Breanna Stewart brandissant une pancarte "Abolish ICE". Source : instagram breannastewart30

Unrivaled, basket féminin et tribune politique

Créée par des joueuses et pensée comme une alternative à l’intersaison WNBA, la ligue Unrivaled ne se limite pas au sport. Face aux violences attribuées à la police fédérale de l’immigration américaine, plusieurs stars du championnat, à commencer par Breanna Stewart, ont choisi d’utiliser leur visibilité pour dénoncer les pratiques de l’ICE.  

Unrivaled est une ligue américaine de basket-ball féminin disputée en trois contre trois. Elle a été créée en 2023 par deux anciennes coéquipières à l’université du Connecticut (les Huskies), Napheesa Collier (Minnesota Lynx) et Breanna Stewart (New York Liberty). 

La compétition réunit six équipes composées chacune de six joueuses : le Mist, les Lunar Owls, le Phantom, le Vinyl, la Rose et les Laces. Ces clubs rassemblent principalement des talents issus de la Women’s National Basketball Association (WNBA), mais aussi d’anciennes figures du championnat américain, des internationales et des profils NCAA en phase de transition. Une seule exigence : évoluer à un niveau élite. 

Les rencontres se disputent à Miami, en Floride, de janvier à mars. L’objectif d’Unrivaled est d’offrir aux meilleures joueuses de la WNBA une alternative aux championnats étrangers durant l’intersaison. 

C’est l’occasion d’être à Miami de janvier à mars sans avoir à partir à l’étranger. Personne n’a envie d’aller jouer à l’étranger. Beaucoup d’entre nous ne veulent jamais y aller, mais certaines y sont contraintes. Là, il s’agit de pouvoir gagner six chiffres en trois mois, d’être logées à Miami et de continuer à progresser », explique Angel Reese, joueuse du Chicago Sky. 

Logo d'Unrivaled. Source : youtube Unrivaled Basketball
Logo d’Unrivaled. Source : youtube Unrivaled Basketball

Une ligue libre 

Parce que la compétition a été fondée par des joueuses, celles-ci bénéficient d’une liberté d’expression totale, y compris pour critiquer les politiques de leur pays. Or, aux États-Unis, une vaste opération d’application des lois sur l’immigration menée par la police fédérale (ICE) suscite actuellement une vive controverse. Ces opérations ont donné lieu à de nombreuses arrestations et à plusieurs décès, dont celui d’Alex Pretti, un infirmier de 37 ans abattu par des agents fédéraux lors d’une intervention à Minneapolis. Un drame qui a déclenché de nombreuses manifestations et une forte remise en question de la stratégie de l’ICE. 

Cet événement est venu aggraver une situation déjà extrêmement tendue, après la mort de Renée Good, une Américaine également tuée par balle le 7 janvier par un agent de l’ICE, là encore à Minneapolis. 

Breanna Stewart en première ligne 

Ces faits ont d’abord été dénoncés par la star du New York Liberty, Breanna Stewart, qui s’est exprimée publiquement sur l’ICE dimanche, avant un match d’Unrivaled. La joueuse des Mist a brandi une pancarte sur laquelle figurait le message « Abolish ICE » lors de son entrée sur le terrain face aux Vinyl. Un geste visant à réclamer la suppression de l’agence fédérale ou, à défaut, une réforme profonde de ses pratiques. 

La cofondatrice d’Unrivaled a expliqué que sa prise de position était motivée par sa révolte face à la violence policière, largement relayée sur les réseaux sociaux et dans les médias. 

 Elle souligne également que ces politiques affectent de nombreuses familles immigrées, y compris la sienne (sa femme étant une citoyenne étrangère en voie de naturalisation) et estime qu’elles instaurent un climat de peur plutôt que de soutien communautaire. 

On est alimentés par la haine plutôt que par l’amour en ce moment. Je voulais faire passer un message simple : abolir l’ICE. Cela signifie mettre en place des politiques qui soutiennent les familles et les communautés au lieu d’attiser la peur et la violence », a-t-elle déclaré, ajoutant que « tout le monde à Unrivaled ressent la même chose, d’une manière ou d’une autre ». 

Dans la foulée, plusieurs figures de la ligue ont pris position. Parmi elles, Paige Bueckers, qui a promis de faire un don pouvant aller jusqu’à 50 000 dollars à une association locale venant en aide aux communautés touchées à Minneapolis. 

Paige Bueckers. Source : University of Connecticut Athletics
Paige Bueckers. Source : University of Connecticut Athletics

Une tradition d’engagement dans le basket féminin 

Ce n’est pas la première fois que des joueuses s’expriment publiquement contre les forces de l’ordre sous une présidence de Donald Trump. En 2020, la WNBA avait été l’une des ligues les plus engagées dans les mobilisations contre les violences policières, à la suite de la mort de George Floyd, également dans le Minnesota. 

Le syndicat des joueuses de la WNBA (WNBPA) avait alors soutenu un projet de loi visant à réformer la police. 

L’épidémie croissante de violences policières contre les personnes noires et brunes doit cesser. Il nous appartient, à nous qui avons une conscience, d’honorer George Floyd, sa fille Gianna et sa famille en poursuivant notre engagement en faveur d’une législation globale destinée à rendre la police responsable », déclarait le syndicat dans un communiqué. 

Avec Unrivaled, le basket féminin confirme qu’il est bien plus qu’un simple spectacle sportif. En assumant pleinement leur parole politique, ses joueuses prolongent une tradition d’engagement déjà profondément ancrée dans la WNBA.

 

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