Le modèle de diffusion du basketball est un enjeu majeur pour tous les fans dans le monde. La saison régulière en NBA est réputée pour être d’une durée particulièrement dense.

Au début des années 1960, la NBA mettait en avant un modèle au sein duquel les 9 équipes de l’époque jouaient 80 matches chacune. C’est ainsi que cette année-là, les Los Angeles Lakers et les Boston Celtics se sont affrontés neuf fois ! Depuis, la grande ligue n’a pas dévié sa trajectoire : 82 matchs pour chaque équipe !

A cela s’ajoute une diffusion de matchs tardive, couteuse et accessible uniquement par de nombreux abonnements dans le cas des autres championnats mondiaux (Euroleague, LNB…). Le basket devient alors accessible sur les réseaux sociaux, ce qui comporte de nombreuses conséquences sur le jeu et sa réputation. Mais quelles solutions adopter pour régler ces problèmes ?

Le modèle de diffusion du basketball : NBA

La saison régulière commence en octobre et se termine en avril. Elle comporte 1230 matches, soit 82 pour chaque équipes. Le problème est donc clair : il y a trop de matchs. En effet, un individu ne peut se permettre de regarder l’ensemble des matches au vu des 7 matches par soir (en moyenne sur une saison) le tout pour entendre la célèbre formule « on verra bien en playoffs ».

En dehors des arrêts de jeu, un match dure 48 minutes. Il faudrait alors 336 minutes, soit environ 5h30 (sans compter les arrêts de jeu et/ou prolongations) par jour pour réellement suivre le championnat.

Ce temps consacré apparait alors comme irrecevable dans le cadre d’une vie plus ou moins active. L’impossibilité de voir tous les matches ou au moins la plupart amène le spectateur à uniquement suivre son équipe, le privant de débats et d’analyse/ découverte autour du jeu.

Evidement, des résumés existent comme sur l’application NBA ou YouTube et grâce à des émissions comme NBA EXTRA. Mais le problème réside essentiellement dans le fait que le basket n’est pas un sport qui se résume contrairement à des sports comme le football ou le rugby au sein desquels les phases de jeu, la physionomie du match… peut être plus ou moins résumé en un résumé de 10-15 minutes.

De plus, indépendamment du décalage horaire pour les individus résidant hors territoire américain, le fan est de moins en moins motivé à regarder les matchs. Etant donné l’accès aux résumés et les réseaux sociaux, l’accès au sport sombre peu à peu dans le contenu de courte durée et non plus dans l’instant présent, ajoutant une part de magie au direct.

Le NBA League Pass permettant l’accès à l’ensemble des matches en direct ainsi qu’en rediffusion reste un abonnement particulièrement élevé pour une classe moyenne, de même qu’un abonnement beIN sport (moins élevé mais disposant de moins de matchs). Cet abonnement beIN sport sera par ailleurs concurrencé à partir de la saison prochaine (2025-2026) avec l’arrivée d’Amazon Prime en tant que diffuseur français. Entre beIN sport et Amazon, deux abonnements pourraient alors être requis pour suivre la NBA.

Le modèle de diffusion du basketball : européen

A cela s’ajoute le modèle européen qui se rapproche de plus en plus de celui de la grande ligue. Il y a quelques années, la chaîne beIN sport disposait des droits télévisions pour diffuser la LNB. C’est ainsi que le phénomène français Victor Wembanyama a pu éclore devant les yeux émerveillés des français. Depuis, le championnat est passé entre les mains de SKWEEK puis DAZN cette année. La NBA et la LNB étaient sur la même plateforme il y a deux ans.

L’année dernière, les deux compétitions n’étaient pas disponibles sur le même opérateur mais l’Euroleague était, quant à elle, sur la même plateforme que la LNB. Cette année, les trois compétitions sont sur trois diffuseurs différents (beIN sport pour la NBA – DAZN pour la LNB – SKWEEK pour l’euroleague). Il faudrait alors trois abonnements pour suivre le basketball, une somme extrêmement élevé pour n’importe quel fan de basket.

DAZN : diffuseur officiel du championnat français de basketball (LNB). Crédit : Elan Chalon

De plus, les championnats français et européens restent moins accessibles et évoqués, notamment en France, que le championnat américain réputé plus « flashy », signe d’une mise en avant superficiel du basketball.

Quels problèmes sur le jeu ?

Cette idée d’une mise en avant d’un basket superficiel est directement relié à une montée en puissance des réseaux sociaux. Celle ci prône de par ses vidéos de courte durée à l’image des « réels » sur Instagram ou des « tiks toks » majoritairement des highlights, permettant à l’utilisateur derrière l’écran d’être captivé et ainsi permettre au compte ayant posté la vidéo d’être davantage référencé.

