Dominick Barlow, en défense sur Jaylen Brown lors d'un macth 76ers Celtics Source Getty Image

Dominick Barlow mérite le 2-way contract of the year

Oui je sais, le trophée n’existe pas. Pas encore. Mais s’il fallait inventer un trophée du 2-way contract of the year en 2026, un nom s’imposerait comme une évidence  en 2026: Dominick Barlow.

La NBA de 2026 reste une ligue concentrée sur les stars, les contrats maximum, les demandes ou non de trade de ses grands noms clinquants comme LeBron Giannis Luka Westbrook Durant Maxey Brown Tatum et compagnie.

Dominick Barlow incarne tout l’inverse : une arrivée dans la ligue par la petite porte pour un joueur de l’ombre devenu indispensable dans une franchise qui manquait cruellement d’impact physique, de verticalité et de rebonds offensifs pour le poste d’ailier fort / forward. Lui qui n’avait été titulaire que 5 fois en 3 saisons NBA s’est retrouvé à débuter les rencontres plus d’une vingtaine de fois en 2025-26 ! On va regarder plus en détail tout cela.

Showtime Dominick : Des dimensions NBA et un parcours hors des sentiers battus

Un physique d’ogre maigre pour terroriser la NBA

Mesuré officiellement à la Draft Combine 2022, il affiche 2m08 avec chaussures, une envergure impressionnante de 2m21 et une standing reach (hauteur sans saut, les bras en l’air) proche des 2m76, le tout pour 100 kilos parfaitement répartis avec seulement 5,9 % de masse grasse dans un corps encore en pleine croissance. Parce que oui le boug est né en mars 2003, c’est un petit jeune de 19 ans qui débarque avec ces mensurations là au Draft Combine.

Les analystes de ce draft combine ont pu voir que ce gabarit longiligne prend immédiatement sens dans les systèmes NBA. Barlow est un ailier fort long et fluide, capable de couvrir énormément d’espace en défense et de switcher sur plusieurs positions sans être en difficulté. Il court le terrain avec un gros score de VMA, attaque le cercle sans hésitation et joue constamment vers l’avant.

Son jeu est fait d’actions utiles plus que spectaculaires : écrans solides, coupes tranchantes et présence permanente au rebond offensif. Il ne calcule pas, ne triche pas et joue chaque possession comme si elle comptait double. C’est exactement le type de joueur que les entraîneurs adorent aligner dans un cinq majeur, parce qu’il stabilise l’équipe titulaire, et que les fans finissent par adopter à force de hustle et d’efforts dans les basses besognes.

Dominick Barlow lors du Draft Combine 2022 (Crédit ASSOCIATED PRESS)

Overtime Elite : un pari risqué … mais payant grâce au nouveau CBA

Considéré comme un top 100 national dans la classe 2021 après sa saison senior à Dumont High School dans le nord du New Jersey, Dominick Barlow a fait le choix audacieux de devenir professionnel sans passer par une année post-graduate ou la NCAA. Il  rejoint la toute jeune Overtime Elite, où sont passés les frères Thompson, dès sa saison inaugurale, au sein de la Team Overtime coachée par Ryan Gomes.

L’ancien ailier fort NBA de la fin des années 2000 drafté en fin de second tour a le profil parfait d’un mentor pour le jeune Dominick.  En 25 minutes de moyenne, il a tourné à 14,8 points, 6 rebonds, 1,4 passe, 1,1 interception et 1,2 contre, tout en affichant une efficacité constante face à des adversaires variés, qu’ils soient issus du programme OTE ou de structures lycéennes élites.

Aujourd’hui encore, ce parcours se lit dans son jeu : Dominick Barlow est un ailier fort en construction permanente, doté d’un cadre NBA évident, d’une mentalité de travailleur et d’un jeu qui ne demande qu’à s’affiner. Ce n’est pas un joueur flashy, mais c’est précisément ce mélange de longueur, d’intensité et de progression continue qui fait de lui un profil aussi précieux… et si difficile à ignorer.

Les Spurs et les Hawks sont les premières franchises à s’intéresser à son profil et à lui ouvrir les portes de la NBA après que le joueur ne soit pas sélectionné lors de la draft 2022. Tout ça grâce à un nouveau type de contrat issu du CBA 2023 : Le 2-way contract (ou contrat double volet)

C’est quoi exactement un “two-way contract” ?

