Edmond Sumner. Crédit : Photo prise par les organisateurs.

Pourquoi la Chine séduit parfois plus que l’Europe ? 

La Chine n’est plus une étape secondaire pour les basketteurs en perte de vitesse : elle est devenue un choix stratégique. Rôle de star, contrats alléchants, exposition médiatique et ferveur des fans font de la CBA une scène où les joueurs peuvent briller comme jamais. De Stephon Marbury à Edmond Sumner, de Tracy McGrady à Alexey Shved, la Chine attire ceux qui cherchent plus qu’un simple salaire : un terrain pour réinventer leur carrière.  

The former NBA player Stephon Marbury holding up the trophy in 2012 as his team, the Beijing Ducks, celebrated its first Chinese championship.
Stephon Marbury est devenu une légende du basket en Chine. Crédit : Agence France-Presse – Getty Images

La transformation est surtout le fruit d’un pionnier : Stephon Marbury. Arrivé en Chine en 2009 avec les Beijing Ducks, il n’était pas seulement un joueur étranger. Il est devenu une figure iconique, un ambassadeur culturel. Marbury lui‑même expliquait qu’il avait aidé à « servir de lien » entre la Chine et les États‑Unis. Plus qu’un contrat, il a brisé un tabou : celui d’une fin de carrière en dehors des ligues occidentales, tout en inspirant une génération de fans. Sous son influence, la CBA est passée d’un championnat périphérique à une option sportive et médiatique sérieuse pour de nombreux joueurs. 

Ce tournant a lancé une série de mouvements qui ont progressivement changé la donne : des importations de talents, des contrats prestigieux et une exposition accrue des matchs à la télévision et sur les plateformes numériques. Sur ce point, la Chine n’a pas lésiné, investissant massivement dans la promotion de son championnat. 

Rôle de star et rémunérations : des promesses concrètes 

Ce qui distingue la Chine de l’Europe, ce n’est pas seulement l’argent même si c’est un facteur majeur mais le rôle que le joueur y obtient. En Europe, même les imports (nouveaux joueurs stars) sont souvent intégrés à des systèmes tactiques lourds, avec un rôle partagé, des rotations serrées et une hiérarchie claire. En CBA, l’import est souvent la colonne vertébrale de l’équipe. On attend de lui qu’il score, qu’il dirige, qu’il inspire. C’est un rôle qui fait briller, qui crée des statistiques, et qui attire l’attention des médias locaux. 

Alexey Shved, ancien pilier du CSKA Moscou et meilleur scoreur de l’EuroLeague, a tourné à plus de 17 points et 10 passes par match avec les Shanxi Loongs (entre 2023-2024 avant de retourner en Russie) Son agent ne cache pas que, sportivement et humainement, la CBA est une expérience enrichissante, une sorte de seconde carrière pleine de sens. 

Les figures qui ont fait le choix de la Chine sont nombreuses : 

Tracy McGrady : futur Hall of Famer, il a clos sa carrière à Qingdao, preuve que même les grandes légendes américaines peuvent choisir la Chine pour finir leur parcours. 

Ron Artest a aussi fait une halte à Sichuan, avant de rentrer terminer sa carrière auprès de Kobe Bryant. 

Dernièrement, des joueurs comme Edmond Sumner font sensation avec des moyennes stratosphériques autour de 36 points par match, montrant que l’on peut aussi y atteindre des sommets statistiques qu’on ne retrouverait pas forcément en Europe. 

Médias, fans et exposition : un cocktail gagnant 

Un autre élément clé de l’attractivité chinoise est la couverture médiatique locale. Grâce à des accords de diffusion massifs avec des plateformes comme Tencent, les matchs de CBA sont suivis par des millions de supporters chaque semaine. Dans un pays où le basket est devenu le deuxième sport national avec plus de 300 millions de pratiquants, la ferveur est réelle. 

Ce n’est pas seulement un public de niche. La CBA a su créer une culture de spectacle où les performances individuelles sont mises en avant, transformant les imports en figures populaires. Dans ce contexte, être la star d’une équipe chinoise peut parfois valoir plus en termes d’impact et de visibilité que d’être l’un des nombreux talents d’une formation européenne. 

Un modèle différent, mais stratégique 

Pourtant, la CBA n’est pas une ligue sans règles. Elle autorise seulement deux étrangers par équipe, et limite leur participation dans les moments clés notamment un seul étranger sur le terrain au dernier quart‑temps dans certaines situations. Ce règlement vise à préserver le développement des talents chinois, tout en maintenant l’intérêt et le niveau global du championnat. 

Chinese center Yang Hansen stands with NBA commissioner Adam Silver after being selected as the 16th pick by the Memphis Grizzlies in the first round of the 2025 NBA Draft at Barclays Center.
Hansen Yang est le futur du basket chinois. Crédit : Sarah Stier – Getty Images

Et des talents locaux continuent d’émerger grâce à l’ouverture internationale du championnat. Avant l’époque Marbury, des joueurs comme Wang Zhizhi ou même Yao Ming ont montré que le basket chinois pouvait produire des talents NBA. Aujourd’hui, des espoirs comme Hansen Yang (drafté en 2025) attire l’attention des scouts pour la draft, signe que le modèle chinois fonctionne aussi en interne, pas seulement pour les imports. 

Une attraction qui dépasse l’argent 

Alors, pourquoi la Chine séduit parfois plus que l’Europe ? La réponse tient à un mélange d’éléments complémentaires : 

-Un rôle central et de véritables responsabilités sur le terrain, bien au‑delà de ce qu’un joueur peut obtenir en Europe. 

-Des conditions financières attractives, parfois supérieures à celles des clubs européens pour des imports bien ciblés. 

-Une exposition médiatique massive, portée par un public passionné et des plateformes numériques puissantes. 

-Une culture du spectacle qui valorise la starisation des joueurs étrangers. 

-Un modèle stratégique équilibré, qui combine développement local et ouverture internationale. 

La Chine n’est plus simplement un plan B. Pour de nombreux basketteurs, elle est une voie stratégique vers une seconde carrière brillante, parfois plus séduisante que la voie européenne traditionnelle. Et tant que ce modèle continuera de combiner attractivité financière, rôle sportif et exposition médiatique, l’Europe devra regarder de près cette alternative qui, parfois, attire plus que son propre héritage. 

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