Un nouvel acronyme est arrivé dans vos actualités NBA : le POTS de Kristaps Porziņģis. Postural orthostatic tachycardia syndrome, ou syndrome de tachycardie orthostatique posturale (STOP) en français, est un syndrome multi organe alliant neurologie et surtout cardiologie.
Quand on décrypte le nom complet du syndrome on peut deviner ce qu’il en est. Dans un cas normal de changement de posture (en orthostatique), comme le passage de la position assise à debout d’un remplaçant en NBA s’apprêtant à rentrer sur le terrain, le cœur augmente sa fréquence cardiaque pour que le sang soit bien réparti dans tout le corps.
Dans le cas d’un POTS, le système nerveux ne donne pas assez d’informations correctes pour que le cœur puisse réguler correctement cette masse de sang et il se met à battre trop rapidement, c’est la tachycardie. Le rythme cardiaque augmente de l’ordre de 30 à 40 pulsations par minutes, comme ça sans rien faire. On comprend donc mieux le nom de syndrome de la tachycardie orthostatique posturale.

Ok Kristaps Porziņģis a pris un STOP, et alors ?
Si on résume très grossièrement, Kristaps Porziņģis n’est pas « juste un peu fatigué » : c’est comme s’il venait de donner son sang et qu’il se levait trop vite… sauf que cette sensation ne disparaît pas au bout de quelques secondes. Avec le POTS, dès qu’il se met debout ou qu’il accélère le rythme, son cœur s’emballe, la tête tourne et il n’a plus de jus : Kristaps a une impression de faiblesse musculaire généralisée.
Il peut faire des malaises, oui, mais aussi subir des somnolences en pleine journée, une sensation de voile devant ses yeux, des nausées et une intolérance à la chaleur. Autant dire que pour enchaîner les sprints, lire le jeu et rester lucide pendant 40 minutes dans une salle NBA remplie, ce n’est clairement pas le top.

Maintenant qu’on sait à peu près ce qu’à le letton on va regarder un peu plus en détail.
Premier point: il n’a pas de chance. C’est une pathologie découverte en 1993 qui touche à 80% des femmes et qui a une cause suspectée de 20-50% par l’infection d’un virus. Il y a donc un lien potentiel entre ses absences répétées pour cause de virus du côté des Boston Celtics et maintenant le POTS sous le maillot des Hawks. Si vous n’en avez jamais entendu parlé, c’est parce que c’est une maladie rare en France (500 cas) mais mieux diagnostiquée aux Etats-Unis (environ 500 000 diagnostics).
Deuxième point, il n’existe pas de traitements spécifiques à cette pathologie. La science planche sur la question mais pour l’instant, c’est seulement des traitements non médicamenteux sur la posture puis des traitements médicamenteux liés aux symptômes mais ne traitant pas la cause principale pour être guéri. En revanche, dans 50% des cas, ces symptômes disparaissent spontanément dans les 1 à 3 ans après être apparus.
Troisième point, ce syndrome n’ajoute pas un surrisque de mortalité par rapport aux patients sains. C’est donc un syndrome invalidant mais pas mortel. C’est plutôt rassurant par rapport à d’autres problèmes d’ordre cardiaque quand on parle basket professionnel.
C’est quoi la suite ?
On va espérer que la situation se résolve par la force des choses, sinon le letton risque de rester debout lors de ses passages sur le banc, ou d’autres méthodes du même style pour éviter des désagréments. Je ne pense pas que les traitements médicamenteux actuels puissent traiter spécifiquement ce syndrome car quand on traite pour un problème cardiaque ou nerveux, c’est le plus souvent au repos que les études cliniques sont réalisées. Pas en changeant de posture.
Au moins, cette mésaventure aura le mérite de mettre en lumière ce syndrome auprès grand public pour une meilleure compréhension des malades. Au grand dam du Letton, qui n’a pu jouer que 112 matchs sur 219 possibles (51%) depuis son arrivée aux Celtics à l’été 2023. Peut-être que l’organisation des Celtics était au courant de son état de santé avant son échange aux Hawks, peut-être que non, en tout cas on aura plus d’informations dans les prochaines semaines !
Si ce syndrome se résout rapidement, le reste de l’année des Hawks pourrait ressembler à ce que nous vous présentions dans la saison parfaite de la division Southeast il y a quelques semaines. Si vous souhaitez tout savoir sur le POTS, voici l’article scientifique servant de source à ces réflexions.






