Deuxièmes de la conférence Ouest avec un bilan de 41-16, les San Antonio Spurs ne se contentent plus d’apprendre : ils gagnent. Portés par Victor Wembanyama, une défense d’élite et l’émergence de jeunes leaders comme Stephon Castle, les Texans peuvent-ils réellement viser le titre NBA dès cette saison ?
Lors d’un entretien accordé à Rémi Reverchon sur beIN Sports, Victor Wembanyama n’a pas éludé la question d’un éventuel titre dès cette saison. Interrogé sur la possibilité pour les San Antonio Spurs d’aller au bout, il a répondu sans détour :
« Bien sûr ! Et c’est réaliste. » Avant de développer : « Quand on regarde les champions des dix ou quinze dernières années, la plupart terminaient premiers ou deuxièmes de leur conférence. Donc oui, c’est possible.«
Longtemps éloignés des sommets, les San Antonio Spurs semblent cette fois changer de dimension. Deuxièmes de la conférence Ouest (la plus dense de la ligue) avec un bilan de 41 victoires pour 16 défaites, les Texans peuvent-ils réellement viser un sixième titre NBA de leur histoire ? Le rêve est permis. Mais est-il fondé ?
L’architecte du renouveau
L’architecte du retour des Spurs parmi les meilleures équipes de la ligue s’appelle Mitch Johnson. Le coach principal a réussi là où peu l’attendaient. Car succéder à Gregg Popovich, légende vivante de la franchise en poste depuis 1996, n’a rien d’anodin.
Pourtant, depuis qu’il a repris l’équipe, Mitch Johnson a su imposer sa patte tout en s’inspirant de son mentor. Résultat : les San Antonio Spurs ont retrouvé son identité, faite de discipline, d’intelligence collective et d’exigence défensive. Les Texans sont revenus là où ils ambitionnent d’être : en haut du classement.
Castle, un nouveau leader

L’un des piliers du collectif des Spurs est le Rookie of the Year 2025, Stephon Castle. Depuis le début de la saison, il tourne à 16,2 points et 7,1 passes de moyenne. Le meneur de 21 ans a progressé dans tous les secteurs : plus efficace au tir, plus agressif dans la pénétration, plus juste dans la distribution.
Mais c’est surtout en défense qu’il impressionne. Il ne laisse aucun espace à son adversaire, le presse, provoque des pertes de balle et fait chuter les pourcentages de son vis-à-vis. Face aux Detroit Pistons récemment, Cade Cunningham a terminé à 5 sur 26 au tir, une inefficacité en grande partie provoquée par le travail de Castle.
“Il a parfaitement exécuté le plan de jeu”, a salué Mitch Johnson. “Il est resté physique, a bien bougé les pieds et montré les mains.”
“Je voulais lui compliquer la tâche”, a expliqué Castle. “Je voulais rester collé à lui pour l’empêcher de jouer comme il l’entend. Tout le monde était prêt à m’aider, surtout dans la raquette. Le but, c’était de l’obliger à prendre les tirs les plus difficiles possible.”
Stephon Castle illustre ainsi parfaitement une des grandes qualités de Spurs depuis le début de saison : la défense. Il n’est pas une anomalie dans cet effectif. Il est le produit d’un système. À San Antonio, la défense n’est pas un effort individuel, c’est une culture. Et Castle n’en est qu’une vitrine.
Une défense de fer
Depuis le début de la saison, les Spurs concèdent en moyenne 110,5 points par match, ce qui en fait la troisième meilleure défense de NBA.
Castle n’est d’ailleurs pas le seul à s’inscrire dans cette exigence. Autre jeune déjà impactant : Carter Bryant. S’il s’est fait remarquer pour ses dunks spectaculaires, c’est surtout par sa défense qu’il a marqué les esprits. Déjà en Summer League, il était chargé de défendre sur des profils comme Cooper Flagg. L’ailier de 20 ans l’a affirmé sans détour : « Je pense que je peux être le deuxième meilleur défenseur de la ligue », faisant ainsi référence à son coéquipier Victor Wembanyama, considéré par beaucoup comme le meilleur défenseur de la NBA.
Le Français est actuellement le meilleur contreur de la ligue avec 2,8 contres par match, loin devant ses poursuivants, qui ne dépassent pas les deux unités de moyenne. Mais Wembanyama n’est pas seulement une machine à contrer : il est une arme de dissuasion massive. Combien de joueurs ont renoncé à attaquer le cercle après l’avoir aperçu dans la peinture ? S’il atteint la barre des 65 matchs disputés, il sera un candidat évident au titre de Defensive Player of the Year.
Une rotation efficace
Autre point fort : la profondeur d’effectif.
Keldon Johnson apporte énormément en sortie de banc avec 13,5 points de moyenne. Harrison Barnes, de son côté, joue un rôle clé par son expérience et sa stabilité. Les rookies Dylan Harper et Carter Bryant complètent une rotation dynamique et énergique.

Surtout, les Spurs disposent enfin d’un pivot capable d’assurer la relève lorsque Wembanyama sort : Luke Kornet. Il a même parfaitement tenu son rang lors de sa période comme titulaire en l’absence du Français.
La jeunesse n’est plus une excuse
Le principal doute concerne l’expérience. Avec une moyenne d’âge de 26,5 ans, l’effectif reste jeune. Mais l’exemple récent d’Oklahoma City a prouvé que la jeunesse n’est pas incompatible avec les très grandes ambitions.
D’autant que l’identité des Spurs repose d’abord sur la défense, un secteur où l’expérience pèse souvent moins que l’engagement, la discipline et la cohésion. Les manques liés à l’âge se font généralement plus sentir dans les moments offensifs décisifs, notamment au tir.
Or San Antonio possède des profils capables d’assumer ces responsabilités : De’Aaron Fox, capable de scorer et d’être clutch, mais aussi Harrison Barnes ou Luke Kornet, qui apportent leur vécu de champion NBA.
Il semble donc que les Spurs aient les armes pour aller chercher un titre NBA dès cette année, notamment grâce à une très grosse défense, mais aussi grâce à des vétérans qui ont connus les moments menant à la victoire suprême, et qui vont pouvoir gérer le peu d’expérience de l’équipe. Néanmoins, cela va être particulièrement compliqué au vu des concurrents, même si en saison régulière San Antonio s’est montré très bon contre les grosses équipes.