En plus de cela et comme évoqué précédemment, la NBA propose un nombre de matchs excessif pouvant avoir des impacts sur le physique et le mental des joueurs. C’est ainsi que la défense perd de plus en plus d’importance et que les franchises tentent le plus possible de préserver leurs stars de manière discrète étant donné la potentielle amende dont celles ci feraient l’objet dans l’hypothèse ou un joueur serait préservé.

La diffusion du basketball et des matchs en question vient elle aussi être impactée. En effet, dans le cas de l’émission NBA EXTRA, les matchs sont très partiellement abordés. Mais il ne s’agit pas de pointer du doigt le média, au contraire, qui se retrouve contraint d’approcher le jeu d’une manière parfois très brève et bâclée à leurs téléspectateurs, ne permettant pas une véritable analyse du jeu.

Le basketball est donc de plus en plus appréhendé comme un sport de dunks, de tirs et pull up complexes voire excessifs. Cela a pour conséquences une perte de technicité, de beauté et de jeu fondamental, ne transmettant pas de la bonne manière les principes du basketball à la jeune génération. L’idée même d’une multiplication de tirs à 3 points, sans cohérence, et pour la plupart ratés, engendre des conséquences multiples sur le jeu et sur l’admiration porté à celui ci. Le basket pourrait par conséquent devenir un sport de stimulation mentale à travers ces fameux highlights et perdre en beauté et intérêt.

Quelles solutions ?

« Il n’y a rien de magique dans ces 82 matches », Adam Silver, propriétaire de la NBA. Cette déclaration pourrait sous- entendre un changement prochain. Or, avec une vision réaliste de la chose, il peut sembler peu probable qu’une telle modification soit effectuée au vu des différents revenus engendrés par le fonctionnement actuel.

En dehors du fait qu’il y ait énormément d’abonnements pour suivre un sport (League pass/ beIN sport – DAZN – SKWEEK), il peut sembler intéressant de se questionner sur d’éventuelles modifications du système.

Tout d’abord, la réduction du nombre de matches NBA pourrait amener à ce que le fan soit davantage intéressé et ainsi regarde un plus grand nombre de matchs, engendrant des couts de droits de diffusions plus élevés et ainsi un équilibre financier.

Mais pour l’heure, la NBA vient de signer un contrat concernant ses droits de diffusion sur 9 ans à une hauteur de 7 milliards de dollars par an (soit 63 milliards/ 9 ans). Entrant en vigueur à partir de la saison 2025-2026, les choses ne changent pas… Entre NBC, Amazon et ESPN/ABC (Groupe Disney), le championnat américain nécessitera plusieurs abonnements pour avoir accès à l’entièreté de la grande ligue sur son propre territoire.

La diffusion du basketball
Amazon sera un diffuseur majeur de la NBA en 2025. Crédit : basketusa

En France, Amazon Prime Vidéo devrait diffuser la NBA pour une durée de onze ans, soit de 2025 à 2036 et ce à partir de la saison prochaine. La plateforme proposera sur ce cycle 86 matches de saison régulière, la NBA Cup, le play-in, ainsi que des matchs de play-offs et finales NBA. Pour ce qui est du cas beIN sport, le média ne devrait pas rester sans rien faire, lui qui était l’unique diffuseur français depuis 2013. Dès lors, les ambitions de changements ne prendront probablement pas forme avant une nouvelle négociation de contrat dans de nombreuses années.

A cela s’ajoute le fait qu’une éventuelle réduction de matchs engendrerait une réduction du nombre potentiel d’highlights et de diffusion de contenu en ligne, problème majeur pour les dirigeants de la ligue…

Evidemment, de prime abord, une baisse du nombre de matches NBA pourrait engendrer des couts de droits de diffusion moins élevés et par conséquent de même pour le chiffre d’affaire. Cependant, cette démarche pourrait, au contraire, inciter davantage de personnes à s’intéresser au championnat et regarder les matchs en entier étant donné leur rareté permettant, par conséquent, un maintien voire une expansion financière. Un modèle au cas par cas (match par match) pourrait être envisagé même si cela semble impossible.

Enfin, pour ce qui est de l’Euroleague et championnats nationaux, une concentration de championnats sur une seule et même plateforme pourrait être idée envisageable. En effet, à l’image de DAZN en football qui ne cesse de baisser les prix de ses abonnement au vu du faible nombre d’adhérents, le fonctionnement à plusieurs n’apparait pas comme stable et conforme à la volonté des fans.  Malheureusement, l’enjeu financier reste un élément déterminant lors de la vente des droits de diffusion, problème majeur de nos sociétés modernes.

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