30 points par match, une feuille de stats noircie et un statut de franchise player acquis… Jaylen Brown a changé de dimension en 2025-2026. Et alors qu’il porte un Massachusetts meurtri, le guard semble être l’oublié de l’année dans la course au MVP.
20 février, ESPN dévoile son habituel classement en “temps réel” du MVP. Les favoris sont bien présents. Shai Gilgeous-Alexander et Nikola Jokić solidement installés sur les deux premières marches du podium. Cade Cunningham troisième surprise. Luka Dončić et Victor Wembanyama sur leurs talons. Mais un nom manque à l’appel du top 5, Jaylen Brown. Une absence qui a le don de questionner quand des joueurs d’équipes aux bilans bien inférieurs (Luka Dončić) ou aux situations bien plus propices à la gagne lui passent devant.
Pliés mais pas rompus

En effet, en 2026, JB est devenu le fer de lance d’une équipe à qui tous les observateurs promettaient l’enfer. L’intersaison des Celtics avait tout du cauchemar éveillé. Décimés par les blessures et embêtés par le salary cap, ils avaient dû se préparer à composer sans Jayson Tatum (blessé au tendon d’Achille) Jrue Holiday, Kristaps Porziņģis (tradés) et Al Horford (pas re-signé). Peu les attendaient dans les hauteurs de la conférence. Et pourtant…
Dans l’élan de leur récent MVP des Finales, les Verts se sont installés depuis plusieurs mois comme de solides dauphins aux Pistons. Avec 38 victoires et 19 défaites, ils ont le quatrième bilan de NBA, derrière des prétendants au titre assumés. Les Bostoniens naviguent tout en haut de l’est, performants le septième meilleur defensive rating, mais surtout, pourtant privés de plusieurs armes, le deuxième meilleur offensive rating.
Jaylen Brown létal
Une attaque ultra performante (120 points de moyenne) emmenée par un Jaylen Brown qui a clairement rehaussé son niveau de jeu. Déjà un scoreur solide avec plus de 20 points par match sur les six dernières années, le Géorgien gravite désormais autour des 29 points, soit 7 de plus que la saison passée. Mieux encore, le guard a augmenté ses pourcentages, tant à mi-distance que derrière l’arc. Le tout sur un échantillon de rencontres très élevé, lui qui n’en a manqué que 6 depuis le début de la saison. Cerise sur le gâteau, il a, le 3 janvier, égalé son record en carrière en envoyant 50 pions face aux Clippers.
Hors du plan statistique, JB est devenu un véritable leader. Sans l’ombre de Jayson Tatum, il se montre comme un attaquant complet et surtout décisif dans les matchs serrés. Souvent marqué par les meilleurs joueurs des équipes qu’il affronte, Brown a prouvé à plusieurs reprises qu’il était capable de cartons sur les tout meilleurs défenseurs de la ligue. Plus globalement, l’arrière montre une claire prise de confiance et de responsabilité. Dans le Massachussetts, il est le porteur de balle numéro un, le maître du jeu offensif et le joueur qui défend sur le meilleur attaquant adverse.
Oublié ?
Très peu cité parmi les joueurs prétendant au titre de MVP, Jaylen Brown semble être la victime d’une forme de manque de reconnaissance, chose qui ne le quitte pas depuis le début de sa carrière. JB évolue constamment dans l’ombre d’un franchise player qui prend énormément de place médiatiquement. Tournant à 20 points en carrière, 24 si l’on exclut ses trois premières saisons, le guard a dû attendre 2026 pour enfin être titulaire au All-Star Game. Avant la saison en cours, il était unanimement considéré comme une simple seconde option, alors même qu’il est champion NBA et MVP des Finales.
En 2025-2026, le nouveau franchise player des Celtics risque de subir la concurrence des saisons XXL de SGA et Nikola Jokić sur le plan individuel, de Cade Cunningham sur le plan collectif et de la popularité de Luka Dončić et Victor Wembanyama.
Paradoxalement, le coaching gagnant des Celtics risque également de jouer en sa défaveur. En effet, si Joe Mazzulla et son staff comptaient sur le papier l’un des banc les moins profond de la ligue, ils ont su manager avec. Sur les quelques matchs manqués par JB, les Verts n’enregistrent qu’une défaite. Pire encore, le troisième choix de la Draft 2016 détient le « pire » plus / minus parmi les hommes jouant plus de 10 minutes par match dans le Massachussetts (+4,4). A titre de comparaison, Boston culmine à +9,6 lorsqu’il n’est pas sur les parquets.
Mais avec 30 points, 7 rebonds et 5 passes de moyenne et un excellent bilan, le tout en évoluant avec un effectif qui a tout de même régressé par rapport aux saisons précédentes, il ne semble pas illégitime de se demander si l’on ne prend pas la saison de Jaylen Brown un peu trop pour acquise.






