Alors que la franchise du Wisconsin fait face à un tournant dans son histoire après avoir transféré le meilleur joueur qu’elle n’ait jamais connu, une reconstruction s’impose et des changements restent à effectuer. Nous allons voir ensemble dans cet article comment le futur des Bucks se présente et comment il peut être maximisé pour revenir au top de la hiérarchie NBA.
Un départ douloureux mais une contrepartie satisfaisante

Suite à un dossier qui aura duré plus de deux saisons, Giannis Antetokounmpo a enfin été transféré en ce début d’été 2026. Un départ qui fait mal à toute la fanbase des Bucks qui l’aura vu construire sa légende pendant 13 saisons avec le titre de 2021 comme accomplissement ultime. Maintenant, cette échéance était inévitable et la contrepartie reçue ne peut qu’atténuer la tristesse des fans. En échange du double MVP, Milwaukee récupère de jeunes joueurs prometteurs et des choix de draft, ce qui leur manquait cruellement.
C’était le mieux pour nous et le mieux pour lui ». a déclaré le GM Jon Horst suite au transfert de sa superstar.
La pièce principale en provenance de Miami n’est nulle autre que Tyler Herro. Le natif du Wisconsin a prouvé au cours des dernières saisons qu’il pouvait être un scoreur redoutable (24 points de moyenne lors de la saison 2024/2025) et une possible seconde option d’une équipe ambitieuse. Le All-Star sera au cœur du projet et aura les responsabilités nécessaires pour faire valoir tout son talent en tant que numéro 1. À 27 ans, il entame une nouvelle étape de sa carrière. À lui maintenant de saisir cette opportunité pour exploser aux yeux de la ligue.
Avec lui, trois autres jeunes joueurs font le chemin. Le plus talentueux se nomme Kel’el Ware. Auteur d’une saison sophomore prometteuse avec des statistiques de 11 points, 9 rebonds et 1 contre en 22 minutes, il va enfin pouvoir s’émanciper de l’ombre de Bam Adebayo pour faire sa place en tant que titulaire NBA.
D’autre part, Kasparas Jakučionis, drafté l’année dernière, affiche un profil intéressant à la mène. Le Lituanien possède de bonnes capacités en playmaking (2,6 passes) ainsi qu’une adresse extérieure efficace (43 %). Le potentiel reste encore brut mais il pourrait bien devenir l’une des surprises de cet échange s’il venait à se développer correctement.
Enfin, le plus expérimenté des trois ne possède pas un potentiel à la hauteur de ses coéquipiers mais bénéficie cependant d’un plancher haut qui lui permet d’être considéré comme un très bon joueur de rotation. Jaime Jaquez Jr a été considéré comme l’un des principaux prétendants au titre de meilleur sixième homme de l’année cette saison. En effet, avec des statistiques de 15 points, 5 rebonds et 5 passes décisives, il s’est affirmé comme un role player d’exception qui saura apporter à l’effectif coaché par Taylor Jenkins.
Avec ces quatre recrues, l’effectif des Bucks se rajeunit considérablement et empile de jeunes joueurs à fort potentiel qui peuvent s’inscrire dans la durée. On peut être triste du départ de Giannis mais la contrepartie, pour autant, n’est pas déplaisante en plus des différents choix de draft qui ont été lâchés par Miami (pick swap 2030, premiers tours non protégés en 2031 et 2033, plus deux autres swaps sur des seconds tours).
Une Draft prometteuse

