Orlando Magic, mais quel est leur vrai visage ?

Près de trois mois après le début de la saison NBA, difficile encore d’estimer le réel niveau de la franchise floridienne. Installée dans le top 8 de la conférence Est malgré les absences successives de leurs co-franchise players, Paolo Banchero et Franz Wagner, le Orlando Magic arrivent quand même à engranger des victoires sans avoir eu l’occasion de mettre à l’œuvre leur équipe type.

Une intersaison agitée pour passer un cap

Pour devenir un réel contender, il faut savoir prendre certains risques. Et lâcher 4 premiers tours de draft pour attirer dans ses rangs un joueur du statut de Desmond Bane, s’en est un et rien à voir avec le niveau de jeu de l’ancien arrière des Memphis Grizzlies. En 5 saisons dans le Tennessee, le natif de Richmond a franchi les paliers passant de 9,2 points à 23,7 points de moyenne lors de la saison 2023-2024. Scoreur redoutable en pénétration (merci les épaules carrées) et derrière l’arc (même si la mire est pas encore bien réglée en Floride, seulement 34,6 % de réussite à trois points), le profil de Desmond Bane correspondait aux besoins de la franchise.

Desmond Bane célébrant un 3 points face à Miami. Crédit : Julio Aguilar/GettyImages

Éliminés au premier tour des Playoffs 2025 par les tenants du titre, les Boston Celtics, les Floridiens avaient fait bonne figure en accrochant la franchise du Massachusetts dans les 4 premières rencontres, avant de céder complètement dans le dernier match. Défaits 4 à 1, leur défense et leur intensité n’avaient pas permis de combler les manques à trois points.

Ne dépassant qu’une fois la barre des 100 points dans ces 5 rencontres, Paulo Banchero et Franz Wagner (respectivement 29,4 et 25,8 points sur la série ) ont semblé trop esseulés au niveau du scoring (27e meilleure attaque lors de la saison NBA). En enregistrant l’arrivée d’un scoreur comme Desmond Bane, le front office du Orlando Magic souhaitait partager les responsabilités en attaque et écarter les défenses adverses avec leur nouvelle gâchette. Mais sans oublier pour autant l’âme de cette équipe, la défense.

Une arrivée qui s’est d’ailleurs accompagnée d’autres mouvements de moins grandes envergures mais tout aussi intelligents. Et d’ailleurs dans le lot, Cocorico. Drafté en 32e position par les Boston Celtics, Noah Penda a finalement atterri dans la ville de Mickey, après de belles performances du côté du Mans.

Hormis cette parenthèse teintée de chauvinisme (même si pour l’instant il est cantonné au banc), le board du Orlando Magic s’est montré plus discret. Attirant tout de même dans ses rangs d’autres joueurs à l’instar du créateur Tyus Jones qui est venu apporter ses qualités à la mène ou encore en draftant Jase Richardson , bon artilleur au lycée. Sans toucher à la colonne vertébrale de l’équipe, l’intersaison a permis de faire les quelques ajustements nécessaires à l’aube de l’exercice 2025-2026.

Noah Penda et Jase Richardson, tout sourire après la signature de leurs contrats. Crédit : Jeremy Brener | Orlando Magic on SI

Un début de saison en deçà des attentes

Pourtant tout avait bien commencé. Victorieux lors des 4 premiers matchs de présaison, le Orlando Magic pouvait s’imposer comme une équipe de premier rôle dans une conférence Est bien décimée. Cependant, fin octobre, une série de 4 défaites pour débuter la saison régulière (après avoir gagné le match d’ouverture face à Miami), et une infirmerie bien pleine, viennent remettre en cause le réel niveau de jeu de cette équipe. Privé de Paulo Banchero une bonne partie du début de saison et de Franz Wagner depuis sa terrible chute au Madison Square Garden le 7 décembre, Jamahl Mosley (coach d’Orlando) a su trouver les solutions.

