l’esprit du jeu, sans forcer, le Chalonnais ne pénalise pas son équipe, mais ne l’enflamme pas non plus.
Puis, au retour des vestiaires, le costume de patron réapparaît.
À la mi-temps, je lui dis : « Maintenant, c’est ton moment. » Du coup, j’appelle le premier système pour lui, et c’était parti ” -confiait Elric Delord en zone mixte.
Des shoots du parking, des pénétrations conclues par ce stop-shoot à mi-distance devenu sa signature : le scoreur bourguignon a retrouvé toute sa palette offensive mardi soir au Colisée. 25 points, à 9/13 au tir et 4/5 derrière l’arc. Une performance XXL qui lui vaut le titre de joueur de la semaine en BCL.
J’ai fait du bon travail et aujourd’hui ça nous a permis de gagner. Les coachs parlent souvent de statistiques et avant ce match je crois que je tournais à 25 % à 3 points. Mais au final, cela finit toujours par s’équilibrer. Je ne suis pas un shooteur à 25 %, donc il fallait bien que ça remonte à un moment. Et aujourd’hui c’était une bonne journée, alors on prend ! ” – Jeremiah Hill à l’issue de la rencontre.
Elan Chalon : direction les quarts ?

crédit : FIBA
Avant la rencontre, la qualification pour les quarts de finale apparaissait presque comme mission impossible. 1 victoire et 2 très grosses défaites, Chalon ne semblait tout simplement pas taillé pour finir dans les deux premiers du groupe. Mais cette victoire change tout, et les Chalonnais commencent eux aussi à y croire :
Est-ce qu’on y croit ? Toujours ! Ça demande aussi beaucoup de réussite. On a subi de lourdes défaites, mais tout est possible. On n’a perdu que deux fois, et tant qu’on n’est pas éliminés, tout peut arriver. Maintenant, Malaga doit jouer et là aussi, tout peut se passer car Wurzburg est une bonne équipe. On verra bien ” – confie Jeremiah Hill au micro du Roster.
Et le Camerounais l’avait vu venir : les Allemands renversent Malaga 80-71 et rabattent totalement les cartes du groupe K. Les Bourguignons et les Espagnols sont désormais à deux victoires chacun, et se partageront la qualification le 10 mars en France. Avec leur destin entre les mains, la qualification est désormais un objectif pleinement atteignable pour les hommes d’Elric Delord.
Ricky Rubio : la classe d’un champion

crédit : FIBA
C’était aussi l’attraction de la soirée au Colisée. La légende du basket européen et ancien joueur NBA Ricky Rubio était présent avec son équipe. Très vite, le public chalonnais s’est rendu compte qu’il ne s’agissait pas d’un joueur comme les autres.
D’une facilité déconcertante, élégant dans son jeu, l’ex-Minnesota Timberwolves a fait la chanson à la défense rouge et blanche pendant 40 minutes. Capable de pénétrer dans la raquette bourguignonne ou de renverser le jeu d’une passe millimétrée pour un coéquipier démarqué dans le corner, il a dicté le rythme de son équipe. Quand il décidait de scorer, il finissait en solitaire au contact d’un intérieur chalonnais impuissant. Ses statistiques résument à elles seules sa domination : 20 points et 8 passes.
Mais l’impression qu’il laisse va bien au-delà des chiffres. En zone mixte, Rubio a pris le temps de signer quelques autographes, de poser pour des photos avec les enfants et d’échanger longuement avec son ancien rival Mickaël Gelabale, ancien joueur de Chalon. L’élégance et la classe d’un vrai champion.





