Milwaukee Bucks

Les Milwaukee Bucks, à quoi s’attendre pour la fin de saison ?

Après deux tiers de saison régulière en dents de scie, les Milwaukee Bucks espèrent toujours être un candidat sérieux au titre à l’approche des playoffs en avril. Voici ce qu’il faudra surveiller du côté du Wisconsin ces prochaines semaines.

Il y a un an, les Bucks se séparaient d’Adrian Griffin alors que le bilan de l’équipe était de 30 victoires et 13 défaites. Doc Rivers débarquait en ville pour mener un projet bien chamboulé depuis l’élimination surprise en tant que numéro 1 de conférence, face au Miami Heat d’un Jimmy Butler historique. Cette saison, après un départ en 2-8, les Milwaukee Bucks se sont bien repris et affichent désormais un bilan en 29-24, en pointant à la 5e place de la conférence Est.

Plus de cinquante matchs ont été joué, place désormais au sprint final à l’approche des playoffs. Pour cette période après le All-Star Game, les Bucks doivent avoir leur effectif en pleine santé et leurs nouveaux joueurs prêts à contribuer.

Malheureusement, c’est mal parti. La NBA a annoncé ce jeudi 20 février que Bobby Portis a été suspendu 25 matches pour « violation de la politique anti-drogue de la ligue ». Il reste 29 matchs de saison régulière aux Bucks. Le big man et sixième homme des Bucks a utilisé du tramadol, une substance dopante interdite. Sur ses cinq derniers matchs, le pivot a inscrit 16pts et capté 11 rebonds de moyenne. Cette saison, il est à 13,7 points et 8,3 rebonds de moyenne en 25 minutes par match.

C’est une lourde perte pour Milwaukee, qui va devoir compter sur leurs deux recrues, Kyle Kuzma et Jericho Sims, pour assurer la rotation à trois intérieurs, en plus de Brook Lopez.

Après deux tiers de la saison régulière, les Bucks n’ont pas encore été assez bons pour jouer le titre, mais Doc Rivers croit toujours en cette équipe. Avant la trade deadline et l’échange entre Khris Middleton, parti aux Wizards, et Kuzma, fraichement arrivé, le coach champion avec les Celtics en 2008 se disait « content » de l’équipe à sa disposition. Plus encore, cela ne lui aurait pas déplu de ne pas voir une modification de l’effectif.

Finalement, le directeur sportif Jon Horst a bougé. Il a ajouté Kyle Kuzma, Kevin Porter Jr. et Jericho Sims mais aussi acté les départs de la légende locale Khris Middleton, du vétéran Delon Wright, ainsi que ceux des jeunes (écartés) AJ Johnson et Marjon Beauchamp. Des choix qui ne dérangent finalement pas Doc Rivers.  « J’aime vraiment cette équipe », a déclaré l’ancien entraineur des Sixers. « Nous avons perdu des matches cette année que nous aurions pu gagner, mais tout cela est derrière nous. J’aime la situation dans laquelle nous nous trouvons », s’est réjoui celui qui n’a plus atteint les finales de conférence depuis 2012.

S’il « aime la situation » dans laquelle se trouve son équipe aujourd’hui, les Milwaukee Bucks ne figurent pas parmi les meilleures équipes de la ligue. La troupe emmenée par Giannis joue le titre, c’est l’objectif annoncé. Pourtant, les performances affichées ne permettent pas aux hommes de Doc Rivers de figurer dans le premier wagon. Loin des meilleurs, Milwaukee affiche un Net Rating de 1.2, le 11e de la NBA cette saison. Un « score » bien trop faible pour prétendre sérieusement au titre.

Revenons en quelques chiffres sur les performances des Bucks cette saison pour mieux comprendre où ils en sont et ce qu’il faut surveiller pendant les prochaines semaines.

L’attaque peut­-elle entrer dans le top 10 de la ligue ?

Premièrement, l’attaque. Les Bucks shootent bien, très bien même. 48% au shoot (7e de la ligue), 38,7% à trois points (2e de la ligue), les ballons rentrent dans le panier. Après sa première saison dans le Wisconsin, Damian Lillard affiche un meilleur niveau, passant de 24pts à près de 26pts de moyenne avec de bien meilleurs pourcentages au shoot (de 42 à 45% au global, de 35 à 38% à trois points).

Au-delà de Lillard, trois joueurs tirent à 40% de loin, avec de gros volumes : Taurean Prince (46%, 4 tentatives par match), Gary Trent Jr. (43%, 5,4 tentatives) et AJ Green (43%, 5 tentatives). Les 3&D font un sacré boulot.