Orlando Magic
Franz Wagner (Orlando Magic) lors de blessure en montant au panier face à NYK. Crédit : (AP Photo/John Munson)

L’éclosion d’Anthony Black (candidat potentiel au titre de MIP ), la prise de responsabilité de Desmond Bane ou encore l’activité d’un Jalen Suggs, véritable facteur X, ont permis de maintenir le navire à flot. Avec un bilan de 21 victoires pour 18 défaites, Orlando arrive à suivre le rythme dans la conférence Est. Actuellement 8e à seulement deux matchs de la quatrième place, le Orlando magic récupère petit à petit tout son effectif (même si Moritz Wagner est encore dans un processus de rééducation à la suite de la rupture de son ligament antérieur du genou gauche) et pourrait viser plus haut dans les semaines à venir, là où on les attendait en début de saison.

Trop fragile, trop jeune, trop maladroit ?

Oui, le niveau concret de cette équipe est dur à déterminer. Oui, l’effectif est sujet aux blessures à répétition. Mais une chose est sûre, le Orlando Magic possède un fort vivier de talents  et au complet, elle représente un vrai « poil à gratter » pour toute la ligue. Cependant des interrogations demeurent à leur sujet.

Reconnu pour être une des meilleures défenses l’année dernière, Orlando peine cette année à être tout aussi dissuasif. 12ème meilleure défense de la ligue, l’équipe floridienne concède quatre points de plus en moyenne avec près de 113 points encaissés par rencontre.

Du côté de l’attaque, en dépit de l’arrivée de tireurs confirmés, le pourcentage de réussite à trois points reste toujours le « talon d’Achille » de cette équipe. Avec seulement 34,2% de réussite, le Orlando Magic fait même partie des mauvais élèves dans cet exercice. Malgré quelques améliorations au scoring et en spacing, la profondeur du banc pourrait être également une vraie limite dans l’optique de faire un run en Playoffs.

Enfin, la question du leadership reste en suspens. Comment vont cohabiter Franz Wagner, Paolo Banchero et Desmond Bane, en pleine possession de leurs moyens? Qui est le vrai leader de cette équipe, capable d’élever son niveau de jeu et à qui reviendra les ballons en fin de match ?

Desmond Bane est sur courant alternatif, passant de pointes à 32 points et un game-winner comme face au Jazz, le 20 décembre dernier, à des faibles totaux comme face au Nets dans la nuit du 7 janvier ( 9 points à 4-14). Paolo Banchero, quant à lui, ne semble pas retrouver son réel niveau de jeu à cause ses gênes à l’aine survenues au début du mois de novembre. 21,1 points de moyenne ( 4 de moins par rapport à l’an dernier ) et un vilain pourcentage derrière l’arc (25%) pour l’ancien prospect de Duke. Dès lors des zones d’ombre subsistent, mais ne seraient cacher tout le potentiel de cette jeune équipe.

De belles perspectives pour retrouver les hauteurs de l’Est

Maintenant que l’orage est passé, le soleil semble revenir en Floride (même s’ il est jamais vraiment parti). Dans « un mouchoir de poches » avec les équipes devant eux à l’Est, Orlando bénéficie d’un calendrier plutôt avantageux jusqu’au 23 janvier ( réceptions de Memphis, de la Nouvelle-Orléans et de Charlotte ).  La franchise emmenée par Jamahl Mosley pourraient se rapprocher des Toronto Raptors et des Boston Celtics en embuscade derrière les Knicks et les Pistons.

« Cerise sur le gâteau », le champion du monde allemand, Franz Wagner, devrait faire son retour prochainement. De retour au complet, les Floridiens pourraient parvenir à leurs objectifs comme celui de se qualifier directement en Playoffs avec l’avantage du terrain. Avec une identité de jeu bien définie, une répartition des rôles bien établie et une défense à toute épreuve, Orlando pourrait confirmer tout son potentiel.

Si jouer le titre semble encore être une marche trop haute, avec quelques mouvements supplémentaires notamment aux postes de meneur et de pivot, le Orlando Magic pourrait bien devenir un vrai contender dans un futur proche et peut-être enfin décrocher la première bague de leur histoire. Les habitués du Kia Center n’attendent que ça, maintenant, à eux de prouver qu’ils en sont capables en faisant résonner le plus longtemps possible le son viral qui retentit à chaque victoire« ORLANDO MAGIC ! ORLANDO MAGIC ! ORLANDO MAGIC ! OOOOOH OOOOOH  OOOOOH OH OH ! ».

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