Après presque un mois de compétition, les belles surprises commencent à émerger à droite et à gauche pour le basket suisse. Que ce soit sur nos parquets ou grâce à nos représentantes et représentants à l’étranger, nous avons déjà eu droit à de belles surprises. Il est donc l’heure de faire le point sur certaines d’entre elles.
Le BBC Nyon veut bouleverser la hiérarchie en SBL
Depuis le coup d’envoi de la saison, le BBC Nyon réalise de très belles performances. En effet, dès le coup d’envoi de l’exercice, les Nyonnais ont montré un potentiel intéressant. La défaite inaugurale face aux Lions de Genève avait tout d’une sortie encourageante. Grâce à un duo d’Américains virevoltant et quelques jeunes talents, les joueurs de la Côte ont montré avoir la capacité de rivaliser avec toutes les équipes du championnat.
Pourtant, ce n’était pas gagné de prime abord. Avec un effectif grandement remanié pendant l’été, les garanties quant à la cohésion et les automatismes de ce groupe n’étaient pas nombreuses. Mais voilà, Maleye Ndoye et son staff ont réussi à créer un vrai groupe. En se basant sur les forces de ses joueurs, le coach sénégalais du BBC Nyon a fait de son groupe une équipe solide et capable de mettre en doute la hiérarchie que l’on pensait établie aux prémices de cette saison.
Mais quelle est la recette du succès nyonnais en ce début d’exercice ? Il faut bien le dire, le niveau affiché par Elijah Elliott est l’une des raisons de cet excellent démarrage. Après un parcours universitaire, le meneur est arrivé en Suisse avec l’objectif de réussir ses débuts en tant que professionnel.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il répond aux attentes. Depuis son arrivée, Elijah Elliott a passé deux fois, en cinq matchs, la barre des 35 points. Avec de telles pointes au scoring, il trône au sommet du classement des scoreurs. De plus, l’Américain ne se contente pas de scorer. Avec trois rencontres à au moins 8 passes, il est également le meilleur passeur de SBL.
Cette polyvalence permet au reste de l’effectif de briller. En effet, il arrive régulièrement que les étrangers du championnat aient pour habitude de ne se soucier que du scoring. Avec un joueur également capable de mettre en confiance ses coéquipiers, Nyon tient là un des joueurs phare de SBL.
Mais il n’est pas le seul à s’être mis en avant depuis son arrivée. Arthur Minkonda, Masiah Gylard et désormais Amadou Wade font également les beaux jours de la formation de l’Arc lémanique. Les trois autres étrangers du BBC Nyon ont déjà eu l’occasion de s’illustrer. Chacun dans leur rôle, ils ont su se rendre indispensables aux rotations de Maleye Ndoye.
Même si le succès du BBC Nyon passe essentiellement par sa légion étrangère, l’apport de joueurs suisses n’est pas à négliger. En effet, avec des joueurs comme Matteo Smith, Axel Ugurtas, Zachary Harvey- Seutcheu ou Matt Aebersold ou encore Eddy Flores, Erwan Margot, Nelson Stopiello et Kaya Shona Mutambirwa, les Nyonnais ont de quoi faire.
Dès lors, il s’agira de confirmer ces belles choses face aux grosses écuries du championnat. Avec les Foxes et Olympic à venir, Maleye Ndoye et son groupe auront de quoi se faire une idée de leur place dans la hiérarchie du basket suisse.

Des étrangères de haut niveau en SBLW
Même si chaque année le niveau des étrangères est intéressant, ce début de saison nous a déjà offert plusieurs performances de très haut niveau de la part de certaines d’entre elles. De Baden à Nyon en passant par Zürich ou Hélios sans oublier Fribourg, certaines joueuses se sont déjà affirmées comme de véritables stars de notre championnat féminin.
Pour certaines d’entre elles, ce n’est pas une découverte. En effet, pour Keira Robinson, Nyon, Annika Soltau, Baden, et Louise Forsyth, Hélios, cette saison n’est pas leur première sur nos parquets. Les deux premières citées ont entamé leur troisième exercice sur le territoire helvétique. La meneuse de Nyon avait été la clé du succès du NBF dès son arrivée en Suisse. Polyvalente, elle apporte du scoring, de la défense, du playmaking et beaucoup d’intensité. La meneuse américaine est absolument vitale pour son équipe. Son absence face à GC Zürich ce week-end s’est grandement ressentie.