Un two-way contract est un type de contrat spécifique instauré par la NBA pour servir de pont entre la ligue et la G League, et depuis la convention collective de 2023, chaque franchise est autorisée à en attribuer trois par saison. L’idée est simple sur le papier : permettre à des joueurs ayant moins de quatre années d’expérience professionnelle NBA de se développer progressivement en partageant leur temps entre l’effectif NBA et l’équipe affiliée en G League, tout en restant sous contrôle de la franchise.

Sur le plan financier, ce contrat reste relativement précaire sous le scope de la NBA. Un joueur en two-way perçoit environ la moitié du salaire minimum rookie, ce qui correspond à 636 435 dollars pour la saison 2025-26. En contrepartie, l’équipe NBA est soumise à deux contraintes majeures : un two-way ne peut être inscrit que sur 50 matchs maximum avec l’équipe NBA au cours de la saison régulière et la franchise NBA ne peut faire jouer que 90 fois des two-ways sur l’ensemble de la saison régulière.

Plus important encore, aucun joueur two-way n’est pas éligible aux playoffs, quel que soit son impact ou son importance dans la rotation. Enfin, la NBA impose  deux dates butoirs pour les two-way : au 10 janvier, tous les contrats two-way sont complètement garantis jusqu’à la fin de la saison et date limite de signature fixée au 4 mars après laquelle aucun nouveau two-way ne peut être enregistré.

Dans les faits, être en two-way signifie vivre en permanence sur un fil. C’est le statut le plus instable de la ligue (hors contrats de 10 jours), réservé à des joueurs qui doivent performer immédiatement, saisir la moindre minute disponible quand la NBA toque à l’équipe de G League et convaincre sans jamais avoir l’assurance d’un avenir à moyen terme. Chaque match peut être le dernier, chaque passage en NBA une audition grandeur nature.

C’est précisément là que le cas Dominick Barlow devient particulier. À Philadelphie, il a dépassé le cadre même de ce statut. Les Sixers se retrouvent désormais face à un véritable casse-tête à l’approche de la trade deadline. Barlow, toujours sous contrat two-way, ne pourrait pas participer aux playoffs, alors même qu’il s’est imposé comme une pièce fonctionnelle et fiable de la rotation. Son impact, son volume de minutes et son rôle dans l’équilibre du frontcourt font qu’il n’est déjà plus perçu comme un simple projet de développement.

Philadelphie 2025-26 : de two-way à pièce centrale

Arrivé quatre jours après Jabari Walker en tant que second two-way player du roster (on reparlera de Jabari dans quelques instants) Dominick arrive dans un anonymat quelconque. Il est un nom qui peut bouger à tout moment du roster pendant le camp d’été, la ligue d’été à Vegas ou les matchs de présaison à Abu Dhabi.

Quand on regarde ce poste de Forward aux Sixers, c’est un peu la panique cet été 2025. Paul George peut jouer sur ce poste mais a annoncé qu’il allait se faire opérer du genou, Guerschon Yabusele, la signature bien réfléchie du management l’été précédent a déjà signé chez des Knicks sans coach attitré, Trendon Watford MVP de Summer league 2022 fait le chemin inverse de la grosse pomme depuis les Nets avec un contrat minimum et Jabari Walker #50 de la draft 2022 est choisi pour un 2-way contract après une pige à Portland.

Pour la première opposition officielle de la saison 25-26, les questions se posent plus sur la titularisation de Grimes ou Edgecombe que sur ce poste 4. Pourtant, Trendon Watford se blesse pendant le camp d’entraînement et PG n’est toujours pas disponible après sa blessure : Dominick Barlow est préféré à Jabari Walker pour débuter le match. Et quel match !

Loin de se laisser impressionner, Barlow livre une prestation d’une maturité saisissante pour un garçon de 23 ans. En 34 minutes, il compile 13 points, à 4 sur 8 au tir, ajoute 8 rebonds dont 5 offensifs, distribue 5 passes, provoque des fautes avec 5 sur 6 aux lancers francs et termine la rencontre avec un +1 au plus-minus.

Il ne rentre aucun tir longue distance, mais ce détail devient secondaire tant son impact est ailleurs. Philadelphie s’impose d’un seul point, dans le clutch, chez le rival historique, et Barlow a été sur le terrain quand le match s’est joué. Dès cette première nuit, il ne gagne pas seulement des minutes : il gagne de la crédibilité aux côtés d’un Edgecombe stratosphérique.

