Après 8 saisons à Atlanta, Trae Young est échangé aux Washington Wizards contre CJ McCollum et Corey Kispert. Le meneur américain rejoint les Français Bilal Coulibaly et Alexandre Sarr.
C’était attendu depuis un moment, mais c’est désormais officiel : Trae Young quitte les Atlanta Hawks. Dans la franchise depuis 2018, il aura amené la ville en finale de conférence en 2021 (2-4 face aux Bucks). Il était le visage d’Atlanta, mais la NBA est dure : alors assis sur le banc, en civil, lors du match opposant les Hawks et les Pelicans, Trae Young apprend son trade en direct. Il salue ses coéquipiers et quitte la State Farm Arena pour rejoindre immédiatement Washington.
Atlanta : un pari risqué

Trae Young aux Wizards, c’était attendu. De nombreuses rumeurs de transfert l’envoyaient du côté de la capitale depuis plusieurs jours. Ce qui a surpris, en revanche, c’est le package reçu par Atlanta en contrepartie de son franchise player. CJ McCollum, 34 ans, 18,8 points par match, avec un contrat de 30 millions de dollars qui expire cet été ; et Corey Kispert, 26 ans, 9 points par match, sous contrat à hauteur de 13 millions de dollars par an jusqu’en 2029.
Corey Kispert est un rôle player intéressant, bon shooter en sortie de banc, à 40 % derrière l’arc. Mais son apport défensif n’est pas bien supérieur à celui de Trae Young, et son efficacité offensive se trouve à des années-lumière de l’ex-star de la franchise. De son côté, CJ McCollum possède un gros contrat, certainement trop élevé par rapport à son apport réel. Point positif, l’arrière sera free agent cet été, et Atlanta se libérera de ses 30 millions annuels.
Plusieurs rumeurs indiquent que la franchise de Géorgie miserait sur cette flexibilité salariale pour attirer Anthony Davis cet été. Pour faire simple, les Hawks ont presque « donné » Trae Young en échange de plus de place dans le salary cap.
Et ce choix s’explique aussi par le terrain. L’un des meilleurs joueurs de l’histoire d’Atlanta ne semblait plus indispensable. Gêné par de nombreuses blessures en début de saison, puis victime d’une rechute début 2026, une grande partie de l’exercice s’est jouée sans lui. Et lorsque le meneur était sur le parquet, les résultats n’ont pas suivi. Sur les dix matchs disputés par Ice Trae cette saison avant son trade : huit défaites. Un bilan de 2-8 avec lui, contre 16-13 sans lui. Une différence sans appel.
Ces mauvais résultats s’expliquent notamment par la volonté de Quin Snyder d’installer un jeu plus défensif, basé sur le partage du ballon de l’autre côté du terrain. En clair, Trae Young ne rentrait plus dans les plans en Géorgie. Les Hawks misent désormais sur leur jeunesse, incarnée par Dyson Daniels, Zaccharie Risacher et surtout leur nouveau franchise player, Jalen Johnson. Malgré tout, le trade laisse un goût d’inachevé. Pour un joueur quatre fois All-Star, Atlanta aurait pu espérer mieux, au minimum un ou deux tours de draft. Les Hawks misent désormais sur un gros coup à l’intersaison. Un pari risqué, car rien ne garantit que les stars disponibles sur le marché cet été choisiront la Géorgie.
Washington : un fit prometteur

Pour les Wizards, en revanche, ce trade semble bien plus intéressant. L’équipe n’est absolument pas taillée pour le titre, et cet échange n’y change rien. En revanche, Washington possède un effectif composé de nombreux jeunes joueurs très prometteurs. Le cinq majeur probable serait composé de Trae Young, Tre Johnson, Bilal Coulibaly, Kyshawn George et Alexandre Sarr. Un mélange intéressant de créativité, de scoring et surtout de solidité défensive.
On le sait, la défense est le principal point faible d’Ice Trae. La rigueur défensive de Bilal Coulibaly et d’Alexandre Sarr devrait permettre de masquer en partie les lacunes du meneur. À la lecture de ce cinq, Trae Young semble apporter exactement ce qui manquait aux Wizards. Entouré de jeunes talents, il endossera un rôle de « vétéran » et apportera à cette équipe l’expérience qui lui faisait défaut.
De plus, Washington disposait de talent à tous les postes, mais manquait cruellement d’un meneur titulaire capable d’organiser le jeu. Trae Young peut scorer, mais aussi créer pour les autres, permettant à ses coéquipiers de faire progresser leurs statistiques tout en gagnant en efficacité collective.
Sur le papier, ce trade ressemble à une véritable offrande pour Alexandre Sarr. Depuis le début de la saison, le Français brille à Washington. Avec 17,4 points par match et un statut de meilleur contreur de la ligue (2,3), le pivot avait déjà trouvé sa place au sein de cette équipe, avec de grandes responsabilités. Mais l’arrivée d’un meneur de ce calibre ne peut que l’aider à franchir un nouveau cap. Meilleurs passeurs de la ligue la saison passée, Trae Young pourrait ainsi faire nettement progresser la moyenne de points d’Alexandre Sarr.
Washington récupère donc un joueur qui match parfaitement avec son effectif, capable de rendre l’équipe plus compétitive dès maintenant sans hypothéquer l’avenir. À seulement 27 ans, il arrive sans que le moindre jeune prometteur ne doive partir en échange.
Mais il ne faut pas s’enflammer du côté de la capitale : l’arrivée de Trae Young ne change pas tout. Le roster reste parmi les plus faibles de la NBA et, malgré un cinq intéressant, la profondeur de banc reste limitée. Les Wizards peuvent viser une qualification en play-in l’année prochaine, surtout dans une conférence Est aussi ouverte, mais il sera difficile d’espérer mieux.






