LeBron James et Carmelo Anthony. NBA

Les 5 grandes rivalités de rookies depuis 2000

2025 a marqué l’arrivée d’un OVNI et de son némésis en NBA. Alors qu’un duel à distance XXL a lieu depuis octobre entre Cooper Flagg et Kon Knueppel, un affrontement direct titanesque a eu lieu dans la nuit du 29 janvier. 49 points pour le premier, 34 pour le second. Une bonne occasion de se replonger dans les courses au titre de Rookie de l’année les plus mémorables de notre siècle.

LeBron James VS Carmelo Anthony

Comment ne pas entamer par l’iconique cuvée des rookies de 2003. Dwyane Wade est aujourd’hui devenu, selon la plupart des spécialistes, le deuxième plus grand joueur issu de cette draft, derrière LeBron James. Mais force est de constater que Flash n’était pas invité dans la course au meilleur débutant à la fin de la saison 2004. Cette dernière marque l’arrivée en force du Chosen One dans la ligue. 

Très attendu alors qu’il n’était pas passé par la case université, le natif d’Akron n’attend pas longtemps pour briller. Une saison à 79 matchs, 20,9 points (4ème meilleur bilan pour un rookie au XXIe siècle), 5,5 rebonds et 5,9 passes. Dans une équipe de Cleveland très en difficultés, LeBron se révèle comme un phénomène athlétique, un excellent défenseur, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et un playmaker de qualité. Avec lui, Cleveland passe de 17 à 35 victoires. Le titre de Rookie de l’année est en poche et les bases de la légende sont posées.

Mais face à lui un jeune ailier tente tout pour lui voler la vedette. Champion universitaire en titre avec la fac de Syracuse, Carmelo Anthony envoie une énorme saison pour porter ses Nuggets. Leader offensif de la cinquième attaque de la ligue, Melo envoie une équipe dernière de sa conférence la saison précédente en playoffs. Il rayonne grâce à un jeu dans la moitié adverse ultra complet, capable de postériser les plus grands intérieurs de la ligue comme d’envoyer des missiles loin du cercle.

Le natif de Brooklyn envoie la plus grosse performance de ses deux affrontements directs face à LeBron avec un record à 26 points. Trop court pour aller chercher le King qui repartira avec le trophée de Rookie of the Year, le forward se sera quand même affirmé comme l’avenir du Colorado.

Steve Francis VS Elton Brand

Steve Francis et Elton Brand Rookie. NBA
Steve Francis et Elton Brand sont les seuls Rookie de l’année partagés depuis 2000. (Crédit : NBA)

La saison 1999-2000 offre une entame de millénaire cocasse. Elle a la particularité d’avoir, pour la troisième fois seulement dans l’histoire, couronné 2 joueurs Rookie of the year. Après les lauriers partagés de Dave Cowens et Geoff Petrie en 1971 et de Grant Hill et Jason Kidd en 1994, Steve Francis et Elton Brand inscrivent leurs noms dans les annales de la NBA.

Le premier arrive comme un meneur de poche à la détente surréaliste. Le rookie se démarque grâce à son jeu spectaculaire basé sur des dunks à tout-va et des passes fantasques. Il livre une saison honorable statistiquement avec 18 points, 5 rebonds et presque 7 passes de moyenne. Malgré un mauvais bilan, Stevie Franchise prend les commandes du navire Houston, alors même que des légendes comme Charles Barkley ou Hakeem Olajuwon jouent à ses côtés.

Face à lui, Elton Brand incarne, lors de son choix à la première place de la draft 99, les espoirs des Bulls. La franchise de l’Illinois entame sa reconstruction après la retraite de Michael Jordan, 1 an plus tôt. Et, s’il n’a jamais acquis le statut de superstar capable d’aller chercher le titre par la suite, force-est de constater que la première saison de EB était du calibre des plus grands. Un double-double à 20 points de moyenne pour entamer une carrière longue de 16 ans. L’intérieur devient l’axe principal du secteur intérieur de Chicago.

Les Bulls livrent une triste saison à seulement 17 victoires. Ce qui n’empêchera Brand de remporter le titre de ROTY, et de devenir, à son époque, le troisième rookie seulement à enregistrer 20 points et 10 rebonds de moyenne, aux côtés de Tim Duncan et Alonzo Mourning, excusez du peu.

Tyreke Evans VS Stephen Curry

Tyreke Evans & Stephen Curry. Rocky Widner / Getty Images
Tyreke Evans a réalisé l’exploit (pas si impensable à l’époque) de subtiliser le titre de Rookie de l’année à une icône de son sport. (Crédit : Rocky Widner / Getty Images)

L’un est un inconnu total pour 99 % de l’opinion publique. L’autre une légende absolue du basket, qui l’a révolutionné et dont le nom est connu de toute personne qui s’intéresse, même de loin, au sport en règle général. Facile, donc, de s’imaginer lequel des deux est allé chercher le prestigieux titre de rookie de l’année en 2010. Et pourtant…

Lorsque Stephen Curry s’envole pour San Francisco suite à sa sélection avec le 7ème pick de la draft, rien ne le prédispose à devenir le joueur qu’il deviendra. The Human Torch souffre d’un physique très frêle, trop frêle, dans une ligue qui appartient encore aux intérieurs et aux freaks athlétiques. Mais le rookie peut compter sur un atout indéniable, un talent brut bien au-dessus de la moyenne. Fort d’une adresse derrière l’arc anormalement élevé (43,7 %) et de pourcentages totaux au tir déjà très fiable, l’ancien de Davidson prend la ligue à contre-pied.

Avec lui, les Warriors, franchise assez médiocre depuis plusieurs décennies (si ce n’est le sursaut We Believe), s’offrent un avenir, et les bases d’une dynastie qui naîtra quelques années plus tard.

