Qui dit fin de saison régulière NCAA et fin de tournoi de conférence dit ouverture du « transfer portal ». Un moment crucial qui peut définir des saisons NCAA, des carrières de joueurs et des légendes de coach. Le moment où les qualités de recrutement mais aussi de jeu permettent aux équipes de faire step-up leur équipe. Du côté des joueurs, ça permet de transformer des carrières.
Mais c’est quoi le transfer portal ?
Le transfer portal, c’est une sorte de Free Agency de la NCAA. Certains joueurs décident, pour des raisons diverses, de changer d’équipe. Nombreux sont les joueurs passés par ce système de l’été : Kel’el Ware, Brandon Clarke, Derrick White ou encore Sam Hauser sont des gens qui sont passés par ce transfer portal.
Il n’existe aucune restriction autres que l’éligibilité à une autre année NCAA. Vous pouvez y passer autant de fois que vous voulez tant que vous êtes toujours éligible pour la NCAA. Pour finir, ça se fait simplement sur demande : si un joueur veut quitter son équipe, il le fait savoir par son agent et les insiders, dont le compte du transfer portal de On3, en parle.
Quelles sont les raisons d’aller sur le transfer portal ?
Mais pourquoi un joueur voudrait changer d’équipe en NCAA ? En réalité, il y a énormément de raisons pour un joueur de changer d’équipes en cours de route :
- La première raison, c’est tout simplement que le joueur n’a pas de temps de jeu et décide de partir ailleurs pour en avoir. C’est le cas de Johnny Juzang par exemple. Très attendu en sortie de lycée, le joueur n’a eu que peu de minutes à Kentucky sous Calipari pour son année freshman. Il a donc, logiquement, décidé de faire sa saison sophomore ailleurs et a rejoint le programme de UCLA. Là-bas, il a immédiatement été mis titulaire et était le meilleur scoreur d’une équipe qui est allée jusqu’en Final Four avec Jaime Jaquez notamment.
- Une autre raison, ça peut être un joueur d’une division de mid-major qui veut rejoindre les équipes de grosse conférence. On sait que les équipes draftent peu les équipes de petites universités et c’est logique en un sens : elles affrontent beaucoup moins de grosses équipes et les performances statistiques sont ainsi plus à relativiser et la concurrence rend plus difficile le jugement qu’on peut faire d’un joueur. Aujourd’hui, des joueurs comme Seth Curry ou Baylor Scheierman ont eu ce type de parcours. Le premier était à Liberty, au sein de la Big South, et a rejoint la fac légendaire de Duke tandis que le deuxième était à South Dakota State, en Summit League et a rejoint Creighton en Big East, là où il pouvait affronter régulièrement des équipes comme Marquette ou UConn.
- Dans le même style, on a les joueurs qui viennent de division inférieure ou de Junior College qui veulent atteindre la meilleure division de NCAA. En effet, on ne draft plus du tout des joueurs en sortie de JUCO, de DII ou de DIII. Cependant, on a des joueurs qui étaient dans ces ligues universitaires qui ont rejoint les équipes de la première division comme Derrick White, qui venait de deuxième division avec UCCS, ou Duncan Robinson, qui venait de troisième division avec la faculté de Williams.
- On a aussi les départs de coach qui impactent fortement. Quand vous êtes un jeune prospect lycéens, vous venez en NCAA très souvent pour un coach. Les joueurs ne venaient pas pour le beau temps ou pour un espoir de titre dans le Kentucky mais parce que John Calipari saurait les préparer au monde professionnel. Or, quand un coach décide de quitter le bateau, les joueurs ne resteront pas forcément. Par exemple, l’été dernier, quand Calipari est parti à Arkansas, tout le monde l’a suivi : DJ Wagner, Zvonimir Ivisic, Adou Thiero l’ont suivi et d’autres (Aaron Bradshaw, Ugonna Onyenso ou Jordan Burks) sont partis ici et là. Un exemple peut être plus parlant pour nos fans de NBA sera Jason Williams, meneur de Marshall à la base qui a suivi Billy Donovan quand ce dernier a rejoint Florida avant de finir drafté aux Kings.