De son côté, Annika Soltau poursuit sa progression autant que ses études. Draftée par le New-York Liberty lors de la draft 2025, la jeune internationale allemande poursuit ses études en Suisse. Dès lors, Baden possède dans ses rangs l’une des meilleures joueuses du championnat. Très habile des deux côtés du terrain, elle ne force jamais rien et domine de manière aussi discrète qu’impressionnante.
Pour Louise Forsyth, c’est un retour en Suisse. En effet, la Canadienne de 27 ans avait déjà évolué sous nos latitudes. Passée par Espérance Sportive Pully entre 2022 et 2023, elle avait terminé meilleure marqueuse du championnat avec plus de 21 points de moyenne ! Depuis sa première sortie avec Hélios, elle n’a pas atteint les 20 unités qu’à une seule reprise. Cette constance fait d’elle un véritable atout pour une formation d’Hélios qui a montré de belles choses depuis le coup d’envoi de la saison.
En effet, si Louise était bien connue de notre championnat, Kylie Lavelle, sa nouvelle coéquipière, est une véritable découverte. L’intérieure n’a pas eu besoin de longtemps pour s’intégrer et dominer notre championnat. Avec quatre double-doubles en cinq matchs, elle a montré de quel bois elle se chauffait. Si l’on ajoute à ce très beau duo Maeve Marie St-John, vous avez là trois joueuses complémentaires et en mesure de causer bien des soucis à un grand nombre d’équipes.
Pour rester du côté des équipes dont on a déjà parlé, Leilani Kapinus et Syklar Vann font aussi partie des étrangères ayant impressionné depuis le début de la saison. Les deux joueuses de Baden affichent un niveau impressionnant. La première enchaîne les performances haut vol. Chaque week-end, elle domine les raquettes du pays avec des double-double de plus en plus impressionnant.
Sa dernière sortie ? 25 points, 14 rebonds, 7 passes, 4 interceptions et une efficacité de 42 ! Rien que ça. Sa coéquipière n’est pas en reste. Même si elle domine moins, elle reste l’un des atouts majeurs de son équipe. Depuis son arrivée, elle a enchaîné les double-double. Avec Annika Soltau pour compléter ce trio, elles forment une véritable muraille à l’intérieur. En effet, avec 42 rebonds de moyenne, la formation argovienne figure tout en haut du classement dans ce domaine-là.
Autre joueuse qui a fait du rebond son atout principal : Amirah Abdur-Rahim. L’intérieure de GC Zürich n’a pas mis longtemps à impressionner. Au sein des néo-promues, l’Américaine forme avec Briahanna Jackson et Madison Torresin un très beau trio. Malgré leur talent évident, elles endossent presque trop de responsabilités pour que les résultats collectifs suivent. Néanmoins, cette situation n’est pas vraiment surprenante pour une équipe qui découvre la SBLW et qui est composée en grande majorité de jeunes, voire très jeunes, joueuses.
Enfin, direction Fribourg pour parler d’Hannah Riddick. L’intérieure des Elfes impressionne depuis son arrivée. Capable de prendre des rebonds, de scorer et de défendre fort, elle est la pièce maîtresse des Fribourgeoises. Même si elle peut compter sur ses coéquipières, c’est elle qui donne le ton. Que ce soit en EuroCup ou en championnat, elle répond toujours présente. Lors de la dernière rencontre des siennes face à Genève, elle a été décisive avec 34 points, 17 rebonds, 3 passes, 2 interceptions, 2 contres et 0 ballon perdu !

Les équipes espoirs brillent en NLB
La saison dernière, les Espoirs de Fribourg, Genève et Lugano n’ont pas véritablement brillé en saison régulière. En revanche, c’est le contraire en ce début de campagne ! Même si ceux de Lugano sont moins brillants que les Fribourgeois et les Genevois, ils ont plusieurs joueurs de talent. S’ils parviennent à progresser en tant que groupe, les Tessinois pourraient rapidement faire pencher la balance de leur côté lors des matchs serrés. En effet, avec des courtes défaites, ils ont encore de la marge de progression sur la gestion de leurs fins de matchs.
Pour ce qui est des jeunes Lions et des jeunes Fribourgeois, le temps est au beau fixe. En effet, les deux équipes n’ont connu la défaite qu’à une seule reprise. Quatre succès en cinq matchs pour Genève et trois en quatre pour les jeunes de l’Académie Fribourg, voici le bilan des deux équipes auxquelles on s’intéresse.