En plus de cette adresse au tir, le pick and roll tant attendu entre Giannis Antetokounmpo, toujours aussi dominant, et Damian Lillard s’améliore semaine après semaine. Il est de plus en plus utilisé par Doc Rivers et il sanctionne davantage les défenses adverses.

Sur cette action, le pick and roll entre le meneur et l’ailier fort est utilisé en fin de match contre le Magic, dans la victoire 109 à 106 le 10 janvier dernier. Giannis, dans un excellent soir (41 points), est servi par Damian Lillard et punit la défense d’Orlando, 3e meilleure défense de la ligue.

Malgré toutes ces progressions et la présence de leur duo All-Star, l’attaque des Bucks n’est pas parmi les meilleurs de la ligue. En manque de variété, elle a souvent déraillé face aux meilleures défenses de NBA. Milwaukee devra être très prudent en attaque car si l’adresse au tir diminue et se rapproche de la moyenne, il sera très compliqué d’accrocher la 4e place de la conférence Est. On voit mal comment elle peut s’améliorer. Cette attaque pointe aux portes du top 10… tout comme la défense.

L’ADN défensif des Milwaukee Bucks va-t-il resurgir ?

Poser un « stop », défendre le plomb… les hommes de Doc Rivers n’en sont plus capables, comme c’était le cas il y a quelques années au temps de Mike Budenholzer. Du moins, on a très peu eu l’occasion de l’observer cette saison. Ils l’avaient notamment fait en finale de la NBA Cup face au Oklahoma City Thunder (victoire 97-81)… mais c’est tout. Les Milwaukee Bucks sont notamment la deuxième équipe qui volent le moins de ballon à son adversaire (7,2 interceptions par match).

La défense s’est pourtant amélioré cette saison par rapport à l’exercice précédent. Très athlétique, Andre Jackson Jr., qui a intégré le cinq majeur, est un excellent défenseur sur l’homme. AJ Green et Taurean Prince sont moins passifs que l’étaient Malik Beasley et Jae Crowder l’an dernier. Même Damian Lillard se donne plus qu’avant ! Toutefois, cette défense est trop perméable et elle n’est pas suffisante pour rivaliser avec les meilleurs et contenir les plus grosses forces offensives de NBA.

Autre chiffre intéressant : les Bucks sont la meilleure équipe au rebond défensif mais la pire équipe… au rebond offensif. Au global, c’est la 20e équipe qui prend le plus de rebond (44 prises par match). Là encore, c’est insuffisant. A l’image de l’attaque, la défense devra elle aussi faire partie – minimum – des dix meilleurs de la ligue. Sinon, la quête du titre est quasiment inenvisageable.

Les Milwaukee Bucks ont remporté la deuxième édition de la NBA Cup après avoir défait le Oklahoma City Thunder en finale à Las Vegas, le 17 décembre 2024. Crédit : NBA

Trop fort pour s’alarmer, trop faible pour inquiéter

Concrètement, les Bucks ne sont ni mauvais, ni excellents des deux côtés du terrain. S’ils ne sont pas dans le ventre mou de la ligue aujourd’hui, ils se battent seulement pour une place en demi-finales de conférence. Pas pour le titre, pas pour une finale de conférence. En témoigne le classement de la conférence Est, où la bataille est féroce avec les Indiana Pacers (leur bourreau au premier tour des playoffs la saison dernière), le Orlando Magic, ou encore les Detroit Pistons.

Milwaukee souhaite retrouver l’étiquette de favori qui lui collait au front de 2019 à 2023. Mais depuis bientôt deux ans, les Bucks ne font plus autant peur à leurs adversaires. Ils rêvent d’afficher le niveau des trois meilleures équipes de l’Est – les Cleveland Cavaliers, les Boston Celtics et les New York Knicks – mais à l’heure actuelle, il semble difficile de les voir inquiéter l’une de ces trois écuries.

Les Celtics, champions en titre, n’ont pas à en avoir peur (3-0 face aux Bucks cette saison). Le géant vert du Massachusetts a plusieurs longueurs d’avance sur l’autre franchise verte de la ligue. De leur côté, les Knicks et les Cavs peuvent proposer une attaque qui, accompagné d’une défense honnête, peut anéantir les espoirs de victoire des hommes du Wisconsin.

