Andre Iguodala. Crédit : Noah Graham/NBAE via Getty Images

Andre Iguodala, la légende des Warriors qui a redéfini l’impact d’un rôle player

Les Warriors ont retiré le maillot d’Andre Iguodala ce dimanche. Quadruple champion NBA et MVP des Finales. Quand on parle de la dynastie des Warriors, on pense d’abord à Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green. Mais leurs succès n’auraient pas été les mêmes sans l’apport essentiel d’Iguodala.

Un début de carrière prometteur

Andre Iguodala a commencé sa carrière aux Sixers d’Allen Iverson. Très rapidement, il devient un joueur clé de la franchise. Il forme un trio prometteur avec AI et Chris Webber. On peut déjà apercevoir qu’il est doté d’une polyvalence rare, il se distingue par ses qualités défensives, sa capacité à scorer et son intelligence de jeu.

Après 8 saisons passées à Philadelphie, Iguodala est tradé aux Nuggets dans un échange à quatre équipes qui envoie notamment Dwight Howard aux Lakers. À Denver, il apporte son expérience et sa défense élite, il contribue à une excellente saison régulière conclue par 57 victoires. Mais l’élimination au premier tour des playoffs face aux Warriors sonne la fin de son aventure pour ouvrir sa plus grande page d’histoire. 

En juillet 2013, Iggy a refusé un contrat de cinq ans avec les Nuggets pour rejoindre les Warriors dans un sign & trade. Cela s’est avéré être la meilleure décision de sa carrière, là où il va connaître son apogée. Séduit par le style de jeu de Golden State, Iguodala se plaît déjà. Son arrivée marque un tournant pour la franchise, qui voit en lui un canalisateur défensif et un vétéran capable d’encadrer, à l’époque, les jeunes talents comme les Splash brothers et le futur DPOY Draymond Green.

Dès sa première saison, il s’impose comme un élément essentiel. Sa capacité à défendre les meilleurs joueurs adverses et à fluidifier l’attaque feront de lui une pièce maîtresse du système de Steve Kerr. Des cuts au panier, cette capacité à lire le jeu de la défense adverse avec un gros jeu de passe, des écrans hors du ballon, un style défensif capable de switch sur tout le monde, ainsi qu’une grosse pression défensive capable d’intercepter ou encore de contrer, bref Andre Iguodala se moule parfaitement dans la Baie de San Francisco.

Dolla (une variante de son nom) est le fit parfait dans ce qui sera la future dynastie, donnez lui une tâche sur un terrain, il l’a réalisera parfaitement. Ce n’est pas pour rien qu’il se fait également surnommé The Swiss Army Knife (le couteau suisse). 

L’homme de l’ombre de la dynastie des Warriors

Andre Iguodala
Andre Iguodala avec son premier trophée de champion NBA. Photo par Ezra Shaw/Getty Images

Après avoir passé la saison 2013-2014 à jouer tous les matchs en tant que titulaire et être nommé dans la All-NBA Defensive First Team. Iggy accepte d’être placé sur le banc la saison suivante au profit d’Harrison Barnes, il renonce ainsi à son statut de star, ses minutes sur le terrain et à ses statistiques. Pour Steve Kerr, c’est un sacrifice exemplaire qui leur a donné la dynamique : « Pour Andre Iguodala, accepter de sortir du banc pour la première fois de sa carrière en 10 ans, il a fait le sacrifice qui a donné le ton.« 

Les Warriors finissent la saison avec le meilleur bilan de la ligue, 67 victoires pour seulement 15 défaites. En playoffs, Golden State va réaliser un parcours très solide. Un sweep au 1er tour face aux Pelicans, 4-2 face aux Grizzlies puis une victoire 4-1 face aux Rockets en finale de conférence. Malgré le meilleur bilan, personne ne voit San Francisco s’imposer en finale.

L’équipe va devoir affronter l’immense LeBron James qui cherche à tout prix son titre avec les Cavaliers. Malgré une équipe de Cleveland affaiblie par les blessures de Kevin Love, blessé depuis le premier tour des playoffs face à Boston et de Kyrie Irving blessé lors du 1er match des finales, les Cavaliers mènent 2 à 1 face aux Warriors.

Ironie du sort, Steve Kerr décide d’intégrer Andre Iguodala dans le 5 majeurs pour le mettre en défense sur le King, alors qu’il évoluait à un rôle de sixième homme. Coup de génie tactique, LeBron James passe de 44% au tir à 38,1% lorsqu’il est défendu par Dolla. Un changement à ne pas négliger quand on sait que le Chosen One a tenté 32 tirs en moyenne. Grâce à ce changement les Warriors réaliseront la remontée et s’imposeront 4 à 2.

