En quête d’une augmentation de ses audiences, la NBA cherche la recette qui assurera son succès auprès des fans. Piocher des idées de son glorieux passé pourrait bien être un début de solution.
La NBA est une ligue qui ne se laisse pas mourir. Elle est toujours à la recherche de nouvelles innovations pour conquérir et élargir son public. Pourtant, ses efforts ne sont pas forcément payants. Selon Front Office Sports, les audiences télévisées sont en baisse de 48% depuis 12 ans. Le phénomène est encore visible. Le premier mois de compétition de la saison 2024-25 a enregistré une baisse d’audience de 28% par rapport à la saison précédente.
L’intérêt des fans pour la Grande Ligue se perd, et la NBA en a bien conscience. Si elle veut connaître un regain de popularité, de nouvelles initiatives doivent être mises en place. Mais avant de vouloir changer des éléments du jeu, modifier des éléments extérieurs pourrait bien servir de première base. Cela ne sera sûrement pas suffisant pour attirer de nouveaux fidèles, mais il y a de quoi retrouver ceux qu’elle a perdus. Alors dépoussiérons les placards et donnons au peuple ce qu’il réclame.
Le retour des maillots de Noël

Voici un cadeau que les fans attendent chaque année au pied du sapin, mais il faut croire que le Père Noël n’est pas aussi généreux que John Stockton. En 2008, la NBA et son ancien équipementier, Adidas, décident de revisiter les tuniques que portent les joueurs lors du Christmas Day. Tout commence par un flocon de neige blanc autour du logo de la Ligue sur le devant des maillots. Puis en 2012, la marque aux trois bandes développe le concept et opte pour des maillots spécialement créés pour l’événement. La tradition devient vite iconique, offrant aux fans de magnifiques objets de collection, et à la marque allemande un produit marketing qui fait mouche en pleine période de fêtes.
I think now is a good time to ask the @NBA for a Christmas Jersey return pic.twitter.com/U3bb3W6ZvQ
— ²³𝙻𝚎𝙱𝚛𝚘𝚗𝚌𝚑𝚒𝚝𝚒𝚜🏀☄️🌎💞 (@BronGotGame) December 23, 2023
Mais en 2017, Nike devient le nouvel équipementier de la NBA et choisit, tout bonnement, de mettre fin aux maillots de Noël. Un crève-cœur pour les fans, car ces maillots ajoutaient une touche de festivité supplémentaire aux matchs du 25 décembre. Ils renforçaient le sentiment que les rencontres du Christmas Day n’étaient pas des matchs de saison régulière comme les autres. Chaque fin d’année nous réserve au moins une performance mémorable, et parfois même, un match d’anthologie.
Les maillots de Nöel ont tout intérêt à revenir. D’abord, car ce serait la preuve que la NBA reste à l’écoute de son public et de son plus grand ambassadeur, LeBron James, qui militent pour le retour des tuniques aux couleurs joviales et aux lettres cursives façon carte de vœux.
Not having Xmas day unis anymore really sucks! That was a great feeling walking into the locker room and seeing those. It was literally like receiving a 🎁! Whomp whomp! 🤷🏾♂️
— LeBron James (@KingJames) December 25, 2024
Ensuite, car Nike a de quoi répondre à la demande. La marque à la virgule propose plusieurs éditions de maillot à chaque franchise : Association, Icon, City, Statement… Un jersey de plus ne devrait pas poser problème. Par principe, l’entreprise américaine refuse sûrement de reprendre un concept lancé par son grand rival. Mais elle passe à côté d’une grosse exposition. Les rencontres du Christmas Day sont beaucoup plus suivies.
Cette saison, le match entre Golden State et Los Angeles a attiré 7,7 millions de téléspectateurs en moyenne, ce qui en fait le match de saison régulière avec la plus grosse audience sur les 5 dernières années. Le 25 décembre prochain, il y a fort à parier que la NBA nous offre une affiche de rêve mêlant Lakers et Celtics. Si Adam Silver et Nike veulent marquer les esprits, ils savent ce qui leur reste à faire.
Un Rising Stars Challenge en match unique

Il y a un mois, la planète basket NBA prenait un break pour vivre le All-Star Week-End. Et il serait grand temps que ce dernier retrouve tout son prestige. Comme pour la saison régulière, le match des étoiles souffre également d’une baisse d’audience. Pour contrer le phénomène, la Grande Ligue a fait évoluer l’intégralité de son week-end ces dernières années, des concours jusqu’aux matchs. Malgré ça, l’opposition du dimanche soir n’intéresse plus grand monde, et c’est peut-être encore pire pour le match d’ouverture du vendredi.
Lancé en 1994, l’ancien « Rookie Game » avait pour objectif de mettre en valeur les meilleurs joueurs effectuant leur première saison en NBA. Au fil des éditions, les sophomores ont fini par être conviés à la fête, de même que les joueurs de G League qui participent également à la rencontre depuis trois ans.
Parmi tous les formats explorés, celui mis en place en 2022 est de loin le moins concluant. Il s’agit, comme son grand frère du dimanche, d’un tournoi à quatre équipes qui s’affrontent en demi-finale puis en finale. Il n’y a plus de temps, mais seulement un nombre de points à atteindre : 40 points pour les demi-finales et 25 points pour la finale.