La défense extérieure de Milwaukee est en grande difficulté face aux meilleurs arrières de la ligue. Au Madison Square Garden, Jalen Brunson (44pts en seulement 29 minutes, à 16/26 au tir) avait disséqué la défense des Bucks, le 12 janvier dernier, dans une victoire des Knicks (140-106). Andre Jackson Jr., AJ Green, Pat Connaughton… Personne n’avait pu l’arrêter. Et personne au sein des Bucks ne semble en mesure de le déranger dans une série de playoffs. Dans une double victoire les 2 et 4 novembre 2024, Donovan Mitchell (30 pts) et Darius Garland (39) avaient eux aussi, chacun leur tour, dégouté les défenseurs adverses.

Si l’on élargit les confrontations à l’Ouest, les Bucks sont en grande difficulté face aux cinq meilleures équipes de NBA cette saison. En 12 matchs, les Bucks se sont inclinés à 11 reprises. La seule victoire ? Celle face au Thunder en finale de NBA Cup le 17 décembre dernier.

Enfin au complet en playoffs ?

Toutefois, les Bucks peuvent entretenir des motifs d’espoir. La clé de la réussite, c’est d’abord la santé. Le scénario idéal pour les Bucks, depuis le début de saison, est d’arriver à 100% de ses capacités au mois d’avril. Milwaukee n’a jamais été au complet en playoffs depuis le titre de champion NBA en juillet 2021.

En 2022, Khris Middleton était absent dans la défaite (4-3) face aux Celtics en demi-finale de conférence. Un an plus tard, en 2023, le patron Giannis Antetokounmpo s’était blessé durant la série face au Miami Heat au premier tour. L’an dernier, le Grec n’avait pas pu disputer le moindre match de playoffs à cause d’une blessure au mollet à la fin de la saison régulière.

Cela fait donc bientôt 4 ans que les Bucks n’ont pas montré de quoi ils étaient capables à 100% en playoffs. L’objectif d’arriver en bonne santé est évident dans la tête de l’organisation. Doc Rivers espère lui-même que son équipe sera « en bonne santé pendant la deuxième partie de saison ». Giannis a également avoué que son « principal objectif » était d’arriver sans pépin physique pour les playoffs, tout en reconnaissant qu’il restait un nombre important de matchs à jouer.

La dernière chance avant le déclin des Milwaukee Bucks ?

De plus, il est certain que pas grand monde n’a envie d’affronter l’un des meilleurs duos de la ligue, Giannis et Lillard, en playoffs. Les deux hommes, assurément futurs Hall of Famers, peuvent se transcender et porter leur équipe le temps d’une campagne de playoffs. Le monstre grec sait gagner, Doc Rivers aussi (malgré ses galères depuis 15 ans).

Il ne faut pas oublier que ces Bucks restent l’une des équipes les plus expérimentés de la ligue, et qu’elle peut aussi compter sur sa jeunesse avec AJ Green et Andre Jackson Jr.

Il ne faut pas oublier, non plus, que cette équipe arrive en fin de cycle et que la fenêtre de tir pour remporter le gros lot se referme saison après saison. Damian Lillard a 34 ans, Brook Lopez va sur ses 37, Giannis a fêté son 30e anniversaire… Il reste très probablement peu de temps à cette équipe avant de ne plus pouvoir rêver de titre à court terme. L’horloge tourne, la NBA progresse rapidement, et les Bucks le savent.

Parmi les champions NBA en 2021, seuls Giannis Antetokounmpo, Brook Lopez, Bobby Portis et Pat Connaughton sont encore présents au sein des Milwaukee Bucks. Crédit : Bucks

D’autant plus que la menace d’un transfert de Giannis Antetokounmpo plane au-dessus de l’organisation. La superstar des Milwaukee Bucks attire l’attention de nombreuses franchises qui espèrent le récupérer dans les années à venir.

À l’heure actuelle, le principal intéressé ne semble pas vouloir forcer son départ du Wisconsin. « Si je reçois un message de mon directeur sportif […], j’irai faire mon travail. Je ne suis pas le genre de gars qui va demander un transfert, ils devraient plutôt se séparer de moi », a déclaré le double MVP à la chaine de télévision grecque Cosmote TV, diffuseur de la NBA en Grèce (propos rapportés par Eurohoops).

Toutefois, le MVP des Finales 2021 n’a cessé de mettre la pression sur sa direction depuis des années, toujours dans l’objectif de gagner. Ce dossier sera à suivre de très près. Le contrat de Giannis expire à l’été 2027, mais il contient une « player option » à hauteur de 62 millions de dollars pour la saison 2027/28.

Avant cela, il y a cette saison à conclure. L’objectif est clair : gagner. Peut-on sérieusement y croire ? Il faudra être meilleurs en avril, mais les Milwaukee Bucks, emmenés par son dieu grec, connaissent la recette.

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