Norman Powell. Source : Basket USA

Norman Powell, le temps de la reconnaissance

Longtemps cantonné à des rôles secondaires malgré une progression constante, Norman Powell voit enfin sa persévérance récompensée. À 32 ans, l’arrière du Miami Heat disputera son premier All-Star Game, symbole d’une ascension patiente et d’une carrière construite à force de travail, de résilience et de choix décisifs. 

C’est désormais officiel : Norman Powell disputera son premier All-Star Game. Une consécration attendue de longue date pour l’arrière, qui n’a jamais dissimulé son ambition de rejoindre l’élite de la NBA, que ce soit la saison passée sous le maillot des Clippers, lors de son passage à Paris l’été dernier, ou à l’aube de sa première campagne avec le Heat. 

Avec des moyennes de 23 points par match, à 47 % de réussite au tir et 39 % derrière l’arc, le champion NBA 2019 voit enfin ses performances récompensées par une première sélection au Match des étoiles. Retour sur le parcours d’un joueur longtemps resté dans l’ombre. 

Sa carrière universitaire 

Norman Powell rejoint l’équipe des Bruins en 2011, à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA). Cette période va permettre à l’Américano-Jamaïcain de faire ses armes. Il s’améliore d’année en année et ses statistiques suivent. Lors de sa dernière saison en 2015, il tourne à 16,4 points, 4,7 rebonds et 2,1 passes décisives sur 36 matchs, avec 31 rencontres à 10+ points et 14 à 20+ points, pour un record personnel de 28 points. 

Norman Powell avec les Bruins. Source : UCLA Athletics
Norman Powell avec les Bruins. Source : UCLA Athletics

Ses bonnes performances avec les Bruins d’UCLA lui permettent d’être sélectionné lors de la draft 2015 en 46e position par les Milwaukee Bucks. Il est échangé dans la soirée contre Greivis Vásquez et un premier tour de draft 2017, rejoignant ainsi les Toronto Raptors. 

Ses débuts en NBA 

Ses quatre premières saisons vont être compliquées. Il conserve un rôle de remplaçant avec un impact offensif limité, ne dépassant jamais les 8 points de moyenne. C’est lors de la saison 2019-2020 que Norman Powell se révèle. Il obtient un vrai temps de jeu, avec 28 minutes par match, et commence à peser en attaque avec 15,5 points de moyenne sur 63 matchs. Pour couronner son excellente saison, il est sacré champion NBA avec les Raptors après avoir battu les Golden State Warriors en finale. 

Norman Powell avec le trophée NBA. Source : NBA
Norman Powell avec le trophée NBA. Source : NBA

Son aventure avec Toronto se termine en mars 2021 après un début de saison sensationnel, à près de 20 points de moyenne. Après six saisons et demie, il est tradé aux Portland Trail Blazers contre Gary Trent Jr. et Rodney Hood (alors blessé). À ce moment-là, les Raptors sont en transition. L’équipe du titre 2019 s’est effritée, Kyle Lowry est sur le départ et la franchise souhaite rajeunir et se reconstruire partiellement. Norman Powell, en fin de contrat avec une player option à venir, est performant mais arrive à un carrefour : soit le payer cher, soit anticiper. 

Son arrivé à Portland 

Pour les Blazers, cet échange a pour objectif d’entourer au mieux Damian Lillard et CJ McCollum. Cela s’avère être un choix payant : la franchise récupère un arrière scoreur confirmé, capable de créer sans monopoliser la balle et d’apporter de la régularité. L’impact est immédiat : 17 points de moyenne et des pourcentages solides. Il s’impose rapidement comme une option offensive fiable, capable d’exister avec ou sans Lillard sur le parquet. 

Malheureusement, des problèmes surgissent. Portland empile trois arrières scoreurs, tous autour d’1,90 m et portés vers l’attaque (Damian Lillard, CJ McCollum et Norman Powell). Résultat : la défense sur les lignes arrière est fragile et les déséquilibres sur les match-ups sont constants. De plus, le rôle de Norman Powell reste flou. Parfois utilisé comme troisième option, il doit souvent défendre sur des joueurs plus grands que lui. Il est efficace, mais jamais central. 

Un changement de cap 

Sa carrière prend un tournant en février 2022, lorsque les Blazers décident de l’échanger (avec Robert Covington), contre Eric Bledsoe, Justise Winslow, Keon Johnson et un second tour de draft. Il rejoint alors les Los Angeles Clippers. En Californie, il devient une arme offensive redoutable et un joueur de premier plan, notamment lorsque Kawhi Leonard et Paul George sont blessés. 

Après quatre saisons, les Clippers vont, à la surprise générale, échanger Norman Powell à Miami dans un trade à trois équipes. L’ailier du Utah Jazz John Collins rejoint Los Angeles, tandis que le pivot de Miami Kevin Love, l’ailier Kyle Anderson et un choix de deuxième tour de draft 2027 des Clippers sont envoyés au Jazz. 

Norman Powell avec le Heat. Source : Basket USA
Norman Powell avec le Heat. Source : Basket USA

La consécration 

Depuis son arrivée au Miami Heat, Norman Powell est le leader offensif des Floridiens. Il tourne à 23 points de moyenne, ce qui lui permet de décrocher sa première sélection au Match des étoiles, où il retrouvera l’Intuit Dome, salle des Clippers. 

En plus de cet excellent début de saison, Norman Powell a rejoint la sélection nationale jamaïcaine. « C’est un nouveau rêve de gosse accompli », a déclaré le joueur du Heat. Son arrivée a même permis à sa nation de se qualifier pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2027 au Qatar, notamment grâce à un énorme match de Norman Powell, auteur de 34 points contre le Costa Rica. 

Avant de porter le maillot jamaïcain, le chemin de Norman Powell a été tout sauf évident. Longtemps concentré sur sa place en NBA, freiné par des rôles instables et des changements de franchise successifs, l’arrière a dû attendre le bon moment pour s’engager sur la scène internationale. Ce choix, mûri avec le temps, symbolise autant une reconnexion à ses origines qu’une récompense après des années d’incertitude.

Ne manque pas un article !

Rejoins la communauté Le Roster en t'abonnant à notre newsletter !

Damian Lillard indique l'heure