Qui aurait pu imaginer un tel début de saison pour l’ailier de Portland. 13e meilleur scoreur de la ligue avec 26,3 points de moyenne, Deni Avdija est en train de changer de statut cette saison. Leader d’une franchise installé dans le Play-In d’une Conférence Ouest où la bataille fait rage, le joueur de 25 ans éclabousse de son talent, lui qui pourrait recevoir prochainement sa première convocation pour le match des étoiles…
La phase d’apprentissage à Washington
On le reconnaît volontiers : il y a des destinations plus propices que Washington pour la progression d’un jeune joueur. Mais voilà, impossible d’y échapper, ce sont les joies de la Draft NBA.
Sélectionné en neuvième position lors de la Draft 2020 ( dans une cuvée où l’on retrouve notamment Anthony Edwards, Tyrese Maxey, Tyrese Haliburton ou encore LaMelo Ball ), l’Israëlo-serbe a atterri dans la capitale américaine après trois années prometteuses du côté du Maccabi Tel-Aviv, remportant notamment le titre de MVP du championnat lors de sa dernière saison. Fort physiquement, rapide en contre-attaque et adroit à 3 points, Deni Avdija possédait toutes les qualités nécessaires pour s’installer au sein de la grande ligue.

Toutefois, la NBA et l’Europe sont deux mondes différents et Deni Avdija l’a sûrement ressenti lors de saison rookie. En 54 matchs, il a combiné 6,3 points, 4,9 rebonds et 1,2 passes décisives le tout en 23 minutes. Des chiffres en deçà des attentes mais loin pour autant de décourager l’ailier, qui a pu lors de cette saison, goûter pour la première fois au Playoffs NBA, malgré une éviction dès le premier tour, face à Philadelphie (4-1).
Sous le maillot de Washington, le natif de Beit Zera a progressé saison après saison, améliorant ses statistiques dans tous les compartiments du jeu. Plus de temps jeu, plus tranchant en pénétration, plus présent au rebond et même plus menaçant derrière l’arc de quoi devenir un titulaire indiscutable lors de la saison 2023-2024 ( dans une équipe qui ne joue rien certes ). Starter lors des 75 rencontres qu’il a joué, Deni Avdija a ponctué son chapitre à Washington en culminant à 16,9 points, 3,9 passes et 7,3 rebonds de moyenne avec des pourcentages tout à fait respectables ( 50,4 % au global dont 37,4% à trois points ).