Cette formule pose deux problèmes majeurs. Le premier : un temps de jeu plus réduit. Avec un nombre de points à atteindre, les demi-finales peuvent se conclure en une dizaine de minutes, encore moins pour la finale. Pour les 28 joueurs, une sélection au Rising Stars Challenge est une première consécration dans leur jeune carrière NBA. Voir les meilleurs prospects de la Ligue évoluer ensemble dans un laps de temps aussi faible est regrettable. L’expérience est d’autant plus courte pour ceux qui ont le malheur de se faire éliminer en demi.
L’autre contrainte qu’apporte la limite de points est la diminution du sensationnalisme. Les équipes doivent trouver le juste milieu entre compétitivité et spectacle. Avec le risque d’être vite distancé et renvoyé aux vestiaires, les joueurs prennent moins de risque dans leurs actions, leurs passes, leurs dribbles.
Ils se retrouvent aussi limités au scoring, rendant intouchables les marques de Kevin Durant (46 points en 2009, record all-time), Russell Westbrook (40 points en 2010) ou encore Kenneth Faried (40 points en 2013). Dans un autre registre, John Wall et ses 22 passes décisives distribuées en 2011 peuvent dormir sereinement.
Le retour d’un match unique de 40 minutes opposant les meilleurs rookies et sophomores, tous mélangés dans deux équipes distinctes, semble être une bonne manière de redonner du crédit à un événement qui n’amasse pas foule. Dans la première moitié des années 2010, il avait pourtant son lot d’observateurs. Certes, les défenses étaient en vacances, mais le show était là. Mention spéciale au match de 2013. Kyrie Irving s’en souvient bien. Les chevilles de Brandon Knight aussi.
Un premier tour de playoffs au meilleur des 5 matchs

Le calendrier de la saison est un gros sujet de débat en NBA. Nombreux sont ceux qui préconisent une réduction du nombre de matchs, ce qui permettrait d’atténuer la pratique du load management. Avec la question des droits TV et d’argent, peu de chances de voir le nombre d’affiches à la baisse. Dans les faits, il a même augmenté avec l’instauration du Play-in et la finale de la NBA Cup.
Si la saison régulière n’est pas disposée à être plus courte, qu’en est-il des playoffs ? Depuis 2003, tous les tours de la postseason proposent des séries qui se jouent au meilleur des 7 matchs. Avant cela, de 1984 à 2002, une série du premier tour se jouait au meilleur des 5 matchs, au grand dam de Jim O’Brien. Jugé trop court et moins bénéfique aux profits, ce format a fini par être abandonné. Mais ce modèle semble plus adapté à la ligue actuelle.
Un premier tour au meilleur des 5 matchs signifie moins de rencontres et plus de jours de repos. Le first round des playoffs s’étale en moyenne sur près de 2 semaines. Avec le format en 5 manches, les séries se joueraient en 10 jours maximum, comme dans le championnat français. Ainsi, la semaine gagnée permettrait d’alléger la saison régulière en réduisant davantage de back-to-back. Il y aurait également un peu plus d’équité pour les équipes sortantes du Play-in. Après un ou deux matchs décisifs pour accéder aux playoffs, les #7 et #8 doivent affronter les meilleures équipes de leur conférence. Si leurs chances de victoire sont moindres, elles le sont encore plus lorsque la série s’étend sur 7 matchs.
La NBA devrait se pencher sur cet argument. Un premier tour plus indécis attirera forcément plus de téléspectateurs. Une qualification en trois victoires est plus intense, offre plus de surprises, et oblige les favoris à tourner à plein régime dès le début de leur campagne. En cas de total déséquilibre, le public s’épargnera un match 4 presque inutile étant donné qu’aucune équipe, dans l’histoire, n’a été capable de remporter une série où elle était menée 3-0. À l’inverse, les fans adorent le divertissement. Il n’y a rien de plus vendeur et de légendaire qu’un gros upset, à l’image de celui des Nuggets en 1994 ou des Knicks en 1999.
Dans une ère où les évolutions sont monnaie courante, il faut s’attendre à ce que la NBA mette en place de nouvelles idées. Espérons qu’elle tende l’oreille vers ces suggestions. Regarder en arrière, c’est s’assurer de ne pas répéter les erreurs du passé. Mais cela sert aussi à s’inspirer de ce que l’on a su faire de mieux.