Légende éternelle des Celtics durant les années 1960-70, John Havlicek est un joueur très polyvalent et sous-estimé par rapport à son palmarès. Moins médiatisé et moins connu du grand public que les légendes de l’époque (Bill Russell, Jerry West, Oscar Robertson ou encore Wilt Chamberlain), il est tout autant important dans l’histoire de la NBA.
John Havlicek n’est très souvent pas assez reconnu pour tout son travail et son niveau. Il aura joué 16 saisons dans la plus grande franchise de l’histoire, les Boston Celtics. Même si son destin aurait pu se faire dans d’autres ligues majeures des Etats-Unis.
Durant sa jeunesse, il pratiquera plusieurs sports comme le football américain, le baseball et le basketball. “Hondo” aura beaucoup de succès à tel point qu’au lycée de Bridgeport High School, il sera une star dans les trois sports. Il choisira l’université d’État de l’Ohio pour se concentrer sur le Basketball.
Après 4 saisons universitaires et un titre NCAA, en 1962, John doit faire face à un choix de riche. Il se fait drafter en NBA par les Boston Celtics en 9e position et en NFL (foot U.S.) par les Cleveland Browns au 7e tour (95e position). Chez les Browns, il s’installera au poste de receveur, mais après le camp de sélection, “Hondo” ne sera finalement pas retenu et partira définitivement en NBA.
Un véritable joueur complet et infatigable
Son arrivée se fait dans une véritable dynastie, 4 titres d’affilés remportés par les Celtics bien emmenés par Bill Russell ou Bob Cousy. Pour s’intégrer dans un effectif XXL il faudra travailler deux fois plus, mais John n’est pas qu’un simple basketteur. Dès sa première saison en tant que 6e homme, il tourne à 14.2 points, 6.7 rebonds et 2.2 passes et termine 10e au classement du MVP. Une telle recrue renforce la dynastie déjà en place et va être sacrée pour la 5e fois consécutive.
John Havlicek était un modèle de régularité. Joueur infatigable, capable d’enchaîner les kilomètres sur le parquet sans jamais ralentir, il était l’archétype du « two-way player », aussi efficace en attaque qu’en défense. Il a marqué son époque par son éthique de travail et sa polyvalence, pouvant évoluer au poste d’arrière comme d’ailier avec la même aisance.
Il pouvait enchaîner les matchs sans jamais perdre en intensité avec 1 270 matchs sur les 1 304 possibles en saison régulière, ce qui rendait la tâche compliquée pour ses défenseurs. “Défendre sur John Havlicek est la plus difficile tâche que j’ai à faire chaque saison” déclarait Bill Bradley, l’ancien ailier des New York Knicks.
“Havlicek stole the ball !”
Comme toutes les légendes de la NBA, il faut des actions légendaires, John ne déroge pas à la règle. Nous sommes en 1965 dans un game 7 en finale de conférence opposant Boston à Philadelphie. Plus que quelques secondes à jouer, les C’s mènent 110 à 109 mais les 76ers ont la balle pour aller en finale. Phila relance la balle ligne de fond et “Hondo” intercepte et les C’s file en finale. Boston ira s’imposer (4-1) face aux Lakers et sera sacré champion NBA, encore une fois.
Une action qui a fait entrer son nom dans l’histoire : « Havlicek stole the ball! », s’écriait le commentateur Johnny Most, une phrase devenue culte dans l’histoire de la NBA. Il incarnait la science du déplacement, un style de jeu basé sur des mouvements et de l’intelligence tactique.
La saison suivante les Celtics retrouveront les Lakers en finale. Même scénario, Boston remporte le trophée mais cette fois au bout d’un match 7 au Garden. Le 8e titre consécutif pour les C’s et déjà quatre bagues en quatre ans pour Havlicek.
Un palmarès qui fait rougir les légendes
Malgré son manque de reconnaissance, John Havlicek a tout pour prouver le contraire. Avec ses 8 titres de champions, tous remportés sous le maillot vert, seul Bill Russell (11 titres) et Sam Jones (10 titres) font mieux… pas mal !
A ça, il faut aussi ajouter les 26 395 points inscrits avec les Celtics (record de franchise), 13 fois All-Star et le MVP des finales 1974. Il est également le premier joueur à avoir scoré au moins 1 000 points lors de 16 saisons consécutives. Avec une condition physique parfaite et une régularité à toute épreuve, il devient le joueur ayant disputé le plus grand nombre de matchs avec Boston (1270).
“Captain John” a su être implacable et au moins victorieux d’un titre de champion dans toutes les situations. En tant que 6e homme, il est peut-être le meilleur de tous les temps, à tel point que le trophée de 6MAN est renommé en 2022 “the John Havlicek Trophy”. Également en tant que lieutenant de Bill Russell puis en tant que leader des C’s.
Le n°17 monte au plafond
John Havlicek jouera son dernier match au Boston Garden le 9 avril 1978 face à Buffalo. Il inscrira 29 points après avoir reçu une belle ovation du public. Son numéro 17 sera retiré quelques mois après dans la même salle le 13 octobre 1978.
Certes, il n’avait pas le charisme d’un Bill Russell, le shoot d’un Larry Bird, ni le trashtalk d’un Paul Pierce. Pourtant, John Havlicek est sans doute l’un des plus grands joueurs de l’histoire des Boston Celtics. Avec son palmarès long comme les bras de Wemby et une défense acharnée, il incarnait la mentalité du basketteur où l’effort et l’intelligence de jeu priment sur les projecteurs.
Discret, humble, Havlicek n’a jamais cherché la lumière. Mais son héritage demeure immense, son nom gravé aux côtés des plus grands, intenable en défense et solide en attaque. Pour terminer sa magnifique carrière, parmi les meilleurs joueurs de la NBA de tous les temps, il sera intronisé au Hall of Fame en 1984.