Après leur saison décevante, la franchise double championne est récompensée par le 10e choix de la draft puis le 13e en provenance du Heat. Avec ces deux picks rapprochés, Milwaukee sélectionne des profils aux antipodes pour renforcer sa reconstruction.
Annoncé par certaines mock drafts en début de saison comme un potentiel top 5 de la draft, Nate Ament a finalement été sélectionné à la 13e position. Profil long et à haut potentiel (2,07 m, 95 kg, envergure de 2,13 m), l’ancien joueur de Tennessee a évolué avec des statistiques de 16,7 points, 6 rebonds et 2 passes pour autant de ballons perdus durant son année freshman. Joueur polyvalent des deux côtés du terrain, il n’excelle cependant dans aucun compartiment de jeu. Moyen au tir avec des pourcentages de 33 % sur une majorité de catch and shoot, il l’est tout autant à la création car, à part certains flashs intéressants, le volume reste trop faible.
À la finition, pareil, il montre des flashs très prometteurs de par son profil athlétique mais son manque de masse musculaire l’empêche d’être vraiment solide au contact. Tout son profil réside dans son potentiel et son développement car si le rookie parvient à faire passer ses compétences de moyennes à ne serait-ce que bonnes, il pourrait devenir une future pièce très importante dans la rotation de Taylor Jenkins.
Mais pour cela, il ne faut pas attendre trop de lui sur les premières saisons. Ce qui est parfait, c’est qu’avec le départ du Greek Freak, le joueur de 19 ans aura le champ libre sur le poste d’ailier fort pour se développer dans un contexte dénué de pression. À lui maintenant de faire valoir son potentiel et de donner raison à sa franchise de l’avoir sélectionné.
Pour Brayden Burries, c’est tout l’inverse. Le combo guard qui va sur ses 21 ans propose un profil beaucoup plus expérimenté et déjà NBA ready tant techniquement que physiquement. Avec des dimensions de 1,93 m pour 93 kg, il a proposé lors de sa saison à Arizona des statistiques de 16 points, 5 rebonds, 2,4 passes pour 1,5 ballon perdu. Le demi-finaliste de la March Madness excelle dans le shoot longue distance. Avec une efficacité de 39 %, il est capable de sanctionner sur pull-up même si la majorité de ses tirs sont pris en catch and shoot.
Avec son corps prêt pour la NBA, il attaque très bien le cercle après s’être créé de l’espace avec son dribble ou avec un écran. Cette faculté à driver facilement lui permet de provoquer de nombreuses fautes et d’aller chercher des points faciles sur la ligne. En défense, le rookie est aussi très correct et sera loin d’être une cible en NBA. Maintenant, après toutes ces qualités, certains aspects lui font défaut comme sa verticalité, sa qualité de passing moyenne et son plafond peu élevé.
Avec son âge avancé, Burries propose un profil solide et prêt pour la NBA mais le potentiel n’est pas au niveau de Nate Ament. Si on se projette dans son rôle avec Milwaukee, l’arrière sera sûrement utilisé comme l’un des ball handlers principaux avec Herro et Rollins, ou pourra peut-être même être utilisé comme dynamisateur en sortie de banc.
John Horst et son staff semblent à première vue avoir fait le bon choix selon leurs besoins et ce qui était disponible. En sélectionnant deux profils totalement différents, l’un basé sur le potentiel et l’autre sur la production directe, le management s’offre un avenir varié entre risque et sécurité.
Des prolongations à effectuer et d’autres mal effectuées…