Pourtant lors de la remise du trophée, ce n’est pas son nom qui est appelé. Si le nom Tyreke Evans ne résonne plus dans les oreilles de grand monde, c’est bien lui qui figure dans les annales du trophée Wilt Chamberlain. Il faut dire que sa ligne statistique lors de ses débuts avec Sacramento a le don d’impressionner. 20,1 points, 5,3 rebonds et 5,8 assists. Pas suffisant cependant pour briser la malédiction de SacTown et retrouver les playoffs. Par la suite, la carrière de Reke Havoc ne sera qu’un déclin constant jusqu’à son départ de la grande ligue en 2019. Qu’importe, il a réussi l’exploit rare de subtiliser un trophée au meilleur joueur de l’histoire des Warriors.

Scottie Barnes VS Evan Mobley VS Cade Cunningham

Evan Mobley & Scottie Barnes. Mark Blinch - Getty Images
Scottie Barnes et Evan Mobley ont pris les deux premières places du podium au cœur d’un cuvée XXL. (Crédit : Mark Blinch / Getty Images)

C’est l’histoire de l’une des grandes drafts de l’ère moderne. Quatre ans et demi plus tard, cinq sont All-Star, plusieurs des role players importants de la ligue. Et à l’époque, cette cuvée avait offert une course au rookie de l’année à 3 visages. Du Michigan à l’Ohio, en passant par le Canada, Cade Cunningham, Evan Mobley et Scottie Barnes composaient l’hydre à trois têtes qui s’est détachée.

Dans le Michigan, Motorcade arrive en tant que 1er choix avec la lourde responsabilité de devoir redresser une équipe des Pistons qui ne marche plus droit depuis près de 15 ans. Detroit tente le pari de ce profil atypique dans la NBA moderne. Cunningham est un meneur très grand, plus playmaker que tireur, qui détonne dans une ligue de plus en plus attirée par l’extérieur.

En 17, 5, 6, il peine à porter les Bad Boys, qui terminent en 23-59. S’il ne finit que troisième au classement du meilleur rookie, les Pistons auront eu raison de miser sur lui. Il finit par les ramener en playoffs en 2025 après des années de lose. Et même jusqu’aux sommets de la conférence Ouest cette saison. 

À Cleveland, la situation est bien différente. Evan Mobley débarque dans l’Ohio en plein cours d’une reconstruction qui suit son chemin. Aux côtés de Darius Garland, le forward incarne le projet d’avenir des Cavs. La saison de son arrivée, The Forest City double son nombre de victoires. 15 points, 8 rebonds et 2 contres de moyenne plus tard, Mobley échoue à une place du graal. Peu importe, il deviendra par la suite le premier des trois à remporter un trophée individuel majeur : le défenseur de l’année en 2025. 

Paradoxalement, c’est celui qui aura mis le plus de temps à confirmer son statut de All-Star qui rafle la mise. Lors de sa draft, Scottie Barnes est un peu l’inconnue au bataillon, au milieu des Cunningham, Green, Mobley ou Suggs. Pourtant, l’ailier fort de Florida State fait forte impression dès son arrivée au Canada. Il s’avère être un two-way player ultra athlétique capable de mettre de nombreux joueurs de la ligue sur le poster.

Moins à l’aise à distance (seulement 30 % derrière l’arc), Scottie B incarne tout de même l’avenir des Raptors après la perte de Kawhi Leonard en 2019. Son impact sur les performances des dinos (+21 victoires la saison de son arrivée) et sa qualification en playoffs l’auront projeté au rang de rookie de l’année, lui qui en était très loin dans les pronostics en début de saison.

Amar’e Stoudemire VS Yao Ming

Amar'e Stoudemire. NBA
Amar’e Stoudemire est sorti vainqueur d’un duel à distance de titans face à Yao Ming. (Crédit : NBA)

L’année 2002 marque les premières joutes d’un duel de titans au sens propre. L’arrivée de 2 freaks qui ne seront séparés que d’une cinquantaine de points lors des délibérations pour le titre de rookie de l’année. 

Yao Ming est un phénomène tout droit venu de Chine. Le pivot de 2m26 est déjà pro depuis plusieurs années dans l’Empire du Milieu et capitalise depuis 2 saisons des statistiques affolantes. Sans surprise, les Rockets se jettent dessus avec leur premier choix de draft. Encore frais physiquement, The Great Wall marque la grande ligue de son empreinte. Monstre défensif et attaquant solide, Yao est All-Star dès sa première saison.

Outre son jeu pur, il devient rapidement une icône de la ligue, notamment lors de ses affrontements avec le Shaq. Deuxième de la course au Rookie of the Year, le Chinois n’emportera finalement aucun titre majeur sur les plans individuels ou collectifs durant ses 9 courtes années de carrière. Un vide qui ne l’aura pas empêché de marquer sa génération, dépassant même les limites du basket. 

C’est une autre légende des années 2000 qui se sera emparée du titre. Amar’e Stoudemire envoie 13,5 points et 8,8 rebonds de moyenne lors de sa première saison. S.T.A.T forme un trio marquant dans l’Arizona aux côtés de Shawn Marion et Stephon Marbury. Avec lui, les Suns progressent et retrouvent les playoffs. L’arrivée de Steve Nash deux ans plus tard marque la naissance d’un duo mythique pour tout fan de basket qui mènera Phoenix à maintes reprises en finale de la rude conférence Ouest.

Stou’ sera malheureusement un poil oublié par la suite, dans l’ombre des Shaquille O’Neal et autres Tim Duncan. Le pivot reste pourtant un multiple All-Star, plusieurs fois All-NBA et rookie de l’année.