Bien malin celui qui aurait pu prédire que Valence, pour son retour en EuroLeague après une saison en EuroCup, allait finir 2e de la saison régulière, qui plus est avec un jeu très emballant semblable à celui du Paris Basketball 2024/25. Pour accomplir cette grande saison, l’équipe espagnole a pu s’appuyer sur son meneur dominicain, Jean Montero.
Le début de carrière prometteur de Jean Montero
Jean Montero est donc originaire de République dominicaine et c’est dans son pays natal qu’il a commencé à pratiquer le basket, à l’âge de 11 ans. Il rejoint ensuite les États-Unis et y performe, au point de recevoir des offres de lycées américains et de clubs espagnols. Il privilégie finalement la deuxième option puisqu’il signe à Gran Canaria où il performe d’abord en U18 lors du Adidas Next Gen Tournament de Valence où il est élu MVP. La même année, il fait ses débuts avec l’équipe réserve de Gran Canaria en LEB Plata, la troisième division espagnole, et s’impose immédiatement comme un joueur clé avec des statistiques de 15 points, 3 rebonds et 3 passes décisives avec un remarquable 43,5% à 3 points.
La saison suivante est encore plus prolifique pour Jean Montero en LEB Plata avec 18 points et plus de 5 rebonds, 4 passes et 2 interceptions de moyenne. Il fait également quelques apparitions en Liga ACB avec l’équipe première. En 2021-2022, il est prêté à la toute nouvelle ligue Overtime Elite dans laquelle il brille en étant le meilleur marqueur (17 points de moyenne) tout en contribuant avec 6 rebonds, près de 5 passes et 3,5 interceptions. Il se présente ensuite à la Draft 2022 mais n’est pas sélectionné et retourne donc dans son équipe des Canaries. Suivront ensuite deux prêts au Real Betis puis au BC Andorra où il continuera à performer avec plus de 15 points de moyenne et surtout deux titres de meilleur jeune du championnat espagnol, exploit que seuls Luka Doncic et Carlos Alocen avaient accompli avant lui.
L’arrivée de Jean Montero à Valence
Sa régularité finit par taper dans l’oeil de Valence qui mise sur lui en 2024 alors que le club vient de quitter l’EuroLeague. Ce pari est sans nul doute une réussite puisque, dès sa première saison avec le club andalou, le natif de Saint-Domingue est élu pour la troisième fois consécutive meilleur jeune de Liga Endesa, mais aussi d’EuroCup, compétition dans laquelle Valence s’arrêtera en demi-finale, stoppée par l’Hapoël Tel-Aviv, futur vainqueur. Le meneur d’1m88 est également nommé dans le cinq majeur de la saison, venant récompenser ses 13 points et 5 passes décisives de moyenne. En Liga Endesa, il tourne encore à 15,7 points.

Cette saison 2025-2026 s’annonçait comme le grand test pour le meilleur jeune d’EuroCup puisque Valence retrouvait la compétition reine en Europe, l’EuroLeague, profitant de l’extension à 20 équipes. Une confirmation était attendue face à ce qui se fait de mieux sur le Vieux Continent notamment sur le plan défensif, d’autant que les meneurs dominants en EuroCup suscitent souvent du scepticisme à leur arrivée en EuroLeague comme ce fut le cas pour TJ Shorts. Mais, comme le Macédonien, Jean Montero est parvenu à s’imposer comme l’un des meilleurs meneurs d’Europe dès sa saison rookie.
L’explosion en 2025-2026
En effet, le Dominicain a très vite apprivoisé le grand bain au point d’y surnager, dans une trajectoire qui rappelle décidément celle de TJ Shorts : dominants en EuroCup (MVP Pour Shorts, 5 majeur pour Montero) et directement performants en EuroLeague (tous deux dans le meilleur 5 pour leur première saison). Le dominicain de 22 ans a gardé des moyennes sensiblement identiques à celles de la saison passée en compétition européenne comme en championnat national.

