AS Monaco Basket, Roca Team. Source : L'Equipe

AS Monaco : un club au bord de la rupture ? 

Leader en Betclic Élite mais fragilisée en EuroLeague, l’AS Monaco traverse une zone de fortes turbulences. Entre résultats européens en baisse, salaires impayés, sanctions financières et incertitudes autour de son actionnaire, la Roca Team joue bien plus qu’une saison : c’est sa stabilité, voire son avenir à court terme, qui se retrouve questionné. 

Ils dominent en France, ils vacillent en Europe : l’AS Monaco avance sur une ligne de crête. D’un côté, une dynamique positive sur les parquets hexagonaux ; de l’autre, un élan qui s’effrite face à l’exigence continentale. La Roca Team donne l’image d’un leader sûr de sa force domestiquement, mais peine à retrouver la constance et l’autorité qui l’avaient portée au sommet la saison passée sur la scène européenne. 

Dominer sans rassurer 

Avec 16 victoires en 19 matchs, l’AS Monaco est en tête de la Betclic Elite. Le club est même sur 10 succès d’affilées. Malheureusement ces bons résultats ne suivent pas vraiment en EuroLeague, ou du moins plus trop. Les Monégasques sont sur 5 défaites de suite, dont une contre le Bayern et une autre contre Virtus Bologna qui sont pourtant des clubs largement à la portée de la Roca Team.

Pour le moment, les hommes de Vassilis Spanoulis sont 10èmes au classement de la compétition européenne, synonyme de dernière place qualificative pour les Play-in. Une place plutôt décevante, surtout quand on se rappelle du parcours des coéquipiers de Mike James l’an dernier, avec une finale perdue contre Fenerbahce. 

Derrière les victoires, la tempête financière 

Outre cette série de défaites, le plus gros problème à l’AS Monaco est la crise financière. D’après plusieurs sources proches du dossier, l’AS Monaco, malgré un budget inédit en Betclic Élite cette saison (38,7 millions d’euros), traverse une situation financière délicate. En cause notamment : le gel d’une partie des avoirs de son propriétaire russo-hongrois, Aleksej Fedoricsev. Son groupe Fedcom, fortement implanté en Ukraine, notamment autour de la mer Noire, subit de plein fouet les conséquences de la guerre. 

Aleksej Fedoricsev, propriétaire de l'AS Monaco. Source : Basket Europe
Aleksej Fedoricsev, propriétaire de l’AS Monaco. Source : Basket Europe

Ceci a entraîné des salaires impayés pour les joueurs qui ont donc menacé de faire grève pour le match contre Chalon -sur-Saône dimanche dernier. Après réflexion, les membres de la Roca Team ont tout de même joué le match. Certaines sources ont affirmé que ce changement d’avis avait été pris après une aide de 500 000 euros de la Ligue Nationale de Basketball. Cela a finalement été démenti par son président, Philippe Ausseur, après un entretien avec L’Equipe, dans lequel il a expliqué que cette idée été en train d’être réfléchie avec le syndicat afin d’aider les joueurs. 

Sanctions, blocages : le club sous surveillance  

Ces problèmes financiers ont entraîné une interdiction d’enregistrer de nouveaux joueurs depuis novembre pour le club. Conséquence concrète : un joueur comme Cory Joseph n’a jamais joué pour Monaco à cause de cette interdiction malgré sa signature avec la Roca Team.  

L’AS Monaco a même été sanctionnée d’un retrait d’une victoire au classement de l’Élite pour ne pas s’être acquitté de la « luxury tax » lors de la saison écoulée. Le club doit également payer une amende de 20 000 euros et une autre de 300 000 euros à l’EuroLeague qui accompagne l’interdiction de recrutement décicdé par la compétition européenne. 

Monaco peut-il éviter la chute ?  

Face à cette crise, le Prince Albert II a tenu à expliquer que la Principauté de Monaco allait réagir. “C’est une situation qui me préoccupe beaucoup, mais on va tout faire pour que les joueurs soient bien traités et surtout qu’on puisse finir la saison”, alors que les joueurs n’ont toujours pas perçu leurs salaires de décembre et janvier. 

Le Prince Albert II avec une écharpe de l'AS Monaco. Source : BeBasket
Le Prince Albert II avec une écharpe de l’AS Monaco. Source : BeBasket

La Principauté pourrait agir comme “un pont” en attendant un repreneur éventuel au printemps prochain. Mais pour l’heure, on en reste à l’état de pistes. « l y a quelques sociétés monégasques, qui sont des sponsors, et qui disent que peut-être on pourrait faire un tour de table pour voir comment on peut localement aider le club mais ce n’est pas allé au-delà de cela », a déclaré le Prince Albert II. 

Pour l’instant, les victoires en championnat masquent les fissures. Mais à long terme, aucune équipe ne peut performer durablement dans un climat d’instabilité financière et réglementaire. La question n’est plus seulement de savoir si Monaco accrochera les play-in. La vraie interrogation est ailleurs : combien de temps la façade sportive tiendra-t-elle avant que la crise ne s’invite définitivement sur le parquet ? 

 

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