Après avoir démarré les deux premiers matchs, Barlow est stoppé par une vilaine coupure au coude, une blessure plus handicapante que prévue, dont la cicatrisation traîne et l’oblige à manquer dix matchs consécutifs. À ce moment-là, beaucoup auraient pu penser que la parenthèse était refermée, que son statut de two-way le renverrait rapidement à l’arrière-plan. C’est tout l’inverse qui se produit.

La rééducation – passage obligatoire pour que Dominick Barlow devienne une vraie légende des 76ers (Crédit Reddit u/mastermind208)

Toute la concurrence est rétablie … et Barlow reste titulaire

Depuis son retour, Dominick Barlow s’installe durablement dans la rotation, au point de devenir un titulaire quasi régulier. Pour la concurrence à son poste : PG et Oubre sont privilégiés par Nick Nurse en poste 3 plutôt qu’en poste 4, Trendon Watford reste sur le banc pendant l’absence de Barlow et se blesse encore, tandis que Jabari Walker n’est pas consolidé dans la rotation malgré un superbe match à Milwaukee car il n’a pas encore les codes NBA comme attaquer une défense en zone.

Au 9 janvier 2026, Showtime Dominick affiche désormais 25 matchs disputés pour 22 titularisations, dont 18 depuis son retour de blessure, avec 24,9 minutes de moyenne. Sa ligne statistique est propre, efficace et sans fioritures : 8,4 points, 5,1 rebonds et 1,6 passe, le tout à 54,2 % de réussite au tir, accompagné de 0,8 interception et 0,8 contre par match. Il a également signé un double-double et un match à plus de 20 points, symbole ponctuel mais parlant de son activité intérieure. Plus révélateur encore, Philadelphie affiche un bilan de 15 victoires pour 10 défaites lorsqu’il est sur le parquet, preuve que son impact dépasse largement les chiffres bruts (notamment de son 25% au tir du parking).

Et la suite pour 2026 ?

Derrière les rumeurs de stars et d’échanges de ce début d’année, il y a un vrai casse-tête pour Nick Nurse et le front office. Dominick Barlow se trouve au cœur de cette équation.

La logique est implacable : Barlow ne peut plus rester sous ce statut instable du contrat two-way. Il est devenu un stabilisateur du frontcourt, permettant aux Sixers de passer la dernière place au rebonds par matchs l’année dernière à la 15ème place. C’est aussi un joueur capable de défendre sur plusieurs positions sans prendre un gros volume de tir quand il est entouré de Maxey PG et Embiid. Il est la quatrième roue du carrosse que Nick Nurse recherchait tant. En tout cas, Daryl Morey n’a plus le choix, si l’objectif est de rester compétitif pour les playoffs et de maximiser la valeur de leur roster. Offrir à Barlow un contrat standard NBA n’est plus une option, c’est une obligation.

Une obligation contractuelle va peut-être d’ailleurs accélérer cette signature de contrat : les 76ers ont 90 crédits two-way à utiliser sur la saison, et à ce jour, 65 matchs ont déjà été consommés : 25 par Barlow, 33 par Jabari Walker et 7 par Hunter Sallis. Barlow et Walker devraient passer sur un contrat NBA standard avant la deadline des 90 crédits, mais il ne reste plus qu’un seul espace disponible pour transformer un joueur two-way en membre de l’effectif. Au 15 janvier presque l’intégalité des effectifs NBA sont disponibles pour des échanges. Il est très probable qu’une place supplémentaire dans ce roster se débloque d’ici là.

Ouais c’est peut-être toi le maillon faible de cette trade deadline Kyle Lowry (Crédit Getty Images)

Pour plus de détails sur les prédictions, il suffit de jeter un œil à un autre article récemment publié : Les 6 trades les plus probables à la trade deadline des Sixers.

Et pour conclure, même si le Two-Way Player Contract of the Year 2026 n’existe pas officiellement, les experts, dont vous faites partie en lisant ce contenu, connaissent son lauréat probable. Dominick Barlow a transformé un statut précaire en un rôle central, prouvant que la ténacité, l’intelligence de jeu et le hustle peuvent permettre à de jeunes joueurs de s’imposer dans la NBA moderne. À Philadelphie, il n’est plus un two-way : il est un joueur NBA à part entière, et probablement une des plus belles surprises de cette saison 2025-26.

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