Memphis s’impose à Londres : l’Angleterre, une fausse bonne idée ?

Avant le Martin Luther King Day, c’était le NBA London Games ce dimanche 18 janvier. Après une belle victoire du Magic à Berlin, Memphis prend sa revanche à Londres et s’impose sans forcer 126-109.

Dans un match à sens unique, les Grizzlies, bien emmenés par un Ja Morant en grande forme, viennent à bout d’Orlando et signent leur 18e victoire de la saison. Un succès important, car il permet à Memphis de rentrer dans le top 10, synonyme de qualification en play-in.

Ja Morant régale

Ja Morant est de retour sur les parquets.
crédit : AFP

Hier à Londres, Ja Morant a livré l’une de ses meilleures performances de la saison. Il n’avait plus joué depuis le 3 janvier, blessé et restreint par sa propre franchise.

Mais pour la NBA, hors de question de se priver de cette exposition pour un match en Europe. Pour la ligue, ces rencontres européennes sont avant tout une vitrine mondiale, et il est indispensable d’y mettre en avant des joueurs capables de faire vendre le produit NBA. À ce jeu-là, Ja Morant coche toutes les cases : dunks spectaculaires, actions virales, highlights qui inondent les réseaux sociaux. Même pour un public moins connaisseur, son style parle immédiatement. Le meneur a finalement pris part à la rencontre, pour le plus grand bonheur d’Adam Silver et des fans.

Face au Magic, on a retrouvé le Ja que l’on aime voir. Un joueur concentré sur le basket, qui joue simple, ne forçant pas ses tirs et les highlights. Il termine la rencontre à 24 points, avec un propre 7 sur 13 aux tirs. Le numéro 12 des Grizzlies a apporté de l’énergie sur le parquet, en faisant briller ses coéquipiers avec 13 passes décisives.

En Angleterre, nous avons vu le Ja Morant que l’on veut voir tous les soirs, celui qui a tant brillé dans la grande ligue dans le passé. Beaucoup critiqué ces dernières années, parfois à juste titre, il a prouvé qu’il était encore capable de briller aux plus hauts niveaux.

Et ce genre de performance peut donner des idées à certains. Ces dernières semaines, les rumeurs de trade se sont accentuées, notamment du côté de Miami. Selon la presse, le joueur ne rentrait plus dans les plans dans le Tennessee et n’avait jamais vraiment déclaré vouloir rester. Mais hier, le joueur a répondu une fois de plus aux rumeurs en conférence de presse :

J’ai le logo des Grizzlies tatoué sur le dos, donc ça devrait vous donner une indication exacte de là où je veux être. Ceux qui me connaissent savent que je suis un gars loyal.”

Une déclaration d’amour pour sa franchise qui remet en question son éventuel départ. Depuis le début, Memphis est clair : ils sont ouverts au trade, mais sa prolongation n’est pas une possibilité à exclure. Pour autant, cette performance aboutie ne suffit pas à lever toutes les interrogations autour de l’avenir de Ja Morant à Memphis.

Si le meneur reste l’un des visages les plus aimés de la franchise et un joueur capable d’élever le niveau collectif lorsqu’il est sur le parquet, son cas continue de diviser. Entre blessures à répétition, absences prolongées et performances parfois en dents de scie depuis le début de la saison, il n’a pas encore retrouvé la régularité ni l’impact qui faisaient de lui l’un des joueurs les plus dominants de la ligue. Sans oublier les épisodes extra-sportifs qui ont fragilisé son image et compliqué sa gestion au quotidien pour les Grizzlies.

Le dilemme est ici : conserver un talent générationnel, chouchou de la fanbase des Grizz’, ou se séparer de son franchise player, dans l’espoir de construire un avenir stable, quitte à tourner une page importante de son histoire récente.

NBA London Game : vraiment une bonne idée ?

Le basket reste un sport de seconde zone, éclipsé par un football omniprésent et profondément ancré dans l’identité nationale.

Éloignons-nous des parquets désormais, pour s’intéresser au côté marketing de l’événement. Si la NBA poursuit sa stratégie d’expansion européenne, l’étape londonienne interroge. Dans une salle pourtant pleine, l’ambiance est restée globalement timide, loin de la ferveur observée ces dernières années à Berlin ou à Paris. Un contraste frappant avec l’Allemagne, championne du monde en titre, portée par des figures comme Dirk Nowitzki hier, ou Dennis Schröder et Franz Wagner aujourd’hui, ou avec la France, vice-championne olympique et incarnée par une génération dorée menée par Victor Wembanyama.

Car si le football reste le sport roi en France comme en Allemagne, le basket y possède désormais une véritable culture, nourrie par des résultats internationaux et des championnats locaux forts. En Angleterre, cela fait encore défaut. Le basket reste un sport de seconde zone, éclipsé par un football omniprésent et profondément ancré dans l’identité nationale. La question se pose : Londres est-elle réellement une terre propice pour accueillir un match NBA de prestige ?

Si la ville coche toutes les cases sur le plan économique et médiatique, l’expérience en tribunes laisse planer le doute, d’autant plus lorsque l’on observe le désintérêt de la ligue pour l’Europe de l’Est. Une région pourtant historiquement au cœur de l’ADN du basket européen, façonnée par l’héritage de l’ex-URSS et des Balkans, qui continue aujourd’hui de produire certains des meilleurs joueurs de la planète. Luka Dončić, Nikola Jokić ou Giánnis Antetokoúnmpo incarnent ce jeu venu de l’Est, là où le basket est bien plus qu’un sport de seconde zone.

De Belgrade à Athènes, les salles offrent des ambiances parmi les plus bouillantes du continent, là où le basket est profondément ancré dans la culture locale. Un marché où le public maîtrise les codes du jeu et vibre à chaque possession.

À l’heure où la ligue évoque ouvertement la création d’une NBA Europe, avec des franchises implantées sur le continent, l’absence quasi totale de l’Europe de l’Est dans les projections interroge. Construire un basket européen sans s’appuyer sur ses terres fondatrices, là où la culture, l’histoire et la passion du jeu sont les plus ancrées, semble difficilement envisageable tant l’essence même du basket européen s’est forgée à l’Est.

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