- Enfin, il y a toutes les raisons autres qui sont très personnelles. On a déjà vu des joueurs qui changent de faculté pour se rapprocher de leur cercle familiale, des embrouilles avec un coach, des scandales légaux qui font qu’un joueur part ailleurs (Kendrick Nunn qui quitte Illinois après avoir été condamné pour faits de violence).
En bref, il y a des tonnes de raisons possibles (et souvent, la raison est multi-factorielle et un combiné de plusieurs éléments) de rejoindre le transfer portal.
Les meilleurs candidats pour 2025
On peut commencer notre liste en partant des joueurs déjà inscrits sur le transfer portal :
- Dedan Thomas, joueur de UNLV, est classé numéro 1 des joueurs disponibles pour le moment par On3 et a raison. Le meneur de 1m85 a énormément de qualités offensives, autant pour scorer que pour passer. Le sniper connaît déjà la distance NBA à 3 points et ce sera clairement sa qualité d’entrée si il rejoint la NBA un jour. Cependant, c’est aussi un sacré provocateur de lancers et un passeur au rendement très positif, lui qui est un grand spécialiste de la passe alley-oop.
- Autre gros nom pour On3 : Owen Freeman. L’intérieur de Iowa a vécu une saison compliquée à cause des blessures mais il a montré des vrais skills pour scorer sous le panier. Avec le départ forcé de Payton Sandfort qui n’a plus d’années d’éligibilité et le départ du coach Fran McCaffery, Owen, comme beaucoup d’autres joueurs de Iowa, décide de partir. Grand, puissant, scoreur efficace et solide défenseur, Owen Freeman pourrait vite monter dans les boards pour 2026 avec une saison complète dans une bonne équipe.
- Un nom un peu plus personnel au Roster : Jaret Valencia. Le forward de Monmouth a toutes les qualités pour devenir un bon joueur : physique typique de forward NBA, qualités défensives plus que sérieuses et un tir en développement. Cependant, le très faible niveau de Monmouth cache complètement ce potentiel qui pourrait s’éclater dans une équipe solide
Maintenant, le transfer portal vient à peine de s’ouvrir et des gens vont s’y insérer au fur et à mesure. On peut réfléchir à plusieurs talents qui auraient intérêt à changer d’équipe pour la saison 2025-2026 en vue de la draft :
- Robert Hinton, arrière scoreur de Harvard et élu Rookie de l’année en Ivy League, a tout le talent pour jouer en High Major et pourrait être un nom à surveiller pour les grosses écuries de la NCAA
- Dans le même genre, le freshman Wesley Yates III, si il ne se présente pas à la draft, pourrait intéresser des équipes et trouver une équipe meilleure et mieux construite que USC ne sera pas un gros défi.
- Money Williams, meneur scoreur de Montana, aurait également tout intérêt à rejoindre une grosse équipe dans laquelle il pourra établir son scoring et surtout développer un passing avec de meilleurs coéquipiers. A moins que Montana fasse le run suffisant pour enfin voir apparaître son nom dans les boards
- Mais évidemment, les noms les plus intéressants seraient Jayden Quaintance ou Donnie Freeman. Deux joueurs au talent plus que certain mais qui ont pâti d’une équipe au niveau très moyen et de blessures qui ont raccourci leur saison. Les deux sont très différents mais pourraient avoir accès à des beaux sous avec le NIL avant de venir à la draft avec une côte optimisée, plutôt que biaisé par des blessures et/ou des opérations
- En mention, on peut aussi parler de l’avenir de Jacob Cofie, Jaland Lowe ou même Billy Richmond qui ont fait des bonnes saisons et qui mériteraient une nouvelle année dans une meilleure équipe pour montrer tout leur talent.