Il a porté son équipe jusqu’au deuxième rang de la saison régulière, seulement devancée par l’ogre grec qu’est l’Olympiakos. Jean Montero s’est même imposé comme le leader offensif de son coach Pedro Martinez au sein d’une équipe très joueuse et homogène : 6 joueurs marquaient 8 points ou plus en moyenne cette saison en EuroLeague, permettant à Valence d’être la meilleure attaque de la ligue à égalité avec l’Olympiakos avec 90,7 points en moyenne, avec le Dominicain comme figure de proue. Il a affiché des statistiques de 13,7 points et 4,6 passes (13e) pour une évaluation de 16,4 (11e de l’EuroLeague) en seulement 22 minutes sur le parquet.
Cette place s’explique par le style de jeu prôné par le coach qui a pour mantra de ne refuser aucun tir dès lors qu’il est ouvert. Ainsi, Valence est la deuxième équipe ayant inscrit le plus de paniers primés cette saison avec 11,7 en moyenne par matchs, seulement devancée par le Paris Basketball, grand pionnier de ce run-and-gun poussé à l’extrême. Pourtant, Valence n’est que 12e à l’adresse globale mais le nombre de possessions très élevés disputé par les Andalous, permis notamment par une activité sans faille au rebond (37,7 par matchs, 3e), compense ce chiffre. Cette volonté de pousser constamment le ballon correspond parfaitement au style de jeu de Jean Montero qui a donc pu parfaitement s’épanouir au sein de ce collectif.
Pour récompenser sa saison aboutie, tant individuellement que collectivement, il a été élu Rising Star, trophée décerné par les coachs et réservé aux joueurs de moins de 22 ans au 1er juillet de l’été précédant le début de saison, succédant à Nadir Hifi et faisant de lui le premier joueur à être meilleur jeune de l’EuroCup et de l’EuroLeague. Il a également été nommé dans la First Team de C1, soit dans le cinq majeur de la saison.
Un avenir incertain, entre EuroLeague et NCAA
Grâce à son bon parcours en saison régulière, Valence s’est donc brillamment qualifié pour les play-offs avec l’avantage du terrain, une occasion de plus pour le meneur de montrer qu’il est capable de performer quand la route s’élève. Comme à son habitude, il l’a parfaitement saisie car, malgré deux défaites inaugurales de son équipe à domicile face au Panathinaikos, il avait inscrit 18 points en moyenne sur ces deux premiers matchs. Le bilan semblait sévère pour Valence, avec deux défaites au bout du suspense, crucifiée par un lancer-franc de Kendrick Nunn au match 1 (67-68) puis par un tir de Nigel Hayes-Davis au bout de la prolongation 48h plus tard (105-107). Les joueurs de Pedro Martinez ont réagi en remportant le match 3 à l’OAKA Arena avec 16 points et 9 passes décisives du meneur dominicain, se donnant du sursis avant un nouveau match à Athènes ce vendredi.

Sa brillante saison est loin d’être passée inaperçue outre-Atlantique puisqu’il fait l’objet de convoitises aux États-Unis et notamment en NCAA. Depuis la mise en place du NIL (Name, Image, Likeness) qui permet aux joueurs universitaires d’être payés, les grandes universités font les yeux doux aux jeunes joueurs déjà professionnels en Europe, comme ce fut le cas pour Nadir Hifi. Difficile pour ces derniers d’ignorer les sirènes de la NCAA et ses contrats inégalables en Europe. D’après les rumeurs, Jean Montero se serait vu proposer 4 millions de dollars annuels, montant très au-dessus de ce qu’il touche actuellement. S’il n’a pour l’instant pas commenté ces rumeurs, on l’imagine difficilement ignorer cette possibilité.
Non-drafté en 2022, l’ancien de Gran Canaria n’a pas non plus fait une croix définitive sur la NBA. Interrogé lors d’une interview pour Dario AS, il n’a pas fermé la porte si le projet qui lui est proposé lui garantit du temps de jeu.
Si j’ai une vraie opportunité, une chance de jouer, je pense que j’irais. Sinon, non.
Jean Montero
Son avenir sera donc à suivre de près et devrait se décider rapidement après la fin de la saison alors que Valence est actuellement deuxième de Liga Endesa derrière le Real Madrid. Entre NCAA et EuroLeague, le choix de Jean Montero n’est pas encore fait mais, nul doute qu’un nouveau départ d’un joueur confirmé vers une ligue non-professionnelle ferait grand bruit après les cas de James Nnaji et Narcisse Ngoy notamment. Difficile de blâmer ces jeunes joueurs pour autant quand on voit que Ngoy va multiplier son salaire par 100 avec son départ de Poitiers pour Auburn.