Sa prestation défensive va lui permettre d’obtenir le titre de MVP des finales avec 16.3 points, 5.8 rebonds et 4 passes par match. Malgré cette victoire d’Andre Iguodala contre LBJ. The King n’aura eu qu’un an à attendre avant de se venger avec le “chasedown block”

Un modèle de leadership et de sacrifice

Si les Warriors ont régné sur la NBA entre 2015 et 2019, remportant trois finales sur quatre, c’est en partie grâce à la mentalité d’Iguodala. Il incarnait l’esprit de l’équipe, altruisme, discipline et engagement défensif. Il était le relais de Steve Kerr sur le terrain et un mentor pour les jeunes joueurs. Si Draymond Green incarnait la voix dominante du vestiaire, Andre Iguodala, lui, était un leader discret, guidant par l’exemple. Son expérience, acquise au fil des saisons, lui a permis d’être un mentor pour de nombreux jeunes joueurs comme Donte DiVincenzo récemment “J’ai grandi en le regardant […] pouvoir nouer cette relation en dehors du terrain et apprendre sur le terrain, je vais être la plus grosse éponge.”

Son leadership était également visible dans sa capacité à s’effacer pour le bien de l’équipe. Ancien All-Star, il a accepté sans difficulté un rôle de sixième homme afin de maximiser l’efficacité de l’effectif des Warriors. Peu de joueurs de son calibre auraient fait preuve d’une telle humilité et d’une telle intelligence collective.

Le départ d’Andre Iguodala en 2019 a laissé un vide que les Warriors ont eu du mal à combler. Privés de son expérience, de sa polyvalence et de son leadership, l’équipe a traversé des saisons compliquées, marquées par les blessures et l’irrégularité. Une absence que Curry a eu du mal à digérer au moment de son départ “Oui j’ai envoyé un SMS à Andre hier. J’ai eu un petit moment de peine. Je lui ai dit :  “Tu me manques, bro”. C’est très étrange de ne pas le voir. Il avait une telle présence.”

Sans lui, Golden State a perdu un atout défensif majeur capable de ralentir les superstars adverses. Son absence s’est notamment fait ressentir dans la stabilité du banc, dépourvu de ce leader silencieux capable de guider les jeunes talents. De 2019 à 2021, les Warriors ont manqué les playoffs. Son retour en 2022 coïncide avec une nouvelle conquête du titre, preuve de son importance capitale dans l’ADN de cette équipe. Si son rôle sur le terrain avait diminué, son influence dans le vestiaire restait immense. 

Iguodala aurait pu poursuivre une carrière en tant que franchise player ailleurs, mais il a préféré se fondre dans le collectif des Warriors, mettant son égo de côté pour viser des titres plutôt que des distinctions individuelles. Ce choix a été récompensé par quatre championnats NBA (2015, 2017, 2018 et 2022), faisant de lui l’un des joueurs les plus titrés de sa génération.

Que ce soit par ses interceptions décisives, sa présence rassurante dans les moments chauds ou son travail dans l’ombre, Iguodala restera dans l’histoire des Warriors comme un joueur indispensable à leur réussite. Son impact va bien au-delà des statistiques, il a été le ciment qui a maintenu cette équipe unie et performante au plus haut niveau.

La fin d’une belle histoire

En octobre 2023, Andre Iguodala a annoncé sa retraite après 19 saisons en NBA. Son palmarès parle pour lui : 4 titres NBA, MVP des Finales, All-Star en 2012 et une médaille d’or olympique en 2012 avec Team USA. Chez les Warriors, il aura compilé 6,9 ​​points, 3,8 rebonds et 3,4 passes. Mais au-delà des statistiques, il a prouvé qu’il a été plus qu’un rôle player dans l’une des plus grandes équipes de l’histoire de la NBA.

Sans Stephen Curry, le maillot de personne ne serait retiré d’ici.

Le 28 janvier les Warriors avaient annoncé retirer le maillot d’Iggy. Il en a profité pour remercier la direction et faire les éloges du Chef. “Je peux évaluer correctement ma carrière, donc je n’ai pas besoin d’être validé. Je pense que j’ai été le premier à comprendre comment je pouvais prolonger ma carrière en jouant aux côtés de Steph Curry […] Ne le sortez pas de son contexte mais Kevin Durant est le joueur de basket le plus talentueux que j’ai jamais vu. J’inclus Michael Jordan. Michael Jordan est le meilleur, mais je parle de talent. Personne n’est meilleur que Kevin Durant. Mais sans Stephen Curry, le maillot de personne ne serait retiré d’ici »

Le numéro 9 va rejoindre le plafond du Chase Center déjà composé de Wilt Chamberlain (13), Tom Meschery (14), Alvin Attles (16), Chris Mullin (17), Rick Barry (24) et Nate Thurmond (42). « Andre restera comme l’un des joueurs les plus intelligents, malins, uniques et couronnés de succès à avoir porté le maillot des Warriors […] il est venu pour nous aider à accomplir une chose, à savoir gagner. La preuve est maintenant au plafond et son numéro mérite de rejoindre les bannières qu’il nous a aidés à accrocher. » », réagi le propriétaire de Golden State, Joe Lacob.

Son héritage est celui d’un joueur qui a redéfini l’importance du rôle player. Un véritable stratège sur le parquet, un leader discret et un homme qui a toujours placé la victoire collective avant la gloire personnelle. Les Warriors lui doivent une partie de leur histoire, et les fans de basket se souviendront toujours de son impact unique sur le jeu.

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