Alors que la moitié de l’effectif va sur un contrat expirant à la fin de la saison 2027, des prolongations s’imposent. Ces dernières ont déjà eu l’occasion de débuter avec l’extension d’Ousmane Dieng pour 3 ans et 17,5 millions, et… celle de Gary Trent Jr. Si l’article a pour le moment été éloquent sur la gestion de l’intersaison des Bucks, la prolongation de Gary Trent Jr est pour le moins catastrophique.
Alors que l’arrière de 27 ans sort de sa pire saison statistique en carrière, il s’est vu offrir un joli pactole de 64 millions de dollars sur 4 ans. Un move qui ne peut que s’expliquer par une entente en externe. Car en effet, si l’ancien de Portland avait accepté un contrat minimum en dessous de sa valeur réelle lors des deux dernières saisons, cette forte prolongation pourrait être la cause d’un arrangement oral entre le staff et le joueur.
Si un tel accord a réellement existé, les conséquences pourraient être sévères pour la franchise du Wisconsin car cela constituerait un contournement du salary cap interdit par le règlement NBA. Une décision stupide de la part du management qui va peut-être se voir pénalisé, en plus de posséder un contrat peu avantageux pour l’avenir de par sa valeur et l’embouteillage qu’il crée sur les lignes arrières.
Si cette prolongation est désastreuse, les fans des Daims espèrent autrement pour les futures. Les préoccupations primordiales s’articulent autour de Tyler Herro et Jaime Jaquez, récupérés dans le transfert d’Antetokounmpo et qui vont tous deux sur leur dernière année de contrat. Le premier risque de demander beaucoup car il est éligible à une extension de 207 millions de dollars sur 4 ans. Payer autant pour un joueur qui n’a jamais prouvé en tant que clair numéro 1 est risqué et pas forcément mérité, mais le laisser partir sans rien l’été prochain serait la pire des décisions. Donc les Bucks seront sûrement obligés de lui verser ce qu’il demande.
Pour Jaime Jaquez, un solide rôle player, si le contrat dépasse les 20-25 millions la saison, l’avenir risque d’être compliqué. Sinon, à plus bas prix, c’est une bonne pièce qu’il faut conserver au sein de l’équipe. À voir aussi pour Andre Jackson Jr qui avait proposé de bonnes minutes sur les saisons précédentes mais qui a vu son rôle réduit à néant lors de la dernière. Malheureusement pour lui, l’avenir risque de se corser davantage avec la concurrence sur les lignes arrières.
Avec ces possibles prolongations en plus des 20 millions que le contrat coupé de Damian Lillard prend chaque année jusqu’en 2030, les Bucks devront manœuvrer avec peu de flexibilité sur les prochaines années. En effet, bien qu’ils soient enfin sortis de la luxury tax (en dessous des 24 millions pour l’exercice 2026/2027), les Cerfs devront s’organiser en étant 45 millions au-dessus du cap space pour la saison prochaine et davantage dans celles à venir. Une équipe en reconstruction a souvent cet avantage d’être flexible ; ici, Milwaukee devra faire sans, la cause à ses erreurs passées.
Des joueurs qui restent à transférer

En contrat expirant, Kyle Kuzma est l’une des principales pièces échangeables dans l’effectif de Taylor Jenkins. Décevant depuis son arrivée en échange de Khris Middleton, l’ancien des Lakers ne feat plus dans la timeline des Bucks. Même au vu de sa valeur peu élevée sur le marché, il est toujours préférable de le transférer que de le perdre contre rien à la prochaine intersaison. Pour cela, il ne faut pas attendre grand-chose de lui ; des seconds tours de draft ou un jeune talent feront très bien l’affaire.
Pour Myles Turner, c’est un peu différent. Le pivot shooteur avait signé l’été dernier un contrat de 107 millions sur 4 ans pour combler le départ de Damian Lillard et Brook Lopez. Cependant, sa saison a été décevante et sa valeur actuelle, bien qu’elle puisse attirer certaines franchises, est assez faible. Les Bucks pourraient tenter de le garder et de le mettre en valeur durant la saison pour le transférer à la trade deadline et ainsi récupérer des choix de draft, assets qui manquent cruellement à Milwaukee.

Sans flexibilité financière ni capital de draft d’ici 2031, les Bucks entament une reconstruction particulière. Le groupe qu’ils ont acquis au cours de cette intersaison incarne en partie les espoirs de la franchise pour les années futures. Tout le défi va être de bien développer ces jeunes joueurs tout en essayant de rester compétitif car Milwaukee n’a aucun besoin de tanker lors des prochaines saisons.
Avec un nouveau coach qui a déjà fait ses preuves par le passé, la franchise du Wisconsin est prête à se créer une nouvelle identité et à tourner la page Giannis Antetokounmpo.