Nouveau départ, nouveau chapitre, direction l’Oregon
A quelques heures de la Draft 2024-2025, les Portland Trail Blazers misent sur lui pour leur reconstruction. Orphelin de Damian Lillard depuis son départ à Milwaukee, la franchise de l’Oregon s’arrache ses services pour bâtir un noyau dur autour de leurs derniers picks de Draft ( Shaedon Sharpe, Scoot Henderson ou encore Donovan Clingan, sélectionné le soir même ) et de joueurs tels qu’Anferee Simons ou Jerami Grant.
Dans cette optique, Portland cède aux Wizards le pick 14 de la Draft 2024 ( transformé en Carlton Carrgiton « Bub », un premier tour en 2029 ainsi que Malcom Brogdon, meneur expérimenté passé par Milwaukee, Indiana ou encore Boston.
Un gros package que l’ailier a su vite faire oublier. Dès sa première saison chez les Blazers, Deni Avdija s’impose comme une pièce majeure du nouveau projet. En constante progression, il avoisine avec les 17 points de moyenne tout en conservant des pourcentages quasi similaires. Pas suffisant pour accrocher le Play-In ( 12e place à l’Ouest avec un bilan de 36 victoires pour 46 défaites ) mais prometteur pour la suite.
2025-2026, la saison de l’explosion
Définition de « Breakout season » : expression utilisée par les fans et spécialistes lorsqu’un joueur connaît une progression tout aussi forte qu’inattendue. Dans le cas de la nouvelle version de Deni Avdija, difficile de nier qu’il en représente l’archétype parfait. Car oui, cette saison, l’ailier a passé un cap monumental.
Avec la confiance de son coach, Chauncey Billups en début de saison ( avant l’affaire des paris truqués ), le numéro 8 des Blazers a démarré tambour battant, en alignant de belles performances au scoring et en montrant de nets progrès dans les secteurs du playmaking et de la défense.
Son mois de novembre est d’ailleurs symbolique des ces améliorations puisqu’il a enchaîné les matchs à plus de 25 points avec des pics notamment face aux Spurs, le 27 novembre ( 37 points à 12/19 ) ou face à Chicago avec un triple-double à la clé mais pas de victoire (32pts/11ast/11reb). Dans son sillage, Portland est arrivé à se faire une place dans la Conférence Ouest, en offrant un jeu distrayant.
Artisan majeur du jeu offensif déployé et des efforts défensifs, Deni Avdija semble revêtir le costume de franchise player en l’absence de Damian Lillard, de retour dans franchise de cœur. Installé au 9ème rang, Portland possède un petit matelas d’avance sur ses concurrents directs et s’offre le droit de rêver à une qualification via le Play-In.
A l’aube du Martin Luther King Day, les Blazers sortent d’une belle dynamique, avec 5 victoires d’affilée face à notamment Houston(2x) ou encore San Antonio avant de s’incliner à domicile face aux Knicks et face aux Warriors (sans Deni Avdija). Une période durant laquelle, l’Israëlo-serbe a pris feu, faisant ainsi grimper sa côte de popularité.
A « free throw merchant » ?
Qui dit popularité, dit forcément détracteurs et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il en a en ce moment. Avec son style de jeu basé sur le physique et la pénétration, Deni Avdija reçoit de nombreux coups de sifflets par match ( le plus de tentatives aux lancers-francs cette saison), de quoi agacer ses adversaires, à l’instar de Tari Eason. En conférence de presse, après la défaite de Houston au Moda Center, le coéquipier de Kevin Durant, n’y est pas allé de mains mortes ( à la question qu’est qu’il le rend dur à défendre, l’ailier des Rockets a répondu que c’étaient les « Zebras », soit les arbitres). Une situation qui a d’ailleurs amusé le principal intéressé après la rencontre :
Franchement, ça m’a fait rire […].J’attaque le cercle, peu importe qui est devant moi” “Je ne joue pas pour les fautes, mais je vais en provoquer, c’est inévitable. C’est mon jeu. Je suis agressif, j’initie le contact. Si c’est dur de m’arrêter, il faut l’assumer ou trouver une autre solution.”
Suffisant pour devenir All-star ?
Comme chaque année, au mois de janvier, la NBA a dévoilé les votes des fans pour le prochain All-Star Game qui se déroulera cette année à Los Angeles du 13 au 15 février. Un format inédit que pourrait bien connaître Deni Avdija. Au deuxième retour des votes, le joueur des Blazers se retrouve 7e à l’Ouest avec près de 1,2 millions de voix devant des joueurs comme LeBron James (qui l’a encensé lors de leur récente confrontation) ou Kevin Durant.

Une position haute qui laisse entrevoir la cité des anges et une première sélection amplement méritée pour Deni Avdija, d’autant que cette édition sera composée d’une équipe de joueurs internationaux dont il pourrait faire partie. En 40 matchs cette saison, le numéro 8 réalise ses plus grosses moyennes en carrière dans tous les domaines, en améliorant drastiquement ses chiffres. 26,1 points, 7,1 rebonds et 6,9 passes de moyenne.
Des statistiques exceptionnelles qui pourraient permettre à Deni Avdija de rejoindre le cercle très fermé et prestigieux des joueurs ayant réalisé une saison en 25/7/7. D’ici là, l’ailier de 25 ans aura sûrement vécu sa première convocation au match des étoiles et emmené son équipe en Play-In. Mais une chose est sûre, Portland a trouvé son nouveau leader.