En plus des résultats, la manière est là ! Les deux équipes peuvent compter sur un mélange d’individualité et sur un collectif bien huilé. Les deux groupes ne sont pas dépendants d’un joueur. Ils ont plusieurs options capables de répondre présentes lors des moments chauds. Pour les deux équipes, l’agressivité sur le porteur de balle adverse est un élément clé de leur identité. En effet, avec 14.8 ballons récupérés pour les Lions et 14 pour les Fribourgeois, il ne fait pas bon avoir le ballon dans les mains lorsqu’on les affronte !
De plus, les Genevois parviennent à être bons défensivement sans commettre trop de fautes. Ils se classent avant-dernier dans le classement des fautes personnelles avec seulement 16.6 fautes par match, contre 27 pour le CNBS, équipe la plus sanctionnée par les arbitres jusqu’à présent.
Cette rigueur défensive fait du groupe de Robert Margot une équipe difficile à aborder. Néanmoins, elle possède des axes de progression pour devenir encore plus dangereuse ! Avec l’un des plus faibles pourcentage de réussite de loin, 24.8% derrière l’arc, les Lions doivent encore s’ajuster à ce niveau-là. Surtout qu’avec plus de 23 tentatives par match, cet aspect de leur jeu occupe une part importante de leurs schémas offensifs.

L’USY dans une autre dimension ?
Après un exercice 2025-2026 compliqué, deux victoires en vingt-six matchs, les joueuses de l’USY ont entamé celui-ci avec une toute autre dynamique. En effet, en quatre matchs, elles ont déjà remporté plus de matchs que la saison dernière ! Avec plusieurs départs, les Yverdonnoises ont dû trouver de nouveaux automatismes.
Le principal changement par rapport à la saison dernière a été la signature de Jocelyn Taylor. L’Américaine passée par le Nicaragua, le Koweït, le Salvador, l’Australie, la Roumanie et la Suisse la saison dernière avec un passage aux Goldcoast Wallabies a tout de suite pesé dans les résultats des siennes.
Depuis le coup d’envoi de la saison, elle a déjà dépassé plusieurs fois la barre des 20 points ! S’il est difficile de suivre précisément les statistiques de la deuxième division féminine suisse, seuls les points sont comptabilisés, une chose est sûre ; Jocelyn Taylor est une joueuse dominante de l’antichambre de la SBLW.
Outre l’apport de leur Américaine, les Bisonnes peuvent compter sur d’autres joueuses de talent. Parmi elles, on retrouve Manuella Maliedje. Déjà remarquée la saison dernière, elle confirme les bons souvenirs qu’elle avait laissé lors de l’exercice précédent. Capable de défendre, de scorer et de prendre des rebonds, elle fait partie des cadres de cette équipe des Bisonnes. Avec deux joueuses établies, les plus jeunes ont des références sur lesquelles se baser et avec lesquelles apprendre.

Anthony Polite de retour sur les parquets
On termine avec les bonnes surprises par le retour d’Anthony Polite sur les parquets. Après 888 jours loin des terrains, l’international suisse a rejoué au basket avec sa nouvelle équipe des Phoenix d’Hagen. Passé par l’ASVEL, Hambourg et Rio Breogan, le joueur de 29 ans va relever un immense défi dans un championnat qu’il connaît bien.
Après sa rupture des ligaments croisés, le Tessinois a disputé 11 minutes en Coupe d’Allemagne face à Ulm. Malgré la défaite, il a pu retrouver des sensations et a même inscrit 8 points ! Ce retour est une excellente nouvelle pour lui et pour le basket suisse dans son ensemble.
Désormais, le plus important sera d’éviter les pépins physiques et de retrouver de bonnes sensations sur le parquet. Revenir au jeu après une absence aussi longue est un véritable défi. Physiquement comme mentalement, Anthony aura de sacrés défis à relever. Cela dit, il semble prêt à tous les relever pour retrouver le niveau qui était le sien avant ce gros coup d’arrêt.
Voilà que nous arrivons au bout de ces premières belles surprises de la saison. Nul doute que la suite sera tout aussi intéressante et que d’autres belles histoires sauront garnir notre série d’articles sur le basket suisse. Comme d’habitude, si vous voulez suivre toute l’actualité du basket suisse, retrouvez nous sur Instagram !






