Après une quarantaine de matchs, il apparait nécessaire de revenir sur cette première partie de saison des Atlanta Hawks, qui, avec un bilan positif apparaissent comme des candidats légitimes à une qualification directe en Playoffs dans une Conférence Est encore totalement ouverte. Alors, que retenir de cette première moitié de saison à Atlanta ?

Une intégration réussie pour Dyson Daniels et Larry Nance Jr.

S’il y a bien quelqu’un qui a réussi à faire oublier Dejounte Murray, c’est Dyson Daniels. L’Australien, qui sortait alors de deux premières saisons en dent de scie à New Orleans, avec un rôle sur courant alternatif, s’est vu attribuer une place mieux définie dans le cinq majeur par Quin Snyder. Ce rôle d’arrière titulaire, aux côtés de Trae Young, semble lui convenir à la perfection.

En effet, depuis le début de saison, l’arrière de 21 ans affiche des moyennes en forte hausse, ce qui est aussi dû à une augmentation de son nombre de minutes, passant de 22 minutes de moyenne la saison dernière, à plus de 33 cette année. L’ensemble de ses statistiques ont donc connu une hausse, notamment au scoring, lui qui avoisine désormais les 13 points de moyenne (5,8 la saison dernière). Ses pourcentages n’ont pas chuté avec l’augmentation de son nombre de tickets de shoots, lui qui a plus que doublé son nombre de tirs tentés par match.

Mais, plus que l’attaque, c’est sa défense qui marque les esprits en ce début de saison. Actuel meilleur intercepteur de la Ligue, avec plus de 3 prises par match, il affiche une envie et une capacité de lecture des lignes de passes. Il est de loin le meilleur dans cette catégorie cette saison, lui qui a reçu l’honneur d’être élu défenseur du mois de novembre à l’Est, le premier à recevoir cette récompense, créée cette saison.

Dyson Daniels, en défense sur Josh Giddey. – Crédit : Dale Zanine, Imagn Images

Arrivé en échange de Dejounte Murray, il est parvenu à faire oublier un joueur qui manquait de complémentarité et surtout de l’implication défensive qu’on lui vantait tant. Avec un rôle plus en off-ball, Daniels semble plus adapté pour évoluer aux côtés de Trae Young, qui nécessite beaucoup le ballon dans les mains, et surtout le développement de Jalen Johnson en tant que Point Forward avec le ballon qui lui revient par ailleurs souvent dans les mains.

Larry Nance, de son côté, n’était pas voué à jouer un rôle majeur dans l’effectif cette année. Néanmoins, sur la quinzaine de matchs qu’il a effectué, il s’est montré efficace sur ses entrées en jeu. Il apparait surtout intéressant pour son apport de vétéran dans un groupe majoritairement composé de jeunes joueurs, lui qui est un des seuls trentenaires de l’effectif, avec Clint Capela et Bogdan Bogdanovic.

Trae Young, sur des bases historiques à la passe

Vous avez dû vous en apercevoir, Trae Young survole les classements à la passe. Sur le récapitulatif hebdomadaire de la NBA, le numéro 11 possède une large avance, avec plus de 100 passes décisives de plus que son premier poursuivant. Parvenir à conserver une moyenne supérieure à 12 passes décisives par match apparait comme un objectif plausible, ce qui pour rappel n’a jamais été fait depuis John Stockton dans les années 1990. Bien que certains s’en soit rapprochés depuis (Russell Westbrook, Chris Paul, Rajon Rondo), l’objectif est de taille pour le meneur des Hawks.

Néanmoins, s’il possède des moyennes historiques à la passe, du côté du scoring le bilan est plus mitigé. Certes, il affiche sa plus faible moyenne de ce point de vue là depuis sa saison rookie, avec un peu plus de 23 points par matchs, mais ce sont plutôt les pourcentages et l’impression visuelle qui posent problème. Cette apparente gêne au scoring peut s’expliquer par des problèmes physiques liés à un tendon d’Achille qui peine à se rétablir entièrement.

Trae Young a marqué 43 points dans la victoire des Atlanta Hawks face aux Phoenix Suns de Kevin Durant – Crédit : Dale Zanine, Imagn Images

Néanmoins, sur les derniers matchs, le meneur d’1m85 semble avoir retrouvé un rythme correct, avec notamment sa plus haute marque au scoring de la saison face à Phoenix le 14 janvier, avec 43 points, dont un 6/12 de loin. Il apparait alors optimiste de penser que cette participation au scoring de l’ancien des Sooners de l’Oklahoma risque d’augmenter, et d’imaginer Trae Young avoisiner les 25 points par match d’ici la fin de saison.

Le meneur des Hawks est parvenu plusieurs fois à atteindre les 20 passes décisives sur un seul match, déjà trois fois cette saison. Il s’affiche avec les plus grands dans ces classements à la passe, il est l’un des 3 seuls joueurs à avoir réalisé plus de 200 matchs consécutifs avec 5 passes décisives ou +, avec Isiah Thomas et John Stockton (!), c’est dire le niveau atteint par Trae Young à la passe ces dernières années.

Malgré tout, il passe encore sous le radar par rapport aux performances qu’il a aligné, même son buzzer beater face au Jazz n’a pas suscité tant de réaction que cela, malgré un Kendrick Perkins toujours prêt à affirmer que Ice Trae est le joueur le moins respecté de la Ligue.

Sa place au All-Star Game semble elle aussi acquise, lui qui figure dans le top 5 de votes du public dans le backcourt à l’Est, assez loin néanmoins du quatuor de tête (LaMelo Ball, Donovan Mitchell, Damian Lillard, Jalen Brunson), la faute à un manque d’exposition et de reconnaissance des votants. Il semble que malgré tout, il figurera dans la liste, et devrait être le seul représentant de son équipe à San Francisco pour le match des étoiles.

Des débuts compliqués pour Zaccharie Risacher

Il était annoncé comme le premier choix d’une cuvée assez pauvre, et n’aurait pas été sélectionné à cette position dans n’importe quelle autre classe de draft. Difficile alors d’établir des attentes précises quant à la saison du Français, qui évoluait la saison dernière à Bourg-en-Bresse. Arrivé dans une équipe déjà en place, il n’occupe pas une place centrale dans le projet, place souvent dévolue aux First Pick. Dans une course au rookie de l’année encore assez ouverte, est-il déjà hors course ?

Malgré sa difficulté au tir, avec des pourcentages vraiment faibles (40% au tir, 28% de loin), le Français essaye de contribuer d’une autre manière, notamment au travers de son impact défensif, qui ne se lit pas nécessairement dans les statistiques. Néanmoins, pour être en capacité de s’inscrire dans la durée, il lui faudra retrouver un shoot qui apparaissait comme une de ses capacités les plus flagrantes dans le processus de draft.

Aussi, il faut souligner les quelques fois où Zaccharie Risacher a pu démontrer sa valeur, notamment le match face aux Knicks, où il a inscrit 33 points, avec de très bon pourcentages. Parfois, Quin Snyder semble l’oublier dans sa rotation, comme si après un quart-temps, il n’occupait plus qu’un rôle secondaire, lui privilégiant souvent un DeAndre Hunter très en forme en ce début de saison. Bien que titulaire, il lui arrive de jouer moins de 18 minutes sur l’ensemble du match, les soirs où les tirs ne rentrent pas.

Zaccharie Risacher, malgré quelques coups d’éclats, connait un début de saison difficile chez les Hawks. – Crédits : Adam Hagy ,NBAE via Getty Images, AFP

Il ne faut toutefois pas s’affoler, l’ancien de la JL Bourg n’est qu’un rookie, et bien qu’il ne réponde pas aux attentes usuellement placées dans un premier choix de draft, il devrait normalement retrouver son shoot, ou en tout cas réussir à être plus efficace sur les tickets de shoot qui lui sont attribués. Il lui faudra aussi essayer de se montrer plus impliqué offensivement, lui qui semble parfois en retrait, n’osant pas prendre certains tirs.

Il ne sera pas élu rookie de l’année, à moins d’un retournement de situation inattendu, mais devrait figurer parmi les meilleurs de sa classe de draft à l’issue de sa première saison. Il parvient tout de même à glaner des minutes dans une équipe qui figure dans la course aux playoffs, et qui occupe actuellement la sixième place de la Conférence Est. Rares seront les rookies qui devraient goûter aux joutes printanières parmi les candidats au titre de Rookie de l’Année. Cela lui permettra d’engranger beaucoup d’expérience, à l’image d’un Dereck Lively la saison passée, qui avec Dallas, a pu goûter aux Finales NBA (bien que cette année les Hawks ne devraient pas jouer le titre).

