Ja Morant : la fidélité à l’épreuve de la NBA moderne  

À l’approche de la trade deadline, Ja Morant a surpris en affirmant publiquement son attachement aux Memphis Grizzlies, à rebours d’une NBA dominée par la mobilité et les demandes de transfert. Une déclaration forte, presque anachronique, qui interroge la place réelle de la fidélité dans une ligue où les carrières se construisent désormais comme des projets individuels. 

Ja Morant avec les Memphis Grizzlies. Source : L'Equipe
Ja Morant avec les Memphis Grizzlies. Source : L’Equipe

À l’approche de la trade deadline, Ja Morant a affirmé publiquement vouloir rester à Memphis, après avoir été interrogé à la suite du match Grizzlies–Magic : 
« Si quelqu’un ici me connaît, je suis quelqu’un de très loyal. J’ai un logo dans le dos, donc ça devrait vous dire exactement où je veux être. » 
Le meneur fait référence à son tatouage représentant le logo des Grizzlies, un détail qui, selon lui, résume clairement son état d’esprit et son souhait de rester à Memphis. 

Pourtant, l’Américain de 26 ans a énormément figuré parmi les noms de joueurs susceptibles de quitter leur club et, selon certains médias, il aurait même demandé un trade. Ce qui semblerait logique, car Memphis ne dispose clairement pas d’un projet solide et est loin de pouvoir réaliser les ambitions initiales. D’autant plus que Ja Morant est présent depuis sept ans et qu’il enchaîne les blessures en ce début de saison, que ce soit au mollet ou à la cheville. 

Dans une ligue où les stars évitent soigneusement de se positionner, cette prise de parole dérange autant qu’elle intrigue. 

dos Ja Morant. Source : Daily Mail
les tatouages de Ja Morant. Source : Daily Mail

Un discours à contre-courant de la NBA moderne 

Aujourd’hui, la NBA est de plus en plus structurée autour de la mobilité : les contrats sont flexibles et souvent courts. Du côté des joueurs, ils n’hésitent plus à demander leur trade et pensent leur carrière comme des projets de plus en plus individuels. 

Dans ce contexte, parler de fidélité semble presque impossible. 
La déclaration de Ja Morant ne va donc pas seulement à l’encontre des rumeurs : elle remet en cause un mode de fonctionnement devenu une norme implicite de la ligue. 

De plus, rester à Memphis, ce n’est pas choisir le confort. C’est accepter l’instabilité sportive. Depuis son arrivée en 2019, les Grizzlies ont manqué les playoffs à deux reprises, ont été éliminés trois fois au premier tour et une fois au deuxième. L’exposition médiatique y est également limitée : Memphis, ce n’est pas les Los Angeles Lakers. Et la pression du résultat est malgré tout bien présente, car les fans attendent beaucoup de Ja Morant.  

En affirmant sa fidélité, Ja Morant bouscule donc les codes d’une ligue qui a fait de la mobilité une norme. Reste à savoir si cette loyauté revendiquée relève d’une conviction profonde… ou d’un calcul parfaitement réfléchi. 

La fidélité, valeur réelle ou stratégie maîtrisée ? 

Cette fidélité affichée peut également être lue comme une tentative de reprendre le contrôle de son image, dans une période où son nom circule plus pour des rumeurs que pour ses performances. En se positionnant clairement, Ja Morant évite le flou et impose son propre récit, là où la NBA laisse souvent les spéculations dicter la narration.  

Mais cette stratégie, aussi maîtrisée soit-elle, se heurte rapidement à une réalité incontournable : en NBA, la loyauté ne pèse jamais plus lourd que les résultats, les blessures ou les impératifs économiques. La question reste alors entière : cette fidélité tiendra-t-elle face aux contraintes du système, ou n’est-elle qu’un moment suspendu dans une ligue qui ne pardonne ni l’attente ni l’échec ?  

Ja Morant, Jaren Jackson et Santi Aldama. Source : BeBasket
Ja Morant, Jaren Jackson et Santi Aldama. Source : BeBasket

La fidélité en NBA a-t-elle vraiment existé ? 

Il existe néanmoins quelques cas où des joueurs ont fait preuve d’une fidélité exemplaire. Parmi eux : Kobe Bryant avec les Los Angeles Lakers, Dirk Nowitzki avec les Dallas Mavericks, Tim Duncan avec les San Antonio Spurs et, pour l’instant, Stephen Curry avec les Golden State Warriors. 

La fidélité est donc possible en NBA. Mais la réalité reste plus nuancée. Ces exemples sont extrêmement rares. Ces joueurs ont gagné à certains moments, leurs franchises étaient stables et alignées avec leurs stars. La fidélité n’y était pas un sacrifice, mais un équilibre. 

À l’inverse, pour chaque modèle idéalisé, il y a Damian Lillard, fidèle jusqu’à l’impasse, Kevin Garnett, loyal jusqu’à l’épuisement, ou encore Luka Dončić, fidèle jusqu’à ce que Nico Harrison voie les étoiles. 
La fidélité n’a jamais été une règle en NBA, seulement une exception rendue possible par des contextes presque parfaits. 

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