C’était un back-to-back entre les Sixers et les Raptors dans la nuit du lundi 12 janvier. Après la victoire de Toronto dans le money-time lors du premier match, le second a pris une tournure bien différente. Victoire 102-115 des 76ers dans un match qu’ils auront survolé de bout en bout.
Lorsque Philadelphie est au complet, cela change beaucoup de choses. Pour ce deuxième match, Joel Embiid et Paul George étaient présents, et ils ont pesé sur la rencontre. 51-80 dès la mi-temps, puis une seconde période sans réelle intensité : les Sixers s’imposent finalement 102-115, dans une victoire importante dans la course aux playoffs. Beaucoup d’adresse pour Philly, qui termine la rencontre à 52 % au tir et 44 % à trois points, avec surtout une première mi-temps de très haut niveau offensivement. Le ballon circulait bien, l’équipe mettait de l’intensité et chaque joueur a pu briller individuellement. Une victoire à l’extérieur qui affirme encore un peu plus les ambitions des Sixers.
Une réintégration réussie

crédit : Getty Images
En début de saison, les interrogations étaient nombreuses quant au réel potentiel de cette équipe. Des joueurs de talent, mais souvent blessés et irréguliers. Six mois plus tard, les questions ne sont pas totalement levées.
Tyrese Maxey apporte pleinement satisfaction. Auteur d’une saison calibre MVP, la meilleure de sa carrière, il a longtemps porté les Sixers sur ses épaules. 30,9 points de moyenne (3e meilleur marqueur de la ligue), à 48 % au tir et 40 % derrière l’arc : la saison offensive de l’arrière de Philly est tout simplement énorme. Bien accompagné par le rookie VJ Edjecombe (16 points par match), le duo extérieur a longtemps maintenu Philadelphie dans la course aux playoffs.
Sans être un contender majeur, les 76ers ont proposé un basket intéressant. Beaucoup de rythme en attaque, un gros volume de tirs et une vraie intensité défensive : Philly avait trouvé son équilibre sans ses deux vétérans stars. Forcément, le retour d’Embiid et de Paul George soulevait des interrogations. Allaient-ils freiner l’intensité extérieure en monopolisant le ballon sur l’aile ou dans la peinture ? Au final, leurs retours n’ont pas posé de problème.
Paul George a changé de statut, s’adaptant plutôt bien à ses nouvelles capacités. PG n’a plus ses jambes de 20 ans, c’est une certitude. Son contrat à plus de 52 millions de dollars par an jusqu’en 2028 est très élevé au regard de son impact actuel, c’est une certitude. Mais quitte à avoir ce contrat, sans doute intransférable, autant l’utiliser intelligemment. Aujourd’hui, le numéro 8 des Sixers est davantage employé comme un role player, avec peu de systèmes dessinés pour lui. Toujours capable de scorer par intermittence, notamment sur du catch-and-shoot ou dans un rôle de spacing moins dépendant de ses qualités athlétiques, il apporte une contribution correcte. 16 points par match (40 % au tir), sans monopoliser le ballon, tout en restant un défenseur fiable. Sur le terrain, PG-13 n’est pas le frein que l’on pouvait craindre. Son contrat reste un problème pour le salary cap, mais la situation ne pourra pas évoluer à court terme.
Embiid : enfin de retour ?
Le cas d’Embiid est assez similaire. On le sait, le MVP des Sixers a connu de nombreuses blessures et beaucoup d’observateurs étaient sceptiques quant à un retour à son meilleur niveau. De plus, avec un jeu basé sur la vitesse des extérieurs, les 76ers pouvaient craindre un déséquilibre offensif lié à l’ajout d’un joueur très dominant dans la peinture.
Désormais, Embiid a disputé 20 matchs cette saison, et son retour se passe plutôt bien. Certes, on n’a pas encore retrouvé le Joel Embiid des grandes années, mais la tendance est positive. Sur les 11 derniers matchs, ses statistiques sont encourageantes : 28,2 points par match à 52 % au tir, 8,4 rebonds, pour un bilan de 7 victoires et 4 défaites. Non seulement le numéro 21 ne pénalise pas son équipe, mais il la rend plus compétitive.
L’intérieur ajoute de nouvelles options offensives, tout en laissant de l’espace à Maxey et Edjecombe pour s’exprimer loin du cercle. Sur le plan tactique, Embiid s’est bien réintégré et commence progressivement à retrouver son niveau physique. On l’a vu lors de cette rencontre avec une performance de gala (27 points, 8 rebonds). La mobilité du MVP 2023 est de retour : son explosivité et son footwork, qui faisaient sa force, ont pesé sur la rencontre, et “Jojo” a martyrisé la raquette des Raptors. Pour couronner le tout, Joel Embiid s’est même offert un énorme dunk sur la tête de Sandro Mamukelashvili, envoyant un message à toute la NBA.
La question demeure cependant : pour combien de temps ? Les retours de blessures d’Embiid sont souvent suivis de rechutes. Il ne reste plus qu’à espérer que le pivot parvienne à maintenir ce niveau de jeu jusqu’à la fin de la saison.
76ers : jusqu’où peuvent-ils aller ?

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Dans une conférence Est aussi ouverte, tout est possible. Malgré un début de saison moyen (11-9 après 20 matchs), les Sixers sont toujours dans le coup. Cinquièmes avec un bilan de 22 victoires pour 16 défaites, le retour progressif d’Embiid à un bon niveau laisse présager de belles choses en Pennsylvanie.
Sans être un candidat sérieux au titre, Philadelphie peut, avec un peu de réussite, envisager un parcours solide en playoffs. Dans une conférence où aucune équipe ne semble réellement imprenable, et avec un effectif riche en talent, tout semble envisageable. Néanmoins, plusieurs équipes paraissent actuellement mieux armées que ces Sixers dans la course à la finale NBA. Atteindre une demi-finale de conférence représenterait déjà les signes d’une saison réussie.
La belle image de la soirée : Kyle Lowry retrouve le parquet de la Scotiabank Arena
Véritable légende des Toronto Raptors, Kyle Lowry disputait sans doute son dernier match à Toronto, du moins en tant que joueur adverse. À deux minutes de la fin, le public de la Scotiabank Arena scande : « On veut Lowry ». Le numéro 7 des Sixers entre alors sur le parquet pour la première fois du match, sous l’ovation du public. Celui qui a mené les Raptors vers leur premier titre NBA en 2019 est considéré par beaucoup comme le plus grand joueur de l’histoire de la franchise.