Jalen Johnson est un candidat au match des étoiles : la progression continue

La saison 2023-2024 est apparue comme la saison de l’éclosion pour Jalen Johnson, après le départ de John Collins, laissant une place de poste 4 titulaire vacante, place qu’il a aussitôt assumé. Mais cette année, JJ apparait à un tout autre niveau, encore plus fort, et pas si loin du All-Star Game. Avec 19 points, 10 rebonds, 5 passes décisives, plus d’une interception et un contre de moyenne par match, il s’est imposé comme un des meilleurs postes 4 de la Conférence Est.

Le natif du Wisconsin a aussi réalisé de nombreux progrès à la création, lui qui est utilisé par Quin Snyder comme un véritable « Point Forward ». Derrière Trae Young, c’est lui le second ball-handler de l’équipe, et il se retrouve beaucoup plus placé à l’initiative de l’action, là où la saison passée, avec le duo Young-Murray s’accaparant une grosse partie des ballons, il était plus à la finition.

Jalen Johnson connait une ascension fulgurante ces deux dernières saisons à Atlanta – Crédit : NBA

Sa présence sur le terrain facilite grandement le jeu de son équipe, en témoigne un écart de +10 du plus/minus de son équipe entre le moment où il est sur le banc et celui où il est sur le terrain. Une telle différence démontre une gravité qui fait de lui un des joueurs sur lesquels Atlanta devra compter dans le futur, lui qui a signé une belle extension de 150 Millions de $ répartis sur 5 ans (soit 30 Millions de $ par saison).

On aurait pu penser qu’il avait déjà atteint son plafond la saison passée, lui qui pour rappel n’est que le vingtième choix d’une draft 2021 qui commence à se montrer très intéressante. Il semblait même difficile de lui accorder une place de deuxième option dans une équipe d’Atlanta qui vise les playoffs, mais il prouve pour l’instant le contraire à tous ceux qui doutaient encore de lui. Maintenant, la question qui se pose est : quel est son plafond, y’a-t-il encore de la marge pour progresser ?

Et sur le plan collectif, ça donne quoi ?

Finalement, d’un point de vue plus collectif, que faut-il retenir de cette première partie de saison ? Outre les points abordés plus tôt, il semble important d’évoquer le gros début de saison de DeAndre Hunter au scoring, qui s’impose comme un candidat crédible dans la course au trophée de sixième homme de l’année, ou la vraisemblable passation de pouvoir qui s’opère entre Onyeka Okongwu (auteur d’une énorme semaine 13 avec 18 points et 15 rebonds de moyenne) et Clint Capela sur ces derniers matchs.

Mais plus globalement l’équipe semble bien se trouver, et il est important de noter que depuis le début de saison, à part les dizaines de matchs de manqués par Bogdan Bogdanovic et DeAndre Hunter, aucune grosse blessure n’est à déplorer en cette première moitié d’exercice, ce qui est un facteur de chance clair. Ces derniers matchs, quelques cadres sont venus à en manquer quelques uns, à l’image de Jalen Johnson mais rien de grave puisque l’effectif parvient à tourner malgré les absences. Dédicace à Daeqwon Plowden et à Keaton Wallace, tout droit sortis de G-League qui ont terrassé les Bulls malgré de nombreuses absences.

Daeqwon Plowden et Keaton Wallace, deux héros d’un soir (Atlanta Hawks vs Chicago Bulls) – Crédit : NBA

Les Atlanta Hawks occupent ainsi actuellement la sixième place de la Conférence Est avec un bilan de 22 victoires pour 20 défaites, et sont par ailleurs leaders de la division sud-ouest, devançant de quelques longueur un Orlando Magic ébranlé par les blessures, et un Miami Heat qui semble avoir retrouvé la flamme. Avec une des paces les plus rapides de la Grande Ligue, les faucons ont pourtant une attaque moyenne (17ème Offensive Rating) ainsi qu’une défense assez semblable (20ème Défensive Rating).

Ainsi, l’objectif pour les Hawks est de se maintenir autour de cette sixième place jusqu’à la fin de la saison, pour espérer briguer une place directement qualificative en Playoffs. Si collectivement tout semble bien se passer, il faut que l’ensemble des joueurs parviennent à éviter les blessures, et ceux pour qui la saison n’est pas aussi bonne qu’espérée (Bogdanovic, Risacher), il sera attendu d’eux qu’ils essayent de retrouver leurs pleines sensations sur le terrain. Enfin, de multiples récompenses de fin de saison pourraient attendre les joueurs des Hawks, alors leur seconde partie de régulière sera scrutée par les